Référence agronomique · France

Santé des cultures · Maladies des cultures

Tavelure du pommier

Venturia inaequalis

La tavelure du pommier provoque des taches olivâtres sur feuilles puis des lésions liégeuses sur fruits. Les feuilles mortes et les périodes humides alimentent les contaminations.

Mis à jour le 03/10/2026 Lecture 5 min
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Tavelure du pommier — illustration documentaire (Santé des cultures, Maladies des cultures)
Tavelure du pommier · Photographie documentaire SILLOVA
Données datéesPrévisions distinguées des bilans
Contexte avant conseilRégion, sol, variété et débouché

Repères essentiels

Une lecture synthétique des informations à retenir avant d’entrer dans le détail.

Agent

Venturia inaequalis

Feuilles

Taches olivâtres veloutées

Fruits

Lésions liégeuses

Risque

Feuilles mortes et pluie

01 · Guide

Plantes hôtes, spécificité et espèces proches

Venturia inaequalis est spécialisé sur les Malus. Le pommier cultivé constitue l’hôte économique central, mais des Malus sauvages ou ornementaux peuvent contribuer à la diversité génétique des populations. L’histoire du contournement de Rvi6 rappelle que les hôtes sauvages peuvent constituer des réservoirs de virulence : une population présente sur pommiers sauvages en Europe a pu coloniser des vergers lorsque des cultivars portant Rvi6 ont créé une nouvelle niche.

Les diagnostics doivent distinguer V. inaequalis d’autres Venturia proches : V. pyrina sur poirier ; V. carpophila sur plusieurs fruits à noyau ; V. asperata, décrite sur pommier et capable de provoquer des symptômes atypiques sur certains cultivars. L’identification morphologique ou moléculaire devient pertinente lorsque la symptomatologie est inhabituelle, notamment sur des variétés annoncées résistantes.

Dans la littérature technique récente, il est préférable d’employer Venturia inaequalis pour le pathogène et « tavelure du pommier » pour la maladie. Les noms de forme asexuée et les anciennes combinaisons taxonomiques sont utiles pour interroger des archives scientifiques, des bases de données ou d’anciens bulletins, mais ils ne doivent pas créer plusieurs objets pathogènes distincts dans SILLOVA.

02 · Guide

Importance en France et en Europe

La tavelure reste une maladie majeure du verger de pommiers parce qu’elle abîme feuilles et fruits. Sa pression varie selon la météo, la sensibilité des variétés et l’inoculum issu de la campagne précédente.

Venturia inaequalis est spécialisé sur les Malus. Le pommier cultivé constitue l’hôte économique central, mais des Malus sauvages ou ornementaux peuvent contribuer à la diversité génétique des populations. L’histoire du contournement de Rvi6 rappelle que les hôtes sauvages peuvent constituer des réservoirs de virulence : une population présente sur pommiers sauvages en Europe a pu coloniser des vergers lorsque des cultivars portant Rvi6 ont créé une nouvelle niche.

03 · Guide

Symptômes : feuilles

Les premières lésions apparaissent au printemps sur tissus jeunes. Elles peuvent commencer par des zones translucides ou légèrement décolorées, puis prendre une teinte olive à brun-olive et un aspect velouté correspondant à la sporulation conidienne. La localisation le long ou à proximité des nervures est fréquente. À mesure que les lésions vieillissent, les tissus peuvent brunir, se nécroser et confluer. En forte pression, le feuillage se déforme, se lacère, vieillit prématurément et peut chuter.

04 · Guide

Symptômes : fleurs, jeunes fruits et pédoncules

Les sépales, l’ovaire et le pédoncule peuvent porter des lésions. Une infection très précoce perturbe la nouaison et peut contribuer au dessèchement ou à la chute de fleurs. Sur jeunes fruits, les taches sont initialement veloutées puis subérisées. Une contamination précoce intervient pendant une phase de division et d’expansion rapides : la zone lésée s’étire mal, d’où fissures, déformations et développement asymétrique.

05 · Guide

Symptômes : fruits à l’approche de la récolte

Sur fruit, la tavelure typique forme des plaques noirâtres à brun-noir, liégeuses, parfois crevassées. Les lésions issues de contaminations primaires précoces sont généralement plus grandes ; les contaminations tardives produisent souvent des taches plus petites et superficielles. La conséquence économique ne se limite pas au rendement brut : même un fruit physiologiquement consommable peut perdre sa catégorie commerciale selon l’étendue et l’aspect du défaut.

Les normes de commercialisation ont historiquement contribué à l’importance économique de la tavelure. Le dossier SILLOVA doit cependant éviter de figer un ancien règlement : les références de qualité et de classement doivent être reliées à la réglementation commerciale européenne en vigueur au moment de la publication Web.

Lésions sur fruit selon la date de contamination
ContaminationLésion signalée
Primaire précoceLésions généralement plus grandes
TardiveTaches souvent plus petites et superficielles

06 · Guide

Tavelure de conservation

Une contamination survenant peu avant récolte peut ne pas produire de lésion visible au verger. Ephytia indique que lorsqu’une infection a lieu moins de trois semaines avant la récolte, le champignon peut poursuivre son développement en chambre froide et les petites taches sombres apparaître tardivement, en général à partir de janvier-février. Cette forme est appelée tavelure de conservation.

07 · Guide

Cycle et surveillance au printemps

Venturia inaequalis passe l’hiver notamment dans les feuilles tombées au sol. Au printemps, la pluie libère les ascospores qui infectent les jeunes organes lorsque la durée d’humectation et la température le permettent.

Les lésions installées produisent ensuite des spores à l’origine de contaminations secondaires. Associer les observations des feuilles, la météo et l’historique du verger permet de suivre les périodes à risque sans déduire une contamination du seul cumul de pluie.

08 · Guide

Prévenir l’inoculum et raisonner la protection

Les feuilles contaminées laissées au sol contribuent à l’inoculum primaire du printemps. La gestion de ces feuilles, la sensibilité variétale et l’aération du verger peuvent réduire la pression, mais ne suppriment pas tout risque lors d’une période humide.

INRAE distingue les contaminations par ascospores au printemps des cycles secondaires sur feuilles et fruits. Le CTIFL rappelle que les approches sans fongicide ont des limites lorsque la pression est forte. Associer les observations au verger à la météo évite de décider sur un symptôme isolé ou sur une date fixe.

Questions fréquentes

Pour aller à l’essentiel

Quel est l’agent de la tavelure du pommier?

C’est Venturia inaequalis, un champignon spécialisé sur les Malus. Le pathogène et la maladie ont des noms distincts à retenir.

Une contamination peut-elle apparaître après la récolte?

Oui, c’est la tavelure de conservation. Une infection moins de trois semaines avant récolte peut donner de petites taches sombres en chambre froide, en général à partir de janvier-février.

Les feuilles tombées au sol jouent-elles un rôle?

Oui. Venturia inaequalis passe l’hiver notamment dans les feuilles tombées au sol, qui contribuent à l’inoculum primaire du printemps.

Traçabilité

Sources utilisées

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