01 · Guide
Définition, identité biologique et terminologie
La flavescence dorée (FD) appartient au groupe des jaunisses de la vigne. L’agent est un phytoplasme : une bactérie pléomorphe sans paroi, confinée aux tissus conducteurs du phloème. Cette localisation explique à la fois une partie des symptômes — perturbation du transport des assimilats et de la physiologie de la plante — et les modalités de transmission par des insectes piqueurs-suceurs qui se nourrissent de sève élaborée.
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Histoire, émergence et origine épidémiologique
La maladie est décrite en France depuis les années 1950. Les premiers épisodes historiques ont notamment concerné le Sud-Ouest, où des vignobles sensibles ont montré une progression explosive avant la mise en place des systèmes modernes de surveillance et de lutte. La gravité de la FD a conduit à son classement réglementaire et à une organisation collective de la protection sanitaire du vignoble.
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Plantes hôtes, réservoirs et compartiment sauvage
La vigne cultivée Vitis vinifera et plusieurs espèces/hybrides de Vitis constituent les hôtes déterminants du cycle épidémique agricole. Les porte-greffes peuvent héberger le phytoplasme tout en exprimant peu ou pas de symptômes visibles, ce qui explique le niveau élevé de surveillance du matériel de multiplication.
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Symptômes : lecture par organe et par stade
La symptomatologie est un syndrome de jaunisse à phytoplasme. La combinaison de plusieurs signes sur un même cep est plus informative qu’un signe isolé. L’expression dépend du cépage, du stade, du millésime et de l’état physiologique du cep. La fin d’été est souvent la période la plus favorable à la reconnaissance, mais certains symptômes peuvent apparaître plus tôt.
La coloration dépend fortement de la couleur du cépage : rouge chez de nombreux cépages noirs, jaune chez les cépages blancs. La sévérité et la fréquence d’expression sont elles aussi génotype-dépendantes. Un faible niveau de symptômes n’est pas une preuve d’absence de phytoplasme : certains porte-greffes peuvent être infectés sans présenter la signature foliaire attendue.
| Type de cépage | Coloration signalée |
|---|---|
| Cépages noirs | Rouge chez de nombreux cépages |
| Cépages blancs | Jaune |
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Diagnostic de laboratoire : prélèvement, PCR et interprétation
La méthode ANSES/LSV/MA006 v3 vise la détection simultanée des phytoplasmes du groupe 16SrV associés à la flavescence dorée et du groupe 16SrXII associé au Bois noir par PCR triplex en temps réel, avec contrôle analytique endogène. Cette architecture réduit le risque d’un diagnostic purement symptomatique et permet d’orienter la gestion réglementaire.
06 · Guide
Cycle biologique dans la vigne
Après inoculation par la salive d’un vecteur infectieux, le phytoplasme colonise le phloème. Il se multiplie dans les éléments conducteurs, circule dans la plante et peut persister dans les organes pérennes, notamment les racines et le bois. Au printemps, la recolonisation des parties aériennes accompagne la reprise de végétation. La densité du phytoplasme, la distribution dans la plante et la sensibilité du génotype conditionnent l’efficacité d’acquisition par les cicadelles.
Le temps entre infection et expression visible n’est pas un paramètre fixe : il varie avec le cépage, la dose inoculée, l’état de la plante et les conditions du milieu. Cette variabilité rend dangereux tout raisonnement du type ‘pas de symptôme = pas de risque’, notamment pour le matériel de multiplication et les porte-greffes.
07 · Guide
Scaphoideus titanus : identité et reconnaissance du vecteur principal
Scaphoideus titanus est une cicadelle de la famille des Cicadellidae, originaire d’Amérique du Nord et aujourd’hui installée dans de nombreux vignobles européens. Elle occasionne peu de dégâts directs par alimentation, mais son importance sanitaire est majeure car elle assure la transmission épidémique du phytoplasme entre ceps.
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Cycle annuel du vecteur et calendrier de risque
L’espèce est univoltine : une génération par an. Les œufs pondus sous l’écorce passent l’hiver en diapause. Les éclosions s’échelonnent au printemps, puis cinq stades larvaires se succèdent sur plusieurs semaines. Les adultes sont surtout présents en été et les femelles fécondées pondent à nouveau dans le vieux bois. La température pilote fortement la phénologie, d’où l’importance des suivis régionaux de l’émergence plutôt que d’un calendrier national fixe.
09 · Guide
Agir en cas de suspicion
La flavescence dorée est soumise à une lutte organisée. Une coloration ou un enroulement de feuilles ne suffit pas à conclure : le bois noir et d’autres causes peuvent produire des symptômes proches.
En cas de suspicion, suivre le dispositif de signalement et de prélèvement applicable dans la région afin d’obtenir une confirmation. Les périmètres et dates de lutte contre le vecteur sont fixés localement et évoluent chaque année ; il faut consulter l’arrêté et les informations de la DRAAF compétente avant toute décision.
Questions fréquentes
Pour aller à l’essentiel
La flavescence dorée est-elle un champignon?
Non. C’est un phytoplasme, une bactérie sans paroi confinée aux tissus conducteurs du phloème.
Une absence de symptômes exclut-elle l’infection?
Non. Certains porte-greffes peuvent être infectés sans présenter la signature foliaire attendue.
Qui transmet la flavescence dorée?
Le vecteur principal est la cicadelle Scaphoideus titanus, qui assure la transmission du phytoplasme entre ceps.





