01 · Guide
Agents associés, taxonomie et rôle fonctionnel
La hiérarchie « colonisateurs précoces / agent de pourriture blanche » reste utile pour comprendre les lésions, mais ne doit pas être transformée en séquence obligatoire. La revue 2026 sur le pathobiome insiste sur l’activité fonctionnelle des communautés microbiennes : le passage d’un état d’endophytisme ou de latence vers une activité pathogène ou de décomposition peut être plus informatif que la simple présence/absence détectée par PCR.
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Symptômes foliaires : forme chronique ou « lente »
La forme chronique est la plus caractéristique. Les premiers signes sont des zones chlorotiques ou jaunâtres entre les nervures principales, qui restent souvent vertes. Les plages deviennent ensuite nécrotiques et fusionnent, créant un dessin longitudinal de bandes jaunes puis brun-rouge entre les nervures : la « tigrure ». Sur cépages rouges, les marges des plages peuvent prendre une teinte rougeâtre ; sur cépages blancs, elles restent davantage jaunes. L’intensité varie d’une feuille à l’autre et d’un rameau à l’autre.
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Apoplexie, rameaux, fruits et dépérissement
La forme apoplectique correspond au flétrissement brutal d’un bras ou du cep entier pendant la période végétative. Les feuilles se dessèchent rapidement et peuvent rester attachées. Le phénomène peut être confondu avec un accident hydrique, une rupture de circulation de sève, un BDA ou certaines formes sévères d’eutypiose ; l’ouverture du bois et l’historique du cep sont donc indispensables à l’interprétation.
Sur grappes, l’esca peut provoquer retard de maturation et flétrissement. Ces symptômes sont moins spécifiques que les tigrures foliaires. À l’échelle de l’exploitation, la conséquence la plus importante est la perte progressive de productivité : bras morts, ceps improductifs, complantation, opérations de restauration, hétérogénéité de maturité et coûts de main-d’œuvre.
| Forme ou organe | Signe principal |
|---|---|
| Forme chronique (feuilles) | Tigrure : bandes jaunes puis brun-rouge entre les nervures |
| Forme apoplectique | Flétrissement brutal d’un bras ou du cep entier pendant la période végétative |
| Coupe de tronc | Nécrose claire et tendre en position centrale, ou nécrose brune avec zones noirâtres ou brun-rose |
| Grappes | Retard de maturation et flétrissement, signes moins spécifiques que les tigrures |
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Symptômes internes : lire une coupe de tronc
La coupe du tronc est un niveau de diagnostic essentiel. Les synthèses PNDV décrivent plusieurs formes : nécrose claire et tendre en position centrale, nécrose brune centrale avec zones noirâtres ou brun-rose, et nécrose claire/tendre en secteur. La pourriture blanche spongieuse appelée « amadou » correspond à une dégradation avancée du bois, fortement associée à Fomitiporia mediterranea en Europe. Des stries brun-noir longitudinales peuvent également traduire une atteinte vasculaire.
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Cycle biologique et temporalité : pourquoi l’esca n’a pas de cycle simple
Les champignons associés au complexe produisent différents types de spores et fructifications. Les spores sont dispersées au cours de périodes humides et infectent préférentiellement des tissus ligneux fraîchement exposés. Les plaies de taille sont donc une voie majeure de contamination. Une fois dans le bois, la progression est lente et hétérogène, avec alternance de zones fonctionnelles, nécrosées et dégradées. Plusieurs espèces peuvent coloniser le même cep à des moments différents.
06 · Guide
Que faire après un diagnostic d’esca?
Les symptômes foliaires seuls ne suffisent pas à attribuer un dépérissement à une cause unique. Marquer les ceps suspects, comparer les coupes du bois et suivre les mêmes pieds sur plusieurs campagnes rend le diagnostic plus fiable.
L’IFV présente l’esca dans l’ensemble des maladies du bois de la vigne. La prévention repose sur le matériel végétal sain et sur la réduction des portes d’entrée créées par les plaies de taille ; les pratiques doivent être adaptées au vignoble. Une intervention tardive ne répare pas les tissus internes déjà altérés.
Questions fréquentes
Pour aller à l’essentiel
L’esca est-elle une maladie du bois?
Oui. L’IFV la présente parmi les maladies du bois de la vigne.
Les symptômes foliaires suffisent-ils pour diagnostiquer l’esca?
Non. Les symptômes foliaires seuls ne suffisent pas à attribuer un dépérissement à une cause unique. L’ouverture du bois et l’historique du cep sont indispensables.
Comment limiter les contaminations?
La prévention repose sur du matériel végétal sain et sur la réduction des portes d’entrée créées par les plaies de taille.





