01 · Référence
Définition, terminologie et périmètre
Le mot esca désigne historiquement un ensemble de symptômes externes et internes observés sur vigne adulte tigrures foliaires dessèchements apoplexie nécroses sectorielles ou centrales stries vasculaires et pourriture blanche spongieuse La terminologie internationale a longtemps séparé différentes entités maladie de Petri chez les jeunes plants young esca esca proper white rot avant de converger vers l’idée d’un complexe de maladies du bois Dans la pratique française les BSV et le PNDV utilisent encore esca comme…
Pour SILLOVA la page 464 doit donc distinguer trois niveaux 1 le diagnostic symptomatique externe 2 la caractérisation du bois après coupe et 3 l’attribution étiologique qui nécessite des analyses mycologiques ou moléculaires et reste complexe Une tigrure typique augmente fortement la probabilité d’esca mais le diagnostic causal ne doit jamais être ramené à la…
02 · Référence
Histoire : d’une maladie « à champignon » vers un syndrome du pathobiome
L’esca est décrite depuis longtemps dans les vignobles méditerranéens et européens Au XXe siècle l’arsénite de sodium a été utilisé contre les maladies du bois avant son retrait en France en 2001 pour des raisons toxicologiques et réglementaires La recrudescence observée ensuite a parfois été attribuée directement à cette interdiction mais les synthèses françaises mettent en garde contre cette causalité simpliste évolution du matériel végétal âge des parcelles pratiques de taille climat vigueur changements de…
En 2026 une revue de FEMS Microbiology Ecology propose explicitement de dépasser les postulats de Koch Les champignons traditionnellement associés à l’esca sont retrouvés dans des ceps symptomatiques mais aussi dans des ceps apparemment sains les inoculations expérimentales ne reproduisent pas de façon fiable l’ensemble du syndrome foliaire Le concept de pathobiome considère donc la…
03 · Référence
Agents associés, taxonomie et rôle fonctionnel
La hiérarchie « colonisateurs précoces / agent de pourriture blanche » reste utile pour comprendre les lésions, mais ne doit pas être transformée en séquence obligatoire. La revue 2026 sur le pathobiome insiste sur l’activité fonctionnelle des communautés microbiennes : le passage d’un état d’endophytisme ou de latence vers une activité pathogène ou de décomposition peut être plus informatif que la simple présence/absence détectée par PCR.
04 · Référence
Plantes hôtes et réservoirs biologiques
La vigne cultivée Vitis vinifera est l’hôte agronomiquement concerné Plusieurs champignons associés aux maladies du bois ont cependant une écologie plus large et peuvent coloniser d’autres plantes ligneuses Cette réalité a deux conséquences le vignoble n’est pas un système microbiologique fermé et l’éradication de l’inoculum à l’échelle du paysage est irréaliste L’objectif de gestion est donc de réduire les portes d’entrée et les tissus fortement contaminés et d’améliorer la résilience des ceps plutôt que de…
05 · Référence
Symptômes foliaires : forme chronique ou « lente »
La forme chronique est la plus caractéristique. Les premiers signes sont des zones chlorotiques ou jaunâtres entre les nervures principales, qui restent souvent vertes. Les plages deviennent ensuite nécrotiques et fusionnent, créant un dessin longitudinal de bandes jaunes puis brun-rouge entre les nervures : la « tigrure ». Sur cépages rouges, les marges des plages peuvent prendre une teinte rougeâtre ; sur cépages blancs, elles restent davantage jaunes. L’intensité varie d’une feuille à l’autre et d’un rameau à l’autre.
Le calendrier d’expression n’est pas fixe Le PNDV indique une expression faible en juin une forte augmentation en juillet puis une stabilisation avec des symptômes plus tardifs sur les cépages moins sensibles Le BSV Centre-Val de Loire du 9 juin 2026 signalait déjà les premiers symptômes de la campagne exclusivement sur Sauvignon dans son réseau…
06 · Référence
Apoplexie, rameaux, fruits et dépérissement
La forme apoplectique correspond au flétrissement brutal d’un bras ou du cep entier pendant la période végétative. Les feuilles se dessèchent rapidement et peuvent rester attachées. Le phénomène peut être confondu avec un accident hydrique, une rupture de circulation de sève, un BDA ou certaines formes sévères d’eutypiose ; l’ouverture du bois et l’historique du cep sont donc indispensables à l’interprétation.
Sur grappes, l’esca peut provoquer retard de maturation et flétrissement. Ces symptômes sont moins spécifiques que les tigrures foliaires. À l’échelle de l’exploitation, la conséquence la plus importante est la perte progressive de productivité : bras morts, ceps improductifs, complantation, opérations de restauration, hétérogénéité de maturité et coûts de main-d’œuvre.
07 · Référence
Symptômes internes : lire une coupe de tronc
La coupe du tronc est un niveau de diagnostic essentiel. Les synthèses PNDV décrivent plusieurs formes : nécrose claire et tendre en position centrale, nécrose brune centrale avec zones noirâtres ou brun-rose, et nécrose claire/tendre en secteur. La pourriture blanche spongieuse appelée « amadou » correspond à une dégradation avancée du bois, fortement associée à Fomitiporia mediterranea en Europe. Des stries brun-noir longitudinales peuvent également traduire une atteinte vasculaire.
Une difficulté majeure est la discordance entre bois et feuillage Des travaux d’imagerie cités par le PNDV montrent que des ceps apparemment asymptomatiques peuvent déjà présenter une forte proportion de bois nécrosé la quantité de pourriture blanche paraît plus informative que la seule présence de champignons La tomographie X détecte bien les dégradations avancées tandis…
08 · Référence
Cycle biologique et temporalité : pourquoi l’esca n’a pas de cycle simple
Les champignons associés au complexe produisent différents types de spores et fructifications. Les spores sont dispersées au cours de périodes humides et infectent préférentiellement des tissus ligneux fraîchement exposés. Les plaies de taille sont donc une voie majeure de contamination. Une fois dans le bois, la progression est lente et hétérogène, avec alternance de zones fonctionnelles, nécrosées et dégradées. Plusieurs espèces peuvent coloniser le même cep à des moments différents.
Contrairement à une maladie polycyclique foliaire le délai entre contamination d’une plaie et apparition d’une tigrure n’est pas un paramètre de décision annuel Les événements de contamination peuvent remonter à plusieurs années L’expression estivale dépend ensuite de l’état interne du cep du fonctionnement hydraulique du millésime du cépage et de l’environnement Pour cette raison il…
| Taxon | Groupe / rôle souvent attribué | Points à retenir |
|---|---|---|
| Phaeomoniella chlamydospora | Ascomycète, trachéomycose / stries vasculaires | Fréquent dans le bois de vignes atteintes mais aussi détectable sans symptômes ; colonisation du xylème et nécroses vasculaires. |
| Phaeoacremonium minimum | Ascomycète, trachéomycose | Anciennement P. aleophilum dans une partie de la littérature ; associé aux nécroses et à la maladie de Petri/esca. |
| Fomitiporia mediterranea | Basidiomycète lignivore | Agent majeur de la pourriture blanche spongieuse du bois en Europe ; activité de dégradation lignocellulosique fortement associée aux formes avancées. |
| Autres champignons du bois | Botryosphaeriaceae, Diaporthe, Eutypa, endophytes… | Peuvent coexister dans un même cep ; l’écologie du bois est une communauté, pas une infection monospécifique. |
| Bactéries endophytes | Microbiote associé | Certaines souches présentent des antagonismes vis-à-vis de F. mediterranea et sont étudiées comme biocontrôle expérimental. |
Questions fréquentes
Pour aller à l’essentiel
Que faut-il retenir sur définition, terminologie et périmètre ?
Le mot esca désigne historiquement un ensemble de symptômes externes et internes observés sur vigne adulte tigrures foliaires dessèchements apoplexie nécroses sectorielles ou centrales stries vasculaires et pourriture blanche spongieuse La terminologie internationale a longtemps séparé différentes entités maladie de Petri chez les jeunes plants young esca esca proper white rot avant de converger vers l’idée d’un complexe de maladies du bois Dans la pratique française les BSV et le PNDV utilisent encore esca comme Pour SILLOVA la page 464 doit donc distinguer trois niveaux 1 le diagnostic symptomatique externe… [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur histoire : d’une maladie « à champignon » vers un syndrome du pathobiome ?
L’esca est décrite depuis longtemps dans les vignobles méditerranéens et européens Au XXe siècle l’arsénite de sodium a été utilisé contre les maladies du bois avant son retrait en France en 2001 pour des raisons toxicologiques et réglementaires La recrudescence observée ensuite a parfois été attribuée directement à cette interdiction mais les synthèses françaises mettent en garde contre cette causalité simpliste évolution du matériel végétal âge des parcelles pratiques de taille climat vigueur changements de En 2026 une revue de FEMS Microbiology Ecology propose explicitement de dépasser les postulats de… [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur agents associés, taxonomie et rôle fonctionnel ?
La hiérarchie « colonisateurs précoces / agent de pourriture blanche » reste utile pour comprendre les lésions, mais ne doit pas être transformée en séquence obligatoire. La revue 2026 sur le pathobiome insiste sur l’activité fonctionnelle des communautés microbiennes : le passage d’un état d’endophytisme ou de latence vers une activité pathogène ou de décomposition peut être plus informatif que la simple présence/absence détectée par PCR. [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur plantes hôtes et réservoirs biologiques ?
La vigne cultivée Vitis vinifera est l’hôte agronomiquement concerné Plusieurs champignons associés aux maladies du bois ont cependant une écologie plus large et peuvent coloniser d’autres plantes ligneuses Cette réalité a deux conséquences le vignoble n’est pas un système microbiologique fermé et l’éradication de l’inoculum à l’échelle du paysage est irréaliste L’objectif de gestion est donc de réduire les portes d’entrée et les tissus fortement contaminés et d’améliorer la résilience des ceps plutôt que de… [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur symptômes foliaires : forme chronique ou « lente » ?
La forme chronique est la plus caractéristique Les premiers signes sont des zones chlorotiques ou jaunâtres entre les nervures principales qui restent souvent vertes Les plages deviennent ensuite nécrotiques et fusionnent créant un dessin longitudinal de bandes jaunes puis brun-rouge entre les nervures la tigrure Sur cépages rouges les marges des plages peuvent prendre une teinte rougeâtre sur cépages blancs elles restent davantage jaunes L’intensité varie d’une feuille à l’autre et d’un rameau à l’autre Le calendrier d’expression n’est pas fixe Le PNDV indique une expression faible en juin une… [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur apoplexie, rameaux, fruits et dépérissement ?
La forme apoplectique correspond au flétrissement brutal d’un bras ou du cep entier pendant la période végétative Les feuilles se dessèchent rapidement et peuvent rester attachées Le phénomène peut être confondu avec un accident hydrique une rupture de circulation de sève un BDA ou certaines formes sévères d’eutypiose l’ouverture du bois et l’historique du cep sont donc indispensables à l’interprétation Sur grappes l’esca peut provoquer retard de maturation et flétrissement Ces symptômes sont moins spécifiques que les tigrures foliaires À l’échelle de l’exploitation la conséquence la plus importante est la… [S01][S02][S03]





