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Identité de l’agent causal et taxonomie
L’agent du black rot appartient aux Ascomycota. La littérature historique européenne l’a nommé Guignardia bidwellii (Ellis) Viala & Ravaz. La forme asexuée a été désignée Phyllosticta ampelicida, auparavant Phoma uvicola. Les révisions taxonomiques basées sur la phylogénie moléculaire ont fait évoluer la nomenclature, mais les BSV, fiches IFV et documents professionnels français emploient encore couramment Guignardia bidwellii. Pour SILLOVA, il est donc utile d’indexer les synonymes plutôt que d’imposer un seul nom à l’utilisateur.
Ephytia décrit des périthèces sphériques de 61 à 199 µm de diamètre et des pycnides de 59 à 196 µm. Ces données microscopiques sont utiles au diagnostic de laboratoire mais ne sont pas nécessaires au diagnostic de terrain, où la combinaison lésion + pycnides + dessiccation des baies est généralement plus informative.
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Importance en France et géographie du risque
La maladie est historiquement plus importante dans les régions tempérées humides : Sud-Ouest, façade ouest, vallées et secteurs continentaux humides, ainsi que certains vignobles savoyards ou du Massif central. Les zones méditerranéennes sèches ont longtemps été moins touchées, mais des épisodes pluvieux printaniers/estivaux peuvent provoquer localement des dégâts significatifs. Les BSV 2026 du Languedoc-Roussillon rapportaient ainsi fin juin quelques nouveaux symptômes sur baies dans des parcelles déjà atteintes du Gard.
L’échelle parcellaire domine : une parcelle avec momies nombreuses, historique de dégâts sur grappes et voisinage de vignes abandonnées peut présenter un risque élevé alors qu’une parcelle voisine sans historique reste peu exposée. Les cartes régionales doivent donc être complétées par l’historique propre à la parcelle.
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Symptômes détaillés par organe et stade
Les premiers symptômes apparaissent souvent sur les feuilles basses, plus proches des sources d’inoculum et plus longtemps humides. Les lésions débutent par de petites plages chlorotiques puis deviennent grisâtres à brun clair, généralement circulaires à polygonales, entourées d’un liseré brun foncé. Elles peuvent atteindre environ 10 mm. Des pycnides noires sphériques se développent rapidement sur la face supérieure et sont visibles à la loupe, parfois à l’œil nu.
Sur pétioles, vrilles et jeunes rameaux, les lésions sont allongées, brun sombre à noires, parfois légèrement déprimées ou chancreuses. Elles portent des pycnides. Les attaques fortes peuvent fragiliser des organes jeunes, mais la nuisibilité économique principale reste liée aux grappes.
| Organe | Symptôme signalé |
|---|---|
| Feuilles basses | Petites plages chlorotiques puis lésions grisâtres à brun clair, liseré brun foncé, pouvant atteindre environ 10 mm |
| Pétioles, vrilles, jeunes rameaux | Lésions allongées, brun sombre à noires, portant des pycnides |
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Cycle biologique et épidémiologie
Le black rot se maintient notamment dans les baies momifiées et les autres tissus infectés. Au retour des pluies, ces sources d’inoculum peuvent contaminer les jeunes organes de la vigne.
Le champignon survit dans les tissus contaminés, en particulier les baies momifiées, les rafles, les vrilles et les sarments. Les fructifications y mûrissent durant l’hiver et le début du printemps. Les momies laissées sur le cep sont particulièrement importantes, car leur position aérienne favorise la dispersion de l’inoculum vers les organes jeunes.
05 · Guide
Conditions climatiques favorables
Le black rot a besoin d’eau libre. La température module ensuite la vitesse de germination, de pénétration et d’incubation. Ephytia donne une plage générale d’activité de 9 à 32 °C avec un optimum autour de 26 °C. L’IFV situe les conditions très favorables autour de 23–25 °C avec humectation prolongée. Ainsi, une pluie chaude peut être beaucoup plus contaminante qu’une pluie froide de même cumul.
La durée d’humectation doit être interprétée conjointement à la température : plus la température s’éloigne de l’optimum, plus la durée nécessaire augmente. Les rosées et brouillards peuvent prolonger une humectation initiée par une pluie et accroître le risque, surtout dans les parcelles fermées et les bas-fonds.
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Réceptivité des feuilles et des grappes
Les jeunes feuilles en expansion sont très sensibles, puis acquièrent progressivement une résistance ontogénique. La sensibilité foliaire est donc liée davantage à l’âge physiologique qu’au seul numéro de feuille. Les repousses tardives peuvent redevenir sensibles même lorsque le feuillage principal l’est moins.
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Facteurs de risque à l’échelle de la parcelle
Le risque dépend de l’inoculum déjà présent, des pluies, de la durée d’humectation et de la sensibilité des jeunes organes. Rechercher des foyers sur feuilles et grappes, puis consulter les observations locales avant de décider une protection.
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Limiter l’inoculum et surveiller les grappes
Les baies momifiées et les résidus malades entretiennent le black rot d’une campagne à l’autre. Rechercher ces sources d’inoculum et les premiers symptômes foliaires aide à situer la pression avant que les grappes deviennent très touchées.
La fiche IFV relie les contaminations à la pluie et au stade des organes. La prévention combine gestion des foyers, surveillance des parcelles sensibles et protection adaptée aux alertes locales ; une baie déjà momifiée ne redevient pas saine après une intervention.
Questions fréquentes
Pour aller à l’essentiel
Quel est l’agent du black rot?
C’est un champignon Ascomycota. La littérature européenne l’a nommé Guignardia bidwellii, nomenclature révisée depuis par la phylogénie moléculaire.
Quel rôle jouent les baies momifiées?
Elles entretiennent le black rot d’une campagne à l’autre. Restées sur le cep, leur position aérienne favorise la dispersion de l’inoculum vers les organes jeunes.
Le black rot a-t-il besoin d’eau libre?
Oui. Il a besoin d’eau libre, et la température module la vitesse de germination, de pénétration et d’incubation.





