01 · Référence
Identité de l’agent causal et taxonomie
L’agent du black rot appartient aux Ascomycota. La littérature historique européenne l’a nommé Guignardia bidwellii (Ellis) Viala & Ravaz. La forme asexuée a été désignée Phyllosticta ampelicida, auparavant Phoma uvicola. Les révisions taxonomiques basées sur la phylogénie moléculaire ont fait évoluer la nomenclature, mais les BSV, fiches IFV et documents professionnels français emploient encore couramment Guignardia bidwellii. Pour SILLOVA, il est donc utile d’indexer les synonymes plutôt que d’imposer un seul nom à l’utilisateur.
Ephytia décrit des périthèces sphériques de 61 à 199 µm de diamètre et des pycnides de 59 à 196 µm. Ces données microscopiques sont utiles au diagnostic de laboratoire mais ne sont pas nécessaires au diagnostic de terrain, où la combinaison lésion + pycnides + dessiccation des baies est généralement plus informative.
02 · Référence
Histoire, origine et diffusion
Le black rot est originaire d’Amérique du Nord où il a été décrit au début du XIXe siècle Son introduction en Europe est associée aux échanges de matériel végétal américain notamment dans le contexte de reconstruction des vignobles après le phylloxéra Il est signalé en Europe à partir des années 1880 et en France à la fin du XIXe siècle Son importance a ensuite fluctué selon les régions les pratiques de protection contre mildiou oïdium…
Depuis les années 2000 plusieurs vignobles européens ont constaté une recrudescence L’INRAE souligne que l’enrichissement progressif de certaines parcelles en inoculum et la modification des programmes fongicides peuvent rendre la maladie plus visible Le black rot ne doit donc plus être considéré uniquement comme une maladie historique du Sud-Ouest il peut émerger dans tout vignoble…
03 · Référence
Importance en France et géographie du risque
La maladie est historiquement plus importante dans les régions tempérées humides : Sud-Ouest, façade ouest, vallées et secteurs continentaux humides, ainsi que certains vignobles savoyards ou du Massif central. Les zones méditerranéennes sèches ont longtemps été moins touchées, mais des épisodes pluvieux printaniers/estivaux peuvent provoquer localement des dégâts significatifs. Les BSV 2026 du Languedoc-Roussillon rapportaient ainsi fin juin quelques nouveaux symptômes sur baies dans des parcelles déjà atteintes du Gard.
L’échelle parcellaire domine : une parcelle avec momies nombreuses, historique de dégâts sur grappes et voisinage de vignes abandonnées peut présenter un risque élevé alors qu’une parcelle voisine sans historique reste peu exposée. Les cartes régionales doivent donc être complétées par l’historique propre à la parcelle.
04 · Référence
Symptômes détaillés par organe et stade
Les premiers symptômes apparaissent souvent sur les feuilles basses, plus proches des sources d’inoculum et plus longtemps humides. Les lésions débutent par de petites plages chlorotiques puis deviennent grisâtres à brun clair, généralement circulaires à polygonales, entourées d’un liseré brun foncé. Elles peuvent atteindre environ 10 mm. Des pycnides noires sphériques se développent rapidement sur la face supérieure et sont visibles à la loupe, parfois à l’œil nu.
Sur pétioles, vrilles et jeunes rameaux, les lésions sont allongées, brun sombre à noires, parfois légèrement déprimées ou chancreuses. Elles portent des pycnides. Les attaques fortes peuvent fragiliser des organes jeunes, mais la nuisibilité économique principale reste liée aux grappes.
05 · Référence
Cycle biologique et épidémiologie
Figure 2 — Cycle simplifié du black rot. Synthèse SILLOVA d’après IFV, INRAE/Ephytia et BSV.
Le champignon survit dans les tissus contaminés, en particulier les baies momifiées, les rafles, les vrilles et les sarments. Les fructifications y mûrissent durant l’hiver et le début du printemps. Les momies laissées sur le cep sont particulièrement importantes, car leur position aérienne favorise la dispersion de l’inoculum vers les organes jeunes.
06 · Référence
Conditions climatiques favorables
Le black rot a besoin d’eau libre. La température module ensuite la vitesse de germination, de pénétration et d’incubation. Ephytia donne une plage générale d’activité de 9 à 32 °C avec un optimum autour de 26 °C. L’IFV situe les conditions très favorables autour de 23–25 °C avec humectation prolongée. Ainsi, une pluie chaude peut être beaucoup plus contaminante qu’une pluie froide de même cumul.
La durée d’humectation doit être interprétée conjointement à la température : plus la température s’éloigne de l’optimum, plus la durée nécessaire augmente. Les rosées et brouillards peuvent prolonger une humectation initiée par une pluie et accroître le risque, surtout dans les parcelles fermées et les bas-fonds.
07 · Référence
Réceptivité des feuilles et des grappes
Les jeunes feuilles en expansion sont très sensibles, puis acquièrent progressivement une résistance ontogénique. La sensibilité foliaire est donc liée davantage à l’âge physiologique qu’au seul numéro de feuille. Les repousses tardives peuvent redevenir sensibles même lorsque le feuillage principal l’est moins.
La grappe est le compartiment décisif pour la nuisibilité Elle est vulnérable de la floraison à la fermeture la sensibilité décroît ensuite jusqu’à la véraison Des travaux mobilisés par l’IFV montrent qu’une somme thermique base 10 C depuis fin floraison permet de décrire cette évolution sensibilité maximale approximativement entre 50 et 250 C×j forte baisse…
08 · Référence
Facteurs de risque à l’échelle de la parcelle
Le risque n’est pas binaire. Une parcelle historiquement saine peut devenir exposée si une source d’inoculum proche se développe, tandis qu’une parcelle à fort historique peut rester calme une année sèche. SILLOVA doit donc combiner historique, météo, phénologie, observations et voisinage.
| Champ | Valeur de référence |
|---|---|
| Maladie | Black rot / pourriture noire / pourriture sèche |
| Agent causal | Guignardia bidwellii — syn. Phyllosticta ampelicida |
| Règne | Fungi |
| Embranchement | Ascomycota |
| Hôtes majeurs | Vitis spp. ; certaines Vitaceae apparentées |
| Organes attaqués | Feuilles, pétioles, vrilles, rameaux herbacés, inflorescences, baies |
Questions fréquentes
Pour aller à l’essentiel
Que faut-il retenir sur identité de l’agent causal et taxonomie ?
L’agent du black rot appartient aux Ascomycota La littérature historique européenne l’a nommé Guignardia bidwellii Ellis Viala Ravaz La forme asexuée a été désignée Phyllosticta ampelicida auparavant Phoma uvicola Les révisions taxonomiques basées sur la phylogénie moléculaire ont fait évoluer la nomenclature mais les BSV fiches IFV et documents professionnels français emploient encore couramment Guignardia bidwellii Pour SILLOVA il est donc utile d’indexer les synonymes plutôt que d’imposer un seul nom à l’utilisateur Ephytia décrit des périthèces sphériques de 61 à 199 µm de diamètre et des pycnides de 59… [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur histoire, origine et diffusion ?
Le black rot est originaire d’Amérique du Nord où il a été décrit au début du XIXe siècle Son introduction en Europe est associée aux échanges de matériel végétal américain notamment dans le contexte de reconstruction des vignobles après le phylloxéra Il est signalé en Europe à partir des années 1880 et en France à la fin du XIXe siècle Son importance a ensuite fluctué selon les régions les pratiques de protection contre mildiou oïdium Depuis les années 2000 plusieurs vignobles européens ont constaté une recrudescence L’INRAE souligne que l’enrichissement… [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur importance en france et géographie du risque ?
La maladie est historiquement plus importante dans les régions tempérées humides Sud-Ouest façade ouest vallées et secteurs continentaux humides ainsi que certains vignobles savoyards ou du Massif central Les zones méditerranéennes sèches ont longtemps été moins touchées mais des épisodes pluvieux printaniers estivaux peuvent provoquer localement des dégâts significatifs Les BSV 2026 du Languedoc-Roussillon rapportaient ainsi fin juin quelques nouveaux symptômes sur baies dans des parcelles déjà atteintes du Gard L’échelle parcellaire domine une parcelle avec momies nombreuses historique de dégâts sur grappes et voisinage de vignes abandonnées peut présenter… [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur symptômes détaillés par organe et stade ?
Les premiers symptômes apparaissent souvent sur les feuilles basses plus proches des sources d’inoculum et plus longtemps humides Les lésions débutent par de petites plages chlorotiques puis deviennent grisâtres à brun clair généralement circulaires à polygonales entourées d’un liseré brun foncé Elles peuvent atteindre environ 10 mm Des pycnides noires sphériques se développent rapidement sur la face supérieure et sont visibles à la loupe parfois à l’œil nu Sur pétioles vrilles et jeunes rameaux les lésions sont allongées brun sombre à noires parfois légèrement déprimées ou chancreuses Elles portent des… [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur cycle biologique et épidémiologie ?
Figure 2 — Cycle simplifié du black rot. Synthèse SILLOVA d’après IFV, INRAE/Ephytia et BSV. Le champignon survit dans les tissus contaminés, en particulier les baies momifiées, les rafles, les vrilles et les sarments. Les fructifications y mûrissent durant l’hiver et le début du printemps. Les momies laissées sur le cep sont particulièrement importantes, car leur position aérienne favorise la dispersion de l’inoculum vers les organes jeunes. [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur conditions climatiques favorables ?
Le black rot a besoin d’eau libre La température module ensuite la vitesse de germination de pénétration et d’incubation Ephytia donne une plage générale d’activité de 9 à 32 C avec un optimum autour de 26 C L’IFV situe les conditions très favorables autour de 23 25 C avec humectation prolongée Ainsi une pluie chaude peut être beaucoup plus contaminante qu’une pluie froide de même cumul La durée d’humectation doit être interprétée conjointement à la température plus la température s’éloigne de l’optimum plus la durée nécessaire augmente Les rosées et… [S01][S02][S03]





