01 · Guide
Identité de l’agent causal et taxonomie
Botrytis cinerea est remarquable par sa plasticité biologique : il peut vivre sur matière organique morte, coloniser des tissus affaiblis ou blessés, puis devenir un pathogène agressif lorsque le microclimat et la réceptivité de l’hôte deviennent favorables. Cette polyvalence explique pourquoi la seule logique « traiter quand on voit du gris » est insuffisante : une part importante de l’épidémie se construit avant les symptômes visibles de vendange.
02 · Guide
Histoire et évolution de la compréhension du Botrytis
La pourriture grise est décrite depuis l’Antiquité dans les cultures fruitières et viticoles. Le développement de la microbiologie et de la phytopathologie a progressivement permis de distinguer le champignon de la simple altération de maturité, puis de comprendre son double rôle : destructeur lorsqu’il provoque la pourriture grise, mais recherché lorsqu’il évolue en pourriture noble dans des terroirs et millésimes particuliers.
Botrytis cinerea est remarquable par sa plasticité biologique : il peut vivre sur matière organique morte, coloniser des tissus affaiblis ou blessés, puis devenir un pathogène agressif lorsque le microclimat et la réceptivité de l’hôte deviennent favorables. Cette polyvalence explique pourquoi la seule logique « traiter quand on voit du gris » est insuffisante : une part importante de l’épidémie se construit avant les symptômes visibles de vendange.
03 · Guide
Importance en France et contexte viticole
La forte diversité climatique française implique de raisonner le Botrytis par bassin et par parcelle plutôt qu’à l’échelle nationale. Ephytia décrit la maladie comme omniprésente dans les vignobles français et historiquement importante notamment dans les zones tempérées humides. À l’inverse, les étés chauds et secs peuvent bloquer temporairement la dynamique, sans supprimer le risque si des pluies interviennent ensuite pendant la maturation.
La pourriture grise est décrite depuis l’Antiquité dans les cultures fruitières et viticoles. Le développement de la microbiologie et de la phytopathologie a progressivement permis de distinguer le champignon de la simple altération de maturité, puis de comprendre son double rôle : destructeur lorsqu’il provoque la pourriture grise, mais recherché lorsqu’il évolue en pourriture noble dans des terroirs et millésimes particuliers.
04 · Guide
Cycle biologique et épidémiologie
Botrytis cinerea se conserve dans des tissus végétaux et sur les débris. Les structures de survie et les spores alimentent de nouvelles contaminations lorsque l’humidité et la réceptivité des organes le permettent.
Le champignon persiste dans le vignoble sous forme de mycélium dans des tissus végétaux, notamment sous l’écorce et dans des débris, et sous forme de sclérotes résistants sur feuilles et sarments atteints. Cette capacité saprophytique entretient un inoculum local même en l’absence de symptômes spectaculaires à la vendange précédente.
Au XXe siècle, l’approche de lutte reposait largement sur des traitements fongicides positionnés à plusieurs stades de la grappe. Les progrès récents ont déplacé le raisonnement vers une combinaison de prophylaxie, réduction de vigueur, maîtrise des blessures, qualité de pulvérisation, biocontrôle, outils de prévision et gestion stricte de la résistance. Les travaux de l’UMT SEVEN ont notamment développé les indicateurs PRB et NDVI-Bot afin d’objectiver le potentiel de sensibilité avant la maturation.
05 · Guide
Réceptivité des baies et indicateurs PRB / NDVI-Bot
Les travaux INRAE–UMT SEVEN montrent que la sensibilité des baies n’est pas constante. Le PRB (« Potentiel de Réceptivité des Baies au Botrytis ») est construit notamment à partir de la teneur en tanins pelliculaires, molécules contribuant aux défenses de la baie. Un PRB élevé est associé à une sensibilité potentielle plus forte, mais il doit toujours être relativisé par le climat de fin de saison.
Le NDVI-Bot est un indicateur végétatif précoce fondé sur la densité et la porosité du couvert. Une valeur élevée correspond à un rideau foliaire plus fermé, donc à un microclimat plus humide autour des grappes. Il est corrélé à la sévérité finale de pourriture grise dans les essais non protégés.
| Indicateur | Ce qu’il traduit |
|---|---|
| PRB (Potentiel de Réceptivité des Baies au Botrytis) | Sensibilité potentielle des baies, construite notamment à partir de la teneur en tanins pelliculaires |
| NDVI-Bot | Densité et porosité du couvert, donc microclimat plus ou moins humide autour des grappes |
06 · Guide
Portes d’entrée et interactions avec les autres bioagresseurs
Botrytis profite fréquemment de lésions produites par d’autres organismes. Les tordeuses de la grappe sont particulièrement importantes : les larves de deuxième et troisième générations perforent les baies, libèrent du jus et peuvent transporter des conidies. L’oïdium fragilise et fissure les pellicules. Les dommages de grêle, oiseaux, opérations mécaniques ou éclatement physiologique ont un effet comparable.
07 · Guide
Conséquences sur rendement et qualité œnologique
La nuisibilité du Botrytis dépasse largement la seule perte de poids de récolte. Le champignon altère la composition de la pellicule, accélère des phénomènes d’oxydation et modifie les précurseurs et composés du moût. Les grappes pourries hébergent en outre une microflore secondaire capable de générer des défauts aromatiques et, selon les espèces, des risques supplémentaires.
08 · Guide
Surveillance au vignoble : protocole opérationnel
• Identifier les parcelles à historique Botrytis et les zones humides ou mal ventilées.
• Utiliser, lorsqu’il est disponible pour le bassin, un indicateur précoce de type PRB/NDVI-Bot ou un OAD validé.
• Si la récolte est proche, intégrer le délai avant récolte et les exigences œnologiques ; le tri peut devenir un levier majeur.
Questions fréquentes
Pour aller à l’essentiel
Quelle est la cause de la pourriture grise?
Elle est causée par Botrytis cinerea. Le champignon peut vivre sur matière organique morte, puis devenir agressif lorsque le microclimat et la réceptivité de l’hôte sont favorables.
Un Botrytis visible suffit-il à décider d’un traitement?
Non. Une part importante de l’épidémie se construit avant les symptômes visibles à la vendange, d’où l’intérêt d’une surveillance par parcelle.
Les blessures favorisent-elles le Botrytis?
Oui. Les lésions causées par d’autres bioagresseurs, la grêle, les oiseaux ou les opérations mécaniques offrent des portes d’entrée au champignon.





