Référence agronomique · France

Santé des cultures · Maladies des cultures

Oïdium de la vigne

Erysiphe necator

L’oïdium de la vigne forme un feutrage grisâtre sur feuilles et grappes. La sensibilité des baies varie selon leur stade ; cépage, historique et observation guident la protection.

Mis à jour le 03/10/2026 Lecture 4 min
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Oïdium de la vigne — illustration documentaire (Santé des cultures, Maladies des cultures)
Oïdium de la vigne · Photographie documentaire SILLOVA
Données datéesPrévisions distinguées des bilans
Contexte avant conseilRégion, sol, variété et débouché

Repères essentiels

Une lecture synthétique des informations à retenir avant d’entrer dans le détail.

Agent

Erysiphe necator

Indice

Feutrage grisâtre

Grappes

Risque avant véraison

Suivi

Cépage et stade

01 · Guide

Identifier l’oïdium de la vigne

L’oïdium est causé par Erysiphe necator. Il forme un feutrage grisâtre et poudreux sur les feuilles et les baies ; les jeunes grappes infectées peuvent se fissurer en grandissant.

Contrairement au mildiou, le champignon se développe surtout à la surface des organes. Examiner les jeunes pousses, les deux faces des feuilles et les grappes permet de replacer une tache isolée dans le bon diagnostic.

02 · Guide

Histoire et évolution de la lutte

Erysiphe necator constitue l’un des exemples historiques les plus marquants de maladie invasive ayant transformé la protection des cultures. Le pathogène, originaire d’Amérique du Nord, est rapporté en Angleterre en 1845 et en France dès 1847. Les dégâts furent rapides et majeurs : INRAE cite des pertes de récolte dépassant 50 % en 1852 dans certains contextes historiques.

03 · Guide

Importance en France et contexte viticole

L’oïdium est présent dans tous les vignobles et figure parmi les maladies majeures pilotant la protection fongicide. Son importance réelle varie fortement selon les bassins, l’historique de la parcelle et la campagne : certaines années ou régions restent presque indemnes, tandis que des foyers très actifs peuvent s’installer précocement sur témoins non traités ou parcelles à fort historique.

04 · Guide

Symptômes détaillés par organe et stade

Lorsque le champignon a hiverné comme mycélium dans un bourgeon, la pousse issue de ce bourgeon peut être contaminée dès son émergence. Elle pousse plus lentement, présente des entre-nœuds courts, des feuilles crispées et souvent un feutrage blanc très visible. Ce faciès ‘drapeau’ est surtout signalé dans les vignobles méridionaux et sur certains cépages très sensibles tels que Cinsaut et Carignan. Il constitue une source précoce de conidies pour le reste de la parcelle.

Symptômes signalés par organe
OrganeSymptôme signalé
FeuillesFeutrage grisâtre et poudreux
Jeunes grappesFissuration possible en grandissant
Pousse issue d’un bourgeon infectéCroissance ralentie, entre-nœuds courts, feuilles crispées

05 · Guide

Cycle biologique et épidémiologie

E. necator peut hiverner comme mycélium dormant dans des bourgeons infectés ou sous forme de chasmothèces issus de la reproduction sexuée. Les chasmothèces se forment sur les organes atteints en fin de saison ; ils peuvent tomber au sol mais se maintiennent surtout dans les anfractuosités de l’écorce. INRAE indique qu’ils peuvent tolérer des températures négatives importantes et qu’ils constituent une source primaire largement majoritaire dans de nombreux vignobles européens.

Au débourrement, le mycélium dormant se réactive avec la pousse du bourgeon et produit rapidement des colonies de type drapeau. Dans la voie sexuée, les chasmothèces matures libèrent des ascospores au printemps ; ces spores germent sur les tissus verts et initient des colonies superficielles. Les deux voies peuvent coexister dans un même vignoble.

06 · Guide

Phénologie et résistance ontogénique des baies

La sensibilité n’est pas constante dans le temps. Les feuilles restent susceptibles longtemps, tandis que les baies acquièrent une résistance ontogénique rapide. Les travaux expérimentaux de Gadoury et collaborateurs montrent que les baies de Vitis vinifera sont très sensibles au début de leur développement, surtout dans les 1–2 semaines suivant la nouaison ; une résistance forte s’exprime environ 3–4 semaines après la fin de floraison.

07 · Guide

Conséquences sur rendement, maturité et qualité œnologique

Une attaque précoce sur inflorescence peut provoquer coulure et perte de potentiel de récolte. Sur baie, la réduction de croissance, la fissuration et la déshydratation diminuent le poids récolté et favorisent les pourritures secondaires. Une attaque foliaire sévère réduit la photosynthèse et peut retarder la maturation.

08 · Guide

Prévenir et surveiller l’oïdium

Les premiers foyers peuvent se former sur les feuilles et les grappes avant que la poussière grisâtre soit évidente partout. Les parcelles sensibles, l’historique et le stade des grappes orientent les tournées de surveillance.

L’IFV distingue les situations à symptômes précoces sur jeunes pousses des parcelles sans antécédent particulier. La protection se raisonne avant la forte extension de la maladie, avec les observations régionales et la sensibilité du cépage ; la note technique commune 2026 sert à vérifier les familles de produits et les résistances.

Questions fréquentes

Pour aller à l’essentiel

Qu’est-ce que l’oïdium de la vigne?

C’est une maladie causée par Erysiphe necator. Elle forme un feutrage grisâtre et poudreux sur les feuilles et les grappes.

Quand les baies sont-elles les plus sensibles?

Les baies sont très sensibles au début de leur développement, surtout dans les 1 à 2 semaines suivant la nouaison. Une résistance forte apparaît environ 3 à 4 semaines après la fin de floraison.

Le cépage et l’historique comptent-ils?

Oui. Le cépage, l’historique de la parcelle et le stade des grappes orientent la surveillance et la protection.

Traçabilité

Sources utilisées

Les principales références utilisées pour vérifier les repères de cette page.