01 · Guide
Synthèse exécutive
Sclerotinia sclerotiorum est un champignon nécrotrophe du sol à très large gamme d’hôtes. Sur tournesol, il se distingue par la production de sclérotes noirs, structures de conservation capables de persister plusieurs années. Deux voies épidémiologiques coexistent : la germination mycélienne de sclérotes au contact des racines, à l’origine notamment des attaques de collet, et la germination carpogène produisant des apothécies puis des ascospores, responsables des contaminations aériennes.
02 · Guide
Identité, taxonomie et terminologie
Le nom scientifique actuellement utilisé est Sclerotinia sclerotiorum (Lib. ) de Bary. Il s’agit d’un ascomycète de la famille des Sclerotiniaceae. Le terme français « sclérotinia » désigne souvent à la fois l’agent et la maladie ; « sclérotiniose », « pourriture blanche », « pourriture à sclérotes », « pourriture du collet » ou « affaissement à sclérotes » décrivent différentes expressions du même pathosystème.
03 · Guide
Biologie du pathogène et structures de survie
S. sclerotiorum est un nécrotrophe : il tue les cellules de l’hôte puis exploite les tissus morts. INRAE/Ephytia décrit la production d’enzymes lytiques (pectinases, hémicellulases, protéases) et d’acide oxalique, composé important dans la virulence et la colonisation des tissus. Cette stratégie explique la rapidité avec laquelle une pourriture humide peut progresser une fois l’infection installée.
04 · Guide
Hôtes, réservoirs et place dans les rotations
S. sclerotiorum possède une gamme d’hôtes exceptionnelle, principalement parmi les dicotylédones. La littérature agronomique internationale cite plus de 400 espèces hôtes. Dans les rotations françaises, les cultures les plus importantes pour le raisonnement du risque sont notamment colza, tournesol, soja, pois et plusieurs légumes ; des adventices dicotylédones peuvent aussi entretenir le pathogène.
Cette polyphagie change la définition d’une « rotation longue ». Espacer le tournesol sans réduire la fréquence globale des autres espèces sensibles peut ne pas diminuer suffisamment la pression. L’indicateur pertinent pour SILLOVA est donc le nombre d’années depuis la dernière culture hôte ET la proportion cumulée d’hôtes sensibles sur un horizon de 6 à 10 ans.
05 · Guide
Formes d’attaque : collet et base de tige
La forme collet correspond classiquement à une contamination d’origine mycélienne. Un sclérote situé au voisinage immédiat du système racinaire germe, colonise le pivot ou les racines puis atteint le collet. Les symptômes peuvent se déclarer avant floraison : flétrissement de la plante, pourriture humide blanchâtre à beige clair à la base, mycélium blanc par temps humide puis sclérotes noirs à l’intérieur ou à la surface de la tige.
Cette forme est souvent observée en foyers. Elle peut conduire au dessèchement de la plante ou à sa verse/casse. Le lien spatial avec un stock de sclérotes localisé est important : les mêmes zones peuvent réapparaître dans plusieurs cultures sensibles si l’inoculum n’est pas réduit.
06 · Guide
Formes d’attaque : feuilles, tiges et boutons
Les infections aériennes peuvent aussi atteindre une feuille adulte, puis progresser vers le pétiole et la tige. La lésion de tige est généralement humide, blanchâtre à beige, parfois avec des stries correspondant au front de progression. Le développement interne peut creuser et fragiliser la tige ; les sclérotes constituent alors un diagnostic fort.
07 · Guide
Reconnaître une attaque sur capitule
Une pourriture du capitule n’a pas forcément la même origine qu’une attaque de collet. Rechercher une croissance blanchâtre et des sclérotes noirs dans les tissus aide à différencier le sclérotinia d’autres maladies du tournesol.
Les références de Terres Inovia distinguent les voies de contamination et leurs stades. L’observation doit porter sur plusieurs plantes, avec une coupe des zones suspectes si nécessaire. Le diagnostic oriente les choix variétaux et la gestion des cultures hôtes dans la rotation, sans supposer qu’une intervention tardive guérira le capitule.
08 · Repères
Retenir les repères d’identification
Quatre repères situent le sclérotinia du tournesol : l’agent, sa survie dans le sol, les organes atteints et le levier principal.
| Repère | Point à retenir |
|---|---|
| Agent | Sclerotinia sclerotiorum |
| Survie | Sclérotes dans le sol |
| Organes | Collet, tige, capitule |
| Levier | Rotation et variété |
Questions fréquentes
Pour aller à l’essentiel
Quel est l’agent du sclérotinia du tournesol?
C’est Sclerotinia sclerotiorum, un champignon nécrotrophe du sol à très large gamme d’hôtes. Ses sclérotes noirs peuvent persister plusieurs années.
Quels organes la maladie peut-elle atteindre?
Elle peut atteindre le collet, la tige ou le capitule. Les attaques de collet proviennent classiquement d’une contamination mycélienne, et les symptômes peuvent se déclarer avant floraison.
Pourquoi raisonner la rotation sur les hôtes?
La gamme d’hôtes est très large. Espacer le tournesol ne suffit pas si les autres espèces sensibles restent fréquentes ; il faut regarder les années depuis la dernière culture hôte et la proportion d’hôtes sensibles sur 6 à 10 ans.





