01 · Guide
Synthèse exécutive
Le phomopsis du tournesol est principalement associé en France à Diaporthe helianthi, un ascomycète nécrotrophe. La forme asexuée a longtemps été désignée Phomopsis helianthi, ce qui explique l’usage persistant du nom « phomopsis ». D’autres Diaporthe peuvent provoquer des chancres très proches selon les continents ; cette diversité taxonomique impose de distinguer le diagnostic de terrain de l’identification d’espèce en laboratoire.
02 · Guide
Identité, taxonomie et terminologie
Diaporthe helianthi appartient aux Ascomycota. La maladie est souvent appelée « phomopsis » parce que Phomopsis helianthi désigne historiquement la forme asexuée du même organisme. La nomenclature moderne des champignons tend à privilégier un nom unique, Diaporthe, mais le vocabulaire agronomique conserve largement « phomopsis » pour la maladie.
03 · Guide
Histoire et diffusion en France
Les premières grandes épidémies attribuées à Phomopsis helianthi ont été décrites à la fin des années 1970 dans l’ex-Yougoslavie. En France, la maladie est identifiée en 1984 dans une zone comprise entre Toulouse et Carcassonne. À partir du milieu des années 1990, elle s’étend progressivement à l’ensemble des régions de culture du tournesol.
04 · Guide
Le tournesol français : contexte de production
Le risque phomopsis doit être replacé dans une culture qui couvre plusieurs centaines de milliers d’hectares et dont la géographie se déplace avec les conditions économiques et climatiques. Agreste estime la sole de tournesol à 686 000 ha en 2025, pour un rendement moyen de 20,9 q/ha et une production de 1,435 Mt.
Pour 2026, les estimations publiées en juin faisaient état d’une progression d’environ 70 000 ha par rapport à 2025. Les surfaces sont donc en hausse, ce qui peut faire entrer le tournesol dans des parcelles ou territoires où l’historique sanitaire est moins connu. La vigilance ne doit pas être limitée aux anciens bassins historiques.
05 · Guide
Importance actuelle et retour du risque 2024–2025
À l’échelle nationale, Terres Inovia décrit une maladie devenue nettement moins fréquente depuis le milieu des années 2010. Toutefois, cette tendance de fond coexiste avec des flambées régionales. La séquence 2024–2025 en Grand Est constitue un cas d’école : un printemps puis un été humides ont maintenu un microclimat favorable dans des couverts souvent bien développés.
06 · Guide
Symptômes sur feuilles
La feuille est souvent la première porte d’entrée visible. La contamination se produit classiquement près du bord du limbe. Une tache triangulaire brunâtre se forme, souvent avec une marge jaune ; sa pointe s’allonge en direction du centre en suivant une nervure. Le fait que la nécrose « prenne la nervure » et se dirige vers le pétiole est une clé de diagnostic très utile.
07 · Guide
Symptômes sur pétioles, tiges et capitules
Après la feuille, le champignon gagne le pétiole puis le point d’insertion sur la tige. La lésion de tige est généralement brun-rouge à brun grisâtre, à contours plus ou moins frangés, centrée sur un nœud. Elle peut s’allonger sur 15 à 20 cm. Lorsque la lésion encercle complètement la tige, les tissus conducteurs sont fortement compromis : le capitule peut s’échauder, la plante vieillit prématurément et la tige devient cassante.
08 · Guide
Observer le risque avant toute intervention
Une lésion foliaire ne correspond pas automatiquement à une perte sur tige. Suivre son passage éventuel du limbe au pétiole, puis à la tige, permet d’évaluer la progression du phomopsis et de le distinguer du phoma.
Terres Inovia recommande de tenir compte de la sensibilité variétale, du stade de la culture et des observations régionales avant de décider une protection. Noter les zones touchées et la date des premiers symptômes aide à choisir une variété adaptée et à interpréter les résidus de la parcelle suivante.
09 · Repères
Retenir les repères d’identification
Quatre repères situent le phomopsis du tournesol : l’agent, l’indice visible, le trajet de la lésion et la décision à évaluer.
| Repère | Point à retenir |
|---|---|
| Agent | Diaporthe helianthi |
| Indice | Chancre sur tige |
| Trajet | Feuille puis pétiole |
| Décision | Évaluer variété et pression |
Questions fréquentes
Pour aller à l’essentiel
Quel est l’agent du phomopsis du tournesol?
Il est principalement associé en France à Diaporthe helianthi, un ascomycète nécrotrophe. Le nom « phomopsis » vient de la forme asexuée, Phomopsis helianthi.
Comment suivre la progression de la maladie?
Une tache triangulaire brunâtre à marge jaune apparaît près du bord du limbe. Lorsque la nécrose prend la nervure et se dirige vers le pétiole, elle peut gagner la tige.
Une lésion foliaire entraîne-t-elle une perte sur tige?
Pas automatiquement. Il faut suivre son passage éventuel du limbe au pétiole, puis à la tige. Terres Inovia recommande de tenir compte de la sensibilité variétale et du stade avant de décider une protection.





