01 · Guide
Synthèse exécutive
Le mildiou du tournesol est causé par Plasmopara halstedii, un oomycète biotrophe obligatoire. Il n’est donc pas, au sens strict, un « champignon vrai ». Sa biologie est étroitement liée à l’eau : les oospores persistantes du sol germent lorsque les conditions sont suffisamment humides et produisent des structures libérant des zoospores mobiles. Les infections racinaires très précoces provoquent les formes systémiques les plus dommageables.
02 · Guide
Identité, taxonomie et terminologie
Plasmopara halstedii est l’agent du mildiou du tournesol. C’est un oomycète de l’ordre des Peronosporales, parasite biotrophe obligatoire : il a besoin de tissus vivants pour croître et se multiplier. Les oomycètes appartiennent à une lignée évolutive différente des champignons vrais ; cette distinction n’est pas qu’académique, car elle explique des particularités de cycle, de structures de survie et de sensibilité aux fongicides.
03 · Guide
Place du tournesol en France
L’extension 2026 de la sole vers des régions où le tournesol était historiquement plus discret augmente l’intérêt d’un suivi sanitaire national. L’épisode 2025 dans le Nord-Est montre qu’une absence d’antécédents visibles ne suffit pas à conclure à l’absence d’inoculum.
04 · Guide
Importance du mildiou et situation française récente
Le mildiou est une maladie à distribution hétérogène. Les foyers peuvent rester limités à quelques plantes, notamment dans les zones de tassement ou d’accumulation d’eau, mais ils peuvent aussi concerner une part importante de la parcelle. La pression nationale a nettement augmenté depuis 2023, tandis que des attaques sévères réapparaissent plus fréquemment.
05 · Guide
Biologie et cycle épidémiologique
Le cycle combine une phase de survie tellurique très longue et des phases de multiplication sur plante. Les oospores sexuées, épaisses et résistantes, assurent la persistance dans le sol et les résidus. Au printemps, en présence d’eau libre et de températures favorables, elles germent et conduisent à la production de zoospores biflagellées. Celles-ci se déplacent dans le film d’eau du sol et infectent les racines des jeunes plantules.
06 · Guide
Symptômes selon le stade et le type d’infection
La forme la plus typique est systémique. Une infection très précoce peut tuer la plantule. Plus souvent, les plantes survivent mais restent nettement plus petites que les plantes saines. Les entre-nœuds sont raccourcis, les feuilles montrent des zones chlorotiques suivant les nervures et un duvet blanc est visible sur la face inférieure lorsque l’humidité permet la sporulation. Les capitules peuvent rester horizontaux, de petit diamètre et stériles.
07 · Guide
Diagnostic différentiel
Le diagnostic au champ doit éviter les confusions, en particulier avec l’albugo/rouille blanche du tournesol (Pustula helianthicola), des accidents de structure du sol, certaines phytotoxicités ou des carences. La combinaison « nanisme + chlorose nervaire + sporulation blanche au revers » est beaucoup plus caractéristique que chacun des symptômes pris isolément.
Confirmation — En cas d’attaque inattendue sur une variété annoncée RM8/RM9/RM9#, un prélèvement et une caractérisation de l’isolat sont plus utiles qu’un simple diagnostic visuel : ils alimentent la surveillance des contournements.
08 · Guide
Prévenir le mildiou dans la parcelle suivante
Le mildiou du tournesol peut être installé dès les premiers stades. La surveillance au printemps distingue les plantes nanifiées et les symptômes plus tardifs, puis note leur fréquence par zone.
La note commune de Terres Inovia, du GEVES et d’INRAE relie les races observées au comportement des variétés et aux traitements de semences. Le choix variétal doit tenir compte des résistances disponibles et de la pression locale ; un résultat ancien ne garantit pas une protection contre toutes les races.
09 · Repères
Retenir les repères d’identification
Quatre repères situent le mildiou du tournesol : l’agent, la culture, l’indice visible et le levier principal.
| Repère | Point à retenir |
|---|---|
| Agent | Plasmopara halstedii |
| Culture | Tournesol |
| Indice | Nanisme et feutrage |
| Levier | Variété et plant sain |
Questions fréquentes
Pour aller à l’essentiel
Quel est l’agent du mildiou du tournesol?
C’est Plasmopara halstedii, un oomycète biotrophe obligatoire. Il n’est donc pas un « champignon vrai » au sens strict.
Quels symptômes rechercher au champ?
La combinaison nanisme, chlorose le long des nervures et sporulation blanche au revers est plus caractéristique que chaque symptôme isolé. Un duvet blanc apparaît sur la face inférieure lorsque l’humidité le permet.
Une variété annoncée résistante est-elle toujours protégée?
Pas toujours. Un résultat ancien ne garantit pas une protection contre toutes les races. Une attaque inattendue sur une variété annoncée RM8/RM9/RM9# justifie un prélèvement et une caractérisation de l’isolat.





