Référence agronomique · France

Santé des cultures · Maladies des cultures

Verticilliose du colza

Verticillium longisporum

La verticilliose du colza est liée à Verticillium longisporum. Le dessèchement unilatéral, les stries sur tige et les microsclérotes aident à la distinguer d’autres causes de pieds secs.

Mis à jour le 03/10/2026 Lecture 6 min
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Verticilliose du colza — illustration documentaire (Santé des cultures, Maladies des cultures)
Verticilliose du colza · Photographie documentaire SILLOVA
Données datéesPrévisions distinguées des bilans
Contexte avant conseilRégion, sol, variété et débouché

Repères essentiels

Une lecture synthétique des informations à retenir avant d’entrer dans le détail.

Agent

Verticillium longisporum

Culture

Colza

Indice

Dessèchement unilatéral

Confirmation

Microsclérotes sur tige

01 · Guide

Synthèse exécutive

La verticilliose est classée comme une maladie secondaire du colza en France, mais elle mérite une vigilance accrue car elle s’installe durablement dans le sol, s’exprime tardivement et peut être masquée dans un complexe de « pieds secs ». Le Nord-Est est aujourd’hui le principal territoire français cité par Terres Inovia.

Le présent dossier va au-delà du minimum en séparant clairement les connaissances établies en France, les données européennes et les résultats de recherche.

02 · Guide

Identité et taxonomie de l’agent

Tableau 4. Taxonomie de Verticillium longisporum

Le nom « verticilliose » peut prêter à confusion avec les verticillioses provoquées par V. dahliae sur d’autres cultures. Sur colza, l’agent principal est V. longisporum. La littérature internationale recommande même le terme « Verticillium stem striping » (striure verticillienne de la tige), car le colza ne présente pas toujours le flétrissement classique associé aux verticillioses.

La verticilliose est classée comme une maladie secondaire du colza en France, mais elle mérite une vigilance accrue car elle s’installe durablement dans le sol, s’exprime tardivement et peut être masquée dans un complexe de « pieds secs ». Le Nord-Est est aujourd’hui le principal territoire français cité par Terres Inovia.

03 · Guide

Place du colza en France en 2026

Le risque sanitaire doit être replacé dans une sole nationale importante et en hausse. Au 7 août 2026, Agreste estimait la production française de colza à environ 4,7 Mt. L’estimation arrêtée au 1er juillet 2026 donnait 1,422 Mha, 32,6 q/ha et 4,634 Mt ; les surfaces étaient en hausse de 12 % sur un an.

Les BSV Grand Est confirment une présence régulière mais très variable selon les campagnes et sous-régions. En Lorraine en 2024, 23 % des parcelles observées pour ce critère étaient touchées, avec 9,2 % de plantes atteintes en moyenne parmi les observations disponibles ; en Alsace, la pression 2024 est qualifiée de faible à moyenne.

04 · Guide

Importance et distribution de la maladie

Verticillium longisporum est établi dans plusieurs zones de culture du colza en Europe du Nord et du Centre. En France, Terres Inovia le décrit comme une maladie secondaire, plutôt présente dans le Nord-Est. Des isolats A1/D1 ont historiquement été décrits à Châlons-en-Champagne et en Haute-Marne dans des collections scientifiques.

Le nom « verticilliose » peut prêter à confusion avec les verticillioses provoquées par V. dahliae sur d’autres cultures. Sur colza, l’agent principal est V. longisporum. La littérature internationale recommande même le terme « Verticillium stem striping » (striure verticillienne de la tige), car le colza ne présente pas toujours le flétrissement classique associé aux verticillioses.

05 · Guide

Historique et émergence en Europe

V. longisporum a d’abord été décrit comme une variété de V. dahliae en 1961, puis élevé au rang d’espèce en 1997. Le colza a été reconnu comme hôte majeur en Europe du Nord ; la maladie s’est ensuite imposée comme un risque tellurique important dans certains bassins scandinaves, allemands, britanniques et d’Europe continentale.

Le risque sanitaire doit être replacé dans une sole nationale importante et en hausse. Au 7 août 2026, Agreste estimait la production française de colza à environ 4,7 Mt. L’estimation arrêtée au 1er juillet 2026 donnait 1,422 Mha, 32,6 q/ha et 4,634 Mt ; les surfaces étaient en hausse de 12 % sur un an.

06 · Guide

Biologie de Verticillium longisporum

Le champignon produit des conidiophores verticillés et des conidies relativement longues. Sa particularité agronomique est la formation de microsclérotes mélanisés, structures de repos capables de persister dans le sol et les résidus. La maladie est essentiellement monocyclique : la dynamique de l’année dépend du stock d’inoculum tellurique et de l’infection des racines, plutôt que de cycles répétés de dissémination aérienne.

Verticillium longisporum est établi dans plusieurs zones de culture du colza en Europe du Nord et du Centre. En France, Terres Inovia le décrit comme une maladie secondaire, plutôt présente dans le Nord-Est. Des isolats A1/D1 ont historiquement été décrits à Châlons-en-Champagne et en Haute-Marne dans des collections scientifiques.

07 · Guide

Origine hybride et lignées génétiques

V. longisporum est un complexe hybride allodiploïde issu d’au moins trois événements d’hybridation. Les lignées reconnues sont A1/D1, A1/D2 et A1/D3. En Europe, A1/D1 et A1/D3 ont été isolées ; A1/D1 est généralement la plus agressive sur colza, tandis qu’A1/D3 est moins virulente.

V. longisporum a d’abord été décrit comme une variété de V. dahliae en 1961, puis élevé au rang d’espèce en 1997. Le colza a été reconnu comme hôte majeur en Europe du Nord ; la maladie s’est ensuite imposée comme un risque tellurique important dans certains bassins scandinaves, allemands, britanniques et d’Europe continentale.

08 · Guide

Reconnaître la verticilliose sur colza

Le dessèchement parfois unilatéral de la tige peut faire penser au phoma, mais les symptômes doivent être comparés. Terres Inovia décrit chez Verticillium longisporum des stries et des microsclérotes sous l’épiderme de la tige en fin de cycle.

Examiner plusieurs pieds à différents stades et rechercher la localisation des nécroses. Les pieds secs ne suffisent pas à identifier l’agent : les lésions du collet dues au phoma et la présence de microsclérotes orientent vers des diagnostics différents.

09 · Guide

Conserver l’historique des foyers

Le champignon persiste par ses structures de survie dans le sol. Une observation en fin de campagne sert à cartographier les foyers et à documenter les rotations avant de réimplanter du colza ou d’autres crucifères sensibles.

La surveillance ne doit pas être transformée en recommandation curative : une fois la plante colonisée, aucune action sur le feuillage ne répare les vaisseaux atteints. Les choix pour la campagne suivante s’appuient sur le diagnostic, la rotation et les références techniques locales.

10 · Repères

Retenir les repères d’identification

Quatre repères situent la verticilliose du colza : l’agent, la culture concernée, l’indice visible et la confirmation sur tige.

Repères d’identification de la verticilliose du colza
RepèrePoint à retenir
AgentVerticillium longisporum
CultureColza
IndiceDessèchement unilatéral
ConfirmationMicrosclérotes sur tige

Questions fréquentes

Pour aller à l’essentiel

Quel est l’agent principal de la verticilliose du colza?

L’agent principal est Verticillium longisporum. Le nom « verticilliose » peut toutefois prêter à confusion avec les maladies causées par V. dahliae sur d’autres cultures.

Un pied sec signe-t-il forcément la verticilliose?

Non. Les pieds secs ne suffisent pas à identifier l’agent. Examiner plusieurs pieds et rechercher des microsclérotes sur la tige permet de mieux orienter le diagnostic.

Une plante colonisée peut-elle être soignée?

Non. Une fois la plante colonisée, aucune action sur le feuillage ne répare les vaisseaux atteints. Les choix suivants s’appuient sur le diagnostic et la rotation.

Traçabilité

Sources utilisées

Les principales références utilisées pour vérifier les repères de cette page.