Référence agronomique · France

Grandes cultures · Conduite de la betterave sucrière

Récolte de la betterave sucrière

La récolte de la betterave doit préserver les racines et le sucre tout en limitant terre exportée, casse, blessures et tassement. Les réglages d’effeuillage, d’arrachage et de nettoyage se contrôlent dès les premiers mètres puis s’adaptent aux conditions de sol et à la durée de stockage prévue.

Mis à jour le 24/09/2026 Lecture 7 min
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Récolte de la betterave sucrière — illustration documentaire (Grandes cultures, Conduite de la betterave sucrière)
Récolte de la betterave sucrière · Photographie documentaire SILLOVA
Données datéesPrévisions distinguées des bilans
Contexte avant conseilRégion, sol, variété et débouché

Repères de campagne

Les chiffres à retenir

Les repères essentiels, expliqués en clair. Les sources complètes sont regroupées en bas de page.

Pétioles après effeuillage

< 20 %

Contrôle de l’effeuilleuse/scalpeurs · ITB

Surdécolletage / éclatement

< 10 %

Limiter pertes et blessures · ITB

Vitesse d’avancement

≈ 2/3 du maximum possible

Compromis nettoyage/casse · ITB

Casse cible en sec

< 1 t/ha

Priorité protection racines · ITB

01 · Référence

Définition et place de la récolte dans l’itinéraire technique

La récolte de betterave sucrière comprend l’effeuillage, le scalpage ou micro-scalpage selon les équipements, l’extraction de la racine, le nettoyage, la reprise, le stockage transitoire en trémie, le déchargement, le débardage éventuel, la constitution du silo puis l’enlèvement. Ces opérations forment une chaîne : une erreur commise au premier maillon peut se retrouver à la réception ou au stockage.

Le rendement biologique n’est pas le rendement livré. À la parcelle, la meilleure récolte est celle qui maximise le poids utile et la quantité de sucre livrée tout en limitant la terre exportée, les pertes par casse et les dommages au sol. Cette logique doit être dissociée du simple débit de chantier.

La date d’arrachage, le rendement, la richesse en sucre et la conservation en silo complètent ce diagnostic. Le chantier doit être organisé à partir de la date d’enlèvement et de la durée de stockage, sans recopier un réglage d’une parcelle à une autre.

02 · Référence

Contexte français de la filière et campagne 2025-2026

Le SNFS indique que la France demeure le premier producteur européen de sucre, avec 19 sucreries en activité et environ 23 000 planteurs. Cette organisation explique la longueur des campagnes et la nécessité de coordonner finement arrachage, stockage, transport et disponibilité des usines.

Agreste a révisé fin 2025 la récolte à 35,5 Mt pour un rendement de 89,4 t/ha. L’ITB indique que, dans les enquêtes Pratiques culturales, 50 % des surfaces étaient déjà arrachées au 1er novembre 2021, mais que l’allongement des campagnes conduit désormais à une part importante des arrachages après cette date.

Agreste estime la sole 2026 à environ 378 000 ha, soit -5 % par rapport à 2025. Aucune estimation nationale officielle du rendement betteravier 2026 n’est encore publiée à cette date. Les données de rendement des cultures d’automne doivent être complétées plus tard en campagne. La CGB souligne au 14 août un déficit hydrique, des fortes chaleurs, de la jaunisse et des dégâts de Rhizopus dans certaines parcelles.

Les parcelles fortement stressées ou présentant des racines atteintes ne doivent pas être planifiées comme des betteraves saines destinées au stockage long. Les décisions doivent être prises avec la sucrerie : priorisation de l’enlèvement, isolement éventuel de lots, ou non-stockage de zones pourries.

03 · Référence

Choisir le chantier : intégrale ou chantier décomposé

Les intégrales concentrent effeuillage, arrachage, nettoyage, stockage en trémie et vidange. Elles offrent un haut débit et réduisent la coordination entre plusieurs machines, mais leur masse élevée impose une forte discipline sur le tassement, particulièrement en sol humide.

Les chantiers avec arracheuse, débardeuse ou chargeuse répartissent les fonctions. Ils peuvent offrir davantage de souplesse sur la charge au sol et le débit, mais exigent une organisation plus complexe et davantage de trafic.

L’outil Perfbet de l’ITB compare les caractéristiques techniques des machines, calcule les coûts fixes et variables, puis simule la faisabilité d’un plan de charge en intégrant les fenêtres climatiques. Le choix d’un chantier doit associer surface à récolter, date d’enlèvement, capacité journalière, état du sol, risque de tassement, accessibilité du silo et coûts.

04 · Référence

Avant le premier hectare : audit pré-récolte

Cartographier les zones humides, les mouillères, les fourrières, les foyers de maladies racinaires, les zones à betteraves fourchues, les secteurs irrigués tardivement et les parties compactées. Ces zones peuvent nécessiter un réglage ou un ordre de passage différent.

Rhizoctone brun, rhizoctone violet, Erwinia, Rhizopus, nématodes du collet et autres pourritures dégradent la conservation. Une racine atteinte continue d’évoluer au silo ; l’ITB recommande de réduire la durée de stockage et de prévenir la sucrerie en cas d’attaque.

Contrôler usure des couteaux, fléaux, scalpeurs, socs, disques, turbines, rouleaux, grilles, grattoirs, protections, tapis et capteurs. Un jeu excessif ou un organe usé transforme rapidement un bon réglage théorique en mauvaise qualité de récolte.

Définir sens d’arrachage, zones de vidange, circulation des bennes et accès au silo. L’objectif est de limiter les croisements, les demi-tours lourds et le nombre de passages sur une même bande.

05 · Référence

Effeuillage et scalpage

Le rotor retire et broie le bouquet foliaire. L’ITB recommande que sa hauteur soit réglée au niveau des betteraves les plus émergentes : quelques racines peuvent être touchées par le rotor, mais le travail doit rester homogène.

Les scalpeurs retirent les pétioles restant sur le collet. Leur pression et leur hauteur doivent suivre l’émergence de la racine. Les couteaux doivent être entretenus et affûtés ; une forte variabilité d’émergence rend le réglage plus difficile.

Vise moins de 20 % de betteraves avec pétioles et moins de 10 % de betteraves surdécolletées ou éclatées. Au-dessus de 5 km/h, le risque de mauvais travail augmente rapidement.

Couper trop bas retire une partie de racine riche en sucre et accroît la surface blessée. Cette blessure augmente la respiration, la cicatrisation et le risque de pourriture en stockage. L’objectif n’est donc pas d’obtenir une racine visuellement « propre » à tout prix.

Des pétioles longs et des tissus verts augmentent les impuretés et peuvent produire des repousses en silo lorsque les températures sont favorables. Les repousses consomment du saccharose et compliquent la conservation.

06 · Référence

Arrachage de la racine : profondeur, organes et casse

En sol sec et dur, il peut être nécessaire d’augmenter la profondeur pour réduire les casses du pivot. Lorsque les conditions se dégradent, l’ITB conseille de réduire la profondeur, sans provoquer de casse systématique.

Les bâtis à socs sont souvent privilégiés en conditions difficiles pour limiter la masse de terre prélevée. Les bâtis à disques imposent une attention particulière aux patins et à la bande de terre extraite.

07 · Référence

Nettoyage : retirer la terre sans détruire la récolte

Lorsque la terre se sépare facilement, ralentir les turbines, fermer ou protéger certaines grilles et conserver des dispositifs protecteurs permet de limiter les blessures. L’objectif est de viser moins d’1 t/ha de pertes par casse.

08 · Référence

Vitesse d’avancement et débit de chantier

Le débit instantané maximal n’est pas nécessairement le débit économique. Une vitesse trop élevée réduit le temps disponible pour l’arrachage et le nettoyage, augmente la casse et peut dégrader l’effeuillage.

Repères techniques documentés.
IndicateurRepèreUtilisationSource
Pétioles après effeuillage< 20 %Contrôle de l’effeuilleuse/scalpeursITB
Surdécolletage / éclatement< 10 %Limiter pertes et blessuresITB
Vitesse d’avancement≈ 2/3 du maximum possibleCompromis nettoyage/casseITB
Casse cible en sec< 1 t/haPriorité protection racinesITB
Pointe peu casséecassure ≤ 2 cm de diamètreÉvaluer les pertes par casseITB
Silobet270 °C. jSeuil de conservation au-delà duquel les pourritures accélèrentITB/COBRI

Questions fréquentes

Pour aller à l’essentiel

Quels repères suivre pendant l’effeuillage?

Viser moins de 20 % de betteraves avec pétioles et moins de 10 % de betteraves surdécolletées ou éclatées. Au-dessus de 5 km/h, le risque de mauvais travail augmente rapidement.

Faut-il couper les betteraves au plus bas?

Non. Couper trop bas retire une partie de racine riche en sucre et accroît la surface blessée, ce qui favorise la pourriture en stockage. L’objectif n’est pas une racine visuellement propre à tout prix.

Peut-on reprendre le même réglage d’une parcelle à l’autre?

Non. Le chantier doit être organisé à partir de la date d’enlèvement et de la durée de stockage, sans recopier un réglage d’une parcelle à une autre.

Traçabilité

Sources utilisées

Les principales références utilisées pour vérifier les repères de cette page.