01 · Référence
Pourquoi le désherbage est structurellement difficile en betterave
La betterave possède une faible capacité de compétition au début du cycle: rosette basse, espacement de rang élevé, faible surface foliaire initiale. La période de coexistence avec les adventices est donc longue. Les études internationales sur la période critique de concurrence montrent qu’une infestation précoce non maîtrisée peut entraîner des pertes de rendement importantes, et que la période de propreté nécessaire se prolonge plusieurs semaines après la levée.
2 La date de levée de l’adventice compte autant que sa densité
Une adventice levée avec la betterave consomme tôt eau, azote et lumière et peut dépasser rapidement la culture. Une cohorte levée tard sous un couvert déjà développé a une nuisibilité plus faible mais peut encore produire des graines. Le raisonnement doit donc distinguer nuisibilité pour le rendement et risque de multiplication du stock semencier.
02 · Référence
Diagnostic avant intervention: protocole de terrain
Parcourir la parcelle selon deux diagonales ou un W. Réaliser 20 à 30 points d’observation, séparer bordures, fourrières, cuvettes, zones tassées et changements de texture. Noter espèce, stade, densité, distribution diffuse ou en plaques, et photographier les plantules. L’outil Diagbet Adventices de l’ITB peut appuyer l’identification.
2 Identifier la flore dominante et la flore la plus difficile
Le programme doit être construit sur l’espèce la plus difficile à contrôler, pas sur la moyenne de la parcelle. Les chénopodes, renouées, mercuriales, ombellifères, graminées résistantes, vivaces et betteraves adventices nécessitent des stratégies différentes.
Après une pluie, une parcelle peut sembler ‘repartir’ alors que la première cohorte a été détruite. Marquer quelques plantes avant intervention ou photographier des placettes fixes. Une nouvelle levée ne constitue pas un défaut d’efficacité de la précédente application.
03 · Référence
La gestion intégrée: de la prévention au rattrapage
Alterner cultures d’hiver et de printemps modifie les fenêtres de levée et permet de diversifier les herbicides et les outils. Pour vulpin/ray-grass, les décisions prises dans les céréales conditionnent la pression en betterave. Le désherbage d’une graminée résistante ne se ‘répare’ pas en une seule culture.
Un faux-semis superficiel peut faire lever une partie du stock avant implantation de la betterave. L’efficacité dépend de l’humidité et d’un travail ultérieur peu profond pour ne pas remonter une nouvelle cohorte. Les essais ITB Gramicible/Gramicombi intègrent ce levier dans des combinaisons avec mécanique.
Le labour peut être utile sur certaines graminées à persistance semencière courte lorsqu’il est occasionnel et positionné après une forte grenaison, mais il peut être contre-productif pour des graines très persistantes. Le choix doit être spécifique à l’espèce et à l’historique.
Les couverts réduisent les ressources disponibles aux adventices et protègent le sol, mais leur pouvoir suppressif dépend de la biomasse et de la date de destruction. Des travaux européens ont montré des effets de paillis de couverts sur la densité des adventices en betterave, avec des compromis possibles sur l’installation de la culture.
Les plantes survivantes doivent être arrachées, fauchées ou détruites avant production de graines. Pour les betteraves adventices, l’ITB exige l’arrachage des montées à graines avant maturité dans les systèmes SMART.
| Levier | Usage décrit | Point de vigilance |
|---|---|---|
| Faux-semis superficiel | Faire lever une partie du stock avant implantation | Dépend de l’humidité et d’un travail ultérieur peu profond |
| Labour | Utile sur certaines graminées à persistance courte | Peut être contre-productif pour des graines très persistantes |
| Couverts | Réduire les ressources disponibles aux adventices | Dépend de la biomasse et de la date de destruction |
| Arrachage des survivantes | Éviter la production de graines | Avant maturité des montées à graines |
04 · Référence
Préémergence: quand elle devient réellement pertinente
Le Cahier technique ITB 1215 s’appuie sur des essais Aisne 2023 et Marne 2024 à très forte infestation, environ 500 à 1 000 Ammi majus/m². La répartition du quinmérac entre pré- et post-émergence a donné la meilleure efficacité finale. L’ITB rappelle le plafond de 250 g/ha de quinmérac et les règles différentes selon les spécialités; le même produit ne peut pas nécessairement être utilisé en pré puis en post. Ce point doit être vérifié dans E‑Phy.
Dans les essais ITB 2023-2024 de l’Aisne, une préémergence éthofumésate + métamitrone (exemple Goltix Duo cité à 3 l/ha dans le Cahier 1215) a réduit la densité de vulpin avant un relais post-levée à base de cléthodime. L’objectif est à la fois de réduire la concurrence et de diversifier les modes d’action.
L’ITB indique qu’en 2026 le gain observé sur vulpin n’est pas retrouvé sur ray-grass. Après le retrait du S‑métolachlore et la fin d’utilisation d’Avadex 480 (triallate) au 29 mars 2025, l’Institut indique ne plus disposer d’une solution de préémergence efficace contre cette adventice en betterave. La lutte doit donc être renforcée dans la rotation.
05 · Référence
Post-levée dicotylédones: la méthode faible dose, forte précision
Démarrer dès le stade point vert à cotylédons des premières adventices, en moyenne 2 à 3 semaines après semis. Ce repère est plus robuste qu’un calendrier fixe car la date de levée dépend de la température et des pluies.
06 · Référence
Désherbage des graminées: programme spécifique
L’ITB rappelle que la lutte doit intervenir dans l’ensemble de la rotation et viser l’alternance des leviers agronomiques et chimiques. Les populations de vulpin et de ray-grass résistantes aux groupes HRAC 1 et 2 sont largement documentées en France.
07 · Référence
Qualité de pulvérisation: souvent la cause cachée des écarts
Pour les programmes de contact, l’ITB recommande de privilégier tôt le matin, avec hygrométrie >60 % dans les recommandations générales. Les notes graminées 2026 visent des hygrométries encore plus élevées pour sécuriser l’absorption.
08 · Référence
Désherbage mécanique: outils, réglages et biologie des adventices
Le Cahier ITB 1218 rappelle que chénopodes, renouées et graminées développent rapidement des racines ramifiées, ce qui les rend vite moins sensibles aux outils. Le succès repose donc sur un décalage: betterave assez ancrée pour supporter l’outil, adventice encore fragile.
Questions fréquentes
Pour aller à l’essentiel
Quand commencer le désherbage en post-levée?
Démarrer dès le stade point vert à cotylédons des premières adventices, en moyenne 2 à 3 semaines après semis. Ce repère est plus robuste qu’un calendrier fixe, car la levée dépend de la température et des pluies.
Pourquoi la préémergence ne suffit-elle pas toujours?
L’ITB indique qu’en 2026 le gain observé sur vulpin n’est pas retrouvé sur ray-grass, et qu’il ne dispose plus d’une solution de préémergence efficace contre cette adventice en betterave. La lutte doit donc être renforcée dans la rotation.
Pourquoi la qualité de pulvérisation compte-t-elle?
Pour les programmes de contact, l’ITB recommande de privilégier tôt le matin, avec une hygrométrie supérieure à 60 %. Les notes graminées 2026 visent des hygrométries encore plus élevées pour sécuriser l’absorption.





