Référence agronomique · France

Grandes cultures · Conduite du blé

Floraison du blé

La floraison du blé correspond aux stades BBCH 61 à 69, entre les premières anthères visibles et la fin de l’anthèse. L’observation doit porter sur plusieurs zones de la parcelle, car ce stade conditionne l’évaluation des risques climatiques et sanitaires autour de la fécondation.

Mis à jour le 24/09/2026 Lecture 6 min
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Floraison du blé — illustration documentaire (Grandes cultures, Conduite du blé)
Floraison du blé · Photographie documentaire SILLOVA
Données datéesPrévisions distinguées des bilans
Contexte avant conseilRégion, sol, variété et débouché

Les repères essentiels

Une lecture synthétique des informations à retenir avant d’entrer dans le détail.

Épiaison

Sortie de l’épi hors de la gaine de la feuille étendard, BBCH 51–59.

Floraison : les anthères peuvent être absentes alors que l’épi est entièrement sorti.

Anthèse / floraison

Ouverture fonctionnelle des fleurons ; premières anthères visibles à BBCH 61.

Fécondation : processus biologique parfois légèrement antérieur au repère visuel.

Pollinisation

Transfert du pollen vers le stigmate.

Dispersion à longue distance : le blé est surtout autogame.

Fécondation

Union des gamètes ; déclenchement du développement du grain.

Remplissage : accumulation ultérieure d’eau, cellules, amidon et protéines.

01 · Référence

Synthèse opérationnelle

La floraison du blé, ou anthèse, correspond à l’ouverture fonctionnelle des fleurons et à l’apparition des anthères. Dans la pratique de terrain, le début floraison est identifié lorsque les premières anthères jaunes sont visibles sur les épis : c’est BBCH 61. La mi-floraison correspond à BBCH 65, lorsque la moitié environ des anthères est arrivée à maturité, et BBCH 69 marque la fin de floraison. Cette séquence succède directement à l’épiaison complète (BBCH 59) et précède le stade grain aqueux (BBCH 71).

Le stade est stratégique pour trois raisons. Premièrement, la fécondation fixe une composante majeure du rendement : le nombre de grains par épi et par mètre carré. Deuxièmement, les stress hydriques, thermiques, lumineux ou froids qui touchent la reproduction peuvent réduire la fertilité, avec des effets qui ne sont pas toujours immédiatement visibles. Troisièmement, la présence d’humidité et de pluies autour de la sortie des étamines constitue le principal facteur climatique de contamination des épis par les fusarioses, notamment Fusarium graminearum, producteur potentiel de DON.

En 2026, plusieurs régions françaises ont observé une forte avance phénologique : ARVALIS signalait 12 à 15 jours d’avance à épiaison-floraison en Bretagne début mai, et environ dix jours dans le Sud-Ouest. Ces observations confirment qu’il faut raisonner en stades observés et données météo, non en dates calendaires fixes.

02 · Référence

Définition précise : qu’appelle-t-on “floraison du blé”?

En céréales à paille, le terme “floraison” est souvent utilisé comme synonyme pratique d’anthèse, c’est-à-dire la période où les anthères deviennent visibles et libèrent leur pollen. Chez le blé, espèce majoritairement autogame, l’autofécondation domine : la fécondation se réalise le plus souvent à l’intérieur ou à proximité immédiate du fleuron. La sortie des anthères reste néanmoins le repère le plus simple et reproductible au champ pour caler BBCH 61–69.

Il faut distinguer trois phénomènes proches mais non identiques : la floraison visible, la pollinisation et la fécondation. La pollinisation correspond au dépôt du pollen sur le stigmate ; la fécondation est l’union des gamètes qui initie le développement du caryopse. ARVALIS rappelle que les grains commencent à se former à la fécondation, environ trois jours avant la floraison visible dans certaines descriptions physiologiques. Cela explique pourquoi un stress peut affecter la fertilité alors que les anthères ne sont pas encore nombreuses à l’extérieur de l’épi.

03 · Référence

BBCH 61 à 69 : coder la floraison sans ambiguïté

Le codage BBCH donne un langage commun aux agriculteurs, conseillers, expérimentateurs et étiquettes de produits phytopharmaceutiques. Le stade principal 6 correspond à la floraison. Les trois repères usuels sont BBCH 61, 65 et 69. Au champ, le stade d’une parcelle doit représenter la majorité des tiges fertiles, pas la tige la plus avancée ni quelques talles tardives.

04 · Référence

Comment observer la floraison dans une parcelle hétérogène

Une parcelle peut présenter plusieurs jours d’écart entre les zones chaudes et froides, les types de sol, les passages tassés, les variétés d’un mélange, les dates de levée et les talles d’un même pied. Une observation unique en bordure peut donc conduire à une erreur : le protocole doit être structuré et répétable.

• Choisir au moins 5 à 10 points représentatifs et éviter les fourrières sauf si elles constituent une zone d’intérêt spécifique.

• Observer plusieurs dizaines d’épis par point ; noter séparément les tiges principales et les talles manifestement tardives si elles sont nombreuses.

• Classer les épis en quatre catégories : aucune anthère ; premières anthères ; floraison active ; floraison terminée.

• Enregistrer l’heure, la météo des 48 dernières heures, la variété, la date de semis, le précédent et l’état hydrique.

05 · Référence

Anatomie de la fleur de blé

Chaque épillet porte plusieurs fleurons potentiels. Un fleuron comprend notamment des étamines terminées par des anthères, un ovaire et des stigmates plumeux, le tout protégé par les glumelles. Tous les fleurons initiés ne deviennent pas des grains : une fraction régresse avant ou autour de la floraison. La capacité de la culture à maintenir des fleurons fertiles dépend de la nutrition carbonée, du rayonnement, de la température, de l’eau, de la génétique et de l’état sanitaire.

06 · Référence

Autogamie, pollinisation et fécondation

Le blé tendre et le blé dur sont majoritairement autogames. Cela ne signifie pas que la pollinisation est totalement indépendante de l’environnement : l’ouverture des fleurons, la déhiscence des anthères, la viabilité du pollen, sa germination sur le stigmate et la croissance du tube pollinique sont des processus biologiques sensibles. Les revues scientifiques sur le stress thermique montrent que la phase reproductive est l’une des plus vulnérables du cycle des céréales ; chez le blé, des températures élevées autour de l’anthèse peuvent diminuer la viabilité du pollen, la fertilité des fleurons et le nombre de grains.

07 · Référence

Quand a lieu la floraison? Génétique, semis et climat

Repères techniques documentés.
TermeDéfinition opérationnelleÀ ne pas confondre avec
ÉpiaisonSortie de l’épi hors de la gaine de la feuille étendard, BBCH 51–59.Floraison : les anthères peuvent être absentes alors que l’épi est entièrement sorti.
Anthèse / floraisonOuverture fonctionnelle des fleurons ; premières anthères visibles à BBCH 61.Fécondation : processus biologique parfois légèrement antérieur au repère visuel.
PollinisationTransfert du pollen vers le stigmate.Dispersion à longue distance : le blé est surtout autogame.
FécondationUnion des gamètes ; déclenchement du développement du grain.Remplissage : accumulation ultérieure d’eau, cellules, amidon et protéines.

Questions fréquentes

Pour aller à l’essentiel

Floraison et anthèse, est-ce la même chose?

En pratique, le terme floraison est souvent utilisé comme synonyme d’anthèse, c’est-à-dire la période où les anthères deviennent visibles et libèrent leur pollen.

À quel stade repérer le début de la floraison?

Le début de floraison est identifié lorsque les premières anthères jaunes sont visibles : c’est BBCH 61. La mi-floraison correspond à BBCH 65 et la fin de floraison à BBCH 69.

Pourquoi la pluie à la floraison est-elle un risque?

L’humidité et les pluies autour de la sortie des étamines constituent le principal facteur climatique de contamination des épis par les fusarioses.

Traçabilité

Sources utilisées

Les principales références utilisées pour vérifier les repères de cette page.