Référence agronomique · France

Grandes cultures · Conduite du blé

Épiaison du blé

Référence technique · Épiaison du blé

L’épiaison est la phase pendant laquelle l’inflorescence du blé sort progressivement de la gaine de la dernière feuille Dans l’échelle BBCH utilisée en grandes cultures elle couvre principalement BBCH 51 à 59 du premier épillet visible au-dessus de la ligule de la feuille étendard jusqu’à l’épi complètement dégagé Elle précède immédiatement la floraison BBCH 61 à 69 Cette distinction est capitale de nombreuses décisions de protection de l’épi sont liées non à une date civile mais à la succession réelle épiaison floraison de la parcelle R2 R3 À ce stade la culture a pratiquement terminé la construction de son appareil végétatif Les trois dernières feuilles en particulier la feuille étendard constituent un moteur majeur du…

Vérifié le 25 août 2026 Lecture 12 min
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Vue agricole consacrée à épiaison du blé
Épiaison du blé · Photographie documentaire SILLOVA
24 sources analyséesOrganismes publics et techniques
Données datéesPrévisions distinguées des bilans
Contexte avant conseilRégion, sol, variété et débouché

Repères de campagne

Les chiffres à retenir

Chaque valeur garde son année, son statut et sa source.

01
Consolidé

BBCH 39

Dernière feuille étalée (DFE)

Ligule de la feuille étendard visible · Protéger/maintenir les feuilles supérieures, piloter fin d’azote [S01][S02]

02
Consolidé

BBCH 41–49

Gonflement

Épi encore dans la gaine ; gaine renflée puis ouverte · Période sensible aux stress ; préparation de l’épiaison [S01][S02]

03
Consolidé

BBCH 51–59

Épiaison

Épi sort progressivement puis est totalement dégagé · Stade de diagnostic, exposition de l’épi [S01][S02]

04
Consolidé

BBCH 61–69

Floraison / anthèse

Étamine(s) visible(s), progression de l’anthèse · Fécondation, risque Fusarium/DON [S01][S02]

01 · Référence

Synthèse opérationnelle

L’épiaison est la phase pendant laquelle l’inflorescence du blé sort progressivement de la gaine de la dernière feuille. Dans l’échelle BBCH utilisée en grandes cultures, elle couvre principalement BBCH 51 à 59 : du premier épillet visible au-dessus de la ligule de la feuille étendard jusqu’à l’épi complètement dégagé. Elle précède immédiatement la floraison (BBCH 61 à 69). Cette distinction est capitale : de nombreuses décisions de protection de l’épi sont liées non à une date civile, mais à la succession réelle épiaison–floraison de la parcelle. [R2, R3]

À ce stade, la culture a pratiquement terminé la construction de son appareil végétatif. Les trois dernières feuilles, en particulier la feuille étendard, constituent un moteur majeur du remplissage futur. L’épi devient exposé au microclimat et aux bioagresseurs. La fertilité finale est très dépendante des conditions de fin montaison et de floraison : disponibilité en eau, températures, rayonnement, nutrition et santé foliaire. Les travaux de physiologie soulignent que la période critique de détermination du nombre de grains s’étend autour de l’émergence de la feuille étendard jusqu’à l’anthèse, via la croissance de l’épi et la survie des fleurons. [R29, R33, R34]

En pratique, “être à épiaison” ne suffit pas. Il faut préciser le code BBCH, l’hétérogénéité de la parcelle, la date de semis, la précocité variétale, l’état des trois dernières feuilles, le niveau de rouilles/septoriose, le risque hydrique, les pluies prévues autour de la floraison et le contexte de précédent/résidus pour les fusarioses. En 2026, plusieurs bassins français ont connu une avance phénologique de l’ordre d’une à deux semaines, illustrant l’intérêt d’un pilotage par stade et non par calendrier fixe. [R4, R6, R9, R44]

Figure 1 — Repères visuels de l’épiaison à la floraison. Synthèse d’après les échelles BBCH/Zadoks décrites par AHDB et FAO. [R2, R3]

Sources de cette section [S01][S02][S03]

02 · Référence

Définition précise : qu’appelle-t-on “épiaison” ?

Le mot épiaison désigne l’émergence de l’épi hors de la gaine de la feuille étendard. Il ne désigne pas la formation de l’épi — largement antérieure — ni la floraison. L’épi s’est différencié à l’intérieur de la tige pendant la montaison, a traversé une phase de gonflement, puis apparaît à l’extérieur. Sur blé tendre comme sur blé dur, l’épiaison est donc un repère morphologique visible, utile pour synchroniser les observations, comparer les variétés et positionner les décisions agronomiques. [R2, R3, R33]

Une confusion fréquente consiste à appeler “épiaison” tout le laps de temps allant de la sortie de l’épi aux étamines visibles. Or le passage de BBCH 59 à BBCH 61 peut être rapide en conditions chaudes. ARVALIS rappelait en mai 2026 qu’une floraison pouvait apparaître quatre jours après épiaison dans certaines situations, alors qu’en moyenne une semaine sépare souvent les deux repères. Cette variabilité rend nécessaire une observation fréquente lorsque le risque fusariose devient déterminant. [R5]

Tableau 1 — Vocabulaire à ne pas confondre. [R2, R3]

Sources de cette section [S01][S02][S03]

03 · Référence

Échelle BBCH/Zadoks : coder le stade avec précision

La codification BBCH dérive de la logique décimale de Zadoks et fournit un langage commun aux agriculteurs, techniciens, essais variétaux et étiquettes phytopharmaceutiques. Pour l’épiaison, le premier chiffre “5” indique l’émergence de l’inflorescence ; le second chiffre exprime la progression. Les codes sont observés sur des plantes représentatives et doivent refléter le stade dominant de la parcelle plutôt qu’un épi isolé très avancé. [R2, R3]

Tableau 2 — Détail pratique de l’épiaison. [R2, R3]

Sources de cette section [S01][S02][S03]

04 · Référence

Comment reconnaître correctement l’épiaison dans une parcelle hétérogène

Une parcelle n’est jamais parfaitement synchrone. Les talles d’un même pied, les zones plus froides, tassées ou hydromorphes, les différences de profondeur de sol et l’hétérogénéité de levée génèrent un étalement des stades. Le bon protocole consiste à parcourir plusieurs diagonales, éviter les bordures, prélever ou observer des tiges maîtresses représentatives et coder une distribution de stades plutôt qu’un seul chiffre lorsque l’hétérogénéité est forte.

• Observer au minimum plusieurs points représentatifs de la parcelle ; augmenter le nombre de points si le sol, la densité ou la vigueur sont hétérogènes.

• Distinguer tige principale et talles tardives : un tallage secondaire très retardé ne doit pas masquer le stade dominant.

• Noter au moins trois quantités : part des épis non sortis, part en cours d’épiaison, part totalement sortis ; ajouter la part en floraison dès les premières anthères.

• Photographier le même point géolocalisé à 24–48 h d’intervalle quand la décision dépend d’une fenêtre courte.

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05 · Référence

Ce qui se joue physiologiquement autour de l’épiaison

L’épiaison se situe à la charnière entre la phase de construction et la phase reproductive visible. Avant l’anthèse, la plante alloue fortement des assimilats à l’épi en croissance. La littérature physiologique montre que la masse sèche de l’épi à l’anthèse est étroitement reliée au nombre de grains par mètre carré et que la “période critique” de détermination du nombre de grains se situe approximativement de l’émergence de la feuille étendard à l’anthèse. Allonger cette période ou maintenir une croissance efficace de l’épi peut accroître le nombre de fleurons fertiles. [R29, R33]

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06 · Référence

Épi, épillets, fleurons : architecture et fertilité

L’épi de blé porte des épillets disposés le long du rachis Chaque épillet possède plusieurs fleurons potentiels dont une partie seulement formera un grain Le nombre de grains final résulte de la combinaison du nombre d’épis m² et de la fertilité de chaque épi Un…

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07 · Référence

Méiose : un stade invisible mais proche et très sensible

La méiose mâle qui conduit à la formation du pollen se situe généralement pendant la fin de montaison autour de la période où le sommet de l’épi interne atteint la ligule de l’avant-dernière feuille Elle précède l’épiaison d’environ une dizaine de jours dans les repères…

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08 · Référence

Déterminants de la date d’épiaison

La date d’épiaison résulte d’interactions entre génétique et environnement Les principaux déterminants sont les besoins en vernalisation la sensibilité à la photopériode la précocité intrinsèque la date de semis et la somme de températures accumulées Après l’acquisition des besoins en froid le réchauffement printanier accélère…

Repères documentés issus du dossier de référence SILLOVA.
TermeRepère principalCe qui est observéEnjeu
Dernière feuille étalée (DFE)BBCH 39Ligule de la feuille étendard visibleProtéger/maintenir les feuilles supérieures, piloter fin d’azote
GonflementBBCH 41–49Épi encore dans la gaine ; gaine renflée puis ouvertePériode sensible aux stress ; préparation de l’épiaison
ÉpiaisonBBCH 51–59Épi sort progressivement puis est totalement dégagéStade de diagnostic, exposition de l’épi
Floraison / anthèseBBCH 61–69Étamine(s) visible(s), progression de l’anthèseFécondation, risque Fusarium/DON
Grain laiteuxBBCH 71–77Grain formé, contenu aqueux puis laiteuxRemplissage, sensibilité au stress hydrique
Sources de cette section [S01][S02][S03]

Questions fréquentes

Pour aller à l’essentiel

Que faut-il retenir sur synthèse opérationnelle ?

L’épiaison est la phase pendant laquelle l’inflorescence du blé sort progressivement de la gaine de la dernière feuille Dans l’échelle BBCH utilisée en grandes cultures elle couvre principalement BBCH 51 à 59 du premier épillet visible au-dessus de la ligule de la feuille étendard jusqu’à l’épi complètement dégagé Elle précède immédiatement la floraison BBCH 61 à 69 Cette distinction est capitale de nombreuses décisions de protection de l’épi sont liées non à une date civile mais à la succession réelle épiaison floraison de la parcelle R2 R3 À ce stade… [S01][S02][S03]

Que faut-il retenir sur définition précise : qu’appelle-t-on “épiaison” ? ?

Le mot épiaison désigne l’émergence de l’épi hors de la gaine de la feuille étendard Il ne désigne pas la formation de l’épi largement antérieure ni la floraison L’épi s’est différencié à l’intérieur de la tige pendant la montaison a traversé une phase de gonflement puis apparaît à l’extérieur Sur blé tendre comme sur blé dur l’épiaison est donc un repère morphologique visible utile pour synchroniser les observations comparer les variétés et positionner les décisions agronomiques R2 R3 R33 Une confusion fréquente consiste à appeler épiaison tout le laps de… [S01][S02][S03]

Que faut-il retenir sur échelle bbch/zadoks : coder le stade avec précision ?

La codification BBCH dérive de la logique décimale de Zadoks et fournit un langage commun aux agriculteurs, techniciens, essais variétaux et étiquettes phytopharmaceutiques. Pour l’épiaison, le premier chiffre “5” indique l’émergence de l’inflorescence ; le second chiffre exprime la progression. Les codes sont observés sur des plantes représentatives et doivent refléter le stade dominant de la parcelle plutôt qu’un épi isolé très avancé. [R2, R3] Tableau 2 — Détail pratique de l’épiaison. [R2, R3] [S01][S02][S03]

Que faut-il retenir sur comment reconnaître correctement l’épiaison dans une parcelle hétérogène ?

Une parcelle n’est jamais parfaitement synchrone Les talles d’un même pied les zones plus froides tassées ou hydromorphes les différences de profondeur de sol et l’hétérogénéité de levée génèrent un étalement des stades Le bon protocole consiste à parcourir plusieurs diagonales éviter les bordures prélever ou observer des tiges maîtresses représentatives et coder une distribution de stades plutôt qu’un seul chiffre lorsque l’hétérogénéité est forte Observer au minimum plusieurs points représentatifs de la parcelle augmenter le nombre de points si le sol la densité ou la vigueur sont hétérogènes Distinguer… [S01][S02][S03]

Que faut-il retenir sur ce qui se joue physiologiquement autour de l’épiaison ?

L’épiaison se situe à la charnière entre la phase de construction et la phase reproductive visible Avant l’anthèse la plante alloue fortement des assimilats à l’épi en croissance La littérature physiologique montre que la masse sèche de l’épi à l’anthèse est étroitement reliée au nombre de grains par mètre carré et que la période critique de détermination du nombre de grains se situe approximativement de l’émergence de la feuille étendard à l’anthèse Allonger cette période ou maintenir une croissance efficace de l’épi peut accroître le nombre de fleurons fertiles R29… [S01][S02][S03]

Que faut-il retenir sur épi, épillets, fleurons : architecture et fertilité ?

L’épi de blé porte des épillets disposés le long du rachis Chaque épillet possède plusieurs fleurons potentiels dont une partie seulement formera un grain Le nombre de grains final résulte de la combinaison du nombre d’épis m² et de la fertilité de chaque épi Un couvert ayant perdu des talles peut encore compenser partiellement par un nombre élevé de grains par épi si la croissance de l’épi et les conditions de floraison restent favorables l’inverse est également possible R33 R42 La campagne 2025 2026 en Champagne-Ardenne fournit un exemple de… [S01][S02][S03]

Traçabilité

Sources utilisées

Les chiffres et repères affichés sur cette page renvoient à leur organisme d’origine. Les bases vivantes sont vérifiées avant toute recommandation opérationnelle.

8 sources affichées sur 24

  1. S01
  2. S02
  3. S03
  4. S04
  5. S05
  6. S06
  7. S07
  8. S08