Référence agronomique · France

Grandes cultures · Conduite du blé

Montaison du blé

La montaison du blé commence autour du stade épi 1 cm et se suit ensuite par l’apparition des nœuds. Fendre plusieurs maîtres-brins permet de dater le stade avant de raisonner nutrition et surveillance.

Mis à jour le 02/10/2026 Lecture 5 min
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Montaison du blé — illustration documentaire (Grandes cultures, Conduite du blé)
Montaison du blé · Photographie documentaire SILLOVA
Données datéesPrévisions distinguées des bilans
Contexte avant conseilRégion, sol, variété et débouché

Repères essentiels

Une lecture synthétique des informations à retenir avant d’entrer dans le détail.

Départ

Épi 1 cm

Mesurer la distance entre le plateau de tallage et le sommet de l’épi.

Puis

Premier nœud

Confirmer le stade sur plusieurs tiges représentatives.

Observation

Fendre la tige

La hauteur apparente du couvert ne suffit pas.

Décision

Adapter au stade

Croiser stade observé, météo et état de la parcelle.

01 · Référence

Définition agronomique de la montaison

La montaison correspond à l’allongement des entre-nœuds après le tallage. Le repère opérationnel épi 1 cm se constate en fendant plusieurs maîtres-brins : le sommet de l’épi se trouve à environ un centimètre du plateau de tallage. Les stades suivants se reconnaissent par l’apparition des nœuds, avant l’épiaison.

02 · Référence

Ce qui change dans la plante

Le changement majeur n’est pas seulement visible dans la hauteur. Le méristème reproducteur et l’épi croissent rapidement, les derniers entre-nœuds s’allongent, les feuilles supérieures émergent, les talles les plus faibles disparaissent, le système racinaire continue d’explorer le sol, l’absorption d’azote s’accélère et la surface verte du couvert augmente fortement. La plante passe d’une stratégie dominée par l’installation du peuplement à une phase de construction du potentiel reproductif. Les conséquences sont multiples : forte demande en assimilats, sensibilité accrue aux stress, enjeu de protection des feuilles supérieures et risque de verse.

03 · Référence

Montaison, phase BBCH 30–39 et « construction phase »

L’AHDB distingue une phase de fondation avant GS31, une phase de construction allant approximativement de GS31 à la floraison, puis une phase de production après floraison. Cette lecture est utile : à partir du premier nœud, la biomasse augmente vite, les feuilles et organes reproducteurs se forment, le couvert intercepte davantage de rayonnement et la croissance journalière devient élevée. C’est également une période où les décisions de nutrition, régulation et protection ont des conséquences disproportionnées sur le potentiel final.

04 · Référence

Pourquoi la montaison est un carrefour de décision

Plusieurs décisions se superposent dans une fenêtre de quelques semaines : dernière partie de la fertilisation azotée, diagnostic de verse, éventuelle régulation, surveillance du piétin-verse, de la rouille jaune puis de la septoriose, pilotage de l’irrigation en situations concernées, correction de certaines carences et préparation de la protection des dernières feuilles. Une erreur de stade peut décaler un apport, exposer une feuille non sortie ou provoquer une phytotoxicité. La reconnaissance du stade est donc un préalable, pas un détail.

05 · Référence

Échelle des stades de montaison

La vitesse de passage entre épi 1 cm et les nœuds dépend du climat et de la variété. Les sommes de températures orientent la surveillance, mais la décision repose sur des tiges effectivement observées et fendues.

06 · Référence

Comment reconnaître épi 1 cm

Prélever plusieurs plantes représentatives, dégager le maître-brin, couper la base longitudinalement avec un outil propre et mesurer la distance entre le plateau de tallage et le sommet de l’épi. Le stade est considéré atteint lorsque cette distance est voisine de 1 cm sur une proportion représentative des plantes. La tige extérieure peut déjà sembler dressée avant que le critère interne soit atteint ; inversement, une parcelle hétérogène peut présenter plusieurs stades. Le diagnostic doit donc être fait sur un échantillon et non sur une plante isolée.

07 · Référence

Comment reconnaître 1 nœud

Dans les références françaises de terrain, le premier nœud devient visible et le sommet de l’épi se situe souvent autour de 3 à 5 cm du plateau de tallage. L’échelle BBCH exige surtout qu’un premier entre-nœud d’au moins 1 cm soit identifiable. Les renflements très basaux et les nœuds portant des racines peuvent prêter à confusion : il faut fendre la tige et suivre l’architecture interne, plutôt que palper uniquement de l’extérieur.

08 · Référence

Comment reconnaître 2 nœuds

Le stade 2 nœuds correspond à deux nœuds nettement séparés. ARVALIS et les BSV rappellent que la hauteur de l’épi dans la tige varie avec la variété : environ 6 cm pour des types courts et tolérants à la verse jusqu’à environ 12 cm pour des types plus hauts/sensibles. Ce repère confirme le stade mais ne remplace pas l’identification des nœuds. L’enjeu est fort car la lecture des feuilles « du moment » change à ce stade et pilote notamment la surveillance de la septoriose.

Stades de montaison, de BBCH 30 à DFE.
StadeRepère morphologiqueLecture agronomique
BBCH 30 — épi 1 cmSommet de l’épi à ≈ 1 cm du plateau de tallage ; pseudotige dresséeEntrée opérationnelle en montaison ; évaluation du risque verse, stratégie N, surveillance rouille jaune
BBCH 31 — 1 nœudPremier nœud détectable ; 1er entre-nœud ≥ 1 cmDébut d’allongement net ; régression des talles ; attention piétin-verse/rouille jaune
BBCH 32 — 2 nœudsDeuxième nœud détectable ; le second est séparé du premierÉtape clé pour feuilles définitives, septoriose, pilotage N, eau et protection du couvert
BBCH 33–363e à 6e nœud détectablesCroissance rapide, allongement des entre-nœuds supérieurs
BBCH 37 — DFPDernière feuille juste visible/pointanteDébut de la fenêtre de protection de la feuille drapeau et de pilotage fin N
BBCH 39 — DFELimbe de la dernière feuille totalement déployé, ligule visibleFin de l’allongement foliaire ; couvert presque complet ; phase critique avant épiaison

Questions fréquentes

Pour aller à l’essentiel

Comment reconnaître le stade épi 1 cm?

En fendant plusieurs maîtres-brins, on mesure la distance entre le plateau de tallage et le sommet de l’épi. Le stade est atteint lorsqu’elle est voisine de 1 cm sur une proportion représentative des plantes.

La hauteur du couvert suffit-elle à dater la montaison?

Non. La hauteur apparente du couvert ne suffit pas : il faut fendre la tige et suivre l’architecture interne.

Pourquoi le stade doit-il être reconnu avec précision?

Plusieurs décisions se superposent dans une fenêtre de quelques semaines. Une erreur de stade peut décaler un apport ou provoquer une phytotoxicité.

Traçabilité

Sources utilisées

Les principales références utilisées pour vérifier les repères de cette page.