01 · Référence
Définition agronomique de la montaison
La montaison correspond à la phase où les entre-nœuds de la tige s’allongent et où l’épi, jusque-là proche du plateau de tallage, remonte progressivement dans la gaine des feuilles. Chez le blé, elle succède au tallage et précède l’épiaison. En conseil français, le repère opérationnel de départ est le stade « épi 1 cm ». L’échelle BBCH classe l’allongement de la tige dans la série 30–39. Dans les usages de terrain, l’expression « fin montaison » peut déborder la stricte série BBCH 30–39 et englober la dernière feuille, le gonflement puis l’approche de l’épiaison. Pour éviter les ambiguïtés, SILLOVA doit toujours associer le mot « montaison » à un code de stade et à une observation morphologique.
02 · Référence
Ce qui change dans la plante
Le changement majeur n’est pas seulement visible dans la hauteur. Le méristème reproducteur et l’épi croissent rapidement, les derniers entre-nœuds s’allongent, les feuilles supérieures émergent, les talles les plus faibles disparaissent, le système racinaire continue d’explorer le sol, l’absorption d’azote s’accélère et la surface verte du couvert augmente fortement. La plante passe d’une stratégie dominée par l’installation du peuplement à une phase de construction du potentiel reproductif. Les conséquences sont multiples : forte demande en assimilats, sensibilité accrue aux stress, enjeu de protection des feuilles supérieures et risque de verse.
Ce dossier constitue la base documentaire autonome de la future page SILLOVA 889 consacrée à la Montaison du blé Le plan directeur demande de définir la montaison de la replacer dans l’itinéraire technique de préciser ses conditions pédoclimatiques ses repères de calendrier et de stades les observations et calculs utiles ses effets sur l’implantation le rendement et la qualité les risques agronomiques sanitaires et climatiques ainsi que les adaptations régionales et variétales Le présent dossier dépasse ce minimum en intégrant la physiologie de l’épi la construction du couvert la dynamique…
03 · Référence
Montaison, phase BBCH 30–39 et « construction phase »
L’AHDB distingue une phase de fondation avant GS31, une phase de construction allant approximativement de GS31 à la floraison, puis une phase de production après floraison. Cette lecture est utile : à partir du premier nœud, la biomasse augmente vite, les feuilles et organes reproducteurs se forment, le couvert intercepte davantage de rayonnement et la croissance journalière devient élevée. C’est également une période où les décisions de nutrition, régulation et protection ont des conséquences disproportionnées sur le potentiel final.
04 · Référence
Pourquoi la montaison est un carrefour de décision
Plusieurs décisions se superposent dans une fenêtre de quelques semaines : dernière partie de la fertilisation azotée, diagnostic de verse, éventuelle régulation, surveillance du piétin-verse, de la rouille jaune puis de la septoriose, pilotage de l’irrigation en situations concernées, correction de certaines carences et préparation de la protection des dernières feuilles. Une erreur de stade peut décaler un apport, exposer une feuille non sortie ou provoquer une phytotoxicité. La reconnaissance du stade est donc un préalable, pas un détail.
05 · Référence
Échelle des stades de montaison
Figure 2 — Repères thermiques indicatifs issus de références BSV françaises : environ 150 °Cj (base 0) entre épi 1 cm et 1 nœud, environ 250 °Cj entre épi 1 cm et 2 nœuds. Ces valeurs servent de contrôle, jamais de substitution à l’observation.
06 · Référence
Comment reconnaître épi 1 cm
Prélever plusieurs plantes représentatives, dégager le maître-brin, couper la base longitudinalement avec un outil propre et mesurer la distance entre le plateau de tallage et le sommet de l’épi. Le stade est considéré atteint lorsque cette distance est voisine de 1 cm sur une proportion représentative des plantes. La tige extérieure peut déjà sembler dressée avant que le critère interne soit atteint ; inversement, une parcelle hétérogène peut présenter plusieurs stades. Le diagnostic doit donc être fait sur un échantillon et non sur une plante isolée.
07 · Référence
Comment reconnaître 1 nœud
Dans les références françaises de terrain, le premier nœud devient visible et le sommet de l’épi se situe souvent autour de 3 à 5 cm du plateau de tallage. L’échelle BBCH exige surtout qu’un premier entre-nœud d’au moins 1 cm soit identifiable. Les renflements très basaux et les nœuds portant des racines peuvent prêter à confusion : il faut fendre la tige et suivre l’architecture interne, plutôt que palper uniquement de l’extérieur.
08 · Référence
Comment reconnaître 2 nœuds
Le stade 2 nœuds correspond à deux nœuds nettement séparés. ARVALIS et les BSV rappellent que la hauteur de l’épi dans la tige varie avec la variété : environ 6 cm pour des types courts et tolérants à la verse jusqu’à environ 12 cm pour des types plus hauts/sensibles. Ce repère confirme le stade mais ne remplace pas l’identification des nœuds. L’enjeu est fort car la lecture des feuilles « du moment » change à ce stade et pilote notamment la surveillance de la septoriose.
| Stade | Repère morphologique | Lecture agronomique |
|---|---|---|
| BBCH 30 — épi 1 cm | Sommet de l’épi à ≈ 1 cm du plateau de tallage ; pseudotige dressée | Entrée opérationnelle en montaison ; évaluation du risque verse, stratégie N, surveillance rouille jaune |
| BBCH 31 — 1 nœud | Premier nœud détectable ; 1er entre-nœud ≥ 1 cm | Début d’allongement net ; régression des talles ; attention piétin-verse/rouille jaune |
| BBCH 32 — 2 nœuds | Deuxième nœud détectable ; le second est séparé du premier | Étape clé pour feuilles définitives, septoriose, pilotage N, eau et protection du couvert |
| BBCH 33–36 | 3e à 6e nœud détectables | Croissance rapide, allongement des entre-nœuds supérieurs |
| BBCH 37 — DFP | Dernière feuille juste visible/pointante | Début de la fenêtre de protection de la feuille drapeau et de pilotage fin N |
| BBCH 39 — DFE | Limbe de la dernière feuille totalement déployé, ligule visible | Fin de l’allongement foliaire ; couvert presque complet ; phase critique avant épiaison |
Questions fréquentes
Pour aller à l’essentiel
Que faut-il retenir sur définition agronomique de la montaison ?
La montaison correspond à la phase où les entre-nœuds de la tige s’allongent et où l’épi jusque-là proche du plateau de tallage remonte progressivement dans la gaine des feuilles Chez le blé elle succède au tallage et précède l’épiaison En conseil français le repère opérationnel de départ est le stade épi 1 cm L’échelle BBCH classe l’allongement de la tige dans la série 30 39 Dans les usages de terrain l’expression fin montaison peut déborder la stricte série BBCH 30 39 et englober la dernière feuille le gonflement puis l’approche… [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur ce qui change dans la plante ?
Le changement majeur n’est pas seulement visible dans la hauteur. Le méristème reproducteur et l’épi croissent rapidement, les derniers entre-nœuds s’allongent, les feuilles supérieures émergent, les talles les plus faibles disparaissent, le système racinaire continue d’explorer le sol, l’absorption d’azote s’accélère et la surface verte du couvert augmente fortement. La plante passe d’une stratégie dominée par l’installation du peuplement à une phase de construction du potentiel reproductif. Les conséquences sont multiples : forte demande en assimilats, sensibilité accrue aux stress, enjeu de protection des feuilles supérieures et risque de verse. [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur montaison, phase bbch 30–39 et « construction phase » ?
L’AHDB distingue une phase de fondation avant GS31, une phase de construction allant approximativement de GS31 à la floraison, puis une phase de production après floraison. Cette lecture est utile : à partir du premier nœud, la biomasse augmente vite, les feuilles et organes reproducteurs se forment, le couvert intercepte davantage de rayonnement et la croissance journalière devient élevée. C’est également une période où les décisions de nutrition, régulation et protection ont des conséquences disproportionnées sur le potentiel final. [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur pourquoi la montaison est un carrefour de décision ?
Plusieurs décisions se superposent dans une fenêtre de quelques semaines : dernière partie de la fertilisation azotée, diagnostic de verse, éventuelle régulation, surveillance du piétin-verse, de la rouille jaune puis de la septoriose, pilotage de l’irrigation en situations concernées, correction de certaines carences et préparation de la protection des dernières feuilles. Une erreur de stade peut décaler un apport, exposer une feuille non sortie ou provoquer une phytotoxicité. La reconnaissance du stade est donc un préalable, pas un détail. [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur échelle des stades de montaison ?
Figure 2 — Repères thermiques indicatifs issus de références BSV françaises : environ 150 °Cj (base 0) entre épi 1 cm et 1 nœud, environ 250 °Cj entre épi 1 cm et 2 nœuds. Ces valeurs servent de contrôle, jamais de substitution à l’observation. [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur comment reconnaître épi 1 cm ?
Prélever plusieurs plantes représentatives, dégager le maître-brin, couper la base longitudinalement avec un outil propre et mesurer la distance entre le plateau de tallage et le sommet de l’épi. Le stade est considéré atteint lorsque cette distance est voisine de 1 cm sur une proportion représentative des plantes. La tige extérieure peut déjà sembler dressée avant que le critère interne soit atteint ; inversement, une parcelle hétérogène peut présenter plusieurs stades. Le diagnostic doit donc être fait sur un échantillon et non sur une plante isolée. [S01][S02][S03]





