01 · Guide
Définition et repères de stade
Le tallage désigne l’émission de pousses latérales à la base de la plante. Chaque talle est une tige potentiellement autonome, munie de ses propres feuilles, racines nodales et, si elle survit jusqu’à la phase reproductive, d’un épi. Le mécanisme augmente la plasticité du peuplement: une plante peut produire plusieurs épis lorsque l’espace et les ressources le permettent.
Le tallage commence pendant la phase végétative. Il est distinct de la montaison: au stade épi 1 cm, l’apex du maître-brin s’élève au-dessus du plateau de tallage et l’élongation des entre-nœuds débute. À partir de ce moment, l’émission de nouvelles talles utiles cesse et la sélection des tiges fertiles s’accentue.
| Code | Repère | Lecture terrain |
|---|---|---|
| BBCH 20 | Début tallage | Maître-brin installé, début possible d’émission de pousses latérales |
| BBCH 21 | 1 talle | Une talle détectable en plus du maître-brin |
| BBCH 22–28 | 2 à 8 talles | Accumulation de talles selon potentiel et ressources |
| BBCH 29 | Fin tallage | Maximum végétatif proche dans beaucoup de situations |
| BBCH 30 / épi 1 cm | Début montaison | Transition: arrêt de l’émission utile et régression des talles faibles |
02 · Guide
Émettre des talles après la levée
Chez le blé, le tallage débute après l’installation des premières feuilles et peut se poursuivre jusqu’à l’approche d’épi 1 cm, mais toutes les talles émises ne deviennent pas des épis.
Le phyllochrone est le temps thermique séparant l’apparition de deux feuilles successives; il fournit un cadre pour comprendre le rythme d’apparition des talles.
03 · Guide
Compensation selon la densité de plantes
Cette compensation a des limites: semis très tardif, froid, excès d’eau, sécheresse, structure dégradée ou faible rayonnement réduisent la durée ou l’intensité du tallage.
La date de semis est un déterminant majeur: un semis précoce dispose de davantage de temps thermique pour produire des talles avant l’hiver et la montaison.
Un semis tardif raccourcit fortement la période de tallage; ARVALIS recommande alors d’ajuster la densité de semis pour sécuriser le nombre d’épis.
La douceur automnale peut accroître biomasse et tallage sans avancer de la même façon tous les stades reproductifs, car vernalisation et photopériode restent déterminantes.
04 · Guide
Régression des talles à épi 1 cm
ARVALIS rapporte dans des essais Rhône-Alpes qu’en moyenne environ un tiers des talles présentes à épi 1 cm peuvent régresser avant floraison.
La recherche a été croisée entre références françaises opérationnelles (ARVALIS, BSV et documents techniques), références européennes (AHDB, Teagasc) et publications scientifiques sur le phyllochrone, l’émission des talles, la densité de peuplement, la nutrition azotée et la survie des talles. Les chiffres très dépendants du contexte sont présentés comme ordres de grandeur ou exemples et non comme prescriptions universelles.
05 · Guide
Distinguer nombre de talles et rendement
Le nombre final d’épis/m² est une composante essentielle du rendement, mais il interagit avec le nombre de grains/épi et le poids de mille grains.
Le blé présente une forte plasticité: une densité faible peut être partiellement compensée par davantage d’épis par plante et/ou davantage de grains par épi.
Chez le blé, le tallage débute après l’installation des premières feuilles et peut se poursuivre jusqu’à l’approche d’épi 1 cm, mais toutes les talles émises ne deviennent pas des épis.
06 · Guide
Effet de la variété et de l’implantation
La qualité de l’implantation conditionne le tallage: profondeur régulière, bon contact sol-graine et enracinement rapide sont déterminants.
Le tallage est favorisé par une disponibilité suffisante en ressources, mais une forte dose d’azote précoce n’est pas un levier fiable pour « fabriquer » artificiellement des talles utiles.
ARVALIS souligne que le rythme d’émission des talles principales dépend surtout de la date de semis, de la température et du développement; l’azote influence davantage la croissance et le maintien des talles secondaires.
Un excès d’azote au tallage peut entretenir des talles secondaires qui régresseront ensuite, au prix d’une consommation d’azote et d’eau.
Les besoins en azote sont encore limités au tallage et l’efficacité d’un apport précoce est généralement inférieure à celle d’apports de montaison.
07 · Guide
Compter plantes, tiges et épis
Pour diagnostiquer une parcelle, compter des tiges sur plusieurs placettes représentatives et noter simultanément densité de plantes, stade et homogénéité.
Un nombre élevé de talles à sortie hiver n’impose pas un apport d’azote; il peut au contraire justifier d’éviter de suralimenter le couvert.
Les références étrangères de densité d’épis ou de tiges ne doivent pas être transposées directement à la France sans tenir compte du climat, de la variété et du potentiel de rendement.
Pour suivre le tallage, distinguer une dynamique: plantes/m², tiges/m² à plusieurs dates, talles/plante, stade, date de semis, variété, azote, eau et taux de survie jusqu’aux épis.
Questions fréquentes
Pour aller à l’essentiel
Toutes les talles deviennent-elles des épis?
Non. Toutes les talles émises ne deviennent pas des épis. ARVALIS rapporte qu’en moyenne environ un tiers des talles présentes à épi 1 cm peuvent régresser avant floraison.
Faut-il apporter de l’azote précoce pour favoriser le tallage?
Non, pas comme levier fiable. Une forte dose précoce ne fabrique pas de talles utiles, et l’efficacité d’un apport précoce est généralement inférieure à celle d’un apport de montaison.
Un nombre élevé de talles en sortie d’hiver justifie-t-il un apport d’azote?
Non. Un nombre élevé de talles à sortie d’hiver n’impose pas un apport d’azote et peut justifier d’éviter de suralimenter le couvert.





