01 · Référence
Tableau opérationnel des principaux stades
Observez au moins vingt plantes dans une zone homogène, hors bordures et passages de roues. Pour les stades internes, conservez le maître-brin et ouvrez la tige dans sa longueur. Le stade parcellaire doit représenter la majorité des plantes, tout en notant les zones en avance ou en retard.
Le repère épi 1 cm correspond à une distance moyenne de 1 cm entre le sommet de l’épi et le plateau de tallage. La dernière feuille étalée, l’épiaison et la floraison se reconnaissent ensuite sur les organes visibles ; le remplissage passe par les stades aqueux, laiteux puis pâteux.
La date d’apparition varie avec la variété, la date de semis, la température et le contexte régional. Les Bulletins de santé du végétal donnent le rythme local, mais l’observation de la parcelle reste nécessaire.
| Repère | BBCH | Observation au champ |
|---|---|---|
| Tallage | 20–29 | Le maître-brin porte une ou plusieurs talles. |
| Épi 1 cm | 30 | Sommet de l’épi à 1 cm du plateau de tallage. |
| Un à deux nœuds | 31–32 | Nœuds perceptibles sur la tige, épi décollé. |
| Dernière feuille | 37–39 | Feuille drapeau pointante puis complètement étalée. |
| Épiaison | 51–59 | Sortie progressive de l’épi. |
| Floraison | 61–69 | Anthères visibles, d’abord au milieu de l’épi. |
| Remplissage | 71–87 | Grain aqueux, laiteux puis pâteux. |
| Maturité | 89 | Grain dur et dessiccation avancée. |
02 · Référence
Qu’est-ce qu’un “stade” du blé?
Un stade est un repère observable dans la progression du développement de la plante. Il sert à synchroniser l’agronomie avec la biologie : un même produit, une même dose d’azote, un épisode de gel ou un déficit hydrique n’ont pas le même effet à tallage, à 2 nœuds ou à floraison. Les stades permettent donc de comparer des parcelles, des années et des régions sans se limiter au calendrier.
Il faut distinguer le stade individuel — celui d’une tige ou d’une plante — du stade parcellaire. Une parcelle est toujours hétérogène : levées échelonnées, talles d’âges différents, zones plus froides, traces de roues ou différences de profondeur de semis. Le stade parcellaire doit donc être construit à partir d’un échantillon et, si possible, d’une distribution plutôt que d’une seule plante “typique”.
03 · Référence
Croissance et développement : deux notions à ne pas confondre
Le développement correspond à la succession des événements morphogénétiques : émission des feuilles, tallage, transition florale, formation des nœuds, sortie de la feuille drapeau, épiaison, anthèse et maturation. La croissance correspond à la production de biomasse, à l’augmentation de hauteur, à la surface foliaire et au développement racinaire. Une plante peut être haute et très verte sans avoir franchi le stade physiologique attendu.
Cette distinction explique les erreurs fréquentes après un hiver doux. La tige peut s’allonger ou le couvert “donner une impression de printemps” alors que l’apex et les feuilles définitives révèlent un développement moins avancé. Les BSV de l’Aude en 2024 ont explicitement signalé ce déphasage sur blé dur. Une photo générale du couvert ne suffit donc jamais à certifier un stade interne.
04 · Référence
Zadoks, BBCH et vocabulaire français
Zadoks, Chang et Konzak ont proposé en 1974 un code décimal des stades céréaliers. En 1991, Lancashire et ses coauteurs ont généralisé cette logique à de nombreuses espèces dans la BBCH. Pour les céréales, les correspondances sont proches : dizaines pour les grandes phases, unités pour les étapes secondaires. La BBCH est aujourd’hui couramment utilisée dans les guides et sur les conditions d’emploi des produits de protection.
En France, la conduite de terrain conserve des termes très opérationnels : épi 1 cm, 1 nœud, 2 nœuds, DFP, DFE, gonflement, épiaison ou floraison. Le bon usage consiste à enregistrer les deux : le terme immédiatement compréhensible par l’agriculteur et le code BBCH utile pour la structuration, l’interopérabilité et la lecture de documents techniques.
05 · Référence
Comment déterminer un stade parcellaire de façon robuste?
La règle n°1 est l’échantillonnage. Pour épi 1 cm, ARVALIS recommande 20 plantes dans une zone homogène, hors bordures et passages de roues, puis conservation du maître-brin et dissection longitudinale. Cette logique peut être généralisée : plusieurs points de prélèvement, plante réellement représentative, observation du maître-brin pour les stades internes, et enregistrement de la dispersion.
Une bonne fiche de terrain ne se contente pas de “BBCH 32”. Elle indique par exemple : 22 plantes observées ; 14 à BBCH 32, 6 à 31, 2 à 33 ; variété X ; semis du 18 octobre ; zone hors traces de roues ; confiance élevée. Cette information est beaucoup plus exploitable par un moteur de décision qu’un code isolé.
06 · Référence
Le maître-brin : référence des stades internes
Le maître-brin est la tige principale la plus développée issue de la plantule. Les talles secondaires apparaissent plus tard et ont souvent un ou plusieurs stades de retard. Pour épi 1 cm, nœuds et observation de l’apex, mélanger maître-brin et talles peut conduire à sous-estimer ou surestimer l’avancement de la parcelle.
07 · Référence
Mesurer l’hétérogénéité, pas seulement la moyenne
Une moyenne peut masquer deux groupes, par exemple une moitié de la parcelle à un nœud et l’autre à dernière feuille pointante. Cette situation apparaît après des levées hétérogènes, de l’hydromorphie, du tassement ou des dégâts. Pour une intervention dépendante du stade, notez la distribution des plantes plutôt qu’une moyenne seule.
08 · Référence
Semis, imbibition et germination — BBCH 00 à 09
La phase BBCH 0 commence avec la semence sèche et suit l’imbibition, l’émission de la radicule puis celle du coléoptile. BBCH 09 correspond à l’émergence du coléoptile à la surface. Avant la levée, la vitesse dépend surtout de la température, de l’humidité du sol et de la profondeur de semis.
| Phase | Code | Terme terrain | Critère essentiel |
|---|---|---|---|
| Semence sèche / imbibition | BBCH 00–03 | Semis / démarrage de germination | Le grain absorbe l’eau ; aucun organe aérien visible. |
| Radicule / coléoptile | BBCH 05–09 | Germination – levée | Radicule puis coléoptile ; BBCH 09 quand le coléoptile perce la surface. |
| Tallage | BBCH 20–29 | Début / plein tallage | BBCH 21 = maître-brin + une talle ; le nombre de talles augmente ensuite. |
| Début montaison | BBCH 30 | Épi 1 cm (repère français) | Sommet de l’épi à ~1 cm du plateau de tallage en moyenne ; repère technique. |
| 1 nœud | BBCH 31 | 1 nœud | Premier nœud détectable avec internœud inférieur ≥1 cm. |
Questions fréquentes
Pour aller à l’essentiel
Qu’est-ce qu’un stade du blé?
C’est un repère observable dans la progression du développement de la plante. Il permet de comparer des parcelles, des années et des régions sans se limiter au calendrier.
Une photo générale du couvert suffit-elle à lire le stade?
Non. Une photo générale ne suffit pas à certifier un stade interne. Le stade parcellaire doit être construit à partir d’un échantillon de plantes.
Faut-il noter le terme français ou le code BBCH?
Les deux. Le terme de terrain, comme épi 1 cm, reste compréhensible par l’agriculteur, et le code BBCH sert à la structuration et à la lecture des documents techniques.





