01 · Référence
Synthèse opérationnelle
Les maladies du blé ne constituent pas un risque unique mais un ensemble de pathosystèmes qui se succèdent depuis la semence jusqu’au grain. Certaines sont avant tout des maladies foliaires, comme la septoriose et les rouilles ; d’autres s’installent au collet ou sur les racines, comme le piétin-verse et le piétin-échaudage ; d’autres encore menacent surtout l’épi et la qualité sanitaire, à l’image des fusarioses et de l’ergot. Enfin, les viroses d’automne (JNO, WDV) et les mosaïques transmises par le sol doivent être raisonnées par la prévention, car il n’existe pas de traitement curatif de la plante infectée. [R1–R7]
Le principe directeur est de protéger le potentiel avec le minimum d’interventions nécessaires : choisir une génétique adaptée, réduire l’inoculum par la rotation et la gestion des résidus, éviter les dates de semis inutilement précoces, observer le bon organe au bon stade et n’intervenir que lorsque la combinaison sensibilité variétale × risque agronomique × météo × symptômes le justifie. En 2026, ARVALIS et ses partenaires insistent également sur la diversification des modes d’action et sur la réduction de la pression de sélection fongicide, particulièrement vis-à-vis de la septoriose et des rouilles. [R2, R8, R9]
La nuisibilité annuelle varie fortement. Dans le Réseau Performance ARVALIS, l’écart moyen entre parcelles protégées et témoins non protégés a atteint 22,6 q/ha en 2024, année très favorable à la septoriose, contre 12,2 q/ha en 2025, une année globalement moins malade où les rouilles ont davantage pesé localement. Sur une longue période, l’ordre de grandeur est proche de 16 q/ha. Ces chiffres ne sont pas des pertes attendues sur chaque exploitation : ils illustrent surtout la valeur d’un raisonnement adapté à l’année. [R8, R10, R11]
Figure 1 — Variabilité interannuelle de la nuisibilité des maladies dans les essais blé. [R8, R10, R11]
02 · Référence
Périmètre : que recouvre “maladies du blé” ?
Dans SILLOVA, la rubrique « maladies du blé » doit inclure les maladies fongiques, les maladies à oomycètes lorsqu’elles sont pertinentes, les viroses et les complexes transmis par le sol, mais elle doit les distinguer des ravageurs et des accidents abiotiques. Cette séparation est essentielle : une tache physiologique, une phytotoxicité, une carence ou une brûlure climatique ne se traite pas comme une septoriose ; inversement, une rouille en foyer peut progresser très vite et justifier une réaction immédiate. [R1, R12]
Tableau 1 — Classement fonctionnel des principales maladies du blé. [R1, R13–R19]
03 · Référence
Calendrier sanitaire : le stade est plus fiable que la date
La période de surveillance commence à la levée. Les viroses transmises par pucerons ou cicadelles se jouent principalement à l’automne, tandis que le piétin-verse devient diagnostiquable à épi 1 cm. La septoriose et les rouilles sont principalement raisonnées pendant la montaison et la sortie des dernières feuilles, puis la fusariose de l’épi au voisinage de la floraison. Les maladies de qualité, comme ergot et carie, peuvent n’être pleinement visibles qu’en fin de cycle ou à la récolte. [R2–R7, R14]
Figure 2 — Fenêtres de vigilance indicatives des principaux risques sanitaires du blé.
04 · Référence
Méthode de diagnostic au champ
Un diagnostic robuste combine quatre informations : l’organe atteint, la forme de la lésion, la distribution dans la parcelle et le stade de la culture. Il faut ensuite ajouter le contexte : variété, date de semis, précédent, travail du sol, présence de résidus, fertilisation azotée, historique de la parcelle, pluies et températures récentes. Une maladie foliaire répartie aléatoirement ne se raisonne pas comme un foyer de rouille, et un échaudage en plaques avec racines noircies oriente davantage vers le piétin-échaudage. [R1, R20, R21]
• Prélever au minimum 20 plantes pour les maladies foliaires et 40 à 50 maîtres-brins pour le piétin-verse ; répartir les prélèvements sur 5 à 10 zones représentatives.
• Nommer précisément les feuilles : F1 = dernière feuille définitive ; F2 = avant-dernière ; F3 = troisième feuille définitive. Avant leur sortie complète, utiliser les feuilles « du moment » selon le protocole ARVALIS.
• Observer les deux faces des feuilles, la base de tige sous les gaines, les racines lavées et plusieurs dizaines d’épis lorsque le symptôme concerne l’épi.
• Photographier une vue générale, une plante entière, l’organe atteint et un gros plan ; noter le stade BBCH, la variété et les coordonnées de la zone.
05 · Référence
Situation française récente : 2024, 2025 et campagne 2026
La campagne 2024 a été marquée par une forte pression septoriose dans de nombreux bassins, alimentée par des pluies répétées et la remontée de l’inoculum vers les étages supérieurs. L’année 2025 a été beaucoup moins favorable à la septoriose : la nuisibilité moyenne du réseau ARVALIS est tombée à 12,2 q/ha, mais la rouille brune a parfois pris le relais en fin de cycle et la rouille jaune s’est exprimée sur certaines variétés. [R8, R10, R11]
06 · Référence
Septoriose — Zymoseptoria tritici
La septoriose est l’une des maladies foliaires les plus structurantes du blé tendre dans les climats tempérés et humides Les premières lésions apparaissent sur les feuilles basses sous forme de taches brunes allongées ou irrégulières souvent ponctuées de pycnides noires Les éclaboussures de pluie déplacent…
07 · Référence
Rouille jaune — Puccinia striiformis f. sp. tritici
La rouille jaune se reconnaît à ses pustules jaune-orangé disposées en stries parallèles aux nervures sur feuilles adultes sur jeunes plantes ou en début d’épidémie les pustules peuvent être moins nettement alignées Sa dynamique peut être explosive les foyers produisent des quantités élevées de spores…
08 · Référence
Rouille brune — Puccinia triticina
La rouille brune forme des pustules brun-orangé plutôt dispersées sur la face supérieure des feuilles Elle intervient souvent plus tard que la rouille jaune et est favorisée par des températures plus élevées Sa progression en fin de montaison peut être très rapide sur variété sensible…
| Groupe | Principales maladies | Organe dominant | Logique de lutte |
|---|---|---|---|
| Semence / sol | Carie commune, fontes, fusarioses de semences | semence, plantule | semence saine, traitement autorisé, hygiène |
| Racines / collet | Piétin-échaudage, piétin-verse, rhizoctone, fusarioses du pied | racines, gaines, tiges | rotation, variété, date de semis, diagnostic précoce |
| Feuilles | Septoriose, rouille jaune, rouille brune, oïdium, helminthosporiose | F4 à F1, tiges | résistance variétale, observation, OAD, seuils |
| Épis | Fusarium graminearum, Microdochium spp., ergot, carie, moisissures | épis et grains | précédent/résidus, météo floraison, qualité du lot |
| Virus / sol | JNO/BYDV, WDV, mosaïques | plante entière, racines | vecteurs, date de semis, résistance, prévention |
Questions fréquentes
Pour aller à l’essentiel
Que faut-il retenir sur synthèse opérationnelle ?
Les maladies du blé ne constituent pas un risque unique mais un ensemble de pathosystèmes qui se succèdent depuis la semence jusqu’au grain Certaines sont avant tout des maladies foliaires comme la septoriose et les rouilles d’autres s’installent au collet ou sur les racines comme le piétin-verse et le piétin-échaudage d’autres encore menacent surtout l’épi et la qualité sanitaire à l’image des fusarioses et de l’ergot Enfin les viroses d’automne JNO WDV et les mosaïques transmises par le sol doivent être raisonnées par la prévention car il n’existe pas de… [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur périmètre : que recouvre “maladies du blé” ? ?
Dans SILLOVA, la rubrique « maladies du blé » doit inclure les maladies fongiques, les maladies à oomycètes lorsqu’elles sont pertinentes, les viroses et les complexes transmis par le sol, mais elle doit les distinguer des ravageurs et des accidents abiotiques. Cette séparation est essentielle : une tache physiologique, une phytotoxicité, une carence ou une brûlure climatique ne se traite pas comme une septoriose ; inversement, une rouille en foyer peut progresser très vite et justifier une réaction immédiate. [R1, R12] Tableau 1 — Classement fonctionnel des principales maladies du blé. [R1, R13–R19] [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur calendrier sanitaire : le stade est plus fiable que la date ?
La période de surveillance commence à la levée Les viroses transmises par pucerons ou cicadelles se jouent principalement à l’automne tandis que le piétin-verse devient diagnostiquable à épi 1 cm La septoriose et les rouilles sont principalement raisonnées pendant la montaison et la sortie des dernières feuilles puis la fusariose de l’épi au voisinage de la floraison Les maladies de qualité comme ergot et carie peuvent n’être pleinement visibles qu’en fin de cycle ou à la récolte R2 R7 R14 Figure 2 Fenêtres de vigilance indicatives des principaux risques sanitaires… [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur méthode de diagnostic au champ ?
Un diagnostic robuste combine quatre informations l’organe atteint la forme de la lésion la distribution dans la parcelle et le stade de la culture Il faut ensuite ajouter le contexte variété date de semis précédent travail du sol présence de résidus fertilisation azotée historique de la parcelle pluies et températures récentes Une maladie foliaire répartie aléatoirement ne se raisonne pas comme un foyer de rouille et un échaudage en plaques avec racines noircies oriente davantage vers le piétin-échaudage R1 R20 R21 Prélever au minimum 20 plantes pour les maladies foliaires… [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur situation française récente : 2024, 2025 et campagne 2026 ?
La campagne 2024 a été marquée par une forte pression septoriose dans de nombreux bassins alimentée par des pluies répétées et la remontée de l’inoculum vers les étages supérieurs L’année 2025 a été beaucoup moins favorable à la septoriose la nuisibilité moyenne du réseau ARVALIS est tombée à 12 2 q ha mais la rouille brune a parfois pris le relais en fin de cycle et la rouille jaune s’est exprimée sur certaines variétés R8 R10 R11 Au printemps 2026 les situations régionales ont été contrastées Une partie du Nord… [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur septoriose — zymoseptoria tritici ?
La septoriose est l’une des maladies foliaires les plus structurantes du blé tendre dans les climats tempérés et humides Les premières lésions apparaissent sur les feuilles basses sous forme de taches brunes allongées ou irrégulières souvent ponctuées de pycnides noires Les éclaboussures de pluie déplacent les spores vers les étages supérieurs la répétition des pluies pendant la montaison est donc plus importante que la seule présence d’inoculum en bas de végétation R1 R27 R29 Le risque dépend de la sensibilité variétale de la date de semis de l’inoculum et surtout… [S01][S02][S03]





