01 · Guide
Synthèse opérationnelle
Les maladies du blé ne constituent pas un risque unique mais un ensemble de pathosystèmes qui se succèdent depuis la semence jusqu’au grain. Certaines sont avant tout des maladies foliaires, comme la septoriose et les rouilles; d’autres s’installent au collet ou sur les racines, comme le piétin-verse et le piétin-échaudage; d’autres encore menacent surtout l’épi et la qualité sanitaire, à l’image des fusarioses et de l’ergot. Enfin, les viroses d’automne (JNO, WDV) et les mosaïques transmises par le sol doivent être raisonnées par la prévention, car il n’existe pas de traitement curatif de la plante infectée.
Le principe directeur est de protéger le potentiel avec le minimum d’interventions nécessaires: choisir une génétique adaptée, réduire l’inoculum par la rotation et la gestion des résidus, éviter les dates de semis inutilement précoces, observer le bon organe au bon stade et n’intervenir que lorsque la combinaison sensibilité variétale × risque agronomique × météo × symptômes le justifie. En 2026, ARVALIS et ses partenaires insistent également sur la diversification des modes d’action et sur la réduction de la pression de sélection fongicide, particulièrement vis-à-vis de la septoriose et des rouilles.
La nuisibilité annuelle varie fortement. Dans le Réseau Performance ARVALIS, l’écart moyen entre parcelles protégées et témoins non protégés a atteint 22,6 q/ha en 2024, année très favorable à la septoriose, contre 12,2 q/ha en 2025, une année globalement moins malade où les rouilles ont davantage pesé localement. Sur une longue période, l’ordre de grandeur est proche de 16 q/ha. Ces chiffres ne sont pas des pertes attendues sur chaque exploitation: ils illustrent surtout la valeur d’un raisonnement adapté à l’année.
02 · Guide
Périmètre: que recouvre “maladies du blé”?
La rubrique « maladies du blé » doit inclure les maladies fongiques, les maladies à oomycètes lorsqu’elles sont pertinentes, les viroses et les complexes transmis par le sol, mais elle doit les distinguer des ravageurs et des accidents abiotiques. Cette séparation est essentielle: une tache physiologique, une phytotoxicité, une carence ou une brûlure climatique ne se traite pas comme une septoriose; inversement, une rouille en foyer peut progresser très vite et justifier une réaction immédiate.
| Groupe | Principales maladies | Organe dominant | Logique de lutte |
|---|---|---|---|
| Semence / sol | Carie commune, fontes, fusarioses de semences | semence, plantule | semence saine, traitement autorisé, hygiène |
| Racines / collet | Piétin-échaudage, piétin-verse, rhizoctone, fusarioses du pied | racines, gaines, tiges | rotation, variété, date de semis, diagnostic précoce |
| Feuilles | Septoriose, rouille jaune, rouille brune, oïdium, helminthosporiose | F4 à F1, tiges | résistance variétale, observation, OAD, seuils |
| Épis | Fusarium graminearum, Microdochium spp. , ergot, carie, moisissures | épis et grains | précédent/résidus, météo floraison, qualité du lot |
| Virus / sol | JNO/BYDV, WDV, mosaïques | plante entière, racines | vecteurs, date de semis, résistance, prévention |
03 · Guide
Calendrier sanitaire: le stade est plus fiable que la date
La période de surveillance commence à la levée. Les viroses transmises par pucerons ou cicadelles se jouent principalement à l’automne, tandis que le piétin-verse devient diagnostiquable à épi 1 cm. La septoriose et les rouilles sont principalement raisonnées pendant la montaison et la sortie des dernières feuilles, puis la fusariose de l’épi au voisinage de la floraison. Les maladies de qualité, comme ergot et carie, peuvent n’être pleinement visibles qu’en fin de cycle ou à la récolte.
04 · Guide
Méthode de diagnostic au champ
Un diagnostic robuste combine quatre informations: l’organe atteint, la forme de la lésion, la distribution dans la parcelle et le stade de la culture. Il faut ensuite ajouter le contexte: variété, date de semis, précédent, travail du sol, présence de résidus, fertilisation azotée, historique de la parcelle, pluies et températures récentes. Une maladie foliaire répartie aléatoirement ne se raisonne pas comme un foyer de rouille, et un échaudage en plaques avec racines noircies oriente davantage vers le piétin-échaudage.
Prélever au minimum 20 plantes pour les maladies foliaires et 40 à 50 maîtres-brins pour le piétin-verse; répartir les prélèvements sur 5 à 10 zones représentatives.
Nommer précisément les feuilles: F1 = dernière feuille définitive; F2 = avant-dernière; F3 = troisième feuille définitive. Avant leur sortie complète, utiliser les feuilles « du moment » selon le protocole ARVALIS.
Observer les deux faces des feuilles, la base de tige sous les gaines, les racines lavées et plusieurs dizaines d’épis lorsque le symptôme concerne l’épi.
Photographier une vue générale, une plante entière, l’organe atteint et un gros plan; noter le stade BBCH, la variété et les coordonnées de la zone.
05 · Guide
Décider une intervention selon le risque
La présence d’une tache sur feuille ne suffit pas à décider un traitement. Il faut identifier la maladie, regarder la fréquence des symptômes sur les feuilles concernées, le stade du blé, la sensibilité variétale et l’évolution météorologique. Les guides régionaux ARVALIS donnent des seuils et des stratégies à interpréter dans ce contexte.
Un symptôme sur épi appelle une autre lecture qu’une tache foliaire : la date de floraison, l’humidité et le précédent orientent notamment le risque de fusariose. Les produits et leurs conditions d’emploi doivent être vérifiés au moment de la décision.
06 · Guide
Lire la nuisibilité selon l’année
La nuisibilité annuelle varie fortement d’une campagne à l’autre.
Dans le Réseau Performance ARVALIS, l’écart moyen entre parcelles protégées et témoins non protégés a atteint 22,6 q/ha en 2024, année très favorable à la septoriose, contre 12,2 q/ha en 2025, une année globalement moins malade où les rouilles ont davantage pesé localement. Sur une longue période, l’ordre de grandeur est proche de 16 q/ha. Ces chiffres ne sont pas des pertes attendues sur chaque exploitation : ils illustrent surtout la valeur d’un raisonnement adapté à l’année.
Questions fréquentes
Pour aller à l’essentiel
Une tache sur feuille impose-t-elle un traitement?
Non. Il faut identifier la maladie, la fréquence des symptômes, le stade, la sensibilité variétale et l’évolution météorologique avant de décider.
Une tache physiologique se traite-t-elle comme une maladie?
Non. Une tache physiologique, une phytotoxicité, une carence ou une brûlure climatique ne se traite pas comme une septoriose.
Combien de plantes prélever pour une maladie foliaire?
Prélever au minimum 20 plantes, réparties sur 5 à 10 zones représentatives de la parcelle.





