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Synthèse opérationnelle
L'estragon est une plante aromatique vivace de la famille des Asteraceae. En France, la production commerciale vise surtout les feuilles fraîches, surgelées ou déshydratées, ainsi que plus marginalement l'huile essentielle. Le type culinaire recherché en Europe occidentale est généralement l'estragon dit « français », riche en méthylchavicol (estragole), multiplié végétativement afin de conserver son identité clonale et son profil aromatique.
La filière française est petite mais structurée. FranceAgriMer recense 203 ha en 2024 répartis entre 52 déclarants, avec deux grands bassins : le Bassin parisien, qui concentre 65 % des surfaces, et la Provence. En 2025, la surface déclarée remonte à 218 ha, soit +7,7 % sur un an.
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Identité botanique, taxonomie et nomenclature
Une nuance taxonomique est importante. Le nom « Artemisia dracunculus L. var. sativa » reste largement employé dans la littérature technique et par l'ITEIPMAI pour désigner l'estragon cultivé français. Cependant, les bases taxonomiques internationales modernes telles que Kew traitent Artemisia dracunculus L. comme espèce acceptée et ne retiennent pas nécessairement « var. sativa » comme taxon accepté. SILLOVA doit donc séparer la taxonomie botanique formelle de la terminologie agronomique de filière.
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Types, chémotypes et identité « français » / « russe »
Les termes « estragon français » et « estragon russe » désignent des ensembles horticoles et chimiques plus que deux espèces différentes. Les revues scientifiques montrent des différences de ploïdie, de morphologie, de fertilité et surtout de composition aromatique.
Cette distinction a un effet direct sur la stratégie de multiplication : un semis de « tarragon » ne garantit pas l'obtention d'un produit conforme au profil du type français. Pour un contrat fondé sur l'arôme et la composition, l'identité du clone et la traçabilité du matériel végétal sont essentielles.
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Origine, histoire et usages
Artemisia dracunculus possède une aire d'origine très large à l'échelle de l'hémisphère Nord tempéré. Kew décrit une distribution indigène allant de l'Europe orientale et de l'Asie à l'Amérique du Nord selon les populations, avec de nombreuses introductions secondaires. La sélection horticole a donné au type français une place particulière dans la cuisine européenne.
Herboristerie : présence historique dans certains usages traditionnels ; toute allégation de santé dépend du cadre réglementaire du produit final.
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La production française : surfaces, bassins et structure
FranceAgriMer suit l'estragon dans les déclarations PAC. Entre 2015 et 2024, la surface a fluctué entre 188 et 271 ha, sans tendance linéaire. Le maximum de la série récente est atteint en 2022 avec 271 ha. Après 203 ha en 2024, la note de conjoncture de février 2026 indique 218 ha pour 2025.
Le nombre de déclarants a progressé sur la décennie, de 29 en 2015 à 52 en 2024. Toutefois, la surface reste concentrée : 19 exploitations, principalement situées en Île-de-France et Centre-Val de Loire, représentent plus de 80 % de la surface nationale 2024.
| Repère | Valeur |
|---|---|
| Surface déclarée en 2024 | 203 ha, pour 52 déclarants |
| Surface déclarée en 2025 | 218 ha, soit +7,7 % sur un an |
| Nombre de déclarants en 2015 | 29 |
| Nombre de déclarants en 2024 | 52 |
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Agriculture biologique et évolution récente
La surface d'estragon certifiée biologique ou en conversion a diminué entre 2024 et 2025 : 25 ha puis 18 ha, soit -29,1 %. Rapportée au total déclaré, cela représente environ 12,3 % en 2024 et 8,3 % en 2025. Ces ratios sont des calculs à partir des surfaces FranceAgriMer et non des taux publiés directement.
En bio, les contraintes de salissement pèsent particulièrement car la culture est pérenne : un échec de maîtrise des vivaces ou des graminées ne se corrige pas aussi facilement qu'en culture annuelle. L'implantation doit donc partir d'une parcelle propre et d'un plan pluriannuel de désherbage mécanique et manuel.
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Matériel végétal et multiplication
Pour le type français, la multiplication végétative est la voie de référence : division de touffes / rhizomes, boutures et plants issus de multiplication contrôlée. Le recours au semis est associé à des types fertiles, souvent russes ou sauvages, et ne reproduit pas fidèlement les caractéristiques aromatiques du clone français.
Des travaux de micropropagation montrent l'intérêt de cultures in vitro à partir de méristèmes ou de bourgeons pour multiplier rapidement des génotypes sélectionnés et sécuriser des lots homogènes. Cette technique peut aussi participer à la constitution d'un matériel initial assaini, sous réserve de protocoles sanitaires rigoureux.
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Sol, pH, climat et choix de parcelle
L'estragon préfère des sols fertiles mais drainants. Les sols lourds, hydromorphes ou compactés augmentent le risque de dépérissement des organes souterrains. Les références horticoles et phytopathologiques concordent sur la nécessité d'éviter l'eau stagnante et les excès d'humidité autour du collet.
Des lignées clonales d'estragon français testées en climat nordique ont montré des différences de survie hivernale, de biomasse et de profil d'huile essentielle. La rusticité doit donc être considérée comme un caractère du matériel végétal, pas comme une constante absolue de l'espèce.
Questions fréquentes
Pour aller à l’essentiel
Quels sont les types d’estragon à distinguer?
Les estragons « français » et « russe ». Ces termes désignent des ensembles horticoles et chimiques plus que deux espèces différentes.
Un semis peut-il reproduire le profil de l’estragon français?
Non. Le semis est associé à des types fertiles, souvent russes ou sauvages, et ne reproduit pas fidèlement les caractéristiques aromatiques du clone français.
Où se concentre la production française d’estragon?
Le Bassin parisien concentre 65 % des surfaces. En 2024, 19 exploitations, principalement en Île-de-France et Centre-Val de Loire, représentent plus de 80 % de la surface nationale.





