Référence agronomique · France

Grandes cultures · Conduite du maïs

Adventices du maïs

La concurrence des adventices est particulièrement sensible au début du cycle du maïs. Identifier les espèces et leur stade permet d’associer prévention, observation et interventions adaptées.

Mis à jour le 02/10/2026 Lecture 6 min
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Adventices du maïs — illustration documentaire (Grandes cultures, Conduite du maïs)
Adventices du maïs · Photographie documentaire SILLOVA
Données datéesPrévisions distinguées des bilans
Contexte avant conseilRégion, sol, variété et débouché

Repères essentiels

Une lecture synthétique des informations à retenir avant d’entrer dans le détail.

Départ

Observer tôt

Repérer les levées pendant l’installation du maïs.

Flore

Identifier les espèces

Graminées et dicotylédones n’appellent pas la même stratégie.

Prévention

Raisonner la rotation

Limiter les levées avant la campagne.

Suivi

Contrôler les échappées

Noter les espèces qui montent à graines.

01 · Référence

Périmètre : qu’appelle-t-on adventice du maïs?

Une adventice est une plante présente là où elle n'est pas souhaitée. Dans le maïs, la notion est fonctionnelle : une espèce peut devenir problématique par compétition pour l'eau, l'azote, la lumière ou l'espace ; par gêne à la récolte ; par contamination du grain ou du fourrage ; par toxicité ; par production allergénique ; ou parce qu'elle enrichit un stock semencier qui pénalisera les rotations suivantes.

Le dossier distingue quatre grands groupes opérationnels : graminées annuelles estivales, graminées hivernales apparaissant désormais au printemps, dicotylédones annuelles, et vivaces. À ces groupes s'ajoutent deux catégories transversales : adventices à enjeu sanitaire (datura, ambroisie) et adventices résistantes à un ou plusieurs modes d'action herbicides.

Le terme 'désherbage' couvre ici l'ensemble de la gestion : prévention, rotation, travail du sol, faux-semis, couverts, compétition de la culture, intervention mécanique, intervention phytopharmaceutique, désherbage localisé, arrachage, gestion des bordures et prévention de la dissémination à la récolte.

Quatre groupes opérationnels et deux catégories transversales
GroupeEnjeu décrit dans la page
Graminées annuelles estivalesPeuvent produire des cohortes tardives
Graminées hivernalesApparaissent désormais au printemps
Dicotylédones annuellesIdentifiables au stade jeune, avant que la concurrence devienne forte
VivacesUne densité faible mais localisée peut justifier une stratégie plus forte
Adventices à enjeu sanitaireDatura et ambroisie
Adventices résistantesRésistantes à un ou plusieurs modes d’action herbicides

02 · Référence

Pourquoi le maïs est sensible à la concurrence précoce

Le maïs est semé à large écartement et avec une densité limitée par rapport aux céréales à paille. Entre la levée et la fermeture du rang, une grande part de la surface du sol reste éclairée. Une adventice qui lève avec ou avant le maïs peut donc capter rapidement les ressources et modifier la croissance d'une culture dont le rendement dépend fortement de l'homogénéité entre plantes.

Dans l'étude multi-sites de Page et al. (2012), le début moyen de la période critique de désherbage se situait entre V1 et V3. Après ce point, la perte de rendement progressait de 0,5 à 1,6 % par jour selon le site et l'année, et environ 65 % de la baisse de rendement était expliquée par une diminution du nombre de grains par plante. Cette référence internationale doit être utilisée comme mécanisme et ordre de grandeur, pas comme calendrier universel en France.

La période critique varie avec l'espèce adventice, sa densité, la date de levée relative au maïs, la disponibilité en eau et en azote, le peuplement du maïs, l'écartement des rangs, la variété et le climat. Une population faible levant après fermeture du couvert peut être peu nuisible pour le rendement mais rester inacceptable si elle est toxique ou fortement grenante.

Référence scientifique : Page E. R. et al. (2012), Weed Science 60(3):423–430, DOI 10. 1614/WS-D-11-00183. 1.

03 · Référence

Méthode de diagnostic au champ

La décision commence par une observation standardisée. Un transect en W ou cinq zones représentatives peuvent servir au relevé incluant une bordure, un passage de roue, une zone de sol différent et une zone historiquement sale. Dans chaque zone, relever la flore sur une surface connue, par exemple plusieurs quadrats de 0,25 ou 1 m², puis conserver le nombre d'individus par m².

L'identification doit être faite au stade jeune lorsque c'est possible : ligule, préfoliaison, pilosité, couleur des gaines et aspect des cotylédons discriminent les graminées et dicotylédones avant que la concurrence ne devienne forte. Une photo macro de la jonction gaine-limbe ou des cotylédons est souvent plus utile qu'une photo de la parcelle entière.

La distribution fournit un second niveau de diagnostic. Des foyers linéaires le long d'un chemin ou d'une moissonneuse évoquent une dissémination ; des plaques dans les zones humides peuvent signaler une préférence pédologique ; une population uniforme après travail superficiel suggère un stock semencier diffus. L'historique des trois à six campagnes est donc une donnée à enregistrer avec chaque observation.

Le diagnostic doit croiser la flore observée et son historique parcellaire.

04 · Référence

Calendrier de vigilance et levées

Les levées sont pilotées par température, lumière, humidité et position de la graine dans le sol. Les graminées estivales et le datura peuvent produire des cohortes tardives ; l'ambroisie possède elle aussi une fenêtre de levée étendue. Une photographie prise une fois au stade 3 feuilles ne suffit donc pas à caractériser le risque de la campagne.

05 · Référence

Désherbage en conditions sèches

Une sécheresse du sol peut réduire la régularité d’une intervention de prélevée. Vérifier l’humidité, le stade du maïs et les conditions d’emploi avant de choisir une technique de désherbage.

06 · Référence

Rotation, travail du sol et concurrence

La réduction du travail du sol peut modifier les levées d’adventices, notamment de graminées et de vivaces. Un maïs homogène ferme plus vite le couvert et laisse moins de lumière aux levées tardives.

07 · Référence

Cas particuliers : fourrage et semences

En maïs fourrage, des plantes toxiques peuvent se retrouver au silo ; en maïs semence, la pureté et les contraintes contractuelles renforcent l’intérêt d’une maîtrise précoce. Les échappées doivent être relevées après chaque intervention.

Après chaque intervention, noter efficacité par espèce, nouvelles levées et zones échappées : c'est la donnée la plus utile pour l'année suivante.

Une densité faible mais localisée de vivaces ou de plantes sanitaires peut justifier une stratégie plus forte qu'une densité moyenne élevée d'espèces peu nuisibles.

Sans photographie nette, stade et historique parcellaire, le diagnostic reste incertain.

Questions fréquentes

Pour aller à l’essentiel

Quels groupes d’adventices distingue-t-on?

Quatre groupes opérationnels : graminées annuelles estivales, graminées hivernales apparaissant au printemps, dicotylédones annuelles et vivaces. S’y ajoutent les adventices à enjeu sanitaire, comme le datura et l’ambroisie.

Quand le désherbage du maïs est-il le plus sensible?

La période critique varie selon l’espèce adventice, sa densité, la date de levée relative au maïs, la disponibilité en eau et en azote, le peuplement et le climat.

Une adventice peu nombreuse doit-elle être surveillée?

Oui, si elle est toxique ou fortement grenante. Une population faible peut être peu nuisible pour le rendement, mais rester inacceptable dans ces cas.

Traçabilité

Sources utilisées

Les principales références utilisées pour vérifier les repères de cette page.