01 · Référence
Définition : ce que recouvre le désherbage du maïs
Le désherbage du maïs regroupe l’ensemble des décisions et interventions destinées à limiter la concurrence des adventices et à empêcher qu’elles dégradent la quantité, la qualité ou l’innocuité de la récolte. Il inclut les leviers préventifs avant semis, les herbicides de prélevée et de postlevée, les interventions mécaniques, le désherbage localisé, les rattrapages, la gestion des bordures et la prévention du retour de graines. Dans une approche de gestion intégrée des adventices, l’objectif n’est pas nécessairement l’absence absolue de toute plante adventice à tout moment, mais la maîtrise des espèces et densités réellement nuisibles, tout en protégeant la durabilité des solutions disponibles.
La place du désherbage dans l’itinéraire technique est particulière : les décisions se prennent avant même le semis, à partir de l’historique de parcelle, mais l’efficacité finale se juge plusieurs semaines plus tard. Une erreur de diagnostic est donc difficile à corriger. Le maïs offre en revanche un inter-rang large, ce qui le rend bien adapté au binage et aux stratégies mixtes. Cette caractéristique agronomique constitue un atout majeur pour réduire la dépendance aux herbicides sans renoncer au contrôle de la flore.
02 · Référence
Pourquoi le maïs est sensible à la concurrence des adventices
Après la levée, le maïs développe rapidement son système racinaire mais ferme tardivement l’inter-rang. Avant la couverture du sol, les adventices peuvent capter une part importante de la lumière, de l’eau et de l’azote. Elles peuvent également modifier le microclimat autour des plants et provoquer une réponse de compétition avant même qu’une pénurie visible de ressources ne soit mesurable. Le niveau de nuisibilité dépend fortement de l’espèce, de la densité, de la date de levée relative au maïs, du potentiel de la parcelle et des stress hydriques ou azotés.
Dans les références françaises, la période la plus sensible est située entre le semis et le recouvrement de l’inter-rang. Des travaux internationaux sur le concept de période critique de désherbage ont situé, selon les années et les types de maïs, le début du contrôle autour de V1-V2 et la fin autour de V10-V12 pour limiter les pertes à environ 5 %. Ces résultats ne doivent pas être transformés en seuil réglementaire ou universel : ils confirment surtout qu’une infestation laissée libre jusqu’à 5-6 feuilles peut déjà avoir consommé une part du potentiel.
03 · Référence
Adapter les interventions à la campagne
Une campagne sèche change la concurrence entre adventices et maïs et peut rendre irrégulière l’efficacité des interventions racinaires. La stratégie prévue avant le semis doit donc être réévaluée après la levée : espèces réellement présentes, stade, humidité du sol et prévisions de pluie priment sur un calendrier figé.
ARVALIS décrit des situations de prélevée sur sol sec où les levées échelonnées imposent une observation et un rattrapage précoce. Après une pluie, de nouvelles adventices peuvent apparaître alors que le maïs avance rapidement en stade. Le suivi du champ permet d’intervenir sur des adventices jeunes et de vérifier la performance du premier passage.
04 · Référence
Diagnostiquer la flore avant de choisir une stratégie
Le diagnostic doit distinguer l’espèce, la densité, le stade et la distribution spatiale. Deux parcelles ayant la même quantité de biomasse adventice peuvent exiger des stratégies très différentes : un tapis de chénopodes jeunes, un ray-grass résistant disséminé et quelques daturas isolés ne se gèrent ni avec les mêmes outils ni avec le même niveau de tolérance. L’historique de la parcelle est souvent plus informatif qu’une observation unique : noter les échecs antérieurs, les périodes de levée, les zones de bordure, les passages d’irrigation et les secteurs où les traitements ont échoué.
05 · Référence
Choisir entre prélevée et postlevée
Les programmes de prélevée dépendent de la flore attendue et de l’humidité du sol. Lorsque la surface reste sèche, leur efficacité peut devenir irrégulière ; une observation rapide après la levée permet de réorienter vers une postlevée adaptée au stade des adventices. ARVALIS recommande de diversifier les modes d’action et de tenir compte des contraintes de chaque produit.
| Option | Repère donné dans la page |
|---|---|
| Prélevée | Efficacité pouvant devenir irrégulière lorsque la surface reste sèche |
| Postlevée | Observation rapide après la levée, pour une intervention adaptée au stade des adventices |
| Modes d’action | À diversifier, en tenant compte des contraintes de chaque produit |
06 · Référence
Contrôler la parcelle après intervention
Une intervention réussie doit être vérifiée sur le terrain, notamment dans les zones de bordure ou de levées échelonnées. Repérer les espèces survivantes aide à comprendre une résistance possible ou un mauvais créneau d’application. Le binage peut compléter le programme sur les inter-rangs accessibles, sans traiter à lui seul les adventices présentes sur le rang.
Questions fréquentes
Pour aller à l’essentiel
Le désherbage du maïs se décide-t-il au moment de l’intervention?
Non. Les décisions se prennent avant même le semis, à partir de l’historique de la parcelle, mais l’efficacité finale se juge plusieurs semaines plus tard.
Une infestation laissée libre jusqu’à 5-6 feuilles est-elle sans effet?
Non. Elle peut déjà avoir consommé une part du potentiel du maïs. Ce repère ne constitue pas un seuil réglementaire ou universel.
Le binage peut-il remplacer le traitement sur le rang?
Non. Le binage peut compléter le programme sur les inter-rangs accessibles, sans traiter à lui seul les adventices présentes sur le rang.





