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Grandes cultures · Conduite du maïs

Ravageurs du maïs

Les ravageurs du maïs changent avec le stade : taupins et oiseaux à l’implantation, puis foreurs et autres insectes en cours de culture. L’historique de la parcelle et l’observation des dégâts guident la prévention.

Mis à jour le 02/10/2026 Lecture 6 min
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Ravageurs du maïs — illustration documentaire (Grandes cultures, Conduite du maïs)
Ravageurs du maïs · Photographie documentaire SILLOVA
Données datéesPrévisions distinguées des bilans
Contexte avant conseilRégion, sol, variété et débouché

Repères essentiels

Une lecture synthétique des informations à retenir avant d’entrer dans le détail.

Semis

Risque précoce

Sol

Historique utile

Végétation

Suivi des foreurs

Observation

Confirmer le ravageur

01 · Repère

Définir les ravageurs du maïs

Dans ce dossier, un ravageur est un animal ou un groupe d’animaux capable de réduire le peuplement, la vigueur, la surface foliaire, l’enracinement, la fécondation, la tenue de tige, le rendement ou la qualité du maïs. Le périmètre inclut insectes, myriapodes, mollusques, nématodes et vertébrés lorsque leur impact agronomique est significatif. Les maladies, les adventices et les accidents abiotiques sont traités comme diagnostics différentiels, car ils peuvent produire des symptômes voisins.

ARVALIS regroupe classiquement les principaux bioagresseurs par période : ravageurs telluriques au semis et à la levée (taupins, scutigérelles, mouche des semis), ravageurs aériens de début de cycle (oscinie, géomyze, pucerons, cicadelles, corvidés, limaces selon les situations), lépidoptères de tige et d’épi (vers gris, pyrale, sésamie, Héliothis), puis chrysomèle dont les larves attaquent les racines et les adultes apparaissent en été. Des ravageurs épisodiques — hanneton, tipule, blaniules, hépiale, acariens, nématodes — peuvent localement être importants.

Il faut aussi distinguer présence, attaque et nuisibilité. La présence d’un insecte adulte dans un piège indique une exposition, mais pas nécessairement un dommage économique. À l’inverse, une larve cachée dans une tige ou le sol peut occasionner une forte nuisibilité sans être visible en surface. Le diagnostic doit séparer l’organisme détecté, les symptômes, l’intensité et le stade sensible avant d’estimer le risque.

Observer le symptôme avant de nommer le ravageur
MomentSymptômePiste à vérifier
Semis–levéeGraines déterrées ou manques sur le rangCorvidés : inspecter les graines et les traces
Jeunes plantsFeuille centrale flétrie, lésion au colletTaupin : ouvrir le collet et chercher la larve
Début de croissanceCollet épaissi, plante « poireautée »Géomyze : examiner le collet et le cœur
Après floraisonGaleries et tiges casséesPyrale ou sésamie : ouvrir les tiges
ÉtéRacines consommées, verse en col de cygneChrysomèle : inspecter les racines

02 · Repère

Surveiller les jeunes plantes en sol froid

Un historique récent de dégâts de taupins est le meilleur signal de risque ; les prairies et sols riches en matière organique renforcent la vigilance.

03 · Repère

Prévenir les ravageurs au semis

Les limaces sont favorisées par humidité, refuges de surface et résidus ; le piégeage avant semis est plus informatif que l’observation tardive.

Pour les corvidés, profondeur régulière et enfouissement complet des graines — y compris en bout de rang — sont des bases non négociables.

Le maïs est particulièrement vulnérable aux ravageurs parce que sa densité de peuplement est faible et que chaque plante perdue en début de cycle est difficilement compensée. La pression ne se résume pas à un « niveau d’insectes » : elle dépend du stade, de la vitesse de croissance, de l’historique de la parcelle, du type de sol, du précédent, de la présence de résidus ou de prairies, de la date de semis, des conditions climatiques et, pour les ravageurs aériens, de la dynamique de vol observée dans les BSV.

04 · Repère

Diagnostiquer les dégâts foliaires

Une défoliation spectaculaire en juin 2026 en Bretagne pouvait être due à des noctuelles défoliatrices ; vérifier l’absence de galerie dans la tige.

Le diagnostic doit partir du symptôme et de sa distribution. Des manques alignés sur le rang avec graines déterrées évoquent d’abord des corvidés ; une feuille centrale flétrie avec trou au collet oriente vers le taupin ; un collet épaissi et une plante « poireautée » vers la géomyze ; des galeries dans la tige vers les foreurs ; des racines coronaires consommées associées à une verse en col de cygne vers la chrysomèle. Une observation de l’organisme, de ses excréments, d’une larve, d’une galerie ou d’un piège permet de renforcer le diagnostic.

05 · Conduite

Suivre les ravageurs selon le stade

Toujours observer les auxiliaires avec les pucerons ; une population stable avec forte prédation ne se raisonne pas comme une population en croissance rapide.

La campagne 2026 illustre la variabilité interannuelle. ARVALIS a signalé au printemps des attaques de géomyzes particulièrement marquées dans l’Ouest, favorisées par un ralentissement de croissance après des levées rapides. Fin juin, des noctuelles défoliatrices ont aussi provoqué des dégâts inhabituels dans le Finistère. Dans le Centre, en Île-de-France, en Auvergne et en Rhône-Alpes, les vols de pyrales ont démarré précocement en mai–juin ; le raisonnement des interventions repose sur les vols, les dissections de l’automne précédent et le stade des maïs.

06 · Conduite

Mesurer le risque et choisir les leviers

Les blessures de foreurs sur épi augmentent le risque de Fusarium et de mycotoxines : la protection a aussi un enjeu de qualité sanitaire.

Pour les taupins, les solutions chimiques restent imparfaites. ARVALIS indique pour 2026 que les microgranulés à base de cyperméthrine appliqués avec diffuseur constituent les solutions les plus simples d’emploi dans les situations à risque et atteignent en moyenne autour de 50–55 % d’efficacité dans ses essais. Les autres microgranulés sont soumis à leurs conditions d’emploi et d’incorporation : l’usage, le diffuseur, la profondeur et l’étiquette E-Phy doivent être vérifiés avant toute recommandation.

07 · Conduite

Vérifier les règles avant toute intervention

Le maïs est une culture attractive pour les pollinisateurs au sens de la réglementation française actuelle : vérifier les contraintes de floraison avant traitement.

La géomyze a bénéficié en 2026 d’une autorisation d’urgence de Lumiposa (cyantraniliprole) du 1er mars au 29 juin, uniquement pour les maïs grain et fourrage semés en Bretagne, Pays de la Loire, Calvados, Manche et Orne, avec traitement des semences en usine et restrictions sur sols drainés et périmètres de captage. Cette autorisation était temporaire : elle ne doit jamais être présentée comme une solution permanente pour les campagnes futures.

08 · Conduite

Signaler les organismes émergents

Les ravageurs émergents (Popillia japonica, Spodoptera frugiperda) doivent être séparés des ravageurs établis et reliés aux procédures officielles de signalement.

Avant une intervention réglementée, confirmer le diagnostic dans la parcelle, consulter le BSV local et vérifier l’usage autorisé dans E-Phy.

Questions fréquentes

Pour aller à l’essentiel

Quel ravageur suspecter quand des graines sont déterrées au semis?

Les corvidés. Des manques alignés sur le rang, avec graines déterrées, évoquent d’abord leur action. Il faut inspecter les graines et les traces.

Une feuille centrale flétrie avec un trou au collet, que faut-il vérifier?

Ce symptôme oriente vers le taupin. Il faut ouvrir le collet et chercher la larve.

Un insecte piégé signifie-t-il un dommage?

Pas nécessairement. La présence d’un insecte adulte dans un piège indique une exposition, mais pas forcément un dommage économique.

Traçabilité

Sources utilisées

Les principales références utilisées pour vérifier les repères de cette page.