01 · Repère
Reconnaître les taches foliaires
Une lésion fusiforme allongée orientée par les nervures fait penser en priorité à l’helminthosporiose fusiforme, mais le contexte doit confirmer.
Des petites lésions arrondies à centre clair et bord plus sombre peuvent orienter vers la kabatiellose ; ne pas confondre avec impacts, carences ou blessures.
Les viroses doivent être traitées comme un groupe distinct. Le MRDV (Maize Rough Dwarf Virus), transmis par la cicadelle Laodelphax striatellus, a fortement recrudescé dans le Sud-Ouest en 2025. ARVALIS rapporte en 2026 des pertes inédites depuis plusieurs décennies en maïs semence dans les Pyrénées-Atlantiques, les Landes et le Gers, avec des symptômes également en maïs consommation. En l’absence de lutte directe suffisamment efficace, le levier génétique et l’évitement par la date de semis constituent la stratégie de court terme.
02 · Repère
Reconnaître les signes du MRDV
Pour le MRDV, rechercher nanisme, entre-nœuds courts et anomalies foliaires mais confirmer par le contexte régional et le vecteur ; d’autres stress peuvent mimer la virose.
En 2026, le risque MRDV est particulièrement documenté dans le Sud-Ouest : Pyrénées-Atlantiques, Landes, Lot-et-Garonne, Gironde et Gers sont cités par ARVALIS.
Les fusarioses d’épi sont un enjeu de rendement mais surtout de qualité sanitaire. Fusarium graminearum est classiquement associé au déoxynivalénol (DON) et à la zéaralénone ; les Fusarium de la section Liseola, notamment F. verticillioides, sont associés aux fumonisines. Les blessures de pyrale, sésamie ou autres insectes de l’épi facilitent l’infection. Le broyage fin des résidus, leur incorporation lorsque le système le permet, la maîtrise des foreurs, le choix variétal, la précocité adaptée et une récolte non excessivement tardive sont des leviers majeurs.
03 · Repère
Identifier les risques sur tiges et épis
Pour une moisissure d’épi, distinguer progression depuis la pointe, grains dispersés, blessures et couleur ; prélever un échantillon représentatif.
Les maladies des racines, du collet et des tiges s’expriment souvent sous forme de syndromes. Fonte des semis, nécrose du mésocotyle, rhizoctone, nécroses racinaires et fusarioses de tige peuvent provoquer plantes chétives, verse, sénescence précoce ou « coup de feu ». Un stress hydrique, une nutrition déséquilibrée, une forte charge en grains ou des blessures peuvent accélérer l’expression de pourritures de tiges : la présence d’un champignon et l’état physiologique de la plante doivent être interprétés ensemble.
04 · Repère
Comprendre le rôle des résidus
Le broyage fin et la décomposition des résidus réduisent plusieurs risques, dont Fusarium et helminthosporiose, sans constituer une garantie.
Les maladies du maïs en France sont moins systématiques que celles de nombreuses céréales à paille, mais leur nuisibilité peut devenir forte lorsque trois conditions se rencontrent : présence d’un agent pathogène ou d’un vecteur, hybride et stade réceptifs, microclimat favorable. ARVALIS souligne pour les maladies foliaires trois facteurs majeurs : climat, gestion des résidus et tolérance variétale. La répétition du maïs dans la rotation augmente le stock d’inoculum de plusieurs champignons conservés sur résidus.
05 · Conduite
Adapter récolte et contrôle sanitaire
Adapter la date de récolte lorsque tiges ou épis se dégradent : le risque de verse et de contamination peut devenir plus important que le gain de dessiccation naturelle.
La réglementation sanitaire évolue. Pour l’alimentation humaine, le règlement (UE) 2023/915 modifié fixe notamment pour le maïs non transformé destiné à une première transformation, hors mouture humide : 1 500 µg/kg de DON, 350 µg/kg de zéaralénone, 4 000 µg/kg pour la somme fumonisines B1+B2 et 100 µg/kg pour la somme T-2+HT-2. Pour l’alimentation animale, la recommandation (UE) 2026/1801 du 24 juillet 2026 actualise les valeurs guides ; l’interprétation dépend de la matière première et de l’espèce animale.
06 · Conduite
Confirmer avant toute intervention
Ne pas traiter une tache foliaire sur le seul critère « maladie présente » : intégrer stade, vitesse de progression, sensibilité variétale et potentiel de nuisibilité.
Le diagnostic doit commencer par l’organe et le motif de répartition. Un problème de levée ou de mésocotyle ne se raisonne pas comme une tache foliaire d’août ; un dépérissement par plages ne se lit pas comme des pustules réparties sur toute la parcelle ; une pourriture d’épi impose de regarder les blessures d’insectes, la progression de la moisissure, la maturité et la date probable de récolte. La photographie seule est rarement suffisante : il faut documenter stade, historique, variété, météo, précédent, travail du sol, ravageurs et distribution spatiale.
07 · Conduite
Distinguer les maladies foliaires et des tiges
Face à une plante qui sèche prématurément, tester la solidité de la tige, ouvrir les entrenœuds et rechercher pourritures et moelle dégradée.
ARVALIS retient parmi les principales maladies foliaires françaises l’helminthosporiose fusiforme, la kabatiellose, la rouille, l’anthracnose et l’helminthosporiose mouchetée. Les situations chaudes et humides, les fortes rosées et les résidus infectés favorisent plusieurs de ces maladies. L’helminthosporiose fusiforme, due à Exserohilum turcicum, reste la référence de nuisibilité foliaire à surveiller dans certaines zones humides et continentales ; la tolérance variétale constitue le premier levier.
08 · Conduite
Combiner les leviers préventifs
La meilleure prévention combine rotation, résidus, génétique, implantation, maîtrise des ravageurs, observation et, seulement si pertinent, protection autorisée.
Le charbon commun Ustilago maydis est reconnaissable aux galles hypertrophiées qui évoluent vers une masse noire de spores. Il est favorisé par les blessures et certains stress mais ne se gère pas comme une maladie foliaire. Le charbon des inflorescences, Sporisorium reilianum, transforme plus directement panicule et épi ; la prévention repose surtout sur la semence, la génétique et l’évitement des situations à risque, les symptômes apparaissant tard après une infection précoce.
| Observation dominante | Hypothèses prioritaires | Contrôles immédiats |
|---|---|---|
| Manques à la levée / plantules qui meurent | Fonte, nécrose mésocotyle, froid, croûte, ravageurs | Semence, profondeur, racines, mésocotyle, température et humidité du lit de semences |
| Taches foliaires allongées | Helminthosporiose fusiforme, blessures | Forme fusiforme, orientation par nervures, progression, humidité, variété |
| Petites taches rondes/ocellées | Kabatiellose, helminthosporiose mouchetée, phytotoxicité | Halo, taille, répartition feuille, résidus, symptômes sur feuilles jeunes/âgées |
| Pustules poudreuses | Rouille | Frottement : spores brun-orangé ; distribution sur les deux faces |
| Plante sèche / tige fragile | Fusariose tige, anthracnose, stress physiologique | Pinch test, coupe longitudinale, moelle, nœuds, racines, blessures de foreurs |
| Galles sur épi ou tige | Charbon commun | Galle charnue puis masse noire de téliospores |
Questions fréquentes
Pour aller à l’essentiel
Quels symptômes évoquent l’helminthosporiose fusiforme?
Une lésion fusiforme allongée, orientée par les nervures, fait penser en priorité à l’helminthosporiose fusiforme. Le contexte doit toutefois confirmer le diagnostic.
Un symptôme de virose suffit-il à conclure au MRDV?
Non. Il faut rechercher nanisme, entre-nœuds courts et anomalies foliaires, puis confirmer par le contexte régional et le vecteur. D’autres stress peuvent mimer la virose.
Faut-il traiter une tache foliaire dès qu’elle est présente?
Non. Il faut intégrer le stade, la vitesse de progression, la sensibilité variétale et le potentiel de nuisibilité avant toute intervention.





