Référence agronomique · France

Maraîchage · Légumes, petits fruits et systèmes de culture

Serres agricoles

Une serre agricole forme un système associant structure, couverture, ventilation, eau, énergie, climat, protection des cultures et organisation du travail. Le choix entre tunnel froid, multi-chapelle plastique et serre verre chauffée dépend de la culture, du calendrier, du climat régional et du coût énergétique.

Mis à jour le 24/09/2026 Lecture 8 min
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Serres agricoles — illustration documentaire (Maraîchage, Légumes, petits fruits et systèmes de culture)
Serres agricoles · Illustration documentaire SILLOVA
Données datéesPrévisions distinguées des bilans
Contexte avant conseilRégion, sol, variété et débouché

Repères de campagne

Les chiffres à retenir

Les repères essentiels, expliqués en clair. Les sources complètes sont regroupées en bas de page.

Légumes sous serres ou abris hauts

≈ 11 700 ha

France métropolitaine, RA 2020 · toutes technologies confondues

Parc chauffé tomate + concombre

1 129,4 ha

France, enquête CTIFL 2021 · sous-ensemble spécialisé

Énergie chauffage + électricité hors éclairage

3,8 TWh

parc chauffé maraîcher, 2021 · fort enjeu énergétique

Surfaces chauffées au gaz naturel

80 %

enquête CTIFL 2021 · dépendance à réduire

01 · Référence

Synthèse exécutive et chiffres clés

La France métropolitaine comptait près de 11 700 ha de légumes sous serres ou abris hauts au Recensement agricole 2020, sur environ 242 000 ha de légumes au total. Les surfaces protégées se concentrent notamment en Provence-Alpes-Côte d’Azur, Nouvelle-Aquitaine, Pays de la Loire, Bretagne et Occitanie. Cette statistique agrège des outils très différents, du tunnel froid à la serre chauffée de haute technologie.

Pour la seule tomate et le concombre sous serre chauffée, l’enquête CTIFL 2021 a estimé 1 129,4 ha de parc chauffé. Le chauffage et l’électricité hors éclairage représentaient 3,8 TWh, soit 332 ktep, et 80 % des surfaces restaient dépendantes du gaz naturel. Ces valeurs datent de 2021 et décrivent un sous-ensemble énergivore mais stratégique de la production sous abri.

La décarbonation devient un critère de conception. Le projet CTIFL GreenGO PERTOMCO indique que, dans les systèmes hors-sol chauffés étudiés, le chauffage représente environ 72 à 75 % des émissions de gaz à effet de serre de la phase de production ; l’isolation et le changement de source d’énergie sont donc des leviers majeurs.

Les essais 2026 du CTIFL montrent le potentiel de nouveaux équipements : sur concombre, un déshumidificateur thermodynamique a réduit la consommation énergétique totale de 17,5 %, soit près de 21 kWh/m² économisés, et les émissions liées au chauffage de 20 %, sans impact sur le rendement dans l’essai présenté. Ce résultat doit rester attaché à son protocole et ne constitue pas une promesse de performance générique.

02 · Référence

Définition, fonctions et services rendus

La serre permet de dissocier partiellement le climat de culture du climat extérieur. Elle intercepte le rayonnement, limite la pluie et le vent, modifie la température, l’humidité et le CO2, permet une irrigation précise et autorise des dispositifs de protection biologique, de palissage et de récolte mécanisée ou assistée. Dans une serre chauffée, elle devient aussi une installation énergétique complexe.

Les objectifs varient : avancer ou prolonger le calendrier, protéger contre le gel, la pluie, la grêle ou certains ravageurs, augmenter le rendement et la régularité, améliorer l’homogénéité, produire des plants, cultiver sur substrat, économiser l’eau ou atteindre un niveau de qualité commercial élevé. Le bon outil dépend davantage de l’objectif que du niveau technologique maximal disponible.

03 · Référence

Histoire et évolution technique

Les serres modernes prolongent une longue histoire de protections horticoles : châssis, cloches, murs chauffants puis structures vitrées. Le verre industriel, les ossatures métalliques et le chauffage central ont permis les grandes serres du XXe siècle. À partir des années 1950, les films plastiques ont réduit le coût de couverture et accéléré le développement des tunnels et multi-chapelles.

Depuis les années 1980-2000, les serres chauffées ont intégré ordinateurs climatiques, chauffage multi-réseaux, écrans thermiques, CO2, goutte-à-goutte, substrats, récupération de drainage, lutte biologique et chariots de culture. La dernière décennie ajoute LED, caméras, capteurs distribués, déshumidification, serres semi-fermées, récupération de chaleur et pilotage algorithmique.

04 · Référence

Parc français et typologies statistiques

Les statistiques françaises distinguent notamment le plein air et les cultures sous « serre ou abri haut », avec des sous-catégories chauffées/non chauffées et, pour certaines espèces, en sol/hors-sol. La surface peut être exprimée en surface physique ou en surface développée quand plusieurs cycles se succèdent sur la même emprise ; il faut donc toujours lire la définition de l’indicateur.

La Bretagne illustre la diversité régionale : le RA 2020 y comptabilisait environ 1 500 ha sous serres ou abris hauts, dont environ 900 ha chauffés, un profil atypique où le chauffé est très présent. Dans les Pays de la Loire, environ 1 600 ha étaient sous serres/abris hauts en 2020, et 82 % étaient non chauffés selon la DRAAF régionale. Ces exemples ne doivent pas être extrapolés aux autres régions.

05 · Référence

Serres verre, tunnels et multi-chapelles

Le choix structurel correspond à un compromis entre investissement, lumière, volume d’air, résistance, durée de vie, étanchéité, ventilation, automatisation et vitesse de montage. Les tunnels simples dominent les systèmes froids flexibles ; les multi-chapelles plastiques mutualisent les volumes ; les serres verre visent une forte transmission lumineuse et une longue durée de vie avec des équipements intégrés.

06 · Référence

Choix du site et implantation

Le site conditionne toute la vie de la serre. Il faut caractériser rayonnement, températures extrêmes, vent, neige, grêle, brouillard, humidité, topographie, portance, hydrologie, qualité d’eau, puissance électrique, source de chaleur, accès poids lourds, voisinage et possibilité d’extension. L’orientation n’a pas une réponse universelle : elle interagit avec latitude, géométrie, ombrage interne, vents dominants et organisation parcellaire.

La serre concentre les eaux pluviales sur ses gouttières et peut augmenter les débits de pointe. Le drainage du site, les noues, bassins ou stockages, et les exutoires doivent être conçus dès l’amont. La disponibilité d’une chaleur fatale ou d’un réseau de chaleur peut désormais devenir aussi structurante que le climat local pour une serre chauffée.

07 · Référence

Structure porteuse, fondations et charges

Une serre est une structure légère mais fortement sollicitée par le vent, la neige, les équipements suspendus, les cultures palissées, les écrans, les gouttières, les panneaux éventuels et les opérations de maintenance. L’optimisation de matière ne doit jamais conduire à sous-estimer les charges de calcul. Les fondations et ancrages doivent être dimensionnés avec la géotechnique réelle du site.

Les composants principaux sont poteaux, fermes/arceaux, pannes, chéneaux, contreventements, profils de fixation, ouvrants, portes, ancrages et fondations. Toute modification ultérieure — panneaux photovoltaïques, deuxième écran, robots suspendus, gaines, stockage — peut changer les charges et doit être validée par le constructeur ou un bureau compétent.

08 · Référence

Normes de calcul, vent, neige et sécurité structurale

La norme NF EN 13031-1, publiée en décembre 2019, spécifie les règles de calcul et de dimensionnement des serres de production professionnelle, y compris les fondations, en adaptation des Eurocodes. Son annexe nationale NF EN 13031-1/NA de mai 2020 précise les conditions d’application en France. Le dimensionnement doit être confié au constructeur ou à un bureau compétent à partir des charges du site.

Le plan d’exploitation doit définir les procédures neige, tempête et panne électrique : fermeture ou ouverture d’ouvrants selon stratégie du constructeur, disponibilité du chauffage de secours, surveillance des accumulations, accès d’urgence et consignation. Les consignes de déneigement ou de chauffage de sauvegarde sont spécifiques à la structure et ne doivent pas être improvisées.

09 · Référence

Matériaux de couverture

La couverture influence la lumière utile, l’isolation, la diffusion, la condensation, la durabilité, le nettoyage et le risque de casse. Les familles principales sont verre horticole, films polyéthylène et dérivés, plaques rigides polycarbonate/acrylique et membranes fluorées telles que l’ETFE. Les propriétés doivent être comparées avec des données fabricants normalisées et non sur le seul aspect visuel.

La fiche CEE AGRI-EQ-109, applicable aux opérations engagées jusqu’au 31 décembre 2028, retient pour certaines couvertures performantes de serres neuves chauffées un coefficient de transmission thermique ≤ 4 W/m². K et une transmission lumineuse ≥ 80 %. Ce sont des critères d’éligibilité CEE, pas une définition universelle de la bonne couverture.

10 · Référence

Lumière, transmission, diffusion et vieillissement

Le rayonnement photosynthétiquement actif est la première énergie de la culture. Chaque pourcentage de lumière perdu peut pénaliser la photosynthèse lorsque la lumière est limitante, mais une diffusion accrue peut améliorer la répartition dans un couvert haut et réduire les points chauds. Il faut distinguer transmission globale, diffusion/haze, condensation sur la paroi, salissure et vieillissement.

Le nettoyage du verre, la tension des films, la maîtrise des algues et poussières et la position des écrans ont un effet agronomique. Les matériaux anti-goutte favorisent un film d’eau plutôt que des gouttes, ce qui peut réduire la chute de gouttes et certaines pertes optiques ; l’effet vieillit avec le matériau et les conditions réelles.

Repères techniques documentés.
IndicateurValeurPérimètre / annéeLecture
Légumes sous serres ou abris hauts≈ 11 700 haFrance métropolitaine, RA 2020toutes technologies confondues
Parc chauffé tomate + concombre1 129,4 haFrance, enquête CTIFL 2021sous-ensemble spécialisé
Énergie chauffage + électricité hors éclairage3,8 TWhparc chauffé maraîcher, 2021fort enjeu énergétique
Surfaces chauffées au gaz naturel80 %enquête CTIFL 2021dépendance à réduire
Tomate dans surfaces chauffées étudiées89 %CTIFL, données 2021 rappelées en 2025concombre 11 %
GES chauffage en hors-sol chauffé72-75 %PERTOMCO, publication 2025poste dominant de la phase production

Questions fréquentes

Pour aller à l’essentiel

Quelle surface de légumes sous abris en France?

Près de 11 700 ha de légumes sont sous serres ou abris hauts au Recensement agricole 2020, sur environ 242 000 ha de légumes au total.

Quel critère CEE pour une couverture de serre?

La fiche CEE AGRI-EQ-109 retient un coefficient de transmission thermique ≤ 4 W/m². K et une transmission lumineuse ≥ 80 % pour certaines couvertures de serres neuves chauffées. Ce sont des critères d’éligibilité, pas une définition universelle.

Le niveau technologique suffit-il à choisir sa serre?

Non. Le bon outil dépend davantage de l’objectif que du niveau technologique maximal disponible.

Traçabilité

Sources utilisées

Les principales références utilisées pour vérifier les repères de cette page.