01 · Guide
Identifier les ravageurs selon le stade
Le calendrier Terres Inovia 2026 positionne les ravageurs autour de deux pics: un pic très intense à l’implantation, puis un ensemble de risques plus ponctuels en végétation et en fin de cycle. Le diagnostic doit donc commencer par le stade: le même symptôme n’a pas la même probabilité à A0-A2 qu’à F1-F4 ou M1-M4.
Pigeon ramier: environ deux semaines, de l’émergence à la première paire de vraies feuilles.
Limaces: de la germination au stade 4 feuilles; les pertes de plantes très précoces ne sont pas compensées.
Taupins: germination à 2 feuilles, fenêtre plus courte et sensibilité inférieure à celle du maïs.
Puceron vert du prunier: surveillance de la levée au bouton floral; nuisibilité faible au-delà du bouton.
| Ravageur | Période ou stade de risque |
|---|---|
| Pigeon ramier | De l’émergence à la première paire de vraies feuilles |
| Limaces | De la germination au stade 4 feuilles |
| Taupins | Germination à 2 feuilles |
| Puceron vert du prunier | De la levée au bouton floral |
02 · Guide
Rechercher les signes: mucus, trou de taupin, larve, morsure, section nette, empreintes, fientes, plume, feuille crispée.
Observer au bon moment: limaces tôt le matin ou sous piège; vers gris en grattant le sol le jour; oiseaux aux heures de fréquentation; pucerons au cœur et au revers des feuilles.
Noter météo et état du sol: pluie, humidité, température à 5 cm, structure motteuse, résidus, précédent et date de destruction du couvert.
03 · Guide
Oiseaux: le principal risque de levée
Les oiseaux constituent l’un des principaux freins techniques au tournesol en France. Terres Inovia indique un ordre de grandeur supérieur à un tiers des parcelles touchées au niveau national dans ses synthèses historiques, avec le pigeon ramier comme déprédateur majeur des jeunes plantules. Une étude française publiée en 2021 a confirmé la fréquence élevée des symptômes d’attaque dans les parcelles suivies: presque toutes présentaient au moins quelques symptômes, et environ 9,7 % dépassaient 20 % de destruction des plantules. Cette étude est une enquête sur des situations suivies et ne doit pas être lue comme une estimation brute de toutes les parcelles françaises.
L’enquête nationale de pratiques 2025 publiée par Terres Inovia en mai 2026 confirme que l’enjeu reste très concret: 15 % des surfaces ont fait l’objet d’un resemis partiel ou total; quatre parcelles sur cinq ont eu recours à des dispositifs anti-oiseaux. Sur 82 % des surfaces, les producteurs rapportent soit aucun dégât sur le peuplement (28 %), soit seulement quelques manques (54 %).
04 · Guide
Oiseaux: facteurs de risque et paysage
Le projet LIDO (LImitation des Dégâts d’Oiseaux), piloté par Terres Inovia avec des partenaires de recherche, a renforcé l’idée que le risque ne se raisonne pas seulement à la parcelle. Les facteurs de paysage et de synchronisation sont déterminants: proximité de forêts/perchoirs, parcelle de tournesol isolée au milieu d’autres cultures, date de semis décalée par rapport aux voisins, disponibilité alimentaire alternative, dynamique locale des colonies de corvidés et météo.
05 · Guide
Oiseaux: prévention et effarouchement
La première mesure est agronomique: viser une levée rapide et homogène. Le guide 2026 recommande de semer lorsque le sol atteint environ 8 °C à 5 cm, si possible en même temps que les voisins. Une température suffisante ne dispense pas de vérifier ressuyage, portance et absence de pluie intense annoncée.
Installer les effaroucheurs juste avant la phase sensible: semis pour les corvidés, levée pour les pigeons.
Combiner signaux visuels et sonores plutôt que laisser un dispositif fixe identique plusieurs semaines.
Déplacer régulièrement les dispositifs: l’habituation est rapide. Les anciennes synthèses Terres Inovia conseillent des changements tous les 2 à 3 jours dans les situations fortement exposées.
Raisonner la surface réellement couverte: un seul dispositif ne protège pas uniformément une grande parcelle.
06 · Guide
Semis sous couvert: piste contre les oiseaux, mais conduite complexe
Terres Inovia rapporte des essais où un couvert déjà développé au moment du semis rendait le sol moins lisible ou moins attractif pour les oiseaux. Un exemple du Gers a montré un effet avec une féverole semée autour de 50 graines/m² environ deux mois avant le tournesol, détruite au plus tard au semis. L’orge a également montré un effet de réduction des attaques.
Ce levier n’est pas une recommandation universelle. La réussite dépend de la destruction du couvert, de la disponibilité en eau, du matériel et du risque limaces. Un couvert mal détruit ou trop concurrentiel peut pénaliser le tournesol; un volume important de résidus peut au contraire créer un habitat favorable aux limaces. L’intérêt doit donc être évalué à l’échelle du système de culture et non seulement du risque oiseaux.
07 · Guide
Oiseaux et mammifères: cadre réglementaire et déclaration
La réglementation des espèces susceptibles d’occasionner des dégâts (ESOD) est départementale et évolutive. L’arrêté national du 3 août 2023 fixe des listes et modalités, mais une décision du Conseil d’État du 13 mai 2025 a annulé certaines inscriptions pour plusieurs départements, notamment pour le corbeau freux et la corneille noire dans certains territoires. Il est donc incorrect d’affirmer qu’une espèce peut être détruite partout en France.
Pour les corvidés, les périodes et modalités peuvent inclure des prolongations à tir sous autorisation préfectorale lorsque des dommages agricoles importants sont à prévenir. La lecture opérationnelle doit se faire avec la DDT, la préfecture, la fédération/société de chasse et les textes en vigueur dans le département, avant toute action.
08 · Guide
Limaces: biologie et fenêtre de sensibilité
La surveillance des limaces commence avant la levée, particulièrement après des résidus ou un couvert. Chercher les individus sous pièges et distinguer leurs morsures des pertes dues aux oiseaux avant d’agir.
Questions fréquentes
Pour aller à l’essentiel
Quel ravageur pèse le plus à la levée?
Les oiseaux constituent l’un des principaux freins techniques au tournesol en France, le pigeon ramier étant le déprédateur majeur des jeunes plantules.
Comment limiter les dégâts d’oiseaux?
Viser une levée rapide et homogène, semer lorsque le sol atteint environ 8 °C à 5 cm, et déplacer régulièrement les effaroucheurs, car l’habituation est rapide.
Peut-on détruire librement les espèces qui attaquent le tournesol?
Non. La réglementation des espèces susceptibles d’occasionner des dégâts est départementale et évolutive. Les textes en vigueur dans le département doivent être vérifiés avant toute action.





