Référence agronomique · France

Grandes cultures · Conduite du tournesol

Maladies du tournesol

Le tournesol est une culture à faible niveau d’intrants dont la protection contre les maladies repose d’abord sur la génétique et l’agronomie. Terres Inovia indique explicitement que la stratégie sanitaire s’appuie essentiellement sur le levier génétique. Les maladies dominantes ne sont cependant pas les mêmes selon les régions, l’historique parcellaire et la météo de l’année.

Mis à jour le 02/10/2026 Lecture 6 min
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Maladies du tournesol — illustration documentaire (Grandes cultures, Conduite du tournesol)
Maladies du tournesol · Photographie documentaire SILLOVA
Données datéesPrévisions distinguées des bilans
Contexte avant conseilRégion, sol, variété et débouché

Repères essentiels

Une lecture synthétique des informations à retenir avant d’entrer dans le détail.

Diagnostic

Observer stade et répartition des symptômes

Mildiou

Raisonner variété et rotation

Sclérotinia

Tenir compte de l’humidité à floraison

Protection

Vérifier le risque avant toute intervention

01 · Référence

Identifier le risque dominant dans la parcelle

Le tournesol est une culture à faible niveau d’intrants dont la protection contre les maladies repose d’abord sur la génétique et l’agronomie. Terres Inovia indique explicitement que la stratégie sanitaire s’appuie essentiellement sur le levier génétique. Les maladies dominantes ne sont cependant pas les mêmes selon les régions, l’historique parcellaire et la météo de l’année.

02 · Référence

Méthode de diagnostic au champ

Entrer de 20 à 30 m dans la parcelle et observer au moins cinq zones distinctes ; ne pas diagnostiquer depuis la bordure seule.

Noter le stade dominant et l’hétérogénéité de stade. Les maladies n’expriment pas les mêmes symptômes à bouton, floraison ou maturité.

Identifier l’organe d’apparition initiale : feuille basse, feuille haute, collet, insertion foliaire, milieu de tige, dos du capitule ou face fleurie.

Quantifier la fréquence : nombre de plantes atteintes / nombre de plantes observées. Pour les foyers, relever aussi leur taille et leur distribution.

Qualifier la gravité : nombre d’étages foliaires touchés, part de tige encerclée, capitule partiellement ou totalement détruit, présence de verse.

03 · Référence

Mildiou du tournesol : biologie, symptômes et nuisibilité

Le mildiou est causé par l’oomycète Plasmopara halstedii. L’inoculum tellurique peut persister sous forme d’oospores plus de dix ans. Les contaminations primaires se produisent surtout lorsque les plantules rencontrent de l’eau libre dans les premiers centimètres du sol après le semis.

04 · Référence

Mildiou : situation française 2024-2026

La surveillance nationale montre une pression redevenue significative. En 2024, 12,2 % des 1 097 parcelles observées étaient touchées, contre 6 % en 2023. En 2025, 16,9 % des 1 280 parcelles observées présentaient du mildiou ; plus de 15 % des parcelles touchées dépassaient 10 % de pieds nanifiés et 5,1 % dépassaient 30 %.

En 2025, des attaques significatives ont aussi été signalées dans le Nord-Est (Meurthe-et-Moselle, Haute-Marne, Meuse), rappelant qu’une région historiquement peu touchée peut devenir concernée lors d’une année favorable.

En juin 2026, une enquête Terres Inovia sur 203 parcelles du Sud-Ouest a trouvé du mildiou dans 24 % des parcelles (48/203), mais le plus souvent à faible intensité : 32 des 48 parcelles touchées avaient moins de 1 % de pieds atteints ; seules 5 parcelles sur 203 présentaient 10 à 30 % de pieds touchés. Le printemps peu pluvieux a limité les contaminations primaires graves.

05 · Référence

Mildiou : stratégie durable 2026

Viser un retour du tournesol au maximum une année sur trois ; l’allongement de la rotation accélère la décroissance de l’inoculum.

Semer dans un sol ressuyé et réchauffé ; si de fortes pluies sont annoncées juste après semis, différer lorsque cela est agronomiquement possible.

Détruire repousses de tournesol et autres hôtes potentiels (ambroisie, bidens, xanthium) et éviter des hôtes en interculture tels que niger ou sylphie dans les situations à risque.

Raisonner le profil de résistance variétale à partir de l’historique de la parcelle et alterner les génétiques/profils RM au fil des campagnes.

La position technique 2026 privilégie les profils RM8/9# résistants à l’isolat 714 contournant Pl8 dans les situations où des attaques sur RM9 ont été observées.

06 · Référence

Sclérotinia : une maladie, plusieurs voies d’attaque

Sclerotinia sclerotiorum survit sous forme de sclérotes dans le sol et les résidus. Deux types de germination expliquent des formes d’attaque distinctes : germination mycélienne vers les racines/collet et germination carpogène produisant des apothécies puis des ascospores qui contaminent des organes aériens.

07 · Référence

Sclérotinia du capitule : la pluie de floraison fait le risque

Le risque capitule est directement lié à la concordance entre apothécies actives, floraison et humidité. Terres Inovia indique que les sclérotes superficiels peuvent produire des vagues d’apothécies à partir du printemps lorsque le sol reste humide et que les températures sont de l’ordre de 10 à 20 °C.

La contamination du capitule exige de l’eau libre sur les fleurons : une référence française indique environ 39 à 42 heures consécutives de mouillage dans une fenêtre allant du début floraison (F1) à environ 200 degrés-jours plus tard, avec un développement favorisé autour de 20 à 24 °C. Des données internationales convergent vers le rôle d’une humidité du sol élevée, d’un couvert humide et de températures modérées.

Privilégier des variétés peu sensibles au sclérotinia du capitule ; il s’agit de résistances partielles et spécifiques de l’organe.

Adapter date de semis et précocité pour viser une récolte suffisamment précoce ; les récoltes tardives sont davantage exposées aux pourritures de fin de cycle.

Éviter d’ajouter de l’eau en pleine floraison lorsque les prévisions annoncent déjà une période humide. À l’inverse, par temps sec et en stress hydrique sévère, une irrigation peut rester agronomiquement pertinente : arbitrer eau vs maladie.

08 · Référence

Sclérotinia du collet, bouton et tige

Au collet, la plante flétrit souvent brutalement. La base de tige présente une pourriture claire, molle, parfois couverte d’un mycélium blanc ; des sclérotes noirs apparaissent ensuite. Sur tige, les lésions sont plus claires que celles du phomopsis et la présence de sclérotes dans ou sur la tige est fortement discriminante.

ChampRéférence retenue
CultureTournesol – Helianthus annuus L.
ZoneFrance métropolitaine, avec différenciation Sud-Ouest, Ouest/Centre et Nord-Est
Période couverteSemis → levée → phase végétative → bouton → floraison → remplissage → maturité
Données évolutivesCampagnes 2025 et 2026 ; E-Phy consulté au 22/08/2026
PositionnementDiagnostic + gestion intégrée ; ne se substitue pas au BSV local ni à l’étiquette d’un produit
Connexions SILLOVATournesol • Stades du tournesol • Floraison du tournesol • Irrigation du tournesol • Choix variétal

Questions fréquentes

Pour aller à l’essentiel

Comment diagnostiquer une maladie au champ?

Entrer de 20 à 30 m dans la parcelle et observer au moins cinq zones distinctes. Noter le stade dominant, puis la fréquence des plantes atteintes par rapport aux plantes observées.

Le mildiou progresse-t-il en France?

La surveillance nationale montre une pression redevenue significative : 12,2 % des 1 097 parcelles observées étaient touchées en 2024, puis 16,9 % des 1 280 parcelles en 2025.

Pourquoi l’humidité compte-t-elle pour le sclérotinia du capitule?

La contamination du capitule exige de l’eau libre sur les fleurons. Éviter d’ajouter de l’eau en pleine floraison lorsque des périodes humides sont annoncées.

Traçabilité

Sources utilisées

Les principales références utilisées pour vérifier les repères de cette page.