Référence agronomique · France

Élevage · Porcs · Races locales

Porc Basque

Sus scrofa domesticus — Race Pie Noir du Pays Basque

Le porc Basque, aussi appelé Pie Noir du Pays Basque, est une race locale conduite en plein air. La filière Kintoa AOP valorise une partie de ses produits sous des règles spécifiques ; l’élevage et la conservation exigent un suivi des origines et des parcours.

Mis à jour le 02/10/2026 Lecture 7 min
Commencer la lecture

Connectez-vous pour enregistrer cette ressource

Porc Basque en parcours du Pays Basque
Porc Basque en système extensif · Image SILLOVA
Données datéesPrévisions distinguées des bilans
Contexte avant conseilRégion, sol, variété et débouché

Repères essentiels

Une lecture synthétique des informations à retenir avant d’entrer dans le détail.

Berceau

Pays basque

Robe

Pie noire

Conduite

Plein air

Filière

Kintoa AOP

01 · Identité

Identité, nomenclature et statut

Le nom officiel de la race est « Pie Noir du Pays Basque ». Le droit français reconnaît aussi les synonymes Basque, Bigourdan, Béarnais, Basco-Béarnais et Navarrin.

La race figure à la fois parmi les races porcines reconnues, les races locales et les races menacées d'être perdues pour l'agriculture. LIGERAL est l'organisme de sélection agréé ; l'IFIP assure un appui majeur au suivi génétique et à la conservation.

Il est essentiel de distinguer trois objets : la race (ressource zoogénétique), l'AOP Kintoa (viande fraîche) et l'AOP Jambon du Kintoa (produit transformé).

Repères identitaires du Porc Basque
CaractéristiqueValeur
Nom officielPie Noir du Pays Basque
SynonymesBasque, Bigourdan, Béarnais, Basco-Béarnais
Organisme de sélectionLIGERAL
StatutReconnue, locale, menacée
AOP associéeKintoa (viande) et Jambon du Kintoa

02 · Origine

Origine, berceau et histoire

Le berceau est le Pays Basque, dans le piémont occidental des Pyrénées, territoire de montagnes, coteaux, prairies, landes et forêts de feuillus.

La synthèse TREASURE situe la consolidation de la race sous son nom actuel dans les années 1920 et documente une forte régression au XXe siècle. En 1981, un inventaire ne recensait plus que 50 truies et 5 verrats.

La relance a reposé sur des éleveurs, des artisans, un programme de conservation et la création d'une valorisation territoriale à forte valeur ajoutée.

03 · Morphologie

Morphologie et standard phénotypique

Le standard se caractérise par une robe pie noire et blanche, avec tête et arrière-train noirs, des oreilles longues et horizontales couvrant en partie les yeux, un corps allongé et des membres solides.

Les ordres de grandeur adultes publiés sont d'environ 250 kg pour le mâle et 200 kg pour la femelle, environ 140 cm de longueur corporelle, 78 cm au garrot chez le mâle et 75 cm chez la femelle.

La robe seule ne suffit pas pour qualifier un reproducteur : conformité du type, fonctionnalité des aplombs, nombre de tétines et stratégie de parenté doivent être pris en compte.

04 · Reproduction

Reproduction et fertilité

Les performances publiées pour 2012–2016 décrivent une race peu prolifique par rapport aux lignées modernes.

Les moyennes historiques sont : 7,5 nés vivants par portée, 1,6 portée par truie et par an, âge moyen à la première mise bas de 16,6 mois, intervalle moyen entre mises bas de 228 jours.

Ces valeurs ne sont pas des objectifs 2026 : elles décrivent une population, des protocoles et des systèmes précis à une époque donnée.

Performances de reproduction (LIGERAL 2012-2016)
IndicateurValeur
Nés vivants/portée7,5
Portées/truie/an1,6
Âge 1ère mise bas16,6 mois
Intervalle mises bas228 jours
Durée lactation~38,5 jours

05 · Croissance

Croissance, carcasse et qualité de viande

La croissance est lente : la littérature synthétisée rapporte des GMQ globaux d'environ 335 à 544 g/j selon les essais, avec une grande variabilité de conduite.

Les carcasses sont plus grasses et moins maigres que celles de races modernes fortement sélectionnées. Le longissimus présente une teneur élevée en lipides intramusculaires, souvent supérieure à 3,3 % et pouvant atteindre 5,7 %.

Les pH à 45 minutes se situent approximativement entre 6,27 et 6,63, et les pH à 24 h entre 5,54 et 5,76. Les indices colorimétriques témoignent d'une couleur rouge marquée.

06 · AOP Kintoa

AOP Kintoa : identité et cahier des charges

Kintoa est AOP depuis 2017 ; le cahier des charges a été modifié et homologué en mai 2026. Il s'agit d'une viande fraîche issue exclusivement de porcs de race Pie Noir du Pays Basque.

Les porcs doivent être nés, élevés et abattus dans l'aire géographique, entre 12 et 24 mois, avec un poids froid minimal de carcasse de 100 kg et une épaisseur minimale de lard dorsal de 25 mm.

Le porc doit être placé sur un parcours identifié au plus tard à 5 mois. Le chargement maximal est de 35 porcs/ha sur végétation herbacée sans arbres ou 25 porcs/ha en forêt enherbée, avec 40 porcs maximum par lot.

Exigences majeures AOP Kintoa 2026
CritèreExigence
RacePie Noir du Pays Basque pure
Âge d'abattage12 – 24 mois
Poids froid carcasse≥ 100 kg
Lard dorsal≥ 25 mm
ParcoursDès 5 mois jusqu'à l'abattage
Charge max herbe35 porcs/ha
Charge max forêt25 porcs/ha

07 · Alimentation

Alimentation et conduite technique

À partir du sevrage, l'alimentation Kintoa est strictement encadrée. Hors AOP, la ration doit rester construite à partir des besoins réels du porc.

Pour truies, pré-engraissement et engraissement Kintoa, au moins 70 % des matières premières doivent provenir de l'aire et la formule doit comprendre au moins 60 % de céréales et dérivés.

La capacité à valoriser herbe, fruits et ressources du milieu ne justifie pas une sous-alimentation chronique. Une croissance trop freinée peut retarder l'âge de finition et dégrader l'état corporel.

08 · Santé

Santé, bien-être et biosécurité

Le Porc Basque n'est pas documenté comme une race « résistante à tout ». Les enjeux sanitaires sont ceux d'un porc de plein air.

Le contact potentiel avec le sanglier est un sujet majeur de biosécurité. Il augmente le risque de transmission de certains agents et impose des clôtures efficaces, un contrôle des introductions et une gestion rigoureuse des cadavres et aliments.

Le bien-être dépend de la qualité de conception : zones sèches de couchage, ombre, abri, eau, accès non boueux et densité adaptée. L'extensif n'est pas synonyme de bien-être automatique.

09 · Conservation

Conservation génétique et diversité

Les analyses génomiques IFIP montrent que l'apparentement génomique moyen était le plus élevé en race Basque parmi les six races locales françaises analysées.

La Cryobanque Nationale complète la conservation en élevage. Des allèles présents dans certaines semences anciennes n'étaient plus observés chez les animaux récents.

La consanguinité peut être mesurée par pedigree ou génomique. Les segments d'homozygotie (ROH) permettent de quantifier l'homozygotie réelle du génome.

10 · Économie

Filière, débouchés et économie

La filière combine vente de viande fraîche, charcuterie, jambon sec, transformation fermière, artisans et restauration. En février 2026, la Communauté Pays Basque recensait 76 éleveurs.

Le débouché AOP transforme des « handicaps » dans un modèle conventionnel — temps d'élevage, gras, petits lots — en composantes de différenciation. Le risque économique demeure néanmoins élevé.

Le Jambon du Kintoa constitue la valorisation longue du jambon issu d'une carcasse Kintoa, avec un affinage minimal de 20 mois dont 12 dans un séchoir communiquant avec l'air extérieur.

11 · Compléments

Éléments techniques et contexte de référence

Les repères suivants complètent la lecture opérationnelle avec des éléments issus du dossier de recherche dédié à cette production.

La documentation disponible est hétérogène. Les données de statut, d’organisme de sélection et de cahier des charges AOP sont récentes et juridiquement datées. À l’inverse, plusieurs chiffres de reproduction, croissance, carcasse et qualité de viande proviennent d’essais ou de synthèses publiés entre 2000 et 2020 : ils décrivent des populations, protocoles et systèmes précis et ne doivent pas être interprétés comme des objectifs techniques 2026. Les valeurs historiques sont donc systématiquement datées et accompagnées de leur contexte.

La race est indigène du Pays Basque, dans le Sud-Ouest de la France. Le système Kintoa relie cette origine à un territoire de piémont occidental des Pyrénées, bordé par l’océan Atlantique, où se combinent collines, vallées profondes, massifs, prairies, landes atlantiques et forêts de feuillus. Le cahier des charges 2026 décrit une pluviométrie élevée, de l’ordre de 1 200 à 2 000 mm par an, bien répartie, des températures douces en hiver et l’influence intermittente du vent chaud et sec de sud, le Haïze Hegoa.

Questions fréquentes

Pour aller à l’essentiel

La race est-elle toujours menacée?

Oui, elle figure toujours dans la liste officielle française des races menacées d'être perdues pour l'agriculture.

Tous les Porcs Basques peuvent-ils être vendus comme Kintoa?

Non. Il faut respecter le cahier des charges AOP : aire, pure race, conduite, parcours, alimentation, âge, carcasse, traçabilité et contrôle.

Quel est le chargement maximal en Kintoa?

35 porcs/ha sur végétation herbacée sans arbres ou 25 porcs/ha en forêt enherbée, avec 40 porcs maximum par lot.

Traçabilité

Sources utilisées

Les principales références utilisées pour vérifier les repères de cette page.