Référence agronomique · France

Santé des cultures · Maladies des cultures

Maladies du pommier

Diagnostiquer une maladie du pommier commence par l’organe touché, l’aspect des lésions et leur répartition dans le verger. Tavelure, oïdium, chancre et feu bactérien demandent des réponses distinctes.

Mis à jour le 03/10/2026 Lecture 4 min
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Maladies du pommier — illustration documentaire (Santé des cultures, Maladies des cultures)
Maladies du pommier · Photographie documentaire SILLOVA
Données datéesPrévisions distinguées des bilans
Contexte avant conseilRégion, sol, variété et débouché

Repères essentiels

Quatre points pour guider la lecture.

Observer

Feuille, fruit ou bois

Comparer

Symptômes voisins

Contexte

Météo et stade

Confirmer

Avant d’agir

01 · Référence

Définir le diagnostic au verger

Commencer par l’organe atteint et la répartition des symptômes. Observer si les taches se développent après une période humide, si le bois présente des chancres ou si les bouquets flétrissent. Ces signes orientent l’examen mais ne suffisent pas toujours à identifier l’agent.

02 · Référence

Importance de la santé du pommier en France

La tavelure reste la maladie fongique structurante. Le projet INRAE ICARUS (2024-2026) rappelle que Venturia inaequalis est responsable d’environ la moitié des traitements pesticides dans les vergers de pommiers. Cette dépendance explique l’intérêt stratégique des variétés résistantes, des modèles de risque et de la réduction de l’inoculum primaire.

03 · Référence

Panorama: agents pathogènes et troubles à ne pas confondre

Le pommier peut héberger des champignons, bactéries, phytoplasmes, virus et viroïdes. L’observation visuelle ne suffit pas toujours: plusieurs troubles physiologiques, climatiques ou chimiques produisent des taches, rugosités ou brunissements proches de symptômes parasitaires. Le premier filtre diagnostique est donc de distinguer « maladie infectieuse » et « désordre non parasitaire ».

04 · Référence

Distinguer les principales maladies du pommier

Le niveau de priorité est indicatif: il dépend fortement du bassin, de la variété, du système, de l’historique et de la météo. Une maladie « localisée » peut devenir économiquement majeure dans un verger donné.

Organes et signes principaux des maladies présentées
MaladieOrgane ou signe principal
Tavelure (Venturia inaequalis)Feuilles et fruits
Oïdium (Podosphaera leucotricha)Jeunes organes, bourgeons, fleurs et fruits
Chancre européen (Neonectria ditissima)Rameaux, charpentières et tronc
Feu bactérien (Erwinia amylovora)Fleurs, jeunes pousses et chancres

05 · Référence

Tavelure du pommier — Venturia inaequalis

La tavelure est la maladie fongique de référence du pommier. Elle attaque feuilles et fruits et peut provoquer déclassements, pertes de production et symptômes tardifs en chambre froide. Les infections primaires sont liées aux ascospores issues des feuilles mortes au sol; les infections secondaires proviennent ensuite des conidies produites sur les lésions présentes dans le verger.

Débourrement: début progressif de maturité des ascospores; la période primaire peut durer 2 à 4 mois après le débourrement selon les conditions.

Été: les conidies assurent les repiquages secondaires dès que des taches sont présentes et que surviennent pluie ou forte humidité.

06 · Référence

Oïdium — Podosphaera leucotricha

L’oïdium produit un feutrage blanc à gris sur les jeunes organes. Les bourgeons infectés peuvent donner au printemps des pousses primaires oïdiées, déformées et peu vigoureuses. Les attaques sur fleurs peuvent réduire la nouaison; sur fruit, elles peuvent laisser une rugosité superficielle qui se confond avec certains dégâts de gel.

07 · Référence

Chancre européen — Neonectria ditissima

Le chancre européen est une maladie du bois particulièrement préoccupante dans les environnements humides. Il produit des lésions nécrotiques déprimées sur rameaux, charpentières ou tronc; l’arbre tente souvent de cicatriser par bourrelets successifs. Des fructifications rouge-corail peuvent apparaître sur les vieux chancres. Le pathogène peut aussi provoquer des pourritures de l’œil et des pourritures de conservation.

08 · Référence

Feu bactérien — Erwinia amylovora

Le feu bactérien est une bactériose potentiellement destructrice des Rosacées à pépins. Les signes les plus évocateurs associent brûlure des fleurs et jeunes pousses, feuilles et fleurs desséchées qui restent attachées, extrémités de pousses recourbées en « crosse de berger », chancres diffus et parfois exsudat blanc-jaunâtre puis ambré et collant. Sous l’écorce en avance du chancre, les tissus peuvent prendre une teinte rouge-brun.

09 · Référence

Observer plusieurs organes avant de conclure

Une tache sur feuille ne suffit pas à identifier une maladie du pommier. La tavelure marque aussi les fruits ; l’oïdium se reconnaît sur les jeunes organes blanchis ; les chancres se lisent sur le bois. Comparer feuilles, rameaux et fruits, ainsi que l’âge des lésions, réduit les confusions avec une blessure mécanique ou une carence.

Noter la variété, la parcelle, la date, le stade végétatif et les conditions humides qui ont précédé l’apparition des symptômes. Les fiches INRAE par agent permettent ensuite de confirmer les signes et d’adapter la prévention au cycle de la maladie observée.

Questions fréquentes

Pour aller à l’essentiel

Pourquoi observer plusieurs organes avant de conclure?

Une tache sur feuille ne suffit pas à identifier une maladie. Comparer feuilles, rameaux et fruits, ainsi que l’âge des lésions, réduit les confusions avec une blessure mécanique ou une carence.

La tavelure est-elle une maladie secondaire?

Non. Selon le projet INRAE ICARUS (2024-2026), Venturia inaequalis est responsable d’environ la moitié des traitements pesticides dans les vergers de pommiers.

Comment reconnaître le feu bactérien?

Les signes les plus évocateurs associent brûlure des fleurs et jeunes pousses, feuilles et fleurs desséchées restant attachées, extrémités de pousses recourbées en « crosse de berger » et chancres diffus.

Traçabilité

Sources utilisées

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