Référence agronomique · France

Santé des cultures · Ravageurs des cultures

Grosse altise du colza

Psylliodes chrysocephala

La grosse altise du colza peut défolier les jeunes plantes puis ses larves gagner les pétioles. Distinguer dégâts adultes et larvaires permet un suivi adapté au stade.

Mis à jour le 03/10/2026 Lecture 5 min
Commencer la lecture

Connectez-vous pour enregistrer cette ressource

Grosse altise du colza — illustration documentaire (Santé des cultures, Ravageurs des cultures)
Grosse altise du colza · Photographie documentaire SILLOVA
Données datéesPrévisions distinguées des bilans
Contexte avant conseilRégion, sol, variété et débouché

Repères essentiels

Une lecture synthétique des informations à retenir avant d’entrer dans le détail.

Agent

Psylliodes chrysocephala

Adultes

Morsures à l’implantation

Larves

Galeries dans les pétioles

Suivi

Observer par stade

01 · Guide

Identité et taxonomie

Les Alticini sont caractérisés par des fémurs postérieurs développés adaptés au saut. Chez P. chrysocephala, la coloration métallique et la taille supérieure à celle des petites altises constituent des critères utiles, mais une identification sûre repose sur un ensemble de caractères morphologiques et le contexte d’observation.

02 · Guide

Cycle biologique et phénologie annuelle

Le cycle est généralement annuel. Après la phase larvaire et la nymphose dans le sol au printemps, de nouveaux adultes apparaissent à la fin du printemps ou au début de l’été. Ils passent ensuite par une estivation obligatoire : une publication de 2026 décrit une diapause estivale intrinsèque, associée à une forte réduction de l’activité et du métabolisme. À la fin de l’été, les adultes sortent d’estivation et migrent vers les nouveaux colzas d’hiver.

03 · Guide

Plantes hôtes, alimentation et écologie

La grosse altise est associée aux Brassicaceae. Le colza d’hiver constitue l’hôte agricole principal en France, mais d’autres crucifères cultivées, repousses et plantes sauvages peuvent participer à l’alimentation ou au maintien des populations. Ce lien explique l’intérêt des stratégies territoriales utilisant volontairement des crucifères très attractives comme pièges, mais aussi les risques agronomiques liés à la hernie des crucifères dans certains secteurs.

04 · Guide

Le colza français : ampleur de la surface potentiellement exposée

Agreste estime au 1er juillet 2026 la surface française de colza à 1 422 milliers d’hectares, soit +12,1 % par rapport à 2025. Le rendement provisoire 2026 est évalué à 32,6 q/ha contre 36,6 q/ha en 2025, ce qui conduit à une production presque stable : 4,634 Mt en 2026 contre 4,635 Mt en 2025.

La pression grosse altise n’est pas uniforme sur ces surfaces : elle varie selon le territoire, le calendrier des vols, l’implantation, la croissance automnale, les conditions climatiques et les résistances. Toute statistique nationale doit donc être distinguée d’un diagnostic à la parcelle.

Repères français du colza en 2026 (Agreste)
IndicateurValeur
Surface au 1er juillet 20261 422 milliers d’hectares (+12,1 % par rapport à 2025)
Rendement provisoire 202632,6 q/ha (36,6 q/ha en 2025)
Production 20264,634 Mt (4,635 Mt en 2025)

05 · Guide

Situation française récente : campagnes 2025-2026

Les observations 2025-2026 montrent qu’une même campagne peut combiner des situations très contrastées. Terres Inovia indique que l’adulte a pénalisé certains colzas à l’automne 2025, tandis que les BSV régionaux documentent des niveaux larvaires parfois élevés. Les données BSV constituent des exemples régionaux et ne doivent pas être agrégées comme une moyenne nationale.

Dans le réseau Champagne-Ardenne cité par un BSV de février 2026, 46 tests Berlèse ont été réalisés à l’entrée de l’hiver. L’infestation moyenne était de 4,4 larves par plante et 30 % des parcelles dépassaient 5 larves par plante. Les observations soulignent aussi des parcelles où l’infestation continue d’évoluer pendant l’hiver.

06 · Guide

Dégâts des adultes : le risque de destruction à l’implantation

Les adultes consomment le limbe et provoquent des morsures circulaires ou irrégulières donnant un aspect criblé. La phase critique est courte mais potentiellement sévère : les cotylédons et les premières feuilles représentent une faible réserve foliaire, de sorte qu’une consommation rapide peut provoquer des pertes de pieds ou la destruction de la culture. L’activité alimentaire est surtout nocturne, ce qui explique que l’observation directe des adultes en journée puisse sous-estimer leur présence.

Pour certaines levées très tardives, le guide de culture Terres Inovia mentionne des adaptations de seuil plus prudentes ; dans tous les cas, la recommandation opérationnelle doit être revalidée dans l’OAD et le conseil régional au moment de la campagne.

07 · Guide

Distinguer les deux fenêtres de risque

La grosse altise du colza crée deux situations différentes : les adultes perforent les jeunes feuilles après la levée, tandis que les larves issues des pontes automnales minent les pétioles puis peuvent atteindre le cœur des plantes. Une capture d’adulte ne permet pas de prédire seule la gravité de l’attaque larvaire.

Au début du cycle, observer la surface foliaire consommée et la vitesse de croissance du colza. Plus tard, ouvrir des pétioles ou utiliser une méthode de comptage des larves telle que le Berlèse. Noter séparément ces résultats avec le stade, l’état de la culture et les observations du réseau régional.

08 · Guide

Mesurer la présence des larves avant de décider

Terres Inovia indique que la nuisibilité larvaire dépend de la croissance du colza et de la capacité des larves à gagner le cœur. Une plante vigoureuse supporte mieux une présence modérée qu’un colza chétif ou freiné à la reprise.

La première quinzaine de novembre est un moment de bilan du risque : associer biomasse, continuité de croissance et comptage des larves. Si le risque global reste faible, un second contrôle quelques semaines plus tard peut être plus utile qu’une intervention immédiate. Les choix de protection doivent aussi tenir compte des résistances locales et des autorisations en vigueur.

Questions fréquentes

Pour aller à l’essentiel

Quels dégâts font les adultes de grosse altise?

Ils consomment le limbe et laissent des morsures circulaires ou irrégulières, d’aspect criblé. À l’implantation, la phase critique est courte mais potentiellement sévère.

Une capture d’adulte suffit-elle à décider?

Non. Une capture d’adulte ne permet pas de prédire seule la gravité de l’attaque larvaire. Il faut associer biomasse, croissance du colza et comptage des larves.

Quand faire le bilan du risque larvaire?

La première quinzaine de novembre est un moment de bilan. Un second contrôle quelques semaines plus tard peut être plus utile qu’une intervention immédiate.

Traçabilité

Sources utilisées

Les principales références utilisées pour vérifier les repères de cette page.