01 · Diagnostic
Reconnaître plusieurs formes de fusariose
Ephytia décrit un complexe d’espèces de Fusarium présentes en France. Sur les épis, une croissance fongique rose peut partir de l’extrémité, tandis que d’autres infections brunissent des grains et forment une plaque de mycélium blanc à violacé. Sur tiges, un jaunissement précoce, une tige qui s’écrase facilement ou un dessèchement brutal peuvent alerter. Noter les organes atteints, la localisation des foyers et l’état des spathes.
Le symptôme ne permet pas d’attribuer avec certitude l’infection à une espèce. Ephytia précise qu’une analyse est nécessaire pour identifier le Fusarium en cause et signale des confusions possibles avec d’autres maladies des tiges. En cas de doute, conserver des échantillons représentatifs et solliciter un diagnostic avant d’extrapoler à toute la parcelle.
02 · Qualité
Distinguer champignon observé et mycotoxine mesurée
ARVALIS distingue notamment Fusarium graminearum, lié au déoxynivalénol et à la zéaralénone, et Fusarium verticillioides, lié aux fumonisines. Ces organismes n’ont pas exactement les mêmes conditions favorables. L’EFSA rappelle que des mycotoxines peuvent altérer la sécurité des aliments et des aliments pour animaux ; la présence de moisissure visible n’est donc pas une mesure de teneur.
Une parcelle présentant des symptômes importants doit être suivie jusqu’à la réception et au stockage. Pour juger la destination d’un lot, s’appuyer sur un échantillonnage et une analyse adaptés au débouché, ainsi que sur les règles de qualité applicables au moment de la commercialisation. Les anciennes valeurs réglementaires reproduites dans des articles techniques ne doivent pas servir de seuil de décision en 2026.
03 · Risque
Croiser climat, blessures et historique de la parcelle
Dans les enquêtes parcellaires rapportées par ARVALIS, le climat de l’été et de la fin de cycle arrive au premier rang des facteurs de contamination. Les résidus du maïs précédent jouent un rôle important pour Fusarium graminearum. Les blessures causées aux épis par des insectes foreurs favorisent surtout l’entrée des champignons de la section liseola, dont F. verticillioides. La sensibilité variétale et la date de récolte modifient aussi le risque.
Ephytia indique que ces champignons se conservent dans les débris de culture et que leurs spores peuvent être dispersées par le vent et les éclaboussures de pluie. Relever le précédent cultural, la quantité de résidus en surface, les dégâts de foreurs, le stress subi et la météo permet de comprendre pourquoi deux parcelles de la même variété n’évoluent pas de la même façon.
04 · Prévention
Réduire la pression avant la récolte suivante
Les leviers préventifs décrits par ARVALIS sont l’adaptation de la variété et de la date de semis à une récolte compatible avec le climat régional, le choix d’une variété moins sensible en situation à risque, la gestion des résidus et la réduction des dégâts de foreurs. Aucun de ces leviers ne suffit isolément lorsque plusieurs facteurs défavorables se cumulent.
Après une culture de maïs grain, un broyage fin des résidus et leur dégradation réduisent l’inoculum restant en surface. La méthode de travail du sol doit tenir compte du système et des autres objectifs agronomiques. Surveiller les attaques de foreurs et l’intégrité des épis apporte une information supplémentaire, sans présumer qu’une parcelle sans dégâts visibles soit exempte de mycotoxines.
05 · Récolte
Préparer une récolte et un stockage adaptés au risque
À l’approche de la récolte, visiter les zones les plus exposées, examiner les épis et la tenue des tiges, puis hiérarchiser les parcelles à risque. ARVALIS montre qu’une récolte trop tardive peut aggraver l’accumulation de fusariotoxines dans certaines situations. Le calendrier doit toutefois tenir compte de la maturité, de l’humidité du grain, de la capacité de séchage et des conditions météorologiques.
Isoler et signaler les lots suspects à l’organisme collecteur ou à l’acheteur. Définir avec lui le plan d’échantillonnage, les analyses et les critères d’acceptation correspondant à la destination prévue. Cette fiche ne remplace ni un résultat de laboratoire ni les règles sanitaires et commerciales en vigueur pour un lot donné.
06 · Repères
Retenir les repères de terrain
Quatre repères guident l’observation : les symptômes sur épi, les symptômes sur tige, les facteurs à croiser et la qualité sanitaire.
| Repère | Point à retenir |
|---|---|
| Sur l’épi | Mycélium blanc à rose |
| Sur la tige | Dessèchement et fragilité |
| Facteurs à croiser | Climat, résidus, foreurs |
| Qualité sanitaire | Analyse si nécessaire |
Questions fréquentes
Pour aller à l’essentiel
Une moisissure rose sur le maïs suffit-elle à identifier Fusarium graminearum?
Non. Plusieurs espèces peuvent produire des symptômes proches sur les épis. Ephytia indique qu’une analyse est nécessaire pour identifier l’espèce lorsque cela compte pour la décision.
Peut-on déduire la teneur en mycotoxines de l’aspect des épis?
Non. Les symptômes orientent l’observation, mais la teneur d’un lot se détermine par un échantillonnage et une analyse adaptés à son débouché.
Quels facteurs faut-il croiser pour évaluer le risque?
Le climat, les résidus du précédent, les dégâts de foreurs, la sensibilité variétale et la date de récolte modifient le risque. Leur poids dépend du champignon et de la campagne.





