01 · Référence
Synthèse opérationnelle
La finition est la phase qui transforme un agneau sevré — ou proche du sevrage — en agneau commercialisable répondant à un cahier des charges de poids, conformation et état d’engraissement. Le bon objectif n’est pas « faire prendre le plus de poids possible », mais atteindre le niveau de carcasse recherché avec une croissance régulière, un coût alimentaire maîtrisé, peu de jours improductifs et un minimum de troubles digestifs ou parasitaires.
En France, les agneaux de bergerie sont couramment abattus vers 90–130 jours et les agneaux d’herbe entre 90 et 210 jours, avec des carcasses souvent situées autour de 17–21 kg selon race, sexe et circuit. Le rendement carcasse/poids vif est voisin de 46 % dans le référentiel Bourgogne-Franche-Comté.
02 · Référence
Définition, périmètre et objectifs de la finition
La finition commence lorsque l’objectif principal devient la préparation à la commercialisation: amener l’animal au poids et à l’état d’engraissement adaptés au marché, tout en sécurisant son fonctionnement ruminal et sa santé. Elle peut débuter avant le sevrage chez les agneaux de bergerie déjà fortement complémentés, ou après le sevrage chez des agneaux d’herbe. Elle se termine au départ vers l’abattoir ou, dans certains cas, à la vente en maigre.
03 · Référence
Définir le profil de sortie avant de choisir la ration
Formule de base: durée théorique de finition (jours) = (poids vif cible − poids vif actuel) / GMQ. Exemple: passer de 32 à 39 kg représente 7 kg de gain; à 280 g/j, environ 25 jours sont nécessaires; à 220 g/j, environ 32 jours. Cette estimation doit être recalée par le tri de l’état d’engraissement, car deux agneaux du même poids peuvent avoir des carcasses très différentes.
| GMQ | Durée estimée |
|---|---|
| 280 g/j | Environ 25 jours |
| 220 g/j | Environ 32 jours |
04 · Référence
Besoins alimentaires : densité énergétique, protéines, fibre et minéraux
Les références CIIRPO convergent vers un concentré de finition proche de 0,9–1 UFV/kg brut et environ 100 g de PDI/kg brut. Une teneur azotée supérieure n’améliore pas nécessairement croissance ou carcasse: des essais français ont montré qu’un aliment autour de 100 g de PDI pouvait maintenir les performances par rapport à des aliments plus riches.
05 · Référence
Finition en bergerie avec concentré à volonté
C’est le système le plus prévisible pour obtenir des lots homogènes et des sorties rapides. Il est particulièrement cohérent pour des agneaux de bergerie déjà habitués au concentré, ou lorsque l’herbe est rare. Les performances dépendent davantage de la transition, de la qualité de l’aliment, de la santé et du tri que d’une recherche de densité énergétique extrême.
Distribuer un concentré stable et adapté aux agneaux; éviter les changements brusques de céréales, de granulé ou de fournisseur.
Maintenir un fourrage propre et renouvelé. La paille est possible mais sa faible valeur alimentaire reporte presque toute la croissance sur le concentré.
06 · Référence
Finition à l’herbe : faible concentré, forte exigence de pâturage
La finition à l’herbe réduit l’achat de concentré, mais elle n’est économique que si l’ensemble du système est cohérent: surfaces disponibles, clôtures, eau, maîtrise des parasites, qualité des repousses, capacité à trier et à commercialiser régulièrement. Une enquête Inn’Ovin rapportait 48 kg de concentré par agneau en moyenne dans les systèmes étudiés, contre environ 70 kg pour une finition en bergerie, avec une variabilité de 0 à 90 kg.
07 · Référence
Comparer les deux voies de finition
Comparer une finition en bergerie et une finition à l’herbe à partir du poids réellement gagné, des jours de présence, des concentrés, du fourrage, des pertes et du prix attendu. Une ration moins chère par jour peut coûter davantage si la croissance ralentit ou si la vente est repoussée.
Questions fréquentes
Pour aller à l’essentiel
La finition à l’herbe est-elle toujours moins coûteuse?
Pas forcément. Elle n’est économique que si l’ensemble du système est cohérent : surfaces, clôtures, eau, maîtrise des parasites, qualité des repousses et capacité à trier et commercialiser régulièrement.
Une ration moins chère par jour est-elle plus économique?
Pas forcément. Elle peut coûter davantage si la croissance ralentit ou si la vente est repoussée.
La paille peut-elle remplacer le fourrage en bergerie?
La paille est possible, mais sa faible valeur alimentaire reporte presque toute la croissance sur le concentré. Il faut maintenir un fourrage propre et renouvelé.





