01 · Guide
Pourquoi la fertigation compte en maraîchage français
Les références professionnelles confirment l’importance technique de la fertigation. Le CTIFL propose en 2026 une formation dédiée à la maîtrise de l’irrigation fertilisante en cultures légumières hors-sol, incluant calcul des solutions nutritives, interprétation d’analyses, recyclage, pH et EC. Des retours de terrain des Chambres d’agriculture soulignent aussi l’intérêt de la technique sur cultures longues et à forte valeur, tout en citant comme freins la connaissance du système, le coût des équipements et des engrais solubles, ainsi que la difficulté de différencier les recettes lorsque plusieurs cultures partagent un réseau.
02 · Guide
Les cinq bilans à fermer avant d’injecter
La formulation ne commence donc pas par le choix d’un NPK commercial. Elle commence par le besoin restant à couvrir et par l’analyse de l’eau. L’eau elle-même peut déjà apporter du calcium, du magnésium, du soufre, des nitrates, du sodium ou des chlorures. Dans les systèmes recirculés, certains ions peu absorbés peuvent s’accumuler progressivement.
03 · Guide
Architecture d’une station de fertigation
Une installation professionnelle réunit généralement : une ressource en eau, une pompe ou pression disponible, une filtration, un compteur ou débitmètre, des solutions mères, un ou plusieurs dispositifs d’injection, un mélangeur ou collecteur, des capteurs de pH/EC selon le niveau d’automatisation, des vannes de secteurs et une conduite de rinçage. En hors-sol, s’ajoutent souvent récupération du drainage, stockage, désinfection et réinjection.
04 · Guide
Hydraulique : la fertigation ne corrige pas un mauvais réseau
L’injection doit durer assez longtemps pour que la solution fertilisée atteigne les extrémités et se stabilise. Une injection extrêmement courte peut produire un front de concentration qui n’atteint pas uniformément tous les points. Après injection, un rinçage à l’eau claire est utile pour chasser la solution concentrée des conduites, mais il ne doit pas être si long qu’il pousse les nutriments sous la profondeur racinaire utile. Cette durée se détermine avec le volume hydraulique du réseau, le débit et des contrôles au point éloigné, idéalement par EC.
05 · Guide
Analyse de l’eau : la matière première de la recette
La qualité minérale de l’eau est un point de départ explicitement enseigné par le CTIFL. Deux eaux avec la même EC peuvent demander des recettes totalement différentes : l’une peut être riche en bicarbonates et calcium, l’autre en sodium et chlorures. Une analyse complète est donc plus informative qu’un simple test pH/EC.
La fréquence d’analyse dépend de la stabilité de la ressource. Une eau de réseau stable peut être contrôlée moins souvent qu’un forage côtier soumis à intrusion saline, une retenue où l’évaporation concentre les sels ou un mélange eau de pluie/forage dont la composition change au fil de la saison. En serre, des producteurs mélangent parfois eau de pluie, forage et drainage recyclé ; la stabilité du mélange devient alors un objectif de conduite.
06 · Guide
Conductivité électrique (EC) : ce qu’elle dit et ce qu’elle ne dit pas
La conductivité électrique est une mesure indirecte de la concentration totale en ions. Les unités usuelles sont équivalentes : 1 dS/m = 1 mS/cm = 1 000 µS/cm. Elle varie avec la température ; les appareils modernes compensent souvent automatiquement vers une température de référence.
L’EC est excellente pour détecter une dilution, une erreur de dosage ou une accumulation globale de sels. Elle ne permet pas d’identifier quels ions sont présents. Deux solutions à EC 2,0 mS/cm peuvent avoir des compositions agronomiques très différentes. En recirculation, une EC stable peut même masquer l’accumulation progressive de sodium/chlorures pendant que les nutriments utiles diminuent : d’où la nécessité d’analyses ioniques périodiques.
| Unité | Équivalence | Lecture |
|---|---|---|
| dS/m | 1 dS/m = 1 mS/cm | Unité usuelle de la conductivité électrique |
| µS/cm | 1 mS/cm = 1 000 µS/cm | Même mesure, unité plus petite |
| EC 2,0 mS/cm | Deux solutions à cette même EC | Compositions ioniques pouvant différer fortement |
07 · Guide
Besoins nutritifs et courbes d’absorption
Le pilotage le plus solide combine plusieurs sources : références de besoin, analyse de sol ou reliquat, historique d’amendements, analyses foliaires ou de sève lorsqu’elles sont validées, aspect de la plante, rendement visé et analyse du drainage en hors-sol. L’objectif n’est pas de maintenir un niveau d’engrais maximal, mais une disponibilité compatible avec la croissance sans accumulation.
Questions fréquentes
Pour aller à l’essentiel
La conductivité suffit-elle à connaître la composition de l’eau?
Non. L’EC détecte une dilution, une erreur de dosage ou une accumulation globale de sels, mais ne permet pas d’identifier les ions présents.
Faut-il analyser l’eau une seule fois?
Non. La fréquence dépend de la stabilité de la ressource. Une eau de réseau stable peut être contrôlée moins souvent qu’un forage côtier soumis à intrusion saline.
La fertigation corrige-t-elle un mauvais réseau?
Non. La durée d’injection dépend du volume hydraulique du réseau et du débit, et doit permettre d’atteindre les extrémités.





