01 · Guide
Bilan hydrique : passer de la météo à la dose
En maraîchage, l’erreur classique consiste à transformer Kc en « dose d’irrigation » directe. ETc exprime une demande climatique théorique pour une culture standard non stressée ; il faut ensuite déduire la pluie efficace et les contributions du sol, tenir compte du mouillage partiel, des pertes du réseau et de l’objectif de gestion. Sous paillage ou goutte-à-goutte, la composante d’évaporation du sol peut fortement différer d’un champ nu irrigué par aspersion.
Le projet IRRIBZH du CTIFL distingue le calcul du bilan hydrique des mesures directes de l’état du sol. Pour décider d’un tour d’eau, confronter la demande climatique estimée à la réserve facilement utilisable, puis vérifier la réponse de la parcelle avec les observations et les sondes. Les écarts entre zones peuvent justifier une sectorisation : une seule dose appliquée partout ne corrige pas un réseau ou un sol hétérogène.
02 · Guide
Choisir le système d’irrigation
Efficience potentielle : ordres de grandeur issus d’un rapport du ministère/CGAAER. Les extrema montrent que la qualité de conception, les réglages, le vent, le sol et l’entretien peuvent compter autant que la technologie elle-même.
03 · Guide
Dimensionnement hydraulique d’un réseau maraîcher
Les calculs ci-dessus sont des relations physiques de base. Le choix final de pompe exige une courbe constructeur et le point de fonctionnement réel. Surdimensionner une pompe puis dissiper la pression par vannes est énergétiquement défavorable ; sous-dimensionner impose des secteurs trop petits ou une durée d’arrosage incompatible avec la fenêtre disponible.
04 · Guide
Filtration, colmatage et maintenance
Le colmatage peut être physique (sables, limons), chimique (précipitation carbonates, fer, manganèse) ou biologique (biofilm, algues). La réponse diffère : améliorer la filtration ne résout pas toujours une précipitation chimique ; injecter un traitement sans diagnostic peut endommager le réseau ou être incompatible avec les cultures et la réglementation. Les procédures d’acidification ou de désinfection doivent être validées par un professionnel compétent et respecter les produits autorisés et les règles de sécurité.
05 · Guide
Qualité physico-chimique de l’eau
Les lignes directrices FAO classent une ECw < 0,7 dS/m comme généralement sans restriction de salinité, 0,7 à 3 dS/m comme légère à modérée, et > 3 dS/m comme forte restriction potentielle ; elles donnent aussi une plage de pH usuelle 6,5-8,4 et un repère pour le bore <0,7 mg/L sans restriction générale. Ces seuils sont des guides internationaux anciens et génériques, pas des normes réglementaires françaises. Les légumes n’ont pas la même tolérance et la texture, le drainage, la pluie et le fractionnement modifient le risque.
06 · Guide
Qualité microbiologique et sécurité sanitaire
Le risque augmente lorsque l’eau est d’origine incertaine, lorsqu’elle peut recevoir des rejets ou des ruissellements, lorsque l’aspersion touche directement les organes consommés crus et lorsque l’irrigation est proche de la récolte. Le goutte-à-goutte limite le contact mais ne transforme pas une eau contaminée en eau sûre : aérosols, éclaboussures, fuites, manipulations et transfert vers le matériel restent possibles. L’analyse microbiologique doit être intégrée au plan d’hygiène selon le produit et le débouché.
| Repère | Valeur | Lecture |
|---|---|---|
| ECw | < 0,7 dS/m | Généralement sans restriction de salinité |
| ECw | 0,7 à 3 dS/m | Restriction légère à modérée |
| ECw | > 3 dS/m | Forte restriction potentielle |
| pH usuel | 6,5 à 8,4 | Plage usuelle |
| Bore | < 0,7 mg/L | Sans restriction générale |
Questions fréquentes
Pour aller à l’essentiel
Faut-il transformer le Kc directement en dose d’irrigation?
Non. L’ETc exprime une demande climatique théorique pour une culture standard non stressée. Il faut ensuite déduire la pluie efficace et les contributions du sol.
Le goutte-à-goutte rend-il une eau sûre?
Non. Le goutte-à-goutte limite le contact, mais ne transforme pas une eau contaminée en eau sûre.
Le colmatage se traite-t-il toujours par la filtration?
Non. Améliorer la filtration ne résout pas toujours une précipitation chimique. Un diagnostic est nécessaire avant tout traitement.





