Référence agronomique · France

Grandes cultures · Conduite de la féverole

Désherbage de la féverole

Le désherbage de la féverole commence par la flore présente, le cycle hiver ou printemps et la rotation. Les leviers agronomiques et mécaniques précèdent un éventuel choix de produit autorisé.

Mis à jour le 02/10/2026 Lecture 6 min
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Désherbage de la féverole — illustration documentaire (Grandes cultures, Conduite de la féverole)
Désherbage de la féverole · Photographie documentaire SILLOVA
Données datéesPrévisions distinguées des bilans
Contexte avant conseilRégion, sol, variété et débouché

Repères essentiels

Une lecture synthétique des informations à retenir avant d’entrer dans le détail.

Diagnostic

Identifier la flore

Observer les espèces et leur densité.

Rotation

Prévenir les levées

Diversifier les cultures et dates de semis.

Mécanique

Choisir la fenêtre

Adapter l’outil au stade et à l’état du sol.

Produit

Vérifier E-Phy

Les usages autorisés changent dans le temps.

01 · Référence

À retenir

La féverole est compétitive par rapport au pois, mais elle n’est pas auto-désherbante : les levées précoces, les graminées et le salissement de fin de cycle peuvent pénaliser rendement, récolte et propreté du lot.

En 2025, Terres Inovia affiche environ 112 300 ha de féverole en France, 25,7 q/ha de rendement moyen national et 288 290 t de production ; le désherbage reste donc un enjeu significatif de la filière protéagineuse.

Le principe directeur en conventionnel est d’anticiper : la prélevée offre le spectre antidicotylédones le plus large ; la post-levée seule laisse des trous, notamment sur gaillet et renouées.

La qualité du semis conditionne aussi la sélectivité : graines correctement enfouies, sol rappuyé, levée homogène et absence de motte excessive améliorent la sécurité des interventions de prélevée et mécaniques.

Les doses de prélevée doivent être adaptées au sol, notamment à la teneur en argile et en matière organique ; les sols filtrants augmentent le risque de phytotoxicité et de transfert.

02 · Référence

Définition : que recouvre le désherbage de la féverole?

Le désherbage de la féverole regroupe l’ensemble des moyens préventifs, agronomiques, mécaniques et phytopharmaceutiques destinés à maintenir les adventices à un niveau compatible avec l’implantation de Vicia faba, la conservation du potentiel de rendement, la récoltabilité et la propreté du lot. Le raisonnement doit être pluriannuel : la féverole est à la fois une culture à protéger et une opportunité de diversifier les leviers de lutte contre les adventices dans la rotation.

03 · Référence

Contexte français : hiver, printemps et calendrier de la culture

Terres Inovia distingue la féverole d’hiver, semée principalement en novembre-décembre et récoltée en juillet, de la féverole de printemps, semée entre janvier et mars et récoltée en août-septembre. Les deux formes partagent le même principe de désherbage intégré mais diffèrent fortement par météo d’intervention, pression hivernale, possibilités mécaniques et statut réglementaire de certains produits.

En pratique, la qualification réglementaire hiver/printemps peut dépendre de la date et de l’usage autorisé, et non seulement du génotype. Terres Inovia rappelle ce point dans ses recommandations 2025 sur les protéagineux d’hiver.

04 · Référence

Diagnostiquer la flore avant de choisir une stratégie

La décision ne commence pas au pulvérisateur : elle commence par l’historique de parcelle. Une stratégie efficace doit identifier espèces dominantes, fenêtres de levée, modes d’action utilisés dans les précédents, résistances connues, vivaces, bordures, zones hydromorphes et capacité de la parcelle à recevoir un outil mécanique.

05 · Référence

Prévention et leviers agronomiques à l’échelle de la rotation

Faux-semis : stimuler puis détruire les levées avant implantation lorsque le calendrier et l’humidité du sol le permettent.

Rotation : alterner dates de semis et familles de cultures pour casser les cycles de levée et diversifier les modes d’action disponibles.

Couvert avant féverole de printemps : peut limiter l’installation de certaines adventices et modifier les fenêtres de levée ; sa destruction doit toutefois laisser un lit de semences propre.

Préparation du sol : rechercher un lit régulier, rappuyé, sans mottes excessives ; la qualité d’implantation améliore concurrence de la culture et sécurité du désherbage.

Choix de l’écartement : un semoir monograine et un écartement large permettent le binage et, éventuellement, la pulvérisation localisée.

06 · Référence

Prélevée : le socle antidicotylédones en conventionnel

Terres Inovia recommande de privilégier un herbicide de prélevée adapté à la flore, car le spectre de post-levée est plus limité. L’application doit être proche du semis, de préférence sur sol frais ; les graines doivent être bien enterrées et le sol rappuyé. L’efficacité des produits racinaires dépend de l’humidité, tandis que leur sélectivité dépend notamment du recouvrement des graines, du sol et de la dose.

En cas de retard, Terres Inovia indique qu’une application de CHALLENGE 600 reste possible tant que la féverole germée n’est pas levée et reste recouverte par au moins 2 cm de terre. Cette information agronomique doit être subordonnée à l’AMM exacte du produit et à la situation réglementaire hiver/printemps.

07 · Référence

Instantané E-Phy au 23 août 2026 - principaux antidicotylédones

PROWL 400 mérite un traitement séparé : l’usage sur pois/féverole d’hiver a été retiré avec une fin d’utilisation au 28 septembre 2025 selon Terres Inovia. E-Phy 2026 maintient un usage « graines protéagineuses » à 3 L/ha jusqu’à BBCH 18 uniquement sur cultures de printemps de féverole, pois et lupin, avec ZNT eau 50 m et DVP 20 m.

Usages de PROWL 400 selon E-Phy au 23 août 2026
SituationRepère
Pois et féverole d’hiverUsage retiré ; fin d’utilisation au 28 septembre 2025 selon Terres Inovia
Féverole de printempsUsage « graines protéagineuses » à 3 L/ha jusqu’à BBCH 18, ZNT eau 50 m et DVP 20 m

08 · Référence

Post-levée antidicotylédones : un rattrapage, pas un filet de sécurité universel

Le post-levée doit être raisonné sur des adventices petites. Terres Inovia donne pour CORUM une plage pratique de 0,8 à 1,25 L/ha avec adjuvant adapté, en visant cotylédons à 2-3 feuilles ; au-delà, l’efficacité décline rapidement sur plusieurs espèces. L’AMM E-Phy fixe 1,25 L/ha, une application par cycle, et un positionnement BBCH 12-25 sur féverole/pois.

Terres Inovia décrit aussi un fractionnement possible de la dose totale de CORUM pour des levées échelonnées, sans dépasser la dose totale autorisée. Tout fractionnement doit rester conforme à l’AMM et à l’étiquette du produit utilisé.

Questions fréquentes

Pour aller à l’essentiel

Faut-il anticiper avec une prélevée en conventionnel?

Oui. Le principe directeur est d’anticiper : la prélevée offre le spectre antidicotylédones le plus large, alors que la post-levée seule laisse des trous, notamment sur gaillet et renouées.

Les doses de prélevée peuvent-elles être les mêmes partout?

Non. Elles doivent être adaptées au sol, notamment à la teneur en argile et en matière organique. Les sols filtrants augmentent le risque de phytotoxicité et de transfert.

La post-levée peut-elle rattraper de grosses adventices?

Pas toujours. Le post-levée doit être raisonné sur des adventices petites ; au-delà, l’efficacité décline rapidement sur plusieurs espèces.

Traçabilité

Sources utilisées

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