Référence agronomique · France

Grandes cultures · Conduite du maïs

Densité de semis du maïs

La densité de semis du maïs se calcule depuis un peuplement final visé, puis s’ajuste à la levée attendue, à la précocité et à la réserve en eau.

Mis à jour le 03/10/2026 Lecture 6 min
Commencer la lecture

Connectez-vous pour enregistrer cette ressource

Densité de semis du maïs — illustration documentaire (Grandes cultures, Conduite du maïs)
Densité de semis du maïs · Photographie documentaire SILLOVA
Données datéesPrévisions distinguées des bilans
Contexte avant conseilRégion, sol, variété et débouché

Repères essentiels

Quatre points pour orienter la lecture de cette fiche.

Cible

Peuplement final

Raisonner en plantes récoltées.

Calcul

Corriger la levée

Semer davantage que la cible finale.

Précocité

Comparer les groupes

Les besoins diffèrent selon l’hybride.

Milieu

Adapter à l’eau

Tenir compte du potentiel de parcelle.

01 · Référence

Définir le peuplement recherché

La densité de semis n’est pas un chiffre universel. En 2026, ARVALIS raisonne d’abord un peuplement cible à la récolte, puis remonte vers le nombre de graines à semer en intégrant la faculté germinative et les pertes de levée.

Le repère national/régional ARVALIS 2026 va d’environ 105 000 plantes/ha à la récolte pour les groupes très précoces S0/G0 à 80 000 plantes/ha pour G5-G6 ; les densités de semis correspondantes s’étendent approximativement de 110 000 à 87 000 graines/ha.

Dans les potentiels régulièrement élevés, ARVALIS propose de majorer le peuplement moyen d’environ 5 000 plantes/ha. À l’inverse, en contexte hydrique limitant, on peut abaisser la cible ; en forte probabilité de restriction en eau, le document 2026 cite une réduction de 10 à 15 %.

Les semences de maïs ont une faculté germinative généralement élevée, proche de 98 %, mais les pertes réelles entre semis et récolte peuvent atteindre 5 à 10 % en bonnes conditions et davantage en présence de cailloux, ravageurs, froid, dessèchement, croûte de battance ou désherbage mécanique agressif.

La précocité est déterminante : les hybrides précoces ont moins de feuilles et nécessitent davantage de plantes pour construire une surface foliaire capable d’intercepter le rayonnement. ARVALIS situe l’indice foliaire optimum autour de 5 et l’objectif d’interception à au moins 90 % du rayonnement.

02 · Référence

Définitions : densité semée, densité levée, peuplement final

Trois grandeurs doivent être séparées. La densité de semis est le nombre de graines déposées par hectare. La densité levée est le nombre de plantes vivantes après établissement. Le peuplement final est le nombre de plantes ou d’épis productifs encore présents à la récolte. Une même densité de semis peut donc produire des peuplements très différents selon la qualité du lit de semences, la température, l’humidité, les ravageurs ou la régularité du semoir.

03 · Référence

Pourquoi la densité agit directement sur le rendement

Le maïs compense moins qu’une céréale à paille : il talle peu et le nombre d’épis par plante reste généralement proche de un dans les conduites intensives. Le nombre de plantes établies devient donc la première composante du rendement. Une densité trop faible laisse du rayonnement inutilisé et réduit le nombre d’épis par surface. À l’inverse, une densité excessive augmente la compétition pour la lumière, l’eau et l’azote, réduit le rendement par plante et peut accroître la sensibilité à la verse ou au stress si l’hybride n’est pas adapté.

ARVALIS explique en 2026 que la gestion de densité vise un indice foliaire suffisant pour intercepter au moins 90 % du rayonnement, avec un indice foliaire optimum proche de 5. Les hybrides précoces produisent moins de feuilles ; ils ont donc besoin de davantage de plantes par hectare pour construire une surface foliaire efficace.

Les synthèses scientifiques internationales confirment ce compromis. Une méta-analyse de 253 études publiée en 2024 montre qu’une augmentation moyenne de densité accroît le rendement de population, mais diminue la biomasse et la production de grains par plante ; la réponse dépend de l’architecture, de l’azote et de l’eau. Une autre méta-analyse de 237 études montre des changements importants d’absorption et d’efficience de l’azote sous forte densité.

04 · Référence

Lire les repères de densité par précocité

Ces chiffres ne sont pas des maxima techniques. Ils représentent des cibles moyennes à adapter au potentiel du milieu, au groupe de précocité et au comportement propre de la variété. ARVALIS précise que les potentiels régulièrement élevés peuvent justifier +5 000 plantes/ha, tandis que des déficits hydriques fréquents peuvent justifier -5 000 plantes/ha.

05 · Référence

Du peuplement cible aux graines à semer

Le calcul doit intégrer un taux d’établissement réaliste et non la seule germination de laboratoire. Une faculté germinative de 98 % n’empêche pas des pertes au champ liées à la profondeur, au dessèchement, à la battance, au froid, aux taupins, corvidés, sangliers, géomyzes ou aux dégâts mécaniques. ARVALIS indique que 5 à 10 % de pertes sont courantes même dans de bonnes conditions.

Le taux de germination et les pertes de levée doivent être renseignés pour chaque parcelle avant de fixer la quantité de semences.

06 · Référence

Potentiel de la parcelle et disponibilité en eau

La densité optimale augmente avec le potentiel du milieu tant que l’eau, les nutriments et la tenue de tige permettent d’alimenter le peuplement. À l’inverse, en sols superficiels ou en situations pluviales régulièrement exposées à un déficit hydrique marqué, une densité trop élevée augmente la demande collective et peut réduire la sécurité du rendement. La réponse n’est toutefois pas linéaire : un sous-peuplement chronique pénalise aussi les années favorables.

Le document ARVALIS 2026 recommande de ne pas baisser automatiquement les densités en contexte incertain. Pour des scénarios de stress limité avec rendement potentiel supérieur à 100 q/ha, il conseille de maintenir l’optimum. Lorsque la probabilité de restriction en eau est forte, une réduction de 10 à 15 % est citée.

07 · Référence

Type de sol, cailloux et qualité du lit de semences

Le sol agit surtout par le taux d’établissement. Les terres caillouteuses provoquent davantage de graines mal positionnées ou non germées et peuvent accroître les pertes parasitaires. ARVALIS 2026 conseille 5 à 10 % de graines supplémentaires en terres à cailloux pour compenser ces pertes.

Repères de densité par groupe de précocité et par potentiel
SituationRepèreAjustement cité
Très précoce (S0 / G0)Environ 105 000 plantes/ha à la récolteEnviron 110 000 graines/ha à semer
G5 à G6Environ 80 000 plantes/ha à la récolteEnviron 87 000 graines/ha à semer
Potentiel régulièrement élevéMajorer le peuplement moyenEnviron +5 000 plantes/ha
Déficit hydrique fréquentAbaisser la cibleEnviron -5 000 plantes/ha
Forte probabilité de restriction en eauAbaisser la cibleRéduction de 10 à 15 %

Questions fréquentes

Pour aller à l’essentiel

Faut-il semer la densité du peuplement visé?

Non. Il faut semer davantage pour compenser les pertes : la faculté germinative est proche de 98 %, mais 5 à 10 % de pertes sont courantes, même dans de bonnes conditions.

La précocité change-t-elle la densité à viser?

Oui. Les hybrides précoces produisent moins de feuilles ; ils ont donc besoin de davantage de plantes par hectare pour construire une surface foliaire efficace.

Faut-il réduire la densité en année incertaine?

Pas automatiquement. Une réduction de 10 à 15 % n’est citée que lorsque la probabilité de restriction en eau est forte.

Traçabilité

Sources utilisées

Les principales références utilisées pour vérifier les repères de cette page.