Référence agronomique · France

Viticulture · Vigne, cépages et conduite

Ugni blanc

Vitis vinifera L. · Ugni blanc

L’Ugni blanc est un cépage blanc de cuve originaire d’Italie centrale, devenu central dans le vignoble du Cognac. Son potentiel de rendement, son acidité et sa maturité tardive expliquent son intérêt pour les vins destinés à la distillation. Les choix de conduite restent liés au sol, au rendement recherché et aux règles applicables à chaque production.

Mis à jour le 02/10/2026 Lecture 8 min
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Ugni blanc — illustration documentaire (Viticulture, Vigne, cépages et conduite)
Ugni blanc · Photo : pancrat · CC BY
Données datéesPrévisions distinguées des bilans
Contexte avant conseilRégion, sol, variété et débouché

Repères essentiels

Une lecture synthétique des informations à retenir avant d’entrer dans le détail.

Origine

Italie centrale

Profil

Cépage blanc de cuve

Conduite

Suivre rendement et acidité

Usage

Base majeure des vins de distillation du Cognac

01 · Référence

Synthèse exécutive

Son identité agronomique est marquée par une vigueur très forte, une grande plasticité vis-à-vis des systèmes de conduite et de taille, une maturité tardive et une productivité élevée. PlantGrape recommande le palissage car la variété peut être sensible au vent. Le débourrement intervient environ neuf jours après Chasselas et la maturité se situe en deuxième époque, environ trois semaines et demie à quatre semaines après Chasselas.

Cette combinaison - maturité tardive, potentiel de rendement élevé, sucres modérés et acidité importante - explique la remarquable adéquation de l’Ugni blanc au Cognac. Le cahier des charges 2026 du Cognac rappelle que des vins peu alcoolisés et acides sont recherchés : l’acidité facilite leur conservation naturelle jusqu’à la distillation et le faible degré permet une concentration plus favorable des arômes lors de la double distillation.

02 · Référence

Nomenclature, synonymes et statut réglementaire

Dans l’Union européenne, l’Ugni blanc est officiellement désigné sous plusieurs noms selon les pays : Biancame en Italie, Talia au Portugal, Trebbiano à Chypre et Malte, et Trebbiano toscano à Chypre, en Italie et à Malte. PlantGrape précise que ces synonymes sont officiellement reconnus en France pour le matériel végétal de multiplication.

Le Catalogue national FranceAgriMer de décembre 2024 confirme l’entrée « Ugni blanc », la couleur blanche, les synonymes utilisables et l’IFV comme responsable du maintien en sélection conservatrice. Le même document distingue les synonymes réglementaires des nombreux noms historiques que l’on peut rencontrer dans la littérature internationale.

03 · Référence

Origine, histoire et diffusion

La référence française PlantGrape attribue à l’Ugni blanc une origine italienne, en Toscane, sous le nom Trebbiano toscano. Cette origine est cohérente avec la littérature génétique moderne qui replace Trebbiano toscano dans les grands réseaux de parenté des cépages italiens.

L’histoire française du cépage est indissociable des vignobles de distillation. Dans les Charentes, le phylloxéra détruit la majeure partie du vignoble à la fin du XIXe siècle. La reconstitution sur porte-greffes américains fragilise certains cépages traditionnels, notamment la Folle Blanche et le Colombard. Les travaux de la Station Viticole contribuent alors à l’essor de l’Ugni blanc, qui devient très majoritaire vers le milieu du XXe siècle.

Le cahier des charges Cognac 2026 explique ce choix par sa meilleure adaptation au contexte post-greffage, sa productivité, sa forte acidité et sa faible richesse en sucres. Il mentionne un ordre de grandeur historique d’environ 120 à 130 hl volume/ha pour illustrer sa productivité dans le lien au terroir ; ce chiffre explicatif ne doit pas être confondu avec le rendement annuel autorisé, fixé chaque campagne dans une limite réglementaire spécifique.

04 · Référence

Parenté et génétique

PlantGrape fournit le profil SSR de référence de l’Ugni blanc pour neuf microsatellites. Ce profil sert à l’identification variétale et à la gestion des collections. Les tailles absolues d’allèles peuvent varier légèrement selon les laboratoires, mais les écarts relatifs et la combinaison globale constituent une signature génétique.

Plantgrape identifie l’Ugni blanc avec le Trebbiano toscano. Les noms historiques et les synonymes officiels doivent être distingués de l’identité génétique de la variété. Le profil SSR publié sert à comparer le matériel végétal, sans prédire directement le rendement ou l’acidité.

05 · Référence

Surfaces françaises et dynamique historique

PlantGrape publie une série nationale issue successivement des fichiers fonciers viticoles, recensements agricoles et casier viticole informatisé. Elle permet de suivre la dynamique du cépage sur six décennies sans prétendre fournir une valeur annuelle continue.

La surface publiée double quasiment entre 1958 et 1979, passant de 62 399 à 127 468 ha. Le recul qui suit ramène la surface à 83 182 ha en 2008, puis la série remonte à 87 039 ha en 2018. Calcul à partir de la série Plantgrape : +104,3 % sur 1958-1979, -31,7 % sur 1979-2018 et +4,6 % sur 2008-2018.

Surface française de l’Ugni blanc selon la série nationale PlantGrape
AnnéeSurface (ha)
195862 399
1979127 468
200883 182
201887 039

06 · Référence

Ampélographie complète

L’identification ampélographique de l’Ugni blanc repose sur une combinaison de caractères végétatifs et fructifères. PlantGrape décrit l’extrémité du jeune rameau avec une très forte densité de poils couchés, des jeunes feuilles jaunes et des rameaux dont les nœuds sont peu marqués ou aplatis.

Les feuilles adultes sont grandes, vert clair et hétérogènes. Elles peuvent être entières ou comporter trois à cinq lobes. Le sinus pétiolaire est légèrement ouvert ou à lobes chevauchants. Les dents sont moyennes à longues, à côtés droits ou convexes. Les nervures ne montrent pas de pigmentation anthocyanique notable. Le limbe est tourmenté, involuté sur les bords, légèrement gaufré et bullé. La face inférieure présente une densité moyenne de poils couchés.

07 · Référence

Phénologie et précocité

PlantGrape exprime les dates par rapport au Chasselas, référence commune des collections françaises. Pour l’Ugni blanc, le débourrement est observé environ neuf jours après le Chasselas. Cette relative tardiveté de débourrement peut réduire l’exposition à certains épisodes de gel printanier par rapport à des cépages plus précoces, sans constituer une « résistance au gel ».

La maturité est classée en deuxième époque, environ trois semaines et demie à quatre semaines après Chasselas. Dans le Cognac, le cahier des charges souligne que le cépage se situe à sa limite septentrionale historique de maturité : c’est précisément cette maturité tardive qui a longtemps permis d’obtenir des raisins peu sucrés et acides.

08 · Référence

Vigueur, port, fertilité et rendement

L’Ugni blanc est qualifié de très vigoureux par PlantGrape. Cette vigueur explique sa capacité d’adaptation à des conditions culturales variées mais impose un pilotage attentif de la surface foliaire, de la charge en bourgeons et de la fertilité azotée.

La productivité élevée est un élément constitutif de son intérêt pour les eaux-de-vie. Le cahier des charges Cognac explique que des rendements trop faibles tendent à produire des vins plus alcoolisés, moins acides et plus pauvres en azote. À l’inverse, augmenter le rendement tend à réduire le degré alcoolique et à augmenter l’acidité, jusqu’à un point où une production excessive peut dégrader d’autres paramètres de qualité, notamment la maturité aromatique, la proportion de malate ou le risque de Botrytis.

09 · Référence

Architecture de la plante et sensibilité au vent

PlantGrape recommande de palisser l’Ugni blanc car le cépage se montre un peu sensible au vent. La combinaison vigueur forte, longs rameaux et grandes grappes peut accroître les contraintes mécaniques, surtout dans des parcelles exposées.

Le palissage remplit plusieurs fonctions : soutenir les rameaux, répartir la végétation, faciliter la mécanisation, améliorer l’exposition des feuilles, réduire les entrelacements et limiter les frottements ou cassures. La hauteur et la densité de feuillage doivent cependant rester cohérentes avec la réserve hydrique du sol : un mur végétal surdimensionné accroît la demande évaporative.

10 · Référence

Matériel végétal et clones certifiés

Douze clones certifiés sont recensés par PlantGrape : 384, 478, 479, 480, 481, 482, 483, 484, 485, 486, 638 et 1375. Les onze clones historiques ont été agréés entre 1975 et 1979 ; le clone 1375 a été agréé en 2022 à partir d’une sélection BNIC-IFV en Charente.

Les surfaces de vignes-mères de multiplication illustrent la disponibilité relative du matériel, pas la surface plantée en vignoble. Dans la fiche consultée, le clone 479 domine fortement avec 26,36 ha de multiplication ; l’ensemble des onze clones historiques totalise environ 69,1 ha. Le clone 1375, récent, ne dispose pas de surface de multiplication affichée dans la source consultée.

Questions fréquentes

Pour aller à l’essentiel

Quel est le profil de l’Ugni blanc?

PlantGrape décrit une vigueur très forte, une grande plasticité aux systèmes de conduite, une maturité tardive et une productivité élevée. Le cépage est recommandé en palissage car il est un peu sensible au vent.

Pourquoi l’Ugni blanc est-il adapté au Cognac?

Sa maturité tardive, son potentiel de rendement élevé, ses sucres modérés et son acidité importante correspondent aux vins peu alcoolisés et acides recherchés pour la distillation, selon le cahier des charges Cognac 2026.

Quels synonymes l’Ugni blanc porte-t-il en Europe?

Il est désigné Biancame en Italie, Talia au Portugal et Trebbiano à Chypre et à Malte. PlantGrape précise que ces synonymes sont officiellement reconnus en France pour le matériel végétal de multiplication.

Traçabilité

Sources utilisées

Les principales références utilisées pour vérifier les repères de cette page.

  1. PlantGrape

    Ugni blanc — fiche variété Plantgrape

    Date non précisée

  2. Ministère de l’Agriculture / INAO

    Cognac — cahier des charges

    2026