01 · Référence
Résumé exécutif
Le terme « trèfle » recouvre plusieurs légumineuses du genre Trifolium dont le comportement en couvert est très différent. Le trèfle d’Alexandrie est annuel et généralement gélif ; l’incarnat est annuel mais hivernant ; les trèfles violet et blanc peuvent devenir des couverts pérennes ou semi-permanents ; les trèfles de Perse, de Micheli, souterrain, squarrosum ou vésiculé élargissent encore le choix. La conséquence opérationnelle est simple : il n’existe pas une dose, une date de semis ou une stratégie de destruction valable pour « le trèfle » en général. [ARV-01; ARV-02; ARV-03; ARV-04; ARV-05]
L’intérêt majeur du groupe est la fixation symbiotique de l’azote atmosphérique. Les légumineuses bien développées ont des tissus riches en azote et un rapport C/N bas ; après destruction, une part de cet azote devient disponible pour la culture suivante. Dans la synthèse ARVALIS-CREAS de 12 essais, les couverts de légumineuses pures ont fourni en moyenne 44 kg N/ha d’effet fertilisant, contre 31 kg N/ha pour les mélanges avec non-légumineuses et 2 kg N/ha pour les non-légumineuses ; les écarts entre essais sont toutefois très importants. La méthode MERCI doit donc remplacer les « unités d’azote forfaitaires » par une mesure de biomasse et une estimation contextualisée. [ARV-06; MERCI-01]
Le trèfle n’est cependant pas le meilleur piège à nitrate universel. Une légumineuse peut couvrir lentement, surtout si elle est semée tard, et fixe de l’azote de l’air alors qu’une graminée ou une crucifère valorise plus directement l’azote minéral du sol. Pour une interculture longue avec objectif double « nitrate + restitution », les mélanges associant trèfle et espèce non légumineuse sont souvent plus robustes. Les essais montrent aussi que la date d’implantation commande une grande partie du résultat : plus le semis est tardif, plus la biomasse et l’azote accumulé chutent. [CA-01; SCI-02; ARV-06]
• Semer tôt : les petits trèfles perdent vite du potentiel lorsqu’ils sont implantés tard après moisson ; le trèfle d’Alexandrie doit idéalement partir dès la récolte. [ARV-02; CA-01]
02 · Référence
Définition, botanique et architecture du groupe
Les trèfles appartiennent aux Fabaceae. Leur intérêt agronomique vient de la symbiose racinaire avec des bactéries rhizobiennes capables de fixer l’azote atmosphérique. Les espèces annuelles d’interculture et les espèces pérennes ne doivent pas être confondues : les premières visent une production rapide de biomasse entre deux cultures ; les secondes peuvent être installées sous une culture et persister plusieurs années. [INRAE-01; SCI-01]
Repères et doses ci-dessus : ordres de grandeur issus des fiches ARVALIS et de mélanges référencés ; toujours recalculer selon PMG, faculté germinative, date, mode de semis et proportion recherchée. [ARV-01 à ARV-05; ARV-MIX-01]
03 · Référence
Fixation symbiotique : d’où vient l’azote ?
Les nodosités fonctionnelles abritent des bactéries capables de convertir N₂ atmosphérique en formes assimilables par la plante. Une synthèse européenne de 860 observations sur légumineuses a trouvé pour les trèfles la médiane la plus élevée de part d’azote dérivée de l’atmosphère (%Ndfa), autour de 86 %, avec une forte variabilité liée au sol, à l’espèce et au contexte. Ce chiffre décrit une population d’études et ne doit pas être utilisé comme coefficient automatique à la parcelle. [SCI-01]
La fixation dépend de la présence du symbiote adéquat, de l’état hydrique, du pH, de la nutrition minérale et de la quantité de nitrate disponible. Un couvert chétif ne fixe pas « beaucoup d’azote » simplement parce qu’il est une légumineuse : sans biomasse, la quantité totale d’azote fixée reste faible. Dans les mélanges graminée-trèfle, la graminée consomme l’azote minéral du sol et peut accroître la part relative de fixation atmosphérique de la légumineuse. [SCI-03; ARV-06]
04 · Référence
Biomasse, azote accumulé et effet fertilisant
La meilleure synthèse française disponible pour raisonner l’ordre de grandeur est celle d’ARVALIS-CREAS. Elle montre que les légumineuses pures produisent en moyenne moins de biomasse que les mélanges mais contiennent davantage d’azote par tonne de matière sèche. L’effet fertilisant moyen est élevé mais très variable, ce qui justifie une mesure à la parcelle. [ARV-06]
Source : synthèse de 12 essais ARVALIS-CREAS (1991 puis 2006-2011), remise en perspective par ARVALIS en 2025-2026. [ARV-06; ARV-10]
05 · Référence
MERCI : mesurer au lieu de deviner
MERCI Méthode d’Estimation des Restitutions par les Cultures Intermédiaires part d’une pesée de biomasse fraîche par espèce sur une surface connue Le modèle estime la matière sèche et les quantités de N P K S et Mg contenues puis une part potentiellement restituée selon l’espèce…
06 · Référence
Rapport C/N et synchronisation de la restitution
Les résidus de légumineuses ont souvent un C N faible Les simulations STICS utilisées par MERCI indiquent qu’avec un C N proche de 12 5 environ 45 de l’azote des résidus peuvent être minéralisés au cours de l’année suivant incorporation dans un climat français moyen…
07 · Référence
Aphanomyces : le filtre sanitaire incontournable
Aphanomyces euteiches est un pathogène tellurique majeur des légumineuses particulièrement du pois Le comportement des trèfles est très variable selon espèce et variété Les évaluations Terres Inovia publiées en 2025 montrent un grand nombre de variétés résistantes chez les trèfles d’Alexandrie incarnat violet et blanc…
08 · Référence
Autres risques sanitaires et agronomiques
• Sclerotinia : un couvert de légumineuses peut entretenir des hôtes dans certaines rotations sensibles ; intégrer le risque à l’échelle de la rotation, pas seulement de l’interculture.
| Espèce | Cycle / port | Repère semis pur ARVALIS | Atout dominant | Limite majeure |
|---|---|---|---|---|
| Trèfle d’Alexandrie (T. alexandrinum) | Annuel, souvent gélif ; pivotant | ≈15 kg/ha ; PMG ≈3 g | Installation rapide si semé tôt ; azote ; mellifère ; très intéressant en mélange ou colza associé | Décevant si semé tard ; comportement au gel différent mono/multicoupe |
| Trèfle incarnat (T. incarnatum) | Annuel hivernant ; pivotant | ≈15 kg/ha ; PMG ≈4 g | Bonne biomasse et fixation au printemps ; coût/N souvent favorable | Peu gélif ; destruction mécanique plus exigeante |
| Trèfle violet (T. pratense) | Pérenne/hivernant ; pivotant | ≈5 kg/ha comme couvert permanent ; PMG ≈2,1 g | Sous-semis, production d’azote, couvert pluriannuel | Concurrence possible ; Aphanomyces selon variété |
| Trèfle blanc (T. repens) | Pérenne, stolonifère ; racines superficielles denses | ≈3-5 kg/ha selon objectif ; PMG ≈0,8 g | Couvert bas, durable, compatible sous cultures si régulé | Installation lente ; compétition hydrique/racinaire ; difficile à tuer |
| Trèfle de Perse (T. resupinatum) | Annuel ; croissance rapide en conditions favorables | Souvent 1-7 kg/ha en mélange selon recette | Azote + biomasse ; composant de mélanges hivernants/estivaux | Réaction au froid et à l’eau variable ; choisir la variété |
| Trèfle de Micheli / balansa (T. michelianum) | Annuel, petite graine | Souvent 1-3 kg/ha en mélanges | Diversification, azote, très petite graine | Risque de dominance faible si implantation tardive |
Questions fréquentes
Pour aller à l’essentiel
Que faut-il retenir sur résumé exécutif ?
Le terme trèfle recouvre plusieurs légumineuses du genre Trifolium dont le comportement en couvert est très différent Le trèfle d’Alexandrie est annuel et généralement gélif l’incarnat est annuel mais hivernant les trèfles violet et blanc peuvent devenir des couverts pérennes ou semi-permanents les trèfles de Perse de Micheli souterrain squarrosum ou vésiculé élargissent encore le choix La conséquence opérationnelle est simple il n’existe pas une dose une date de semis ou une stratégie de destruction valable pour le trèfle en général ARV-01 ARV-02 ARV-03 ARV-04 ARV-05 L’intérêt majeur du groupe… [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur définition, botanique et architecture du groupe ?
Les trèfles appartiennent aux Fabaceae Leur intérêt agronomique vient de la symbiose racinaire avec des bactéries rhizobiennes capables de fixer l’azote atmosphérique Les espèces annuelles d’interculture et les espèces pérennes ne doivent pas être confondues les premières visent une production rapide de biomasse entre deux cultures les secondes peuvent être installées sous une culture et persister plusieurs années INRAE-01 SCI-01 Repères et doses ci-dessus ordres de grandeur issus des fiches ARVALIS et de mélanges référencés toujours recalculer selon PMG faculté germinative date mode de semis et proportion recherchée ARV-01 à… [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur fixation symbiotique : d’où vient l’azote ? ?
Les nodosités fonctionnelles abritent des bactéries capables de convertir N₂ atmosphérique en formes assimilables par la plante Une synthèse européenne de 860 observations sur légumineuses a trouvé pour les trèfles la médiane la plus élevée de part d’azote dérivée de l’atmosphère Ndfa autour de 86 avec une forte variabilité liée au sol à l’espèce et au contexte Ce chiffre décrit une population d’études et ne doit pas être utilisé comme coefficient automatique à la parcelle SCI-01 La fixation dépend de la présence du symbiote adéquat de l’état hydrique du pH… [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur biomasse, azote accumulé et effet fertilisant ?
La meilleure synthèse française disponible pour raisonner l’ordre de grandeur est celle d’ARVALIS-CREAS. Elle montre que les légumineuses pures produisent en moyenne moins de biomasse que les mélanges mais contiennent davantage d’azote par tonne de matière sèche. L’effet fertilisant moyen est élevé mais très variable, ce qui justifie une mesure à la parcelle. [ARV-06] Source : synthèse de 12 essais ARVALIS-CREAS (1991 puis 2006-2011), remise en perspective par ARVALIS en 2025-2026. [ARV-06; ARV-10] [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur merci : mesurer au lieu de deviner ?
MERCI Méthode d’Estimation des Restitutions par les Cultures Intermédiaires part d’une pesée de biomasse fraîche par espèce sur une surface connue Le modèle estime la matière sèche et les quantités de N P K S et Mg contenues puis une part potentiellement restituée selon l’espèce la date de destruction et le contexte climatique La version modernisée s’appuie sur plus de 12 000 références issues de 1 207 essais compilés et sur des simulations STICS MERCI-01 MERCI-02 Peser séparément les espèces d’un mélange la proportion réelle peut être très différente de… [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur rapport c/n et synchronisation de la restitution ?
Les résidus de légumineuses ont souvent un C/N faible. Les simulations STICS utilisées par MERCI indiquent qu’avec un C/N proche de 12,5, environ 45 % de l’azote des résidus peuvent être minéralisés au cours de l’année suivant incorporation dans un climat français « moyen » ; à C/N plus élevé, la proportion diminue et l’organisation microbienne peut immobiliser temporairement l’azote. [ARV-06; MERCI-01] [S01][S02][S03]





