01 · Référence
À retenir
Le sarrasin commun (Fagopyrum esculentum Moench), appelé aussi blé noir, est une Polygonacée annuelle et non une céréale au sens botanique. En couvert, il est recherché pour sa vitesse d’installation estivale, sa capacité à fermer rapidement l’interrang, son enracinement pivotant, sa floraison très précoce et son intérêt pour les pollinisateurs. ARVALIS le classe comme espèce gélive, avec une dose repère de 40 kg/ha en pur pour un PMG de 21,5 g, soit environ 190 graines/m².
Le sarrasin doit être considéré comme un couvert de fenêtre courte à moyenne, surtout pertinent lorsqu’il peut être implanté immédiatement après une récolte précoce. Terres Inovia le classe parmi les espèces adaptées aux semis précoces et aux intercultures estivales : il exige chaleur et lumière, démarre vite et peut produire rapidement une couverture compétitive. À l’inverse, un semis trop tardif réduit fortement sa biomasse et son intérêt comme piège à nitrate.
Le point de vigilance majeur est la grenaison. ARVALIS déconseille fortement le sarrasin avant de nombreuses cultures de printemps - pois, soja, féverole, betterave, pomme de terre, tournesol, lin, chanvre, etc. - parce que les repousses peuvent être difficiles à désherber et parce que les levées peuvent être échelonnées. Le sarrasin doit donc être détruit avant production de graines viables lorsque l’objectif est un CINE.
Sur l’azote, le sarrasin n’est pas une légumineuse : il ne fixe pas N₂. Il peut absorber l’azote minéral du sol et limiter la lixiviation s’il est semé assez tôt et produit de la biomasse. Mais les résidus âgés de sarrasin peuvent dépasser un rapport C/N de 20 ; les synthèses ARVALIS indiquent alors une restitution rapide limitée, de l’ordre de 20 % de l’azote contenu, avec risque temporaire d’organisation nette et de « faim d’azote » pour la culture suivante.
Sur le phosphore, le sarrasin possède une capacité documentée à mobiliser certains pools peu disponibles, notamment par acidification de la rhizosphère. Des essais scientifiques ont observé une absorption de P supérieure à celle du blé dans certains sols et une augmentation des formes disponibles après sarrasin. Il ne faut toutefois pas convertir ces résultats en « crédit phosphore » automatique : la réponse dépend du sol et du mode de restitution des résidus.
02 · Référence
Définition, botanique et place du sarrasin parmi les couverts
Le sarrasin appartient aux Polygonaceae, comme les renouées et les rumex. Son grain est utilisé comme pseudo-céréale, mais l’espèce est dicotylédone. Cette singularité botanique est utile en interculture : elle diversifie les familles présentes dans une rotation dominée par Poaceae, Brassicaceae ou Fabaceae. Sa croissance aérienne est rapide, son port ramifié forme un couvert feuillu et son système racinaire est décrit comme pivotant dans les fiches ARVALIS.
03 · Référence
Dans quelles situations le sarrasin est-il vraiment pertinent?
Le meilleur scénario est une récolte précoce suivie d’une interculture suffisamment longue pour produire de la biomasse avant les premiers froids. Une orge d’hiver, un pois d’hiver ou certaines céréales récoltées tôt laissent une fenêtre favorable. Le sarrasin peut également être utilisé en culture dérobée récoltée, mais cet usage change la logique : on quitte le simple CINE pour entrer dans une production exportée ou une seconde culture.
04 · Référence
Écophysiologie : chaleur, eau et vitesse d’installation
Les travaux INRA/GEVES de Tribouillois et al. ont caractérisé la germination d’un large ensemble d’espèces de couverts sous différents régimes de température et de potentiel hydrique. Le message pratique est que les espèces se distinguent fortement par leur réponse à la chaleur et au déficit hydrique du lit de semences. ARVALIS s’appuie sur ces références pour classer le sarrasin comme relativement tolérant à une large plage thermique et à une humidité limitée, tout en soulignant que le semis estival reste dépendant d’une levée rapide.
Les essais récents ARVALIS/Terres Inovia sur les techniques de semis montrent qu’aucune technique ne compense systématiquement un mauvais contexte hydrique : lorsque la pluie arrive après semis, plusieurs techniques fonctionnent ; lorsque l’eau manque, le placement de la graine et la conservation de l’humidité deviennent déterminants. Le nombre de jours secs consécutifs après semis est un facteur majeur de durée d’émergence.
05 · Référence
Date de semis : le facteur n°1
ARVALIS précise que le sarrasin doit « absolument » être implanté en début d’été pour obtenir un bon développement végétatif. Terres Inovia le classe parmi les espèces adaptées aux implantations précoces après moisson. Dans les guides de Chambres d’agriculture, il figure généralement dans les fenêtres de juillet à fin août, mais il devient peu pertinent lorsque le semis dérive vers septembre.
06 · Référence
Dose de semis, PMG et calcul en graines/m²
La référence ARVALIS en pur est de 40 kg/ha pour un PMG de 21,5 g, avec un objectif de 190 graines/m². La dose doit être recalculée si le PMG diffère. La formule utile est : dose (kg/ha) = graines/m² × PMG (g) / 100. Avec 190 graines/m² et un PMG de 21,5 g, on obtient 40,85 kg/ha, cohérent avec le repère de 40 kg/ha.
Si l’objectif exprimé est un nombre de plantes levées, ajouter la correction pour faculté germinative et taux de levée attendu. Exemple : pour viser 170 plantes/m² avec une germination de 90 % et une levée au champ estimée à 85 %, il faut semer environ 222 graines/m² ; à PMG 21,5 g, cela représente environ 47,7 kg/ha. Ce calcul est un exemple pédagogique, pas une dose universelle.
| Repère | Valeur |
|---|---|
| Dose en pur, référence ARVALIS | 40 kg/ha |
| PMG de référence | 21,5 g |
| Objectif de graines | 190 graines/m² |
| Dose recalculée à ce PMG | Environ 40,85 kg/ha |
07 · Référence
Profondeur de semis : une divergence de références à contextualiser
Les sources françaises ne donnent pas exactement le même chiffre. La fiche ITAB/Ecophytopic propose 2 à 3 cm avec un lit fin, tandis que la fiche ARVALIS localisée en Vendée indique une profondeur optimale de 5 cm et conseille d’éviter un semis plus superficiel en conditions sèches. Cette différence ne doit pas être masquée : elle traduit des contextes et protocoles distincts.
Questions fréquentes
Pour aller à l’essentiel
Le sarrasin fixe-t-il l’azote comme une légumineuse?
Non. Le sarrasin n’est pas une légumineuse et ne fixe pas N₂. Il peut toutefois absorber l’azote minéral du sol s’il est semé assez tôt et produit de la biomasse.
Quelle dose de semis retenir en pur?
La référence ARVALIS est de 40 kg/ha pour un PMG de 21,5 g, soit un objectif de 190 graines/m². La dose doit être recalculée si le PMG diffère.
Peut-on semer du sarrasin avant une culture de printemps?
ARVALIS le déconseille fortement avant de nombreuses cultures de printemps, car les repousses peuvent être difficiles à désherber et les levées échelonnées.





