Référence agronomique · France

Grandes cultures · Conduite de la pomme de terre

Stades de la pomme de terre

Les stades de la pomme de terre se lisent sur la plante et sur les tubercules. Levée, croissance du feuillage, tubérisation et maturité de peau ne progressent pas toujours ensemble.

Mis à jour le 03/10/2026 Lecture 6 min
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Stades de la pomme de terre — illustration documentaire (Grandes cultures, Conduite de la pomme de terre)
Stades de la pomme de terre · Photographie documentaire SILLOVA
Données datéesPrévisions distinguées des bilans
Contexte avant conseilRégion, sol, variété et débouché

Repères essentiels

Quatre points pour guider la lecture.

Levée

Observer les plants

Couvert

Suivre les rangs

Tubercules

Mesurer le calibre

Maturité

Tester la peau

01 · Référence

Définir correctement « le stade » d’une pomme de terre

Le mot « stade » est souvent utilisé pour des réalités différentes: âge du plant, date depuis plantation, degré de couverture du sol, floraison, développement des tubercules, état de sénescence ou maturité de peau. Pour éviter les erreurs de conduite, il faut séparer quatre notions: la phénologie (succession d’événements), la croissance (accumulation de biomasse), la maturité physiologique du couvert et la maturité physique/commerciale des tubercules.

La pomme de terre issue d’un tubercule-semence forme plusieurs tiges principales, des ramifications basales et sympodiales, un système racinaire relativement superficiel, des stolons et des tubercules. Les tiges peuvent terminer leur croissance par une inflorescence puis relayer leur développement par des ramifications. Sous terre, les stolons peuvent se ramifier, initier plusieurs sites tubérisants puis n’en conserver qu’une fraction en croissance active. Cette architecture explique pourquoi floraison, croissance du couvert et tubérisation ne sont pas strictement synchrones.

Pour la conduite, il est donc pertinent de tenir deux chronologies en parallèle: une chronologie aérienne (levée → feuilles → couverture → floraison → sénescence) et une chronologie souterraine (stolons → initiation → nombre de tubercules → grossissement → détachement → peau fixée).

02 · Référence

L’échelle BBCH de la pomme de terre : architecture complète

La BBCH est une échelle décimale harmonisée. Le premier chiffre identifie le stade principal, le second un sous-stade. Pour la pomme de terre, des codes à trois chiffres décrivent plus finement les ramifications et les inflorescences successives. EPPO recommande l’usage de la BBCH pour harmoniser les essais et les descriptions en protection des plantes.

Source de la table: protocole CPVO/UPOV fondé sur Meier et al. (1997). La table est reformulée pour l’usage terrain; les codes à trois chiffres sont conservés lorsque utiles.

03 · Référence

Avant la plantation : âge physiologique, dormance et potentiel de développement

Le cycle visible au champ est préparé plusieurs mois auparavant. Le tubercule-semence sort de dormance, passe d’une dominance apicale à une germination multiple, puis peut atteindre des stades de vieillissement avec germes ramifiés, filiformes ou même tubérisation en stockage. L’INRAE/Ephytia décrit classiquement trois phases de germination après dormance: dominance apicale, germination multiple vigoureuse puis germination ralentie et sénile.

L’âge physiologique est irréversible mais sa vitesse dépend de la variété, de la température subie pendant la production et le stockage, du stress et de la durée.

04 · Référence

De la plantation à la levée : BBCH 00-09

Entre plantation et émergence, le tubercule-mère fournit une part majeure de l’énergie nécessaire aux germes. Les tiges s’allongent sous terre, développent des racines et se dirigent vers la surface. La durée dépend de la température du sol, de la longueur du germe, de l’âge physiologique, de la profondeur de plantation, de l’état structural de la butte et du stress. Les modèles de développement montrent que la réponse à la température n’est pas linéaire sur toute la gamme thermique.

Dans le suivi ARVALIS, une plante est « levée » lorsqu’elle possède au moins une tige à trois feuilles et la parcelle atteint le stade quand 50 % des plantes répondent à cette définition. Ce repère facilite la comparaison entre parcelles et peut servir d’origine au calcul de « jours après levée » pour certains suivis.

05 · Référence

Développement foliaire et tiges : BBCH 10-29

Après émergence, les feuilles deviennent rapidement autonomes par photosynthèse tandis que le tubercule-mère continue quelque temps à influencer la plante. Les ramifications basales et le nombre de tiges structurent la surface foliaire future et le nombre de sites potentiels de stolons. Le lien n’est toutefois pas mécanique: plus de tiges ne signifie pas automatiquement plus de rendement, car le nombre de tubercules, leur compétition et la durée du couvert interviennent.

06 · Référence

Fermeture des rangs : BBCH 31-39

La fermeture des rangs est un stade de couvert et non un stade tuberculaire. La BBCH l’exprime par la proportion de plantes qui se rejoignent entre les rangs: 10 % à BBCH 31, 50 % à BBCH 35 et environ 90 % à BBCH 39. ARVALIS décrit la fermeture lorsque, vue de dessus, la terre n’est plus visible sous le feuillage.

Ce stade est agronomiquement important car il correspond généralement à une forte interception de la lumière, à une demande en eau importante et à une réduction progressive de la lumière disponible pour les adventices. La période de concurrence des adventices est particulièrement critique entre levée et fermeture des rangs.

Proportion de plantes qui se rejoignent entre les rangs selon la BBCH.
Code BBCHProportion de plantes qui se rejoignent
BBCH 3110 %
BBCH 3550 %
BBCH 39environ 90 %

07 · Référence

Initiation de tubérisation : BBCH 40, le stade souterrain clé

La tubérisation correspond au basculement d’une extrémité de stolon d’un programme d’allongement vers un programme de grossissement et de stockage. Le code BBCH 40 est défini par le gonflement de l’extrémité du premier stolon jusqu’à environ deux fois le diamètre du stolon qui le porte.

La formation des tubercules est favorisée par des conditions induisant la tubérisation: photopériode plus courte, températures plutôt fraîches et nuits favorables. Des températures élevées et des jours longs favorisent davantage la croissance végétative et peuvent retarder ou interrompre la tubérisation selon le génotype. La régulation met en jeu des signaux produits dans les feuilles, des gibberellines et d’autres réseaux hormonaux et moléculaires.

08 · Référence

Grossissement des tubercules

Après initiation, observer la taille et le nombre de tubercules sur plusieurs pieds représentatifs. Le grossissement dépend de la disponibilité en eau, de la durée de vie du feuillage et de la variété. Un couvert vert ne garantit pas à lui seul le calibre recherché ; prélever des tubercules pour mesurer leur évolution.

Questions fréquentes

Pour aller à l’essentiel

Que désigne le « stade » d’une pomme de terre?

Le mot recouvre l’âge du plant, la couverture du sol, la floraison, le développement des tubercules ou la maturité de peau. La chronologie aérienne et la chronologie souterraine ne progressent pas toujours ensemble.

Quand une pomme de terre est-elle considérée comme levée?

Une plante est levée lorsqu’elle possède au moins une tige à trois feuilles. La parcelle atteint le stade quand 50 % des plantes répondent à cette définition.

Comment repère-t-on la fermeture des rangs?

C’est un stade de couvert, et non un stade tuberculaire. La BBCH l’exprime par la proportion de plantes qui se rejoignent entre les rangs : 10 % à BBCH 31, 50 % à BBCH 35 et environ 90 % à BBCH 39.

Traçabilité

Sources utilisées

Les principales références utilisées pour vérifier les repères de cette page.

  1. UPOV

    Directives pomme de terre et stades BBCH

    Consulté en octobre 2026

  2. ARVALIS

    Déterminer la date de défanage

    Consulté en octobre 2026