01 · Référence
Définir correctement « le stade » d’une pomme de terre
Le mot « stade » est souvent utilisé pour des réalités différentes : âge du plant, date depuis plantation, degré de couverture du sol, floraison, développement des tubercules, état de sénescence ou maturité de peau. Pour éviter les erreurs de conduite, il faut séparer quatre notions : la phénologie (succession d’événements), la croissance (accumulation de biomasse), la maturité physiologique du couvert et la maturité physique/commerciale des tubercules. [S2][S5][S28]
1.1 Une plante « double » : aérien et souterrain
La pomme de terre issue d’un tubercule-semence forme plusieurs tiges principales, des ramifications basales et sympodiales, un système racinaire relativement superficiel, des stolons et des tubercules. Les tiges peuvent terminer leur croissance par une inflorescence puis relayer leur développement par des ramifications. Sous terre, les stolons peuvent se ramifier, initier plusieurs sites tubérisants puis n’en conserver qu’une fraction en croissance active. Cette architecture explique pourquoi floraison, croissance du couvert et tubérisation ne sont pas strictement synchrones. [S5][S28][S29]
Pour la conduite, il est donc pertinent de tenir deux chronologies en parallèle : une chronologie aérienne (levée → feuilles → couverture → floraison → sénescence) et une chronologie souterraine (stolons → initiation → nombre de tubercules → grossissement → détachement → peau fixée). [S3][S5]
02 · Référence
L’échelle BBCH de la pomme de terre : architecture complète
La BBCH est une échelle décimale harmonisée. Le premier chiffre identifie le stade principal, le second un sous-stade. Pour la pomme de terre, des codes à trois chiffres décrivent plus finement les ramifications et les inflorescences successives. EPPO recommande l’usage de la BBCH pour harmoniser les essais et les descriptions en protection des plantes. [S3][S4][S36]
2.1 Codes détaillés 00 à 49 : du plant à la peau fixée
Source de la table : protocole CPVO/UPOV fondé sur Meier et al. (1997). La table est reformulée pour l’usage terrain ; les codes à trois chiffres sont conservés lorsque utiles. [S3][S4]
2.2 Codes 51 à 99 : reproduction aérienne et sénescence
03 · Référence
Avant la plantation : âge physiologique, dormance et potentiel de développement
Le cycle visible au champ est préparé plusieurs mois auparavant. Le tubercule-semence sort de dormance, passe d’une dominance apicale à une germination multiple, puis peut atteindre des stades de vieillissement avec germes ramifiés, filiformes ou même tubérisation en stockage. L’INRAE/Ephytia décrit classiquement trois phases de germination après dormance : dominance apicale, germination multiple vigoureuse puis germination ralentie et sénile. [S18]
L’âge physiologique est irréversible mais sa vitesse dépend de la variété, de la température subie pendant la production et le stockage, du stress et de la durée. La littérature récente confirme qu’il influence l’émergence, le nombre de tiges, le développement du couvert, l’initiation, la durée de grossissement et la distribution des calibres. [S25][S34]
04 · Référence
De la plantation à la levée : BBCH 00-09
Entre plantation et émergence, le tubercule-mère fournit une part majeure de l’énergie nécessaire aux germes. Les tiges s’allongent sous terre, développent des racines et se dirigent vers la surface. La durée dépend de la température du sol, de la longueur du germe, de l’âge physiologique, de la profondeur de plantation, de l’état structural de la butte et du stress. Les modèles de développement montrent que la réponse à la température n’est pas linéaire sur toute la gamme thermique. [S31][S34]
Dans le suivi ARVALIS, une plante est « levée » lorsqu’elle possède au moins une tige à trois feuilles et la parcelle atteint le stade quand 50 % des plantes répondent à cette définition. Ce repère facilite la comparaison entre parcelles et peut servir d’origine au calcul de « jours après levée » pour certains suivis. [S6]
05 · Référence
Développement foliaire et tiges : BBCH 10-29
Après émergence, les feuilles deviennent rapidement autonomes par photosynthèse tandis que le tubercule-mère continue quelque temps à influencer la plante. Les ramifications basales et le nombre de tiges structurent la surface foliaire future et le nombre de sites potentiels de stolons. Le lien n’est toutefois pas mécanique : plus de tiges ne signifie pas automatiquement plus de rendement, car le nombre de tubercules, leur compétition et la durée du couvert interviennent. [S10][S28][S34]
06 · Référence
Fermeture des rangs : BBCH 31-39
La fermeture des rangs est un stade de couvert et non un stade tuberculaire. La BBCH l’exprime par la proportion de plantes qui se rejoignent entre les rangs : 10 % à BBCH 31, 50 % à BBCH 35 et environ 90 % à BBCH 39. ARVALIS décrit la fermeture lorsque, vue de dessus, la terre n’est plus visible sous le feuillage. [S3][S6]
Ce stade est agronomiquement important car il correspond généralement à une forte interception de la lumière, à une demande en eau importante et à une réduction progressive de la lumière disponible pour les adventices. La période de concurrence des adventices est particulièrement critique entre levée et fermeture des rangs. [S11][S33]
07 · Référence
Initiation de tubérisation : BBCH 40, le stade souterrain clé
La tubérisation correspond au basculement d’une extrémité de stolon d’un programme d’allongement vers un programme de grossissement et de stockage. Le code BBCH 40 est défini par le gonflement de l’extrémité du premier stolon jusqu’à environ deux fois le diamètre du stolon qui le porte. [S3][S29]
La formation des tubercules est favorisée par des conditions induisant la tubérisation : photopériode plus courte, températures plutôt fraîches et nuits favorables. Des températures élevées et des jours longs favorisent davantage la croissance végétative et peuvent retarder ou interrompre la tubérisation selon le génotype. La régulation met en jeu des signaux produits dans les feuilles, des gibberellines et d’autres réseaux hormonaux et moléculaires. [S29][S30]
7.1 Pourquoi la floraison n’est pas un substitut fiable
08 · Référence
Grossissement des tubercules : BBCH 41-48
Après initiation le nombre de tubercules actifs se stabilise puis la culture entre dans une phase de grossissement durant laquelle une part croissante des assimilats est dirigée vers les tubercules Les références de physiologie décrivent un changement progressif du partage de matière sèche entre feuillage…
| Notion | Ce qu’elle décrit | Exemple opérationnel | Piège fréquent |
|---|---|---|---|
| Phénologie | Événements visibles codables | Levée, initiation, floraison, sénescence | Confondre date calendaire et stade |
| Croissance | Quantité de biomasse/feuillage/tubercules | Fermeture des rangs, masse tuberculaire | Croire qu’une forte végétation signifie tubérisation avancée |
| Maturité du couvert | Vieillissement naturel des tiges et feuilles | BBCH 91 à 97 | Assimiler toute défoliation à une sénescence naturelle |
| Maturité du tubercule | Fixation de la peau, détachement du stolon, stabilité qualité | BBCH 48-49, test au pouce | Récolter dès que le feuillage jaunit |
| Maturité commerciale | Calibre, MS, sucres, présentation selon contrat | Seuils du cahier des charges | Chercher une « maturité universelle » |
Questions fréquentes
Pour aller à l’essentiel
Que faut-il retenir sur définir correctement « le stade » d’une pomme de terre ?
Le mot stade est souvent utilisé pour des réalités différentes âge du plant date depuis plantation degré de couverture du sol floraison développement des tubercules état de sénescence ou maturité de peau Pour éviter les erreurs de conduite il faut séparer quatre notions la phénologie succession d’événements la croissance accumulation de biomasse la maturité physiologique du couvert et la maturité physique commerciale des tubercules S2 S5 S28 1 1 Une plante double aérien et souterrain La pomme de terre issue d’un tubercule-semence forme plusieurs tiges principales des ramifications basales et… [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur l’échelle bbch de la pomme de terre : architecture complète ?
La BBCH est une échelle décimale harmonisée Le premier chiffre identifie le stade principal le second un sous-stade Pour la pomme de terre des codes à trois chiffres décrivent plus finement les ramifications et les inflorescences successives EPPO recommande l’usage de la BBCH pour harmoniser les essais et les descriptions en protection des plantes S3 S4 S36 2 1 Codes détaillés 00 à 49 du plant à la peau fixée Source de la table protocole CPVO UPOV fondé sur Meier et al 1997 La table est reformulée pour l’usage terrain… [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur avant la plantation : âge physiologique, dormance et potentiel de développement ?
Le cycle visible au champ est préparé plusieurs mois auparavant Le tubercule-semence sort de dormance passe d’une dominance apicale à une germination multiple puis peut atteindre des stades de vieillissement avec germes ramifiés filiformes ou même tubérisation en stockage L’INRAE Ephytia décrit classiquement trois phases de germination après dormance dominance apicale germination multiple vigoureuse puis germination ralentie et sénile S18 L’âge physiologique est irréversible mais sa vitesse dépend de la variété de la température subie pendant la production et le stockage du stress et de la durée La littérature récente… [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur de la plantation à la levée : bbch 00-09 ?
Entre plantation et émergence le tubercule-mère fournit une part majeure de l’énergie nécessaire aux germes Les tiges s’allongent sous terre développent des racines et se dirigent vers la surface La durée dépend de la température du sol de la longueur du germe de l’âge physiologique de la profondeur de plantation de l’état structural de la butte et du stress Les modèles de développement montrent que la réponse à la température n’est pas linéaire sur toute la gamme thermique S31 S34 Dans le suivi ARVALIS une plante est levée lorsqu’elle possède… [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur développement foliaire et tiges : bbch 10-29 ?
Après émergence, les feuilles deviennent rapidement autonomes par photosynthèse tandis que le tubercule-mère continue quelque temps à influencer la plante. Les ramifications basales et le nombre de tiges structurent la surface foliaire future et le nombre de sites potentiels de stolons. Le lien n’est toutefois pas mécanique : plus de tiges ne signifie pas automatiquement plus de rendement, car le nombre de tubercules, leur compétition et la durée du couvert interviennent. [S10][S28][S34] [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur fermeture des rangs : bbch 31-39 ?
La fermeture des rangs est un stade de couvert et non un stade tuberculaire La BBCH l’exprime par la proportion de plantes qui se rejoignent entre les rangs 10 à BBCH 31 50 à BBCH 35 et environ 90 à BBCH 39 ARVALIS décrit la fermeture lorsque vue de dessus la terre n’est plus visible sous le feuillage S3 S6 Ce stade est agronomiquement important car il correspond généralement à une forte interception de la lumière à une demande en eau importante et à une réduction progressive de la lumière… [S01][S02][S03]





