01 · Référence
Périmètre, définitions et méthode de raisonnement
La pomme de terre cumule plusieurs vulnérabilités : un feuillage riche et attractif, un cycle long, un organe récolté dans le sol et un mode de multiplication végétative qui donne au plant un rôle central dans la diffusion des bioagresseurs. La gravité d’un ravageur ne se mesure donc pas seulement en kilogrammes de rendement perdus. Un faible niveau d’attaque peut entraîner un déclassement visuel, un défaut technologique, une non-conformité sanitaire ou une transmission virale compromettant la multiplication du plant.
Dans ce dossier, les ravageurs sont classés selon cinq fonctions de dommage : défoliation, prélèvement de sève, destruction de tiges ou racines, perforation/galerie des tubercules et transmission d’agents pathogènes. Les organismes réglementés sont traités séparément car la conduite à tenir dépend de la réglementation phytosanitaire et peut imposer analyses, confinement, traçabilité ou mesures officielles. [R10, R22]
Sources de synthèse : INRAE/Ephytia, ARVALIS, SORE pomme de terre 2026. [R10-R20]
02 · Référence
Hiérarchiser les ravageurs : matrice de priorité France
Le statut « courant » ou « restreint » ne remplace pas les données locales. Pour les organismes réglementés, se référer à la SORE 2026 et aux services officiels. [R10, R11, R28-R34]
03 · Référence
Ce que montre la campagne 2026 en Hauts-de-France
La campagne 2026 fournit un exemple utile de dynamique saisonnière. Le réseau BSV n’est pas une prévision universelle : il décrit des observations régionales ponctuelles. Son intérêt est de montrer comment les ravageurs apparaissent successivement et pourquoi le pilotage doit rester daté et local. [R4-R8]
BSV Pommes de terre Hauts-de-France 2026 ; série consultée jusqu’au 21 août 2026. [R4-R8]
04 · Référence
Doryphore — Leptinotarsa decemlineata
Le doryphore est le ravageur défoliateur emblématique de la pomme de terre. L’adulte mesure environ 10 à 12 mm, avec dix bandes longitudinales noires sur les élytres. Les œufs jaune-orangé sont pondus en amas sous les feuilles ; les larves rouge-orangé portent des ponctuations noires latérales. Les adultes hivernent dans le sol puis regagnent les Solanacées au printemps. [R12]
La température accélère fortement son cycle. Les BSV décrivent une émergence des adultes lorsque le sol se réchauffe, puis une succession œufs → quatre stades larvaires → nymphose dans le sol → nouvelle génération. Selon le climat, une à plusieurs générations peuvent se succéder ; en 2026, une deuxième génération a clairement été suivie dans les Hauts-de-France en juillet-août. [R7, R8, R14]
Le seuil indicatif couramment utilisé est de deux foyers pour 1 000 m² en bordure. Certains documents définissent un foyer comme 1 à 2 plantes portant au moins 20 larves, d’autres comme 2 à 3 plantes ; ces différences de protocole sont une raison supplémentaire de reprendre le BSV de la région et de l’année. Le seuil n’est pas une constante biologique universelle : il traduit un compromis technique construit pour un réseau d’observation. [R14]
Le doryphore est un modèle mondial d’évolution rapide de la résistance : les revues scientifiques décrivent une résistance à plus de 50 insecticides ou molécules/modes d’action selon les bases considérées. Les mécanismes sont multiples et peuvent être poly-géniques. La conséquence opérationnelle est claire : réduire les traitements inutiles, cibler les stades les plus sensibles et alterner réellement les modes d’action lorsqu’une intervention est nécessaire. [R31-R33]
• Rotation pluriannuelle et éloignement des parcelles de pomme de terre lorsque la structure foncière le permet.
05 · Référence
Pucerons : nuisibilité directe et risque virus
Les pucerons colonisant la pomme de terre comprennent notamment Myzus persicae, Macrosiphum euphorbiae, Aphis nasturtii et Aulacorthum solani. Certains développent des colonies sur la culture ; d’autres sont des visiteurs ailés. Le danger dépend de l’objectif de production : en consommation, la nuisibilité directe domine lorsque les colonies deviennent fortes ; en plants, le risque de transmission virale peut être critique même à faibles densités. [R3, R13]
5.1 Seuils en pomme de terre de consommation
ARVALIS rappelait le 21 mai 2026 deux méthodes : un comptage complet conduisant à un seuil d’environ 5 à 10 pucerons par feuille, ou une méthode simplifiée sur 40 folioles où 50 % de folioles porteuses constitue le seuil. Ces valeurs sont des repères pour la consommation et doivent être contextualisées par le BSV régional, la variété, la vigueur et la présence d’auxiliaires. [R3]
5.2 Production de plants : le risque virus change tout
En production de plants, la logique de décision est beaucoup plus stricte. Le plant certifié est produit dans un schéma sanitaire où des taux de virus faibles conditionnent la certification. Les pucerons peuvent transmettre des virus même en faible effectif ; SEMAE souligne en 2026 l’importance des déclassements ou refus liés à la pression virale. [R24, R25]
06 · Référence
Taupins — Agriotes spp. : le risque qualité souterrain
Les taupins sont les larves de coléoptères Elateridae. Les adultes, appelés « click beetles », sont peu ou pas nuisibles à la pomme de terre ; ce sont les larves cylindriques, jaunes à orangées, à cuticule dure, qui perforent les tubercules. Les piqûres et galeries peuvent rendre les lots non conformes au frais ou à l’industrie même lorsque le rendement pondéral reste correct. [R15]
La présence antérieure de prairie, jachère ou couvert végétal dense constitue l’un des facteurs les plus robustes : les adultes pondent volontiers dans les sols couverts et humides, tandis que les larves peuvent survivre plusieurs années. Les sols humides maintiennent les larves dans les horizons superficiels proches des tubercules ; en conditions sèches, elles peuvent descendre plus profondément. [R15, R17]
Aucun indicateur unique n’est parfait. Les pièges à phéromones suivent les adultes de certaines espèces ; les appâts (pomme de terre, céréales germées) ou tris de sol recherchent les larves ; l’historique parcellaire reste souvent le meilleur filtre initial. En 2026, le BSV Hauts-de-France illustrait ce découplage : beaucoup d’adultes A. sputator capturés début mai mais peu de larves détectées. [R5]
07 · Référence
Limaces : risque de fin de cycle et qualité des tubercules
Les deux espèces couramment décrites sur pomme de terre sont la limace grise Deroceras reticulatum et la limace noire Arion hortensis Leur activité dépend fortement de l’humidité Les attaques sur tubercules apparaissent surtout du grossissement à la récolte sous forme de perforations puis de galeries…
08 · Référence
Nématodes à kyste — Globodera rostochiensis et G. pallida
Les nématodes à kyste de la pomme de terre sont des endoparasites sédentaires Les femelles fécondées deviennent des kystes bruns contenant des centaines d’œufs capables de persister très longtemps dans le sol G rostochiensis présente une phase femelle jaune doré absente chez G pallida Les…
| Compartiment | Ravageurs à rechercher en priorité | Signes utiles au diagnostic | Risque principal |
|---|---|---|---|
| Feuillage | Doryphore, pucerons, cicadelles, acariens, altises, teignes | Défoliation, colonies, bronzage, mines, piqûres | Rendement, transmission virale, sénescence accélérée |
| Tiges / collet | Noctuelles, teignes | Tiges sectionnées, galeries, dessèchement | Perte de pieds, réduction de surface foliaire |
| Racines | Globodera, Meloidogyne, Pratylenchus, Trichodorus | Foyers chétifs, galles, kystes, racines altérées | Rendement, statut réglementaire, transmission de virus telluriques |
| Tubercules en terre | Taupins, limaces, teignes, nématodes, hannetons | Piqûres, galeries, cratères, déformations | Déclassement, refus de lot, conservation |
| Stockage | Teigne de la pomme de terre principalement | Galeries et déjections, foyers évolutifs | Perte de lot et contamination secondaire |
Questions fréquentes
Pour aller à l’essentiel
Que faut-il retenir sur périmètre, définitions et méthode de raisonnement ?
La pomme de terre cumule plusieurs vulnérabilités un feuillage riche et attractif un cycle long un organe récolté dans le sol et un mode de multiplication végétative qui donne au plant un rôle central dans la diffusion des bioagresseurs La gravité d’un ravageur ne se mesure donc pas seulement en kilogrammes de rendement perdus Un faible niveau d’attaque peut entraîner un déclassement visuel un défaut technologique une non-conformité sanitaire ou une transmission virale compromettant la multiplication du plant Dans ce dossier les ravageurs sont classés selon cinq fonctions de dommage… [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur hiérarchiser les ravageurs : matrice de priorité france ?
Le statut « courant » ou « restreint » ne remplace pas les données locales. Pour les organismes réglementés, se référer à la SORE 2026 et aux services officiels. [R10, R11, R28-R34] [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur ce que montre la campagne 2026 en hauts-de-france ?
La campagne 2026 fournit un exemple utile de dynamique saisonnière. Le réseau BSV n’est pas une prévision universelle : il décrit des observations régionales ponctuelles. Son intérêt est de montrer comment les ravageurs apparaissent successivement et pourquoi le pilotage doit rester daté et local. [R4-R8] BSV Pommes de terre Hauts-de-France 2026 ; série consultée jusqu’au 21 août 2026. [R4-R8] [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur doryphore — leptinotarsa decemlineata ?
Le doryphore est le ravageur défoliateur emblématique de la pomme de terre L’adulte mesure environ 10 à 12 mm avec dix bandes longitudinales noires sur les élytres Les œufs jaune-orangé sont pondus en amas sous les feuilles les larves rouge-orangé portent des ponctuations noires latérales Les adultes hivernent dans le sol puis regagnent les Solanacées au printemps R12 La température accélère fortement son cycle Les BSV décrivent une émergence des adultes lorsque le sol se réchauffe puis une succession œufs quatre stades larvaires nymphose dans le sol nouvelle génération Selon… [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur pucerons : nuisibilité directe et risque virus ?
Les pucerons colonisant la pomme de terre comprennent notamment Myzus persicae Macrosiphum euphorbiae Aphis nasturtii et Aulacorthum solani Certains développent des colonies sur la culture d’autres sont des visiteurs ailés Le danger dépend de l’objectif de production en consommation la nuisibilité directe domine lorsque les colonies deviennent fortes en plants le risque de transmission virale peut être critique même à faibles densités R3 R13 5 1 Seuils en pomme de terre de consommation ARVALIS rappelait le 21 mai 2026 deux méthodes un comptage complet conduisant à un seuil d’environ 5… [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur taupins — agriotes spp. : le risque qualité souterrain ?
Les taupins sont les larves de coléoptères Elateridae Les adultes appelés click beetles sont peu ou pas nuisibles à la pomme de terre ce sont les larves cylindriques jaunes à orangées à cuticule dure qui perforent les tubercules Les piqûres et galeries peuvent rendre les lots non conformes au frais ou à l’industrie même lorsque le rendement pondéral reste correct R15 La présence antérieure de prairie jachère ou couvert végétal dense constitue l’un des facteurs les plus robustes les adultes pondent volontiers dans les sols couverts et humides tandis que… [S01][S02][S03]





