Référence agronomique · France

Grandes cultures · Conduite de la pomme de terre

Besoins en potassium de la pomme de terre

Le potassium intervient dans la croissance et la qualité des tubercules. La dose à apporter dépend de l’analyse de sol, des exportations de la récolte, de la restitution des résidus et des seuils adaptés au type de sol ; elle ne se déduit pas d’une valeur universelle.

Mis à jour le 02/10/2026 Lecture 7 min
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Besoins en potassium de la pomme de terre — illustration documentaire (Grandes cultures, Conduite de la pomme de terre)
Besoins en potassium de la pomme de terre · Photographie documentaire SILLOVA
Données datéesPrévisions distinguées des bilans
Contexte avant conseilRégion, sol, variété et débouché

Repères essentiels

Une lecture synthétique des informations à retenir avant d’entrer dans le détail.

Analyse

Interpréter la teneur du sol

Exportations

Compter les tubercules récoltés

Résidus

Vérifier leur restitution

Apport

Calculer avec la grille COMIFER

01 · Référence

La grille COMIFER plafonne l’apport calculé à 400 kg K2O/ha/an pour les grandes cultures.

12. Les seuils Trenf et Timp sont régionalisés par type de sol. Pour une culture à forte exigence en K, les seuils ARVALIS 2021 vont, selon les sols, d’environ 70/100 mg K2O/kg en sable champenois à 300/450 mg/kg dans certains argilo-calcaires superficiels.

13. Il est donc incorrect de lire une analyse « 180 mg K2O/kg » sans connaître la région, le type de sol, la méthode d’analyse et la classe d’exigence de la culture.

14. Le K total du sol est très supérieur au K immédiatement disponible ; solution du sol, K échangeable et formes plus lentement disponibles s’équilibrent selon minéralogie, CEC, humidité et dynamique racinaire.

15. En sols sableux acides et pauvres en matière organique, le K est plus exposé au déplacement en profondeur ; en sols plus argileux, la mobilité est faible mais fixation et diffusion peuvent limiter l’accès.

16. La qualité de structure et l’humidité gouvernent l’accès au K. Une racine limitée par tassement, asphyxie ou sécheresse peut souffrir malgré une teneur analytique correcte.

02 · Référence

Définition précise : besoin en potassium, absorption, exportation et dose de K2O

Le terme « besoin en potassium » recouvre plusieurs grandeurs qu’il faut séparer. Le besoin physiologique correspond au flux de K absorbé par la plante entière au cours du cycle. L’exportation correspond au K retiré de la parcelle avec les organes récoltés, ici principalement les tubercules. La dose de fertilisant correspond enfin à la quantité de K2O à apporter pour tenir compte à la fois du risque de carence immédiate et de la gestion du stock biodisponible du sol. Confondre ces trois notions conduit soit à sous-fertiliser, soit à appliquer systématiquement l’équivalent des prélèvements sans tenir compte de la fourniture du sol.

Les analyses végétales et certains articles scientifiques expriment le potassium en K élémentaire, alors que les engrais et recommandations françaises sont généralement exprimés en équivalent K2O. Le facteur stœchiométrique découle des masses molaires : K2O/K = 94,196/78,196 ≈ 1,2046. Ainsi, 100 kg K correspondent à environ 120,5 kg K2O et 100 kg K2O correspondent à 83,0 kg K.

03 · Référence

Physiologie : pourquoi la pomme de terre demande autant de potassium

La pomme de terre accumule de grandes quantités de potassium parce que le tubercule constitue un puits majeur d’assimilats et d’eau. K n’entre pas dans une molécule organique structurale comme l’azote dans les protéines, mais agit comme cation mobile, activateur enzymatique et régulateur osmotique. INRAE/Ephytia insiste sur son rôle dans le transfert des sucres des feuilles vers les tubercules et dans leur conversion en amidon. La littérature de synthèse met également en avant photosynthèse, stomates, turgescence, transport phloémien et activité enzymatique.

04 · Référence

Dynamique d’absorption au cours du cycle

La demande n’est pas constante. Après plantation, le plant et les réserves du tubercule-semence contribuent à l’installation. Puis la croissance du couvert et surtout le début du grossissement augmentent fortement les flux de K. Le tubercule devient un puits majeur : une carence peut apparaître au grossissement sur les feuilles âgées même si la végétation paraissait normale auparavant. Les référentiels internationaux confirment que les symptômes de K sur pomme de terre sont souvent remarqués au grossissement, ce qui est cohérent avec cette montée de la demande.

05 · Référence

Carence potassique : symptômes et diagnostic différentiel

INRAE/Ephytia décrit une carence débutant sur feuilles âgées : décoloration, taches nécrotiques brunes d’abord marginales, feuilles gaufrées ou déformées et aspect vert foncé, brillant ou bronzé. La carence réduit rendement, taille et qualité des tubercules et peut diminuer la résistance aux stress. Le symptôme n’est toutefois pas spécifique : sénescence, alternariose, brûlures, salinité, stress hydrique, défaut racinaire et déséquilibre Mg peuvent imiter certains signes.

06 · Référence

Interactions K × eau × azote × magnésium × calcium

La nutrition potassique doit être lue dans un système. L’eau contrôle la diffusion de K vers la racine et la croissance des racines ; l’azote pilote le volume de couvert et donc la demande en assimilats ; Mg et Ca partagent des mécanismes d’échange et peuvent entrer en compétition. Le conseil de K ne peut donc pas être isolé d’une analyse de structure, d’irrigation et d’équilibre cationique.

07 · Référence

Le socle français : méthode COMIFER de raisonnement du potassium

Le groupe PKMg du COMIFER précise que P, K et Mg sont en forte interaction avec la phase solide du sol et doivent être raisonnés à l’échelle pluriannuelle. Pour K, la grille 2009 calcule une dose à partir des exportations prévisibles multipliées par un coefficient qui dépend de l’exigence de la culture, de la teneur du sol et du passé récent de fertilisation. Un supplément peut s’ajouter si les résidus du précédent sont exportés lorsque le sol n’est pas à teneur élevée.

08 · Référence

Classe d’exigence : la pomme de terre est « très exigeante » en K

Dans la classification COMIFER/ARVALIS des grandes cultures, la betterave sucrière et la pomme de terre constituent la classe « très exigeante » pour K. Cette exigence traduit la fréquence et l’importance des pertes en l’absence de fumure lorsque le statut du sol devient insuffisant. Elle ne signifie pas qu’il faille fertiliser systématiquement à forte dose sur un sol riche.

Classification issue de la grille COMIFER 2009.

Repères techniques à adapter à la situation.
TermeDéfinition opérationnelleUnité couranteErreur fréquente
K absorbéPotassium présent dans l’ensemble plante + tubercules à un stade donné.kg K/ha ou kg K2O/ha équivalentLe confondre avec la dose d’engrais.
K exportéPotassium retiré avec les tubercules ou autres produits sortis de la parcelle.kg K2O/haLe considérer comme la dose annuelle obligatoire.
K du sol disponibleFraction mesurée/estimée pouvant contribuer à l’alimentation à l’échelle du cycle.mg K2O/kg ou méthode laboratoireUtiliser une valeur sans seuil régional.
Dose conseilléeApport calculé avec la grille et le contexte.kg K2O/haIgnorer les PRO, résidus et historique.
Produit commercialMasse réelle de fertilisant à épandre selon son titre.kg produit/haConfondre kg de produit et kg K2O.

Questions fréquentes

Pour aller à l’essentiel

Quelle différence entre besoin, exportation et dose de K2O?

Le besoin physiologique est le flux de potassium absorbé par la plante entière au cours du cycle. L’exportation est le K retiré de la parcelle avec les tubercules. La dose est la quantité de K2O à apporter, qui tient compte du risque de carence et de la fourniture du sol.

Comment convertir du K en K2O?

Le facteur stœchiométrique K2O/K vaut environ 1,2046 : 100 kg de K correspondent à environ 120,5 kg de K2O, et 100 kg de K2O à 83,0 kg de K.

Une analyse de sol suffit-elle à fixer la dose?

Non. Une teneur n’a de sens qu’avec la région, le type de sol, la méthode d’analyse et la classe d’exigence de la culture. Les seuils varient fortement selon les sols.

Traçabilité

Sources utilisées

Les principales références utilisées pour vérifier les repères de cette page.