Référence agronomique · France

Santé des cultures · Ravageurs des cultures

Sésamies

La sésamie du maïs, Sesamia nonagrioides, est un foreur distinct de la pyrale. Examiner les larves et les galeries, suivre les vols locaux et les résidus de récolte pour raisonner le risque.

Mis à jour le 03/10/2026 Lecture 5 min
Commencer la lecture

Connectez-vous pour enregistrer cette ressource

Sésamies — illustration documentaire (Santé des cultures, Ravageurs des cultures)
Sésamies · Photographie documentaire SILLOVA
Données datéesPrévisions distinguées des bilans
Contexte avant conseilRégion, sol, variété et débouché

Repères essentiels

Quatre points pour guider la lecture.

Espèce

S. nonagrioides

Larve

Tige et collet

Vols

Suivi local

Prévenir

Résidus de maïs

01 · Référence

Identifier la sésamie du maïs

La sésamie du maïs, Sesamia nonagrioides (Lefebvre, 1827), est un lépidoptère de la famille des Noctuidae. En France, elle constitue avec la pyrale du maïs l’un des principaux foreurs aériens du maïs. L’adulte mesure environ 3 à 4 cm d’envergure; la chenille mature peut atteindre 3 à 4 cm et présente une teinte rose pâle à beige avec des ponctuations latérales sombres.

02 · Référence

Taxonomie, périmètre et espèces françaises

INRAE classe Sesamia nonagrioides dans Animalia, Arthropoda, Insecta, Lepidoptera, Noctuidae. Le nom français « sésamie » ou « noctuelle du maïs » désigne donc une noctuelle, et non une pyrale au sens taxonomique. Ce point est important pour le diagnostic différentiel.

Le maïs est l’hôte économiquement majeur en France. L’espèce est méditerranéenne au sens biogéographique large, mais sa présence française ne se limite plus aux seuls bassins historiques du Sud-Ouest et du littoral méditerranéen.

03 · Référence

Identification morphologique

L’adulte de S. nonagrioides atteint environ 3 à 4 cm d’envergure. Les ailes antérieures sont gris jaunâtre à brun pâle et les postérieures blanchâtres. Les antennes du mâle sont fortement bipectinées. Au repos, la coloration reste discrète, ce qui justifie l’emploi de pièges à phéromone pour suivre les vols plutôt que la recherche visuelle des adultes dans le couvert.

Les œufs sont cannelés, blanchâtres à la ponte puis deviennent crème rosé. Ils sont déposés en groupes, souvent sous les gaines foliaires, dans des sites protégés. La localisation des pontes explique que l’observation directe soit plus difficile que pour une ooplaque de pyrale posée sur une feuille.

04 · Référence

Diagnostic différentiel avec la pyrale et autres foreurs

Une galerie dans une tige ne suffit pas à attribuer le dégât à la sésamie. La pyrale du maïs, Ostrinia nubilalis, peut provoquer des symptômes très proches. L’ouverture de plusieurs plantes et l’observation de la chenille sont donc indispensables avant d’associer une règle de décision à l’espèce.

05 · Référence

Cultures hôtes et réservoirs sauvages

INRAE cite comme plantes hôtes le maïs, le blé, le riz, l’orge, l’avoine, le millet et la canne à sucre, avec des attaques plus occasionnelles signalées sur asperge, coton et Solanaceae. Dans le contexte français, cette large gamme biologique ne doit pas être interprétée comme une équivalence de risque économique: les références de gestion concernent surtout le maïs.

06 · Référence

Répartition française et évolution des zones de signalement

L’Anses indiquait en 2025 que S. nonagrioides était signalée dans toutes les régions de la moitié sud — Auvergne-Rhône-Alpes, Nouvelle-Aquitaine, Occitanie, PACA et Corse — ainsi que plus récemment en Pays de la Loire. Cette formulation provient d’un dossier réglementaire sur Cotesia typhae et décrit un état de connaissance, pas une carte de fréquence des dégâts.

07 · Référence

Cycle biologique de Sesamia nonagrioides

Les femelles pondent des groupes d’œufs dans des zones protégées de la plante, notamment sous les gaines foliaires. INRAE indique une fécondité moyenne de l’ordre de 800 œufs dans sa fiche encyclopédique; l’incubation y est donnée autour de 10 à 14 jours. Ces ordres de grandeur biologiques sont utiles pour comprendre la dynamique, pas pour prévoir seuls une date d’intervention.

Après l’éclosion, les jeunes chenilles se nourrissent d’abord sous la gaine puis pénètrent les tissus. Le développement larvaire comprend plusieurs stades — INRAE mentionne 7 à 8 stades et environ deux mois de développement dans les conditions décrites. Une fois dans la tige, la larve devient beaucoup moins accessible à une intervention de contact.

Repères du cycle de Sesamia nonagrioides
PhaseRepère documenté
PontesGroupes d’œufs déposés dans des zones protégées, notamment sous les gaines foliaires
FéconditéOrdre de grandeur d’environ 800 œufs, selon la fiche INRAE
IncubationAutour de 10 à 14 jours
Développement larvaire7 à 8 stades, environ deux mois dans les conditions décrites

08 · Référence

Hivernation et mortalité hivernale

Une part importante des larves hiverne dans les résidus de maïs, particulièrement dans les parties basses et les collets. Ce refuge protège des intempéries et permet l’émergence du printemps suivant. La gestion post-récolte agit donc directement sur le stock initial de la campagne suivante.

Questions fréquentes

Pour aller à l’essentiel

La sésamie est-elle une pyrale?

Non. Au sens taxonomique, Sesamia nonagrioides est une noctuelle de la famille des Noctuidae, et non une pyrale.

Une galerie dans la tige suffit-elle à identifier la sésamie?

Non. La pyrale du maïs peut provoquer des symptômes très proches. Il faut ouvrir plusieurs plantes et observer la chenille.

Les résidus de maïs jouent-ils un rôle dans le risque suivant?

Oui. Une part importante des larves hiverne dans les résidus de maïs, si bien que la gestion post-récolte agit sur le stock initial de la campagne suivante.

Traçabilité

Sources utilisées

Les principales références utilisées pour vérifier les repères de cette page.