Référence agronomique · France

Santé des cultures · Maladies des cultures

Rhizoctone

Le rhizoctone se reconnaît différemment sur pomme de terre, betterave ou légumes. Examiner le plant, les racines et les conditions du sol avant de décider d’une mesure de prévention.

Mis à jour le 03/10/2026 Lecture 4 min
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Rhizoctone — illustration documentaire (Santé des cultures, Maladies des cultures)
Rhizoctone · Photographie documentaire SILLOVA
Données datéesPrévisions distinguées des bilans
Contexte avant conseilRégion, sol, variété et débouché

Repères essentiels

Quatre points pour guider la lecture.

Agent

Rhizoctonia spp.

Sol

Humidité et structure

Symptôme

Selon la culture

Prévenir

Plants et rotation

01 · Référence

Reconnaître le rhizoctone au champ

Le terme « rhizoctone » recouvre plusieurs syndromes dus à des champignons du genre Rhizoctonia. Pour les grandes cultures et une large part des légumes en France, la fiche transversale doit surtout modéliser Rhizoctonia solani J. G. Kühn: un Basidiomycète tellurique très polyphage, capable de provoquer fontes de semis, chancres du collet, nécroses racinaires, pourritures et défauts de présentation.

02 · Référence

Complexe Rhizoctonia solani et groupes d’anastomose

Les groupes d'anastomose sont des ensembles biologiques définis historiquement par la capacité des hyphes à fusionner. Ils structurent l'écologie et la gamme d'hôtes de R. solani. Les sources françaises sur pomme de terre et betterave convergent vers au moins treize groupes décrits, avec une importance agricole très inégale.

03 · Référence

Cultures hôtes et importance en France

EcophytoPIC, mis à jour le 10 février 2026, classe le rhizoctone brun parmi les bioagresseurs concernant de nombreuses catégories françaises: betterave, pomme de terre, maïs grain/sorgho, maïs doux, cultures fourragères, tabac, légumes feuilles, légumes racines, solanacées, cucurbitacées et diverses productions horticoles. Cette transversalité explique pourquoi une simple rotation courte entre cultures différentes peut maintenir l'inoculum.

04 · Référence

Pomme de terre: rhizoctone brun

Sur pomme de terre, le rhizoctone brun est l'une des formes les mieux documentées de R. solani. Le sol et le plant contaminés sont les deux principales sources d'inoculum. AG-3 est prédominant sur les tubercules et les sclérotes de fin de cycle.

05 · Référence

Betterave sucrière: fonte et pourriture racinaire

L'ITB distingue deux grands tableaux associés à des groupes différents. Une fonte de semis, décrite comme rare, peut être causée par AG-4 avec un optimum de développement cité entre 5 et 15 °C au stade plantule. Les pourritures racinaires plus tardives sont principalement attribuées à AG-2-2, beaucoup plus agressif sur betteraves adultes, avec un optimum cité entre 20 et 30 °C.

06 · Référence

Maïs et autres grandes cultures

Vigi-Semences décrit R. solani comme présent en France sur maïs. Les symptômes au champ peuvent apparaître en foyers: croissance ralentie ou verse, racines coronaires effilées et nécrosées, puis destruction progressive du système racinaire. Le champignon se conserve par sclérotes dans le sol et infecte les racines via le mycélium.

07 · Référence

Cultures légumières, pépinières et horticulture

Dans les systèmes légumiers, R. solani est surtout un bioagresseur tellurique des tissus proches du sol. Les dégâts peuvent commencer en pépinière et se prolonger sur plantes adultes. La répétition de cultures sensibles dans des sols maraîchers intensifs favorise l'expression de complexes telluriques.

Sur salades, les références INRAE citent notamment des souches AG-1, AG-2-2 et AG-4; des investigations françaises ont aussi détecté AG-1 et AG-5. Cette diversité explique pourquoi le diagnostic précis peut être plus utile qu'une simple mention « R. solani détecté ».

08 · Référence

Relier les symptômes au sol et au matériel végétal

Sur pomme de terre, les sclérotes noirs adhérant au tubercule et les lésions sur jeunes pousses orientent vers le rhizoctone brun. Sur betterave, la pourriture racinaire demande un examen différent. Le nom commun seul ne permet donc pas de transposer un diagnostic ni une mesure de gestion d’une culture à l’autre.

Au champ, prélever des plantes atteintes et voisines encore saines, examiner les organes souterrains et noter les zones où le sol reste humide ou compacté. L’historique des cultures et la qualité sanitaire des plants complètent ce constat ; la décision se fonde sur la culture, le stade et l’agent réellement en cause.

Groupes d’anastomose cités par culture
CultureGroupe d’anastomoseRepère documenté
Pomme de terreAG-3Prédominant sur les tubercules et les sclérotes de fin de cycle
Betterave, fonte de semisAG-4Fonte de semis décrite comme rare ; optimum cité entre 5 et 15 °C au stade plantule
Betterave, pourriture racinaireAG-2-2Plus agressif sur betteraves adultes ; optimum cité entre 20 et 30 °C
SaladeAG-1, AG-2-2, AG-4Souches citées par les références INRAE

Questions fréquentes

Pour aller à l’essentiel

Le rhizoctone désigne-t-il une seule maladie?

Non. Le terme recouvre plusieurs syndromes dus à des champignons du genre Rhizoctonia. Pour les grandes cultures et une large part des légumes en France, la fiche transversale modélise surtout Rhizoctonia solani.

Une rotation courte suffit-elle à limiter l’inoculum?

Pas toujours. Le caractère transversal du rhizoctone explique qu’une rotation courte entre cultures différentes peut maintenir l’inoculum.

La mention « R. solani détecté » suffit-elle?

Pas toujours. Sur salade, la diversité des groupes d’anastomose explique qu’un diagnostic précis soit plus utile que la simple mention de l’espèce.

Traçabilité

Sources utilisées

Les principales références utilisées pour vérifier les repères de cette page.