Référence agronomique · France

Élevage bovin · Conduite du troupeau laitier

Ration des vaches laitières

Référence technique · Ration des vaches laitières

La ration journalière ne se résume pas à une liste d’ingrédients. Elle possède une composition chimique, une densité énergétique et protéique, une structure physique, une vitesse de fermentation, une capacité d’encombrement, un coût, une variabilité et des interactions entre aliments. Dans le système INRA 2018, la valeur alimentaire d’un ingrédient n’est pas totalement indépendante de la ration : niveau d’ingestion, proportion de concentré et équilibre azote-énergie dans le rumen modifient sa valorisation. [1–4,41] Il faut donc distinguer quatre objets : la ration formulée par le logiciel ; la ration chargée dans la mélangeuse ; la ration distribuée à l’auge ; la ration effectivement ingérée après tri et refus. Le contrôle doit porter sur ces quatre niveaux. [15–17]

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Vue agricole consacrée à ration des vaches laitières
Ration des vaches laitières · Photographie documentaire SILLOVA
24 sources analyséesOrganismes publics et techniques
Données datéesPrévisions distinguées des bilans
Contexte avant conseilRégion, sol, variété et débouché

Repères de campagne

Les chiffres à retenir

Chaque valeur garde son année, son statut et sa source.

01
Consolidé

Peser et corriger les fourrages dès que la MS bouge

Matière sèche

La quantité brute doit être recalculée ; une ration inchangée en kg brut n’est plus la même ration. [S01][S02]

02
Consolidé

Souvent 18–25 kg MS/VL/j ; >25 kg possible chez fortes productrices

Ingestion

Mesurer par lot ; l’ingestion réelle commande les apports réels. [5] [S01][S02]

03
Consolidé

Raisonner UFL + réponse productive

Énergie

Une ration “couvrant les besoins” n’est plus la seule lecture du système INRA 2018. [1,2] [S01][S02]

04
Consolidé

PDI + BPR, plutôt que PDIN/PDIE dans le système 2018

Protéines

Les anciens critères PDIN/PDIE sont explicitement qualifiés d’obsolètes dans INRA 2018. [2] [S01][S02]

01 · Référence

Définition et place de la ration dans le système laitier

La ration journalière ne se résume pas à une liste d’ingrédients. Elle possède une composition chimique, une densité énergétique et protéique, une structure physique, une vitesse de fermentation, une capacité d’encombrement, un coût, une variabilité et des interactions entre aliments. Dans le système INRA 2018, la valeur alimentaire d’un ingrédient n’est pas totalement indépendante de la ration : niveau d’ingestion, proportion de concentré et équilibre azote-énergie dans le rumen modifient sa valorisation. [1–4,41]

Il faut donc distinguer quatre objets : la ration formulée par le logiciel ; la ration chargée dans la mélangeuse ; la ration distribuée à l’auge ; la ration effectivement ingérée après tri et refus. Le contrôle doit porter sur ces quatre niveaux. [15–17]

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02 · Référence

Le contexte français : ce que mangent réellement les vaches

L’Observatoire CNIEL de l’alimentation des vaches laitières françaises, fondé sur 7 669 élevages Res’alim® en suivi régulier, donne pour 2024 une ration moyenne annuelle composée d’environ 30 % d’ensilage de maïs, 17 % d’herbe fraîche, 16 % d’ensilage d’herbe ou d’enrubannage, 11 % de foin, 1 % de fourrages divers, 14 % de concentrés énergétiques et de production, 9 % de concentrés azotés et 1 % de minéraux ; le total affiché est de 99 % par effet d’arrondis. [6,7]

Figure 2 — Structure moyenne annuelle de la ration des vaches laitières en France en 2024. Source : CNIEL, édition 2025. [6]

Cette moyenne masque des systèmes très différents : maïs dominant, mixte maïs-herbe, pâturant, tout herbe, foin/AOP, agriculture biologique, systèmes de montagne, robots de traite, rations complètes ou semi-complètes. La bonne ration est donc une solution locale à partir des ressources réellement disponibles, et non une formule nationale unique. [6–8,23–26]

Sources de cette section [S01][S02][S03]

03 · Référence

Le système INRA 2018 : ce qu’il change dans le rationnement

Le système issu du projet Systali a rénové la prévision de l’ingestion, la valeur énergétique et protéique des rations, les interactions digestives et les lois de réponse des animaux. INRAE a publié en 2026 deux articles de synthèse qui réexpliquent les bases et l’application au rationnement avec INRAtion®V5. [1,2]

Point important pour SILLOVA : INRAE précise en 2026 que les critères PDIN et PDIE, historiques du système français, sont obsolètes dans INRA 2018. La valeur protéique est désormais décrite par PDI, avec prise en compte de la synthèse microbienne et de la balance protéique du rumen. [2]

INRAtion®V5 ne cherche pas uniquement à “couvrir” un besoin. Il peut combiner l’objectif de production laitière, le bilan UFL, la BPR et l’efficience PDI, puis prédire des indicateurs de rejets azotés et de méthane. INRAE recommande de caractériser précisément l’animal : poids, semaine de lactation, production potentielle, TB, TP, réserves corporelles, aliments disponibles et contraintes. [1]

Dans l’exemple publié en 2026 pour une vache multipare de 650 kg à la 22e semaine de lactation, une solution calculée atteint 22,9 kg MS/j d’ingestion, dont 11,8 kg MS d’ensilage de maïs, 5,0 kg MS d’ensilage d’herbe, 3,0 kg MS d’orge et 2,8 kg MS de tourteaux soja-colza, avec un objectif d’environ 30 kg de lait/j. L’exemple illustre une méthode, pas une recette transférable sans analyses. [1]

Figure 3 — Répartition en matière sèche d’un exemple de ration publié par INRAE en 2026. [1]

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04 · Référence

Étape 1 : mesurer la matière sèche avant de calculer la ration

La matière sèche (MS) est la base commune de tous les calculs. Les ensilages et coproduits humides changent rapidement de MS avec le silo, la météo, le front d’attaque ou le lot de livraison. Une erreur de 3 à 5 points de MS peut déplacer plusieurs kilogrammes de matière brute par vache et par jour et perturber énergie, fibres, amidon, protéines et coût. [10,15,16]

Figure 4 — Conversion matière sèche / matière brute : pourquoi la mesure de MS doit précéder l’ajustement des quantités.

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05 · Référence

Étape 2 : estimer puis mesurer l’ingestion

L’ingestion est la contrainte centrale une ration très concentrée ne produit rien si la vache ne peut ou ne veut pas la consommer L’Institut de l’Élevage rapporte des ingestions totales proches de 19 à 22 kg MS j dans des exemples de rations et rappelle…

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06 · Référence

Étape 3 : caractériser les fourrages et les aliments

Une formulation sérieuse utilise les analyses du silo réellement distribué Les paramètres minimaux dépendent du laboratoire et du système de rationnement mais incluent matière sèche MAT fibres NDF ADF amidon pour maïs cendres profil fermentaire des ensilages digestibilité et valeurs prédites UFL PDI BPR INRA…

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07 · Référence

Étape 4 : sécuriser énergie, fibres et amidon

L’énergie doit être suffisamment dense pour soutenir le lait mais pas au prix d’un excès d’amidon rapidement fermentescible et d’un déficit de fibre efficace Pour les rations de vaches laitières à base de maïs ARVALIS conseille de viser au moins 32 de NDF dont environ…

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08 · Référence

Étape 5 : raisonner les protéines avec PDI et BPR

La MAT reste utile pour décrire un aliment, mais une ration laitière ne doit pas être pilotée uniquement par un pourcentage de MAT. INRA 2018 raisonne les PDI absorbables et la BPR, afin de synchroniser l’azote dégradable avec l’énergie disponible dans le rumen. [1,2]

Repères documentés issus du dossier de référence SILLOVA.
Point de pilotageRepère utileDécision pratique
Matière sèchePeser et corriger les fourrages dès que la MS bougeLa quantité brute doit être recalculée ; une ration inchangée en kg brut n’est plus la même ration.
IngestionSouvent 18–25 kg MS/VL/j ; >25 kg possible chez fortes productricesMesurer par lot ; l’ingestion réelle commande les apports réels. [5]
ÉnergieRaisonner UFL + réponse productiveUne ration “couvrant les besoins” n’est plus la seule lecture du système INRA 2018. [1,2]
ProtéinesPDI + BPR, plutôt que PDIN/PDIE dans le système 2018Les anciens critères PDIN/PDIE sont explicitement qualifiés d’obsolètes dans INRA 2018. [2]
Fibres / amidonRepère maïs : ≥32 % NDF dont ~70 % fourrages ; ≤25 % amidon totalSécuriser rumination et ingestion ; adapter selon profil des fourrages. [9]
DistributionRation accessible, homogène, pesée, peu triéeContrôler refus, ordre de chargement, mélange et fréquence. [15–17]
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Questions fréquentes

Pour aller à l’essentiel

Que faut-il retenir sur définition et place de la ration dans le système laitier ?

La ration journalière ne se résume pas à une liste d’ingrédients Elle possède une composition chimique une densité énergétique et protéique une structure physique une vitesse de fermentation une capacité d’encombrement un coût une variabilité et des interactions entre aliments Dans le système INRA 2018 la valeur alimentaire d’un ingrédient n’est pas totalement indépendante de la ration niveau d’ingestion proportion de concentré et équilibre azote-énergie dans le rumen modifient sa valorisation 1 4 41 Il faut donc distinguer quatre objets la ration formulée par le logiciel la ration chargée dans… [S01][S02][S03]

Que faut-il retenir sur le contexte français : ce que mangent réellement les vaches ?

L’Observatoire CNIEL de l’alimentation des vaches laitières françaises fondé sur 7 669 élevages Res’alim en suivi régulier donne pour 2024 une ration moyenne annuelle composée d’environ 30 d’ensilage de maïs 17 d’herbe fraîche 16 d’ensilage d’herbe ou d’enrubannage 11 de foin 1 de fourrages divers 14 de concentrés énergétiques et de production 9 de concentrés azotés et 1 de minéraux le total affiché est de 99 par effet d’arrondis 6 7 Figure 2 Structure moyenne annuelle de la ration des vaches laitières en France en 2024 Source CNIEL édition 2025… [S01][S02][S03]

Que faut-il retenir sur le système inra 2018 : ce qu’il change dans le rationnement ?

Le système issu du projet Systali a rénové la prévision de l’ingestion la valeur énergétique et protéique des rations les interactions digestives et les lois de réponse des animaux INRAE a publié en 2026 deux articles de synthèse qui réexpliquent les bases et l’application au rationnement avec INRAtion V5 1 2 Point important pour SILLOVA INRAE précise en 2026 que les critères PDIN et PDIE historiques du système français sont obsolètes dans INRA 2018 La valeur protéique est désormais décrite par PDI avec prise en compte de la synthèse microbienne… [S01][S02][S03]

Que faut-il retenir sur étape 1 : mesurer la matière sèche avant de calculer la ration ?

La matière sèche MS est la base commune de tous les calculs Les ensilages et coproduits humides changent rapidement de MS avec le silo la météo le front d’attaque ou le lot de livraison Une erreur de 3 à 5 points de MS peut déplacer plusieurs kilogrammes de matière brute par vache et par jour et perturber énergie fibres amidon protéines et coût 10 15 16 Figure 4 Conversion matière sèche matière brute pourquoi la mesure de MS doit précéder l’ajustement des quantités La MS des refus doit idéalement être… [S01][S02][S03]

Que faut-il retenir sur étape 2 : estimer puis mesurer l’ingestion ?

L’ingestion est la contrainte centrale une ration très concentrée ne produit rien si la vache ne peut ou ne veut pas la consommer L’Institut de l’Élevage rapporte des ingestions totales proches de 19 à 22 kg MS j dans des exemples de rations et rappelle que des vaches à haut potentiel peuvent dépasser 25 kg MS j avec une ration de qualité 5 Le système INRA 2018 prédit l’ingestion avec les UEL la proportion de concentré la densité protéique la substitution fourrage-concentré et au pâturage la disponibilité de l’herbe 1… [S01][S02][S03]

Que faut-il retenir sur étape 3 : caractériser les fourrages et les aliments ?

Une formulation sérieuse utilise les analyses du silo réellement distribué Les paramètres minimaux dépendent du laboratoire et du système de rationnement mais incluent matière sèche MAT fibres NDF ADF amidon pour maïs cendres profil fermentaire des ensilages digestibilité et valeurs prédites UFL PDI BPR INRA 2018 rend la valeur des aliments dépendante du contexte de ration ce qui renforce l’intérêt de logiciels compatibles plutôt que de simples additions de tables 2 10 41 6 1 Ce qu’il faut contrôler sur un maïs fourrage ARVALIS rappelle que l’énergie du maïs fourrage… [S01][S02][S03]

Traçabilité

Sources utilisées

Les chiffres et repères affichés sur cette page renvoient à leur organisme d’origine. Les bases vivantes sont vérifiées avant toute recommandation opérationnelle.

8 sources affichées sur 24

  1. S01
  2. S02
  3. S03
  4. S04

    Institut de l’Élevage Alimentation des vaches laitières bien maîtriser les…

    5. Institut de l’Élevage. Alimentation des vaches laitières : bien maîtriser les fondamentaux.

    2026

  5. S05
  6. S06
  7. S07
  8. S08

    ARVALIS Comment valoriser le maïs fourrage dans les rations des…

    9. ARVALIS. Comment valoriser le maïs fourrage dans les rations des ruminants ? Repères NDF et amidon.

    2026