01 · Référence
Maïs ensilage : le fourrage énergétique de référence
Le maïs ensilage associe une fraction « grains », riche en amidon, et une fraction « tiges-feuilles », riche en fibres. Son intérêt pour la vache laitière provient de cette densité énergétique et d’une grande régularité de consommation lorsque le silo est bien conduit. Il est cependant faible en protéines et sa balance protéique du rumen est généralement négative, d’où la nécessité d’un complément azoté ou de l’association avec des fourrages riches en MAT.
ARVALIS retient 32–33 % de MS plante entière comme meilleur compromis entre rendement, valeur alimentaire et conservation; la cible pratique du silo se situe globalement entre 30 et 35 % MS. Avant 30 %, le rendement n’est pas maximal et les pertes par jus augmentent. Au-delà de 35 %, le tassement devient plus difficile, la porosité augmente et la digestibilité de l’amidon et/ou de la partie tiges-feuilles peut se dégrader.
La moyenne 2025 ne doit jamais être utilisée comme valeur d’un silo particulier. La variabilité inter-parcelles et inter-années impose une analyse du stock réellement distribué.
02 · Référence
Ensilage d’herbe : qualité d’abord, rendement ensuite
La valeur alimentaire de l’herbe diminue avec la maturité: l’augmentation du rendement s’accompagne d’une hausse des parois et de la lignification, tandis que digestibilité et ingestibilité reculent. Pour des vaches en lactation, une récolte précoce d’herbe feuillue permet de rapprocher le fourrage d’un aliment à forte densité nutritionnelle et de réduire la complémentation.
ARVALIS recommande, pour les graminées pures, 30–35 % MS à l’ensilage et une longueur de coupe de 2–3 cm. Pour les légumineuses pures, la cible est plus élevée, autour de 40–45 % MS, en raison d’un pouvoir tampon supérieur et d’une teneur en sucres solubles plus faible.
Le compromis « rendement/qualité » doit être fixé selon la catégorie animale. Une coupe destinée aux fortes productrices doit privilégier digestibilité et ingestion; un fourrage plus tardif peut être réservé à des animaux à besoins modérés. Les travaux Teagasc montrent, à titre international, qu’un ensilage d’herbe autour de 74–75 % DMD est nettement mieux valorisé par les vaches laitières qu’un ensilage autour de 65–69 % DMD et permet de réduire le concentré.
03 · Référence
Herbe pâturée : valeur élevée, coût faible, pilotage exigeant
L’herbe pâturée évite fauche, stockage, fermentation et distribution. Elle constitue donc souvent la ressource fourragère au coût alimentaire le plus bas, mais sa valorisation dépend d’une conduite très précise des hauteurs, des surfaces, de la portance, de la météo et de la transition alimentaire.
L’Institut de l’Élevage rappelle qu’au printemps l’herbe jeune peut n’avoir qu’environ 15 % MS. La transition depuis une ration hivernale doit durer au moins deux semaines. Un repère de mise à l’herbe couramment cité est 9–10 cm, afin d’exploiter une herbe feuillue avant épiaison.
04 · Référence
Luzerne et trèfles : construire l’autonomie protéique
Les légumineuses fourragères ont une place stratégique dans les systèmes laitiers car elles combinent protéines, fibres, fixation symbiotique de l’azote et, pour la luzerne, une bonne capacité à explorer les horizons profonds. Elles sont complémentaires d’un maïs ensilage riche en énergie mais pauvre en protéines.
Les essais FERM’INOV 2023–2024, présentés en 2025, évaluent précisément des systèmes associant ensilage de luzerne, ensilage d’herbe et maïs épi pour réduire la dépendance aux tourteaux tout en maintenant les performances.
La feuille concentre une part importante de la valeur alimentaire de la luzerne. Les opérations agressives à forte MS provoquent des pertes mécaniques; ARVALIS souligne donc l’intérêt d’un conditionnement et d’un fanage adaptés, ainsi que d’un préfanage suffisant mais non excessif.
L’ensilage de luzerne est plus délicat: faible teneur en sucres et pouvoir tampon élevé. Les références ARVALIS situent généralement la cible à 40–45 % MS pour sécuriser la fermentation; un conservateur peut être pertinent en contexte difficile, mais il ne compense pas une mauvaise matière sèche ou un mauvais tassement.
05 · Référence
Foin et enrubannage : deux stratégies de conservation complémentaires
Le foin vise une conservation par dessiccation, l’enrubannage par fermentation anaérobie d’un fourrage plus sec que l’ensilage. Le choix dépend du climat de récolte, de la taille des lots, du matériel, du besoin de séparer les catégories de fourrage et du coût de mécanisation.
06 · Référence
Analyser les lots avant rationnement
Prélever de manière représentative chaque nouveau lot de fourrage, puis mesurer matière sèche, énergie et valeur azotée. Un silo peut varier dans le temps et entre zones de récolte. Reporter la composition mesurée dans le calcul de ration plutôt que d’utiliser une valeur générique pour tout l’hiver.
07 · Référence
Choisir selon la saison et les stocks
La disponibilité des fourrages change avec la pousse de l’herbe et la qualité des récoltes. Prévoir les quantités pour chaque groupe de vaches et conserver des analyses par lot. Une substitution entre herbe, maïs et foin demande de recalculer la ration en matière sèche et en valeur alimentaire.
| Fourrage | Repère cité dans la page |
|---|---|
| Maïs ensilage, plante entière | 32–33 % MS, meilleur compromis selon ARVALIS |
| Ensilage d’herbe de graminées pures | 30–35 % MS, longueur de coupe de 2–3 cm |
| Ensilage de luzerne | 40–45 % MS pour sécuriser la fermentation |
| Herbe jeune au printemps | Environ 15 % MS |
| Herbe pâturée | Mise à l’herbe couramment cité à 9–10 cm |
Questions fréquentes
Pour aller à l’essentiel
Quel repère de matière sèche retenir pour le maïs ensilage?
ARVALIS retient 32–33 % de MS en plante entière comme meilleur compromis entre rendement, valeur alimentaire et conservation.
Pourquoi l’ensilage de luzerne est-il plus délicat?
Il a une faible teneur en sucres et un pouvoir tampon élevé. Un conservateur ne compense pas une mauvaise matière sèche ni un mauvais tassement.
Faut-il analyser chaque lot de fourrage?
Oui. Un silo peut varier dans le temps et entre zones de récolte. Il faut mesurer matière sèche, énergie et valeur azotée de chaque nouveau lot, puis reporter ces valeurs dans le calcul de ration.





