01 · Référence
Définition : qu’est-ce qu’un fourrage pour vache laitière ?
Un fourrage est un aliment végétal riche en parois cellulaires, distribué frais, pâturé ou conservé. Chez la vache laitière, il forme l’ossature physique et nutritionnelle de la ration : il apporte de l’énergie fermentescible, des protéines, des fibres efficaces, des minéraux et une grande part de la matière sèche ingérée. Dans le système INRAE 2018, sa valeur ne peut pas être dissociée de l’ingestion potentielle et des interactions digestives avec les autres aliments. [1]
SILLOVA doit distinguer le « fourrage produit » du « fourrage réellement valorisé ». Entre la biomasse au champ et la matière sèche consommée, interviennent les pertes de récolte, de fermentation, d’échauffement, de reprise, de refus et de tri. Deux exploitations ayant le même rendement au champ peuvent donc disposer de quantités réellement consommables très différentes. [6,7,18]
02 · Référence
Maïs ensilage : le fourrage énergétique de référence
Le maïs ensilage associe une fraction « grains », riche en amidon, et une fraction « tiges-feuilles », riche en fibres. Son intérêt pour la vache laitière provient de cette densité énergétique et d’une grande régularité de consommation lorsque le silo est bien conduit. Il est cependant faible en protéines et sa balance protéique du rumen est généralement négative, d’où la nécessité d’un complément azoté ou de l’association avec des fourrages riches en MAT. [8,13]
Figure 2 — Repères nationaux du maïs fourrage 2025 : 34,2 % MS, 50,7 % de dNDF, 7,3 % MAT et 0,96 UFL/kg MS. Source : ARVALIS, 10 078 analyses issues de 30 laboratoires. [8]
ARVALIS retient 32–33 % de MS plante entière comme meilleur compromis entre rendement, valeur alimentaire et conservation ; la cible pratique du silo se situe globalement entre 30 et 35 % MS. Avant 30 %, le rendement n’est pas maximal et les pertes par jus augmentent. Au-delà de 35 %, le tassement devient plus difficile, la porosité augmente et la digestibilité de l’amidon et/ou de la partie tiges-feuilles peut se dégrader. [9,13]
La moyenne 2025 ne doit jamais être utilisée comme valeur d’un silo particulier. La variabilité inter-parcelles et inter-années impose une analyse du stock réellement distribué. [8,13]
03 · Référence
Ensilage d’herbe : qualité d’abord, rendement ensuite
La valeur alimentaire de l’herbe diminue avec la maturité : l’augmentation du rendement s’accompagne d’une hausse des parois et de la lignification, tandis que digestibilité et ingestibilité reculent. Pour des vaches en lactation, une récolte précoce d’herbe feuillue permet de rapprocher le fourrage d’un aliment à forte densité nutritionnelle et de réduire la complémentation. [5,31,32]
ARVALIS recommande, pour les graminées pures, 30–35 % MS à l’ensilage et une longueur de coupe de 2–3 cm. Pour les légumineuses pures, la cible est plus élevée, autour de 40–45 % MS, en raison d’un pouvoir tampon supérieur et d’une teneur en sucres solubles plus faible. [5,7]
Figure 3 — Cibles pratiques de matière sèche au moment de la conservation. Sources : ARVALIS. [5,6]
4.1 Pourquoi la date de fauche est décisive
Le compromis « rendement/qualité » doit être fixé selon la catégorie animale. Une coupe destinée aux fortes productrices doit privilégier digestibilité et ingestion ; un fourrage plus tardif peut être réservé à des animaux à besoins modérés. Les travaux Teagasc montrent, à titre international, qu’un ensilage d’herbe autour de 74–75 % DMD est nettement mieux valorisé par les vaches laitières qu’un ensilage autour de 65–69 % DMD et permet de réduire le concentré. [31,32]
04 · Référence
Herbe pâturée : valeur élevée, coût faible, pilotage exigeant
L’herbe pâturée évite fauche, stockage, fermentation et distribution. Elle constitue donc souvent la ressource fourragère au coût alimentaire le plus bas, mais sa valorisation dépend d’une conduite très précise des hauteurs, des surfaces, de la portance, de la météo et de la transition alimentaire.
L’Institut de l’Élevage rappelle qu’au printemps l’herbe jeune peut n’avoir qu’environ 15 % MS. La transition depuis une ration hivernale doit durer au moins deux semaines. Un repère de mise à l’herbe couramment cité est 9–10 cm, afin d’exploiter une herbe feuillue avant épiaison. [14]
05 · Référence
Luzerne et trèfles : construire l’autonomie protéique
Les légumineuses fourragères ont une place stratégique dans les systèmes laitiers car elles combinent protéines, fibres, fixation symbiotique de l’azote et, pour la luzerne, une bonne capacité à explorer les horizons profonds. Elles sont complémentaires d’un maïs ensilage riche en énergie mais pauvre en protéines. [12,20,21,33]
Les essais FERM’INOV 2023–2024, présentés en 2025, évaluent précisément des systèmes associant ensilage de luzerne, ensilage d’herbe et maïs épi pour réduire la dépendance aux tourteaux tout en maintenant les performances. [12]
La feuille concentre une part importante de la valeur alimentaire de la luzerne. Les opérations agressives à forte MS provoquent des pertes mécaniques ; ARVALIS souligne donc l’intérêt d’un conditionnement et d’un fanage adaptés, ainsi que d’un préfanage suffisant mais non excessif. [6,22]
L’ensilage de luzerne est plus délicat : faible teneur en sucres et pouvoir tampon élevé. Les références ARVALIS situent généralement la cible à 40–45 % MS pour sécuriser la fermentation ; un conservateur peut être pertinent en contexte difficile, mais il ne compense pas une mauvaise matière sèche ou un mauvais tassement. [5,7,22]
06 · Référence
Foin et enrubannage : deux stratégies de conservation complémentaires
Le foin vise une conservation par dessiccation, l’enrubannage par fermentation anaérobie d’un fourrage plus sec que l’ensilage. Le choix dépend du climat de récolte, de la taille des lots, du matériel, du besoin de séparer les catégories de fourrage et du coût de mécanisation.
07 · Référence
Sorgho, méteils et fourrages de diversification
Le sorgho fourrager monocoupe est de plus en plus étudié comme outil d’adaptation aux sécheresses et à la chaleur ARVALIS souligne en 2026 que la diversité génétique est très importante les variétés grain riches en amidon les types ensilage et les BMR n’ont ni la…
08 · Référence
Analyser les fourrages : le socle du rationnement
La valeur d’un fourrage ne se déduit pas de son aspect Une analyse pertinente doit associer matière sèche et composition chimique Pour le maïs ARVALIS recommande notamment MS amidon MAT NDF digestibilité des fibres et indicateurs de digestibilité de l’amidon Pour les herbes et légumineuses…
| Repère France | Valeur | Lecture |
|---|---|---|
| Part des fourrages dans la MS disponible pour les animaux de ferme (2023-2024) | 75 % | Base du système alimentaire des herbivores [2] |
| Prairies dans les ressources fourragères françaises | 77 % | 72,18 Mt MS en 2023-2024 [2] |
| Maïs fourrage dans les ressources fourragères françaises | 19 % | 17,40 Mt MS en 2023-2024 [2] |
| Maïs fourrage 2025 — énergie moyenne | 0,96 UFL/kg MS | 10 078 analyses, 30 laboratoires [8] |
Questions fréquentes
Pour aller à l’essentiel
Que faut-il retenir sur définition : qu’est-ce qu’un fourrage pour vache laitière ? ?
Un fourrage est un aliment végétal riche en parois cellulaires distribué frais pâturé ou conservé Chez la vache laitière il forme l’ossature physique et nutritionnelle de la ration il apporte de l’énergie fermentescible des protéines des fibres efficaces des minéraux et une grande part de la matière sèche ingérée Dans le système INRAE 2018 sa valeur ne peut pas être dissociée de l’ingestion potentielle et des interactions digestives avec les autres aliments 1 SILLOVA doit distinguer le fourrage produit du fourrage réellement valorisé Entre la biomasse au champ et la… [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur maïs ensilage : le fourrage énergétique de référence ?
Le maïs ensilage associe une fraction grains riche en amidon et une fraction tiges-feuilles riche en fibres Son intérêt pour la vache laitière provient de cette densité énergétique et d’une grande régularité de consommation lorsque le silo est bien conduit Il est cependant faible en protéines et sa balance protéique du rumen est généralement négative d’où la nécessité d’un complément azoté ou de l’association avec des fourrages riches en MAT 8 13 Figure 2 Repères nationaux du maïs fourrage 2025 34 2 MS 50 7 de dNDF 7 3 MAT… [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur ensilage d’herbe : qualité d’abord, rendement ensuite ?
La valeur alimentaire de l’herbe diminue avec la maturité l’augmentation du rendement s’accompagne d’une hausse des parois et de la lignification tandis que digestibilité et ingestibilité reculent Pour des vaches en lactation une récolte précoce d’herbe feuillue permet de rapprocher le fourrage d’un aliment à forte densité nutritionnelle et de réduire la complémentation 5 31 32 ARVALIS recommande pour les graminées pures 30 35 MS à l’ensilage et une longueur de coupe de 2 3 cm Pour les légumineuses pures la cible est plus élevée autour de 40 45 MS… [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur herbe pâturée : valeur élevée, coût faible, pilotage exigeant ?
L’herbe pâturée évite fauche, stockage, fermentation et distribution. Elle constitue donc souvent la ressource fourragère au coût alimentaire le plus bas, mais sa valorisation dépend d’une conduite très précise des hauteurs, des surfaces, de la portance, de la météo et de la transition alimentaire. L’Institut de l’Élevage rappelle qu’au printemps l’herbe jeune peut n’avoir qu’environ 15 % MS. La transition depuis une ration hivernale doit durer au moins deux semaines. Un repère de mise à l’herbe couramment cité est 9–10 cm, afin d’exploiter une herbe feuillue avant épiaison. [14] [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur luzerne et trèfles : construire l’autonomie protéique ?
Les légumineuses fourragères ont une place stratégique dans les systèmes laitiers car elles combinent protéines fibres fixation symbiotique de l’azote et pour la luzerne une bonne capacité à explorer les horizons profonds Elles sont complémentaires d’un maïs ensilage riche en énergie mais pauvre en protéines 12 20 21 33 Les essais FERM’INOV 2023 2024 présentés en 2025 évaluent précisément des systèmes associant ensilage de luzerne ensilage d’herbe et maïs épi pour réduire la dépendance aux tourteaux tout en maintenant les performances 12 La feuille concentre une part importante de la… [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur foin et enrubannage : deux stratégies de conservation complémentaires ?
Le foin vise une conservation par dessiccation l’enrubannage par fermentation anaérobie d’un fourrage plus sec que l’ensilage Le choix dépend du climat de récolte de la taille des lots du matériel du besoin de séparer les catégories de fourrage et du coût de mécanisation ARVALIS retient environ 60 MS pour l’enrubannage et 85 MS pour le foin comme objectifs génériques de séchage 6 L’Institut de l’Élevage rappelle que les pertes totales peuvent être de l’ordre de 15 24 de la MS fauchée pour un foin réalisé par beau temps 9… [S01][S02][S03]





