01 · Référence
Définition et place du pâturage dans l’élevage laitier français
Le pâturage des vaches laitières est l’utilisation directe, par les vaches en lactation ou taries, d’une ressource fourragère sur pied. Il constitue à la fois un mode d’alimentation, une technique de récolte par l’animal, un mode de gestion des prairies et une composante de l’organisation du travail. Il peut être quasi exclusif pendant une partie de l’année ou complémentaire d’une ration distribuée à l’auge.
La France combine une forte tradition herbagère et des systèmes à base de maïs ensilage. D’après Agreste, environ 50 000 exploitations de métropole détenaient au moins 10 vaches laitières en 2020, pour 3,5 millions de vaches ; neuf vaches sur dix pâturaient alors. En décembre 2024, le cheptel laitier national était descendu autour de 3,3 millions de têtes. La collecte 2024 a atteint 23,1 milliards de litres en métropole. [1,18,19]
Le CNIEL indique, à partir de l’Observatoire Res’alim® (7 669 élevages suivis), qu’en 2024 la ration moyenne nationale apportait 3,6 kg MS d’herbe fraîche par vache et par jour, soit environ 19 kg de matière brute. Cette moyenne annuelle masque de très fortes différences régionales et saisonnières : Bretagne, Normandie, Franche-Comté, Alpes et Massif central conservent une place élevée de l’herbe fraîche. [20]
Le pâturage est donc loin d’être une niche, mais son intensité dépend du parcellaire. Une étude Idele–INRAE publiée en février 2026 souligne que morcellement, accessibilité, topographie et distance au bâtiment conditionnent la capacité à pâturer, en particulier quand la taille des troupeaux augmente. [21]
02 · Référence
Pourquoi faire pâturer : nutrition, coût, qualité des produits et bien-être
Une herbe pâturée jeune est un aliment à forte valeur nutritive, récolté sans chantier de fauche, fanage, ensilage ou distribution. INRAE rappelle qu’elle peut constituer une ration équilibrée en énergie et protéines et qu’elle est, lorsqu’elle est bien valorisée, l’un des aliments les moins coûteux de l’exploitation. [22]
Les travaux INRAE montrent également une relation entre la part d’herbe pâturée et la composition fine du lait : davantage d’oméga-3, de vitamines A et E, de β-carotène et d’antioxydants, avec une baisse relative de certains acides gras saturés par rapport aux rations riches en ensilage de maïs. Ces effets se retrouvent dans la couleur, la texture et la flaveur de certains fromages. [23–25]
Sur le plan du bien-être, le pâturage permet la locomotion, le choix de la zone de couchage et l’expression de comportements naturels. Il ne garantit toutefois pas automatiquement un bon niveau de bien-être : longues distances, chemins dégradés, manque d’ombre, pénurie d’eau, boue, chaleur ou surpâturage peuvent au contraire devenir limitants. [26,27]
L’effet environnemental dépend du système entier. Les prairies maintiennent des stocks de carbone et peuvent réduire l’usage d’intrants, notamment avec des légumineuses. Mais les rejets d’azote, les pertes de nitrate ou l’ammoniac doivent être maîtrisés par la charge, la répartition des déjections, la fertilisation et l’équilibre azoté de la ration. La synthèse Idele 2025 sur les systèmes herbagers souligne la combinaison possible de faible empreinte carbone, performance économique et qualité de vie au travail. [28]
03 · Référence
Comprendre l’herbe que la vache récolte
La qualité du pâturage dépend d’abord du stade de la plante. Une graminée jeune concentre l’essentiel de l’énergie et de l’azote dans les limbes. Quand la tige s’allonge et que l’épiaison progresse, la proportion de parois augmente, la digestibilité baisse, la vitesse d’ingestion ralentit et la vache trie davantage. Le principe du pâturage tournant est donc de revenir au bon stade, généralement avant que le couvert ne devienne trop haut et trop riche en tiges. [3,12]
Au printemps, l’herbe peut n’afficher qu’environ 15 % de matière sèche. Elle est riche en protéines dégradables et en potassium, mais plus pauvre en sodium et peut exposer à un déficit d’apport en magnésium lors de transitions brutales. L’analyse de l’herbe ou l’utilisation de références locales sont pertinentes lorsque la ration repose très largement sur le pâturage. [6,7]
04 · Référence
Mise à l’herbe : déclencher tôt, mais seulement si le sol porte
La sortie doit se décider à partir de trois feux verts : portance du sol, quantité d’herbe disponible et capacité de l’exploitation à organiser une transition. Les références Idele proposent de sortir tôt, typiquement autour de 9–10 cm d’herbe lorsque les sols sont portants, sans attendre une accumulation excessive qui entraînerait rapidement des refus et une perte de qualité. [7]
05 · Référence
Hauteurs d’entrée et de sortie : le repère le plus simple
Figure 2 — Repères français et internationaux. Les méthodes de mesure diffèrent : toujours conserver le même outil et la même convention sur une exploitation.
06 · Référence
Mesurer la masse d’herbe et construire un budget de pâturage
L’herbomètre ou rising plate meter convertit une hauteur comprimée en estimation de biomasse La relation dépend de la saison de la flore de la densité et de l’outil elle doit idéalement être calibrée localement Une formule expérimentale classique relie la masse pré-pâturage au-dessus d’un résiduel…
07 · Référence
Complémenter sans remplacer inutilement l’herbe
Le concentré distribué au pâturage ne s’ajoute pas intégralement à l’ingestion totale une partie remplace de l’herbe Ce phénomène de substitution est bien documenté Lorsque l’herbe est abondante et de haute qualité le rendement marginal du concentré peut être faible lorsque l’herbe est limitante fibreuse…
08 · Référence
Pâturage continu, tournant, dynamique, au fil : choisir une organisation
Le pâturage continu laisse les animaux sur une grande surface pendant une période longue Il est simple mais rend plus difficile le contrôle de la hauteur et favorise des zones sur- et sous-pâturées Le pâturage tournant découpe la surface en paddocks et impose des périodes…
| Indicateur | Repère France | Année / source | Lecture SILLOVA |
|---|---|---|---|
| Part des vaches laitières qui pâturent | ≈ 90 % | RA 2020 – Agreste | Le pâturage reste majoritaire, à intensité variable. |
| Exploitations avec ≥20 ares/VL pâturables | > 50 % | RA 2020 – CNIEL/Agreste | Seuil d’accessibilité fréquent mais non suffisant à lui seul. |
| Exploitations avec >40 ares/VL | ≈ 30 % | RA 2020 – CNIEL | Potentiel élevé de ration herbe selon pousse et organisation. |
| Herbe fraîche moyenne dans la ration | 3,6 kg MS/VL/j | 2024 – CNIEL Res’alim® | Moyenne annuelle, très inférieure aux niveaux de plein pâturage. |
| Collecte lait de vache | 23,1 Md L | 2024 – Agreste EAL | Contexte économique de la filière. |
Questions fréquentes
Pour aller à l’essentiel
Que faut-il retenir sur définition et place du pâturage dans l’élevage laitier français ?
Le pâturage des vaches laitières est l’utilisation directe par les vaches en lactation ou taries d’une ressource fourragère sur pied Il constitue à la fois un mode d’alimentation une technique de récolte par l’animal un mode de gestion des prairies et une composante de l’organisation du travail Il peut être quasi exclusif pendant une partie de l’année ou complémentaire d’une ration distribuée à l’auge La France combine une forte tradition herbagère et des systèmes à base de maïs ensilage D’après Agreste environ 50 000 exploitations de métropole détenaient au moins… [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur pourquoi faire pâturer : nutrition, coût, qualité des produits et bien-être ?
Une herbe pâturée jeune est un aliment à forte valeur nutritive récolté sans chantier de fauche fanage ensilage ou distribution INRAE rappelle qu’elle peut constituer une ration équilibrée en énergie et protéines et qu’elle est lorsqu’elle est bien valorisée l’un des aliments les moins coûteux de l’exploitation 22 Les travaux INRAE montrent également une relation entre la part d’herbe pâturée et la composition fine du lait davantage d’oméga-3 de vitamines A et E de β-carotène et d’antioxydants avec une baisse relative de certains acides gras saturés par rapport aux rations… [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur comprendre l’herbe que la vache récolte ?
La qualité du pâturage dépend d’abord du stade de la plante Une graminée jeune concentre l’essentiel de l’énergie et de l’azote dans les limbes Quand la tige s’allonge et que l’épiaison progresse la proportion de parois augmente la digestibilité baisse la vitesse d’ingestion ralentit et la vache trie davantage Le principe du pâturage tournant est donc de revenir au bon stade généralement avant que le couvert ne devienne trop haut et trop riche en tiges 3 12 Au printemps l’herbe peut n’afficher qu’environ 15 de matière sèche Elle est riche… [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur mise à l’herbe : déclencher tôt, mais seulement si le sol porte ?
La sortie doit se décider à partir de trois feux verts portance du sol quantité d’herbe disponible et capacité de l’exploitation à organiser une transition Les références Idele proposent de sortir tôt typiquement autour de 9 10 cm d’herbe lorsque les sols sont portants sans attendre une accumulation excessive qui entraînerait rapidement des refus et une perte de qualité 7 La transition alimentaire doit durer environ deux semaines Une stratégie pratique consiste à commencer par 2 3 heures de pâturage pendant quelques jours puis 5 6 heures puis 8 10… [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur hauteurs d’entrée et de sortie : le repère le plus simple ?
Figure 2 Repères français et internationaux Les méthodes de mesure diffèrent toujours conserver le même outil et la même convention sur une exploitation En France l’Institut de l’Élevage recommande couramment une entrée à 10 12 cm herbomètre et une sortie à 5 6 cm pour concilier ingestion qualité du régime et repousse Le Guide régional Pâturage des Chambres retient une zone d’entrée 9 12 cm et une sortie à 5 cm en avertissant qu’une sortie sous 4 cm limite l’ingestion et pénalise la repousse 3 4 Les références irlandaises Teagasc… [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur mesurer la masse d’herbe et construire un budget de pâturage ?
L’herbomètre ou rising plate meter convertit une hauteur comprimée en estimation de biomasse La relation dépend de la saison de la flore de la densité et de l’outil elle doit idéalement être calibrée localement Une formule expérimentale classique relie la masse pré-pâturage au-dessus d’un résiduel de référence à la différence de hauteur multipliée par la densité du couvert 10 34 Exemple 70 vaches × 14 kg MS d’herbe 980 kg MS j Si le paddock fournit 1 100 kg MS ha réellement récoltables entre entrée et sortie il faut environ… [S01][S02][S03]





