01 · Référence
À quoi sert la ration laitière?
La ration doit couvrir l’entretien de la vache, sa production de lait et, selon son stade, la gestation et la reconstitution progressive de ses réserves corporelles. Elle nourrit aussi les microorganismes du rumen: leur activité dépend de l’énergie fermentescible, de l’azote disponible, des fibres et de conditions de fermentation stables.
02 · Référence
Comprendre le rumen avant de formuler
La vache laitière est un ruminant: une grande partie de l’énergie et des protéines utilisables provient de la fermentation microbienne. Nourrir une vache consiste donc à nourrir simultanément l’animal et son microbiote ruminal. Les glucides fermentescibles sont transformés en acides gras volatils; les microbes synthétisent des protéines microbiennes; la rumination et la salive contribuent au tamponnement du pH.
Le système INRAE 2018 a renouvelé le calcul de l’ingestion, des interactions digestives et de l’efficience d’utilisation des protéines. Il permet d’évaluer la ration elle-même plutôt que de sommer naïvement des valeurs fixes d’aliments, car la valeur d’un aliment dépend en partie du contexte dans lequel il est distribué.
03 · Référence
L’ingestion : le premier chiffre à connaître
Une ration ne couvre des besoins que si elle est consommée. L’Institut de l’Élevage indique que des vaches à bon potentiel peuvent dépasser 25 kg de MS ingérée par jour avec une ration de qualité. Les équations INRAE 2018 intègrent poids, production, stade physiologique, caractéristiques de la ration et interactions digestives.
04 · Référence
Les fourrages : base technique et économique
Le premier levier économique est la qualité des fourrages. Une ration formulée à partir d’une valeur “table” peut être très différente de la ration réellement distribuée: teneur en MS, amidon, MAT, NDF, digestibilité des fibres, fermentation et échauffement varient entre parcelles, silos et années. Le maïs fourrage 2025, par exemple, affichait en moyenne nationale 32,9 % d’amidon, 50,7 % de digestibilité NDF, 0,96 UFL/kg MS et 7,3 % MAT, avec une forte variabilité régionale.
Le maïs ensilage apporte énergie et amidon mais relativement peu de protéines. ARVALIS recommande, dans les rations de vaches laitières à base de maïs, de viser au moins 32 % de NDF dont 70 % issus des fourrages, et au maximum environ 22 % d’amidon dégradable dans le rumen, soit 25 % d’amidon total. Un maïs très riche en amidon doit être dilué avec de l’herbe ou des concentrés pauvres en amidon (pulpe, drêches, etc. ).
La récolte 2026 est marquée dans plusieurs régions par la sécheresse et des canicules, avec des maïs parfois pauvres en épis. ARVALIS souligne que certains maïs très stressés conservent une valeur énergétique correcte grâce à la digestibilité des tiges et feuilles, mais recommande l’analyse systématique du fourrage plutôt que d’extrapoler à partir de l’aspect visuel.
| Repère | Valeur citée |
|---|---|
| Amidon, maïs fourrage 2025, moyenne nationale | 32,9 % |
| Digestibilité NDF, maïs fourrage 2025, moyenne nationale | 50,7 % |
| Valeur énergétique, maïs fourrage 2025, moyenne nationale | 0,96 UFL/kg MS |
| MAT, maïs fourrage 2025, moyenne nationale | 7,3 % |
| NDF dans une ration à base de maïs (ARVALIS) | Au moins 32 %, dont 70 % issus des fourrages |
| Amidon dans une ration à base de maïs (ARVALIS) | Au maximum environ 22 % d’amidon dégradable dans le rumen, soit 25 % d’amidon total |
05 · Référence
Concentrés, correcteurs et coproduits
Le concentré doit corriger un déficit identifié, pas masquer un fourrage médiocre. On distingue schématiquement: concentrés énergétiques (céréales, maïs grain, pulpes), concentrés protéiques (tourteaux de colza, soja, protéagineux traités), coproduits humides ou secs, et compléments minéraux-vitaminiques.
06 · Référence
Adapter la ration au stade de lactation
En début de lactation, l’ingestion et la production n’évoluent pas au même rythme. Comparer le lait, l’état corporel, les refus et la qualité des fourrages avant de modifier les concentrés. En fin de lactation et au tarissement, les besoins changent de nouveau; une ration unique pour toutes les vaches masque ces différences.
07 · Référence
Relier l’alimentation au troupeau
La ration répond aux besoins d’animaux qui n’ont pas le même niveau de production ni le même stade physiologique. Répartir les vaches en groupes cohérents lorsque c’est possible, puis confronter la ration calculée aux quantités réellement ingérées et aux résultats du lait.
Questions fréquentes
Pour aller à l’essentiel
Pourquoi l’ingestion compte-t-elle avant la formulation?
Une ration ne couvre des besoins que si elle est consommée. Selon l’Institut de l’Élevage, des vaches à bon potentiel peuvent dépasser 25 kg de MS ingérée par jour avec une ration de qualité.
Faut-il analyser les fourrages avant de formuler?
Oui. Une ration formulée à partir d’une valeur « table » peut être très différente de la ration réellement distribuée. ARVALIS recommande l’analyse systématique du fourrage plutôt que l’extrapolation à partir de l’aspect visuel.
Une ration unique suffit-elle pour tout le troupeau?
Non. Les besoins changent en début de lactation, en fin de lactation et au tarissement. Une ration unique pour toutes les vaches masque ces différences.





