01 · Référence
Mandat SILLOVA, périmètre et niveau de preuve
Le calcul d’une ration caprine commence par la matière sèche réellement ingérée et la qualité mesurée des fourrages. Il doit ensuite couvrir énergie, protéines, fibres, amidon, minéraux, eau, refus, qualité du lait et coût alimentaire pour chaque lot de production.
02 · Référence
Synthèse exécutive — 32 règles de rationnement à retenir
1. Raisonner en matière sèche (MS), pas en kilogrammes bruts.
8. Faire du fourrage la base physique de la ration ; l’observatoire français historique situe les fourrages autour de 68 % de la ration en moyenne et jusqu’à 75 % dans les systèmes pâturants.
10. Au-delà d’environ 0,8 kg de concentré/j, la substitution au fourrage augmente nettement dans les références historiques caprines.
Le pilotage quotidien d’une ration porte sur un lot homogène et prend en compte matière sèche ingérée, capacité d’ingestion, énergie, protéines, fibres, amidon, minéraux, eau, refus, qualité du lait et coût alimentaire.
03 · Référence
De quoi parle-t-on? Ration distribuée, ration offerte, ration ingérée
Le cadre français de référence repose sur le système INRA 2018 et ses outils de rationnement, notamment INRAtion® V5 / Rumin’Al®. Le projet OCALIPRO, lancé en 2023 et encore actif en 2026, vise précisément à harmoniser les pratiques de calcul, à améliorer la qualité des données d’entrée et à augmenter l’efficience d’utilisation des ressources protéiques en élevages caprin et ovin laitiers. Les repères anciens de l’Institut de l’Élevage restent utiles pour la pratique, mais doivent être distingués des recommandations les plus récentes.
04 · Référence
Données d’entrée indispensables avant de calculer
Effectif du lot, proportion de primipares, poids vif moyen et dispersion.
8. Faire du fourrage la base physique de la ration ; l’observatoire français historique situe les fourrages autour de 68 % de la ration en moyenne et jusqu’à 75 % dans les systèmes pâturants.
05 · Référence
Le cadre INRA 2018 : énergie, protéines, ingestion et interactions
Les tables INRA 2018 ont rénové le rationnement des ruminants en intégrant mieux l’ingestion, les interactions digestives et la variabilité de l’efficience protéique. Pour les chèvres laitières, les outils INRAtion V5 / Rumin’Al permettent de croiser besoins d’entretien, production, gestation, variation de réserves et capacité d’ingestion avec les valeurs des aliments. OCALIPRO accompagne depuis 2023 l’appropriation de ces concepts par la recherche, le conseil, la formation et les éleveurs.
32. Dans SILLOVA, toute proposition de ration doit rester un scénario à valider par un conseiller ou un nutritionniste lorsque l’enjeu sanitaire ou économique est élevé.
06 · Référence
Construire la ration : méthode en 10 étapes
Définir le lot et la chèvre cible : poids, lactation, lait, gestation, NEC.
Mettre en place un plan de contrôle à J+3, J+7 et J+21 et corriger selon la réponse animale.
La ration distribuée est l’ensemble des aliments apportés. La ration offerte est ce qui reste réellement accessible aux animaux après les contraintes de distribution. La ration ingérée est ce que les chèvres consomment après tri et refus. Chez la chèvre, la sélectivité est particulièrement importante : feuilles, tiges et particules peuvent être consommées dans des proportions différentes de celles du mélange distribué. Une ration théoriquement équilibrée peut donc devenir déséquilibrée si les refus ne sont pas caractérisés.
07 · Référence
Fourrages : la qualité avant la quantité
Dans l’observatoire français de l’alimentation caprine, les fourrages représentaient en moyenne 68 % de la ration et jusqu’à 75 % dans les élevages pâturants. Cette photographie historique reste utile pour situer les systèmes, mais ne constitue pas une norme. La qualité du fourrage détermine à la fois l’ingestion, la quantité de concentrés nécessaire, la fibrosité et le coût alimentaire.
08 · Référence
Concentrés : efficacité, substitution et sécurité digestive
Les références caprines historiques montrent que l’augmentation des concentrés peut réduire l’ingestion de fourrage. Un repère Idele indique qu’à 0,8 kg/j de concentré, environ 0,24 kg MS d’un bon fourrage peut être substitué ; à 1,6 kg/j, la substitution peut approcher 1 kg MS. Ces valeurs sont des ordres de grandeur et non une loi universelle, mais elles illustrent pourquoi « plus de concentré » n’est pas automatiquement « plus de lait ».
| Notion | Question pratique | Mesure utile |
|---|---|---|
| Distribuée | Qu’a-t-on mis dans l’auge? | Pesées de chaque aliment, MS corrigée |
| Offerte | Qu’est-ce qui reste accessible? | Organisation de l’auge, horaires, concurrence |
| Ingérée | Qu’ont réellement mangé les chèvres? | Distribué - refus, échantillon des refus, observation du tri |
| Valorisée | Qu’a produit la ration? | Lait, TB, TP, NEC, santé, fèces, coût |
Questions fréquentes
Pour aller à l’essentiel
Faut-il raisonner la ration en kilogrammes bruts?
Non. La ration se raisonne en matière sèche (MS), c’est-à-dire la matière sèche réellement ingérée, et non en kilogrammes bruts.
La ration distribuée est-elle celle que mangent les chèvres?
Pas toujours. La sélectivité de la chèvre fait que feuilles, tiges et particules peuvent être consommées dans des proportions différentes de celles du mélange distribué. Les refus doivent donc être caractérisés.
Plus de concentré donne-t-il automatiquement plus de lait?
Non. L’augmentation des concentrés peut réduire l’ingestion de fourrage. Plus de concentré n’est pas automatiquement plus de lait.





