01 · Référence
Histoire et évolution de la production française
L’histoire du Chasselas de Moissac illustre cette spécialisation. Le cahier des charges 2026 cite des rapports de comices agricoles dès 1839–1859 et l’amélioration des transports à partir de 1845, qui ouvre des débouchés vers Bordeaux et l’Angleterre. Après l’interruption liée au phylloxéra vers 1870, le vignoble redémarre autour de 1900 et dépasse 6 000 ha après la Première Guerre mondiale. L’appellation d’origine est consacrée par décret en 1971.
Depuis la seconde moitié du XXe siècle, la filière est confrontée à la concurrence de grands producteurs méditerranéens, à l’évolution des goûts vers des raisins sans pépins, au coût de la main-d’œuvre et à l’exigence croissante de régularité visuelle. Les travaux actuels du CTIFL portent notamment sur le renouvellement variétal, les architectures de palissage, la réduction des intrants, la protection contre les pourritures, la ressource en eau et la qualité post-récolte.
02 · Référence
La production française aujourd’hui : surfaces, volumes et dynamique
Le Vaucluse représente à lui seul environ 55 % du tonnage français 2024 si l’on rapporte ses 26 041 t aux 47 553 t nationales. Ce calcul illustre la concentration géographique de la filière. Le ministère résume cette réalité en indiquant que le Sud-Est assure autour de 70 % de la production française.
03 · Référence
Comparaison européenne et position concurrentielle
La France est un producteur de taille modeste à l’échelle de l’Union européenne. Sur la moyenne 2020–2024, la récolte européenne de raisin de table est donnée à 1,653 Mt. L’Italie représente environ 964 kt, l’Espagne 320 kt et la Grèce 238 kt ; ces trois pays totalisent environ 92 % du volume représenté dans la carte FranceAgriMer/Eurostat.
Cette structure explique la pression concurrentielle observée sur le marché intérieur : la filière française ne peut pas être analysée uniquement par son coût de production, mais par sa capacité à valoriser la proximité, la maturité à la récolte, l’origine, les signes de qualité, la fraîcheur, le calendrier et les caractéristiques variétales.
04 · Référence
Marché, importations, exportations et saisonnalité
À partir de ces données, un indicateur de disponibilité apparente très simplifié, production / (production + importations − exportations), donne environ 28 %. Il ne s’agit pas d’un taux officiel d’auto-approvisionnement : ce calcul ignore stocks, pertes, réexportations complexes et différences de calendrier. Il est néanmoins utile pour comprendre l’importance structurelle des importations.
Le marché est extrêmement saisonnier. Le ministère situe la saison française principalement d’août à octobre. Le bilan RNM 2025 décrit une campagne Sud-Est démarrant environ dix jours plus tôt que l’année précédente, puis une forte pression des raisins italiens à bas prix dès la rentrée scolaire. Le stockage frigorifique de longue durée a été utilisé pour réguler l’offre ; le tri et le ciselage après stockage peuvent toutefois augmenter pertes et coûts.
05 · Référence
Botanique, physiologie et cycle annuel
La plupart des raisins de table français appartiennent à Vitis vinifera L. subsp. vinifera. Le cycle comprend dormance, débourrement, croissance des rameaux, floraison, nouaison, grossissement des baies, fermeture de grappe, véraison, maturation puis aoûtement et chute des feuilles. Les variétés diffèrent fortement par date de maturité, vigueur, fertilité, architecture de grappe et aptitude au stockage.
06 · Référence
Matériel végétal, clones, porte-greffes et plantation
Le matériel végétal combine cépage/clone et porte-greffe. Le clone intervient sur l’identité intra-variétale, la santé et des caractères agronomiques ; le porte-greffe module notamment vigueur, adaptation au calcaire, tolérance à certaines contraintes hydriques et comportement racinaire. Le choix doit s’appuyer sur analyses de sol, historique parcellaire, vigueur souhaitée, disponibilité en eau, système de conduite et objectifs de rendement/qualité.
Plantgrape recense des clones agréés spécifiques aux usages de table pour les grands cépages historiques. Pour Chasselas, les conservatoires et la sélection ont une profondeur historique importante ; le cahier des charges du Chasselas de Moissac rappelle que la sélection clonale locale a débuté en 1956 avec l’INRA et les producteurs.
07 · Référence
Systèmes de conduite et palissage
Exemple réglementaire : le cahier des charges 2026 du Chasselas de Moissac autorise un système à un seul plan ou à deux plans. Pour les nouvelles plantations, il fixe au minimum 3 300 ceps/ha et 3 m maximum entre rangs en un plan, contre 2 500 ceps/ha et 4 m maximum en deux plans. Ces nombres sont spécifiques à l’AOP : ils ne constituent pas une règle nationale générale du raisin de table.
| Objet | Valeur de référence | Année / périmètre |
|---|---|---|
| Surface en production | 6 083 ha | France 2024 |
| Production | 47 553 t | France 2024, FranceAgriMer/Agreste 2026 |
| Rendement moyen calculé | 7,8 t/ha | France 2024 |
| Importations | 132 147 t | France 2024 |
| Exportations | 12 120 t | France 2024 |
| Solde commercial volume | −120 027 t | France 2024 |
Questions fréquentes
Pour aller à l’essentiel
Quelle était la production française de raisin de table en 2024?
La France a produit 47 553 t en 2024, sur 6 083 ha en production, soit un rendement moyen calculé de 7,8 t/ha.
La production française est-elle concentrée géographiquement?
Oui. Le Vaucluse représente environ 55 % du tonnage français 2024, et le ministère indique que le Sud-Est assure autour de 70 % de la production.
Quelle est la saison française du raisin de table?
Le ministère situe la saison française principalement d’août à octobre.





