01 · Référence
Définition : qu’appelle-t-on « prix de la betterave sucrière » ?
Dans la filière française, le prix de référence d’une betterave est généralement exprimé en euros par tonne à 16°S, c’est-à-dire ramenée à une teneur en sucre de référence de 16 %. Cette convention permet de comparer des volumes dont la richesse réelle diffère. Le prix réellement reçu par l’exploitation dépend ensuite du contrat et des éléments de rémunération ou de déduction applicables au lot et au planteur.
Le terme « prix » recouvre donc plusieurs périmètres. Un communiqué peut parler du prix de base ; un autre d’un prix primes incluses ; une coopérative peut publier une rémunération intégrant dividendes, intérêts aux parts ou revalorisation du capital ; une synthèse professionnelle peut encore ajouter la compensation des pulpes. Les valeurs sont toutes utiles, mais elles ne répondent pas à la même question.
Source / repère : AIBS, Accord interprofessionnel 2026-2027 ; CGB, Faits et chiffres 2025, pp. 18-21.
02 · Référence
Pourquoi 16°S est le langage commun de la filière
La betterave est achetée pour la quantité de sucre qu’elle apporte à l’usine, pas seulement pour son poids brut. L’accord interprofessionnel 2026-2027 prévoit que la quantité contractée soit exprimée en tonnes à 16°S. Lorsque la teneur réelle diffère, les livraisons sont ramenées à une quantité équivalente à 16°S selon le barème choisi par le fabricant.
Deux formules sont prévues dans l’accord : Q16 = Q × (richesse – 3) / 13, ou, sur décision du fabricant, Q16 = Q × richesse / 16. Le contrat indique le dispositif applicable. À 18°S, les coefficients sont respectivement 1,15385 et 1,12500 ; à 14,5°S, 0,88462 et 0,90625.
Source / repère : AIBS 2026-2027, art. 6, art. 14 et annexe IV.
03 · Référence
Exemple de conversion de tonnage à 16°S
Cet exemple illustre pourquoi le « rendement racine » en tonnes physiques et le rendement ramené à 16° ne sont pas interchangeables. Pour comparer recettes et coûts entre campagnes, il faut utiliser la même base de richesse.
04 · Référence
Le prix payé naît du contrat, pas de la cotation du sucre
Le règlement européen OCM et l’accord interprofessionnel imposent un cadre contractuel. Pour la campagne 2026-2027, le modèle-type AIBS prévoit notamment le tonnage à 16°S, les conditions de prix du tonnage contractualisé, les conditions applicables aux tonnages supplémentaires, le mécanisme de partage de l’évolution des prix de marché, le barème richesse, la qualité minimale, les pulpes, les primes de livraison et les dates de paiement.
• Le mécanisme de prix peut être fixe, à minimum garanti, à prix pivot, à grille, ou comporter un complément de prix.
• La teneur minimale prévue par l’accord est de 14,5°S.
• Les livraisons effectives sont ramenées à 16°S selon le barème défini.
• Le contrat doit préciser le traitement des tonnages excédentaires : ils peuvent avoir une valeur très différente.
05 · Référence
Pulpes : une valeur à ne pas confondre avec le prix des betteraves
L’accord interprofessionnel prévoit plusieurs modalités de traitement des pulpes. En cas de compensation financière, celle-ci est exprimée en euros par tonne de betteraves à 16° et doit être communiquée séparément du prix des betteraves. L’objectif est précisément de permettre au planteur d’identifier les deux valeurs.
Lorsque les pulpes sont restituées, l’accord indique une quantité de référence de 50 ± 2 kg de matière sèche par tonne de betteraves réceptionnée, avec adaptation en cas de suppression de l’abattement forfaitaire de collet. La valeur économique dépend ensuite de la forme du coproduit, des coûts et du débouché alimentation animale ou méthanisation.
Source / repère : AIBS 2026-2027, art. 16, notamment compensation financière distincte du prix betterave.
06 · Référence
Tare terre : le prix affiché n’est pas le net
La réception mesure la qualité et la propreté des betteraves. L’accord 2026-2027 prévoit un dispositif de tare terre dans lequel le planteur peut participer financièrement au traitement de terre livrée au-delà d’un ou plusieurs seuils fixés au niveau usine/fabricant. Une prestation de déterrage peut également être facturée selon un dispositif incitatif.
La campagne 2024-2025 a illustré l’importance de ce point : la CGB rapporte une tare terre proche de 10 % pendant une longue partie de la campagne. Les pénalités de tare terre n’étaient pas intégrées dans son tableau de prix moyens par groupe. Deux exploitations affichant le même « prix €/t » peuvent donc avoir des recettes nettes différentes.
Source / repère : AIBS 2026-2027, art. 12 ; CGB, Faits et chiffres 2025, p. 17 et note du tableau de prix p. 19.
07 · Référence
Betteraves entières, collet et comparabilité des prix
La disparition du décolletage manuel en France ne supprime pas toutes les différences de présentation des prix. La CGB indiquait pour 2024-2025 que Saint Louis Sucre payait la betterave entière, tandis que Cristal Union et Tereos appliquaient un abattement forfaitaire de 7 % au titre du collet. Certaines communications convertissent donc un prix « betterave entière » en équivalent « forfait collet » pour rendre les comparaisons plus lisibles.
08 · Référence
France 2024-2025 : détail publié par groupe
La synthèse CGB est particulièrement utile car elle montre comment un même groupe peut avoir quatre niveaux de prix selon que l’on inclut les primes la rémunération du capital et une opération particulière sur les réserves Les montants ci-dessous sont des données de campagne 2024-2025…
| Champ | Référence retenue |
|---|---|
| Culture | Betterave sucrière — Beta vulgaris L. |
| Unité pivot | €/t de betteraves ramenées à 16°S de richesse, sauf mention contraire |
| Prix national 2024 | CGB : ≈ 39,5 €/t à 16°, tout compris au périmètre de sa synthèse, dont ≈ 3,1 €/t de pulpe |
| Repère 2025 | Prix et rémunérations en baisse ; données différentes selon groupe et périmètre |
| Marché sucre UE | FranceAgriMer : 502 €/t en avril 2026, moyenne UE publiée dans Info’Sucre n°281 |
| Cadre 2026-2027 | Contrat + AIBS : prix à 16°S, barème richesse, conversion, pulpes, tare terre, primes, paiement |
Questions fréquentes
Pour aller à l’essentiel
Que faut-il retenir sur définition : qu’appelle-t-on « prix de la betterave sucrière » ? ?
Dans la filière française le prix de référence d’une betterave est généralement exprimé en euros par tonne à 16 S c’est-à-dire ramenée à une teneur en sucre de référence de 16 Cette convention permet de comparer des volumes dont la richesse réelle diffère Le prix réellement reçu par l’exploitation dépend ensuite du contrat et des éléments de rémunération ou de déduction applicables au lot et au planteur Le terme prix recouvre donc plusieurs périmètres Un communiqué peut parler du prix de base un autre d’un prix primes incluses une coopérative… [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur pourquoi 16°s est le langage commun de la filière ?
La betterave est achetée pour la quantité de sucre qu’elle apporte à l’usine pas seulement pour son poids brut L’accord interprofessionnel 2026-2027 prévoit que la quantité contractée soit exprimée en tonnes à 16 S Lorsque la teneur réelle diffère les livraisons sont ramenées à une quantité équivalente à 16 S selon le barème choisi par le fabricant Deux formules sont prévues dans l’accord Q16 Q × richesse 3 13 ou sur décision du fabricant Q16 Q × richesse 16 Le contrat indique le dispositif applicable À 18 S les coefficients… [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur exemple de conversion de tonnage à 16°s ?
Cet exemple illustre pourquoi le « rendement racine » en tonnes physiques et le rendement ramené à 16° ne sont pas interchangeables. Pour comparer recettes et coûts entre campagnes, il faut utiliser la même base de richesse. [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur le prix payé naît du contrat, pas de la cotation du sucre ?
Le règlement européen OCM et l’accord interprofessionnel imposent un cadre contractuel Pour la campagne 2026-2027 le modèle-type AIBS prévoit notamment le tonnage à 16 S les conditions de prix du tonnage contractualisé les conditions applicables aux tonnages supplémentaires le mécanisme de partage de l’évolution des prix de marché le barème richesse la qualité minimale les pulpes les primes de livraison et les dates de paiement Le mécanisme de prix peut être fixe à minimum garanti à prix pivot à grille ou comporter un complément de prix La teneur minimale prévue… [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur pulpes : une valeur à ne pas confondre avec le prix des betteraves ?
L’accord interprofessionnel prévoit plusieurs modalités de traitement des pulpes En cas de compensation financière celle-ci est exprimée en euros par tonne de betteraves à 16 et doit être communiquée séparément du prix des betteraves L’objectif est précisément de permettre au planteur d’identifier les deux valeurs Lorsque les pulpes sont restituées l’accord indique une quantité de référence de 50 2 kg de matière sèche par tonne de betteraves réceptionnée avec adaptation en cas de suppression de l’abattement forfaitaire de collet La valeur économique dépend ensuite de la forme du coproduit des… [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur tare terre : le prix affiché n’est pas le net ?
La réception mesure la qualité et la propreté des betteraves L’accord 2026-2027 prévoit un dispositif de tare terre dans lequel le planteur peut participer financièrement au traitement de terre livrée au-delà d’un ou plusieurs seuils fixés au niveau usine fabricant Une prestation de déterrage peut également être facturée selon un dispositif incitatif La campagne 2024-2025 a illustré l’importance de ce point la CGB rapporte une tare terre proche de 10 pendant une longue partie de la campagne Les pénalités de tare terre n’étaient pas intégrées dans son tableau de prix… [S01][S02][S03]





